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mardi 12 novembre 2013

Istanbul va enfin avoir son musée de la ville

Zaman France lun, 11/11/2013 - 17:33



L'ouverture tant espérée du musée de la ville d'Istanbul attend désormais le feu vert du maire Kadir Topbas, ont rapporté les médias le mardi 5 novembre.
La fondation du musée devrait être créée avant les élections municipales fin mars de l'année prochaine, rapporte le quotidien Radikal. Le fait qu'Istanbul n'ait toujours pas de musée de la ville alors que d'autres métropoles turques ont déjà le leur, a longtemps été sujet de débat........
la suite sur:

http://www.zamanfrance.fr/article/istanbul-va-enfin-avoir-musee-ville-5858.html



vendredi 18 octobre 2013

Les petites sœurs de Sainte-Sophie

Sainte-Sophie, connue dans le monde entier pour être l'un des plus importants monuments d'Istanbul est loin d'être unique et a même inspiré la construction d'autres églises qui, jusque dans les Balkans, portent s...

vendredi 15 février 2013

LE LIEN POUR LE JT HEBDOMADAIRE DE ZAMAN FRANCE

http://youtu.be/ug9idVaD1Tc

samedi 26 janvier 2013

la WEB TV de ZAMAN FRANCE

ZAMAN FRANCE fait chaque semaine un journal WEB TV: des infos, des interviews, des bons plans culture et restaurants, etc.....
à consulter sur le lien:

http://www.facebook.com/photo.php?v=10151208351860759

jeudi 15 novembre 2012

Réseau ProActif : priorité à l’insertion professionnelle des étudiants


Par Redaction | ZAMAN FRANCE jeu, 15/11/2012 - 10:43

L’association Réseau ProActif qui présentait le 9 novembre dernier son programme et ses projets pour l’année 2013 s’est fixé comme objectif de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes et des étudiants en misant entre autres sur un nouveau concept : le mentorat.

La saison 2013 de l’association Réseau ProActif a été lancée le 9 novembre devant une centaine de personnes. Des anciens membres étaient là pour accueillir les invités qui se sont déplacés spécialement pour cette occasion. Ils ont pu alors découvrir tous les projets de l’association et connaître la question que se posent ses membres chaque matin : «Que pouvons-nous faire pour être utiles pour la France ?» Réseau ProActif souhaite être «utile» et «structurant» aux jeunes des quartiers comme aux nouveaux diplômés en général, mais pour cela, elle doit être «structurée» rappelle son président Tuna Bas. Pour 2013, le mot d’ordre sera la continuité, notamment avec les clubs Energie/Environnement, Finance, Art Culture, Médias qui ont été l’une des plus grandes réussites de cette année 2012. L’association a en effet organisé une rencontre des jeunes de banlieue avec les grands frères, qui, issus eux aussi de l’immigration, ont réussi professionnellement à force de persévérance.

Le souci d’être utile pour la France
Parmi les points à améliorer pour 2013, et qui figurent comme l’une des priorités, se trouve le mentorat, qui consiste à favoriser l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. Le concept consiste à s’appuyer sur des membres expérimentés (3 ans minimum) qui prennent eux-mêmes sous leur aile quatre étudiants en fin de cycle afin qu’ils évitent les écueils liés au monde du travail. Ce projet qui n’a pas pu fonctionner cette année en raison d’un «manque de temps» tient à cœur à tous ses membres. Un nouveau thème va voir le jour et sera expérimenté courant 2013, le Career Centre. Cela consiste à syndiquer les offres de stages des membres afin de les proposer aux étudiants. Un coach suivra les jeunes en les aidant avec leur CV, lettre de motivation, entretien, pour qu’ils répondent au maximum aux attentes de leur futur employeur. Les membres dirigeants de Réseau ProActif veulent faire évoluer l’image de l’association, «pas seulement visuellement mais également dans [leur] état d’esprit» souligne-t-il ; l’objectif étant de véhiculer le souci d’être utile à la France.

samedi 10 novembre 2012

Le thé et ses vertus




Par Nese Kutlutas | ZAMAN FRANCE ven, 09/11/2012 - 15:53


Boisson favorite des Turcs, le thé a aussi des vertus pratiques et thérapeutiques ignorées de beaucoup. Zaman vous livre quelques-uns de ses secrets, qui vont de la teinture des cheveux au traitement des furoncles.Avez-vous la moindre idée du nombre d’usages différents que vous pouvez faire du thé, à part celui de le consommer en boisson chaude ? Vous pouvez par exemple l’utiliser pour vous teindre les cheveux, mais aussi pour soigner un furoncle ou réduire les poches sous les yeux. Problèmes de cheveux secs ? Lavez-les comme d’habitude, et, au moment du rinçage, utilisez un litre de thé. Tout simplement !
Teinture pour cheveux à base de thé
Pour teindre vos cheveux avec du thé, vous aurez besoin d’une bonne dose fortement infusée. Pour seulement 250 ml d’eau environ, prenez six sachets de thé et mettez-les à infuser. Vous pouvez, si vous le souhaitez, ajouter une cuillère à soupe de feuilles de sauge, ainsi qu’une cuillère à soupe de romarin et une cuillère à café de camomille. Versez le tout dans un petit vaporisateur et aspergez généreusement sur vos cheveux, en veillant à ce que le liquide aille jusqu’aux racines. Laissez agir quelques heures, le temps que le liquide pénètre dans les cheveux. Si vous n’avez pas de flacon pulvérisateur, vous pouvez aussi bien utiliser la théière, et verser lentement au-dessus de vos cheveux le thé que vous aurez laissé refroidir. Essayez et vous verrez ; vous économiserez les sommes dépensées chez le coiffeur pour couvrir vos cheveux gris. Enfin, ne vous découragez pas si vous n’arrivez pas à obtenir un résultat satisfaisant dès la première application : il est possible en effet que l’opération doive être renouvelée plusieurs fois.
Traiter les furoncles
Nous savons tous que les furoncles peuvent être très douloureux. Si vous cherchez un moyen facile de vous soulager, essayez le sachet de thé en application locale pendant la nuit. Vous verrez que le thé fonctionne très bien pour aider à réduire les furoncles.
Bronzer avec du thé
Oui, vous avez bien lu ! Si vous ne voulez pas exposer votre peau aux rayons potentiellement nocifs du soleil, essayez le thé. Dans un flacon pulvérisateur, versez deux tasses de thé, puis vaporisez le liquide sur une peau propre et sèche. Laissez sécher. Vous obtiendrez ainsi grâce au thé ce bronzage sans risque tant désiré.
Contre les yeux gonflés, le thé
Si vous avez les yeux enflés, boursouflés, voire douloureux par manque de sommeil, étendez-vous sur le dos, et appliquez sur vos yeux un sachet de thé noir, que vous remplacerez ensuite par un sachet de camomille. Continuez ainsi alternativement pendant environ 20 minutes. Vous ne manquerez pas de constater une amélioration sensible de l’état de vos yeux.
Istanbul

mardi 23 octobre 2012

Faute de goût, les Turcs perdent de l’argent


par ZAMAN FRANCE
Dans un entretien accordé à Zaman, le ministre turc de la Culture et du Tourisme, Ertugrul Günay, insiste sur l’insuffisance du sens esthétique des citoyens turcs. Un goût du beau qui a pourtant son importance dans un pays qui attire des millions de touristes chaque année.
Les Turcs manquent-ils du sens de l’esthétisme ? Selon Ertugrul Günay, le ministre de la Culture et du Tourisme turc, la réponse est incontestablement «oui». Ce dernier tire la sonnette d’alarme : les conséquences économiques et culturelles pour la Turquie en seraient multiples et particulièrement préjudiciables. Dans un entretien accordé à Zaman, ses mots sont sans appel : «nous avons besoin d’introduire de l’esthétique dans nos vies. C’est ce qui nous fait le plus défaut». Un manque qui va de l’absence d’aménagement urbain au design souvent douteux des édifices, en passant par la décoration des cafés ordinaires ou des salons de thé, insuffisances criantes au sein de la société turque contemporaine. Selon le ministre, seules quelques villes font exception : Datça et Alaçati, dans la région égéenne, ainsi qu’Antalya et ses environs qui font des progrès en ce sens. Il pointe notamment du doigt ces petites rues qui jouxtent les lieux dits touristiques, «repoussantes» selon lui, et qui feraient fuir plus d’un visiteur étranger. Pour Ertugrul Günay, l’aspect général des villes turques n’est pas plaisant, surtout pour un pays qui fait partie du top 10 des destinations touristiques mondiales. Une situation qui n’a pourtant pas toujours été d’actualité, bien au contraire : Ertugrul Günay note que la sensibilité esthétique était très présente dans la vie des Seljukides et des Ottomans, ainsi qu’au cours des premiers temps de la République. Cette dernière sensibilité a juste «disparu de la République à partir des années 1950, avec l’émergence des plastiques et du béton».
Un sens de l’esthétique pour favoriser le tourisme
L’esthétique est pourtant un plus non négligeable dans un pays qui accueille chaque année un flot de touristes s’élevant l’an dernier à 31.5 millions d’âmes. Un chiffre considérable qui propulse la Turquie au sixième rang des pays les plus visités au monde, et qui lui permet de générer des revenus de l’ordre de 23 milliards de dollars en 2011, selon l’Institut de statistiques turc (TurkStat). Les citoyens turcs devraient donc prendre conscience de la richesse de leur patrimoine et de la nécessité de mettre en place un tourisme durable respectueux de l’environnement : «aujourd’hui, un complexe qui n’est pas aux normes environnementales ne devrait pas recevoir la meilleure classification [cinq étoiles]», insiste M. Günay. Il en est de même pour les objets anciens, pour beaucoup trafiqués par le passé et exposés dans des collections réparties aux quatre coins du monde. Depuis 2007, la Turquie a réussi à rapatrier 3.336 pièces, un effort important qui s’inscrit dans une politique plus large de promotion du tourisme dans ce pays. En 2013, l’Etat devrait dépenser 100 millions de dollars pour améliorer son image et attirer encore davantage de touristes.
Paris

vendredi 21 septembre 2012

Un Juif israélien chez les derviches tourneurs


Par Redaction | ZAMAN FRANCE ven, 21/09/2012 - 10:02


A 58 ans, Miki Cohen est le premier Juif israélien à accéder à la confrérie soufi de l’Ordre Mevlevi, fondé en Turquie. Après avoir fait la rencontre d’un derviche tourneur en Anatolie, il décide de changer de vie et se consacre pleinement à l’apprentissage du samâ'.

Tandis que le soleil décline sur son campement accroché à une colline de Galilée, Miki Cohen prend place sous une tonnelle en fer forgé et commence lentement, très lentement, la rotation d’un derviche tourneur. Les bras croisés sur la poitrine, à l’écoute d’une musique soufie diffusée par son téléphone portable, il lève les bras au-dessus de ses épaules, tournoyant, les yeux clos, en pleine extase mystique. La danse méditative soufie est la réponse de Miki Cohen, 58 ans, à de longues années de questionnement spirituel. Il est le premier Juif israélien à avoir accédé au rituel sacré des musulmans soufis de l’Ordre Mevlevi, fondé en Turquie au XIIIe siècle, plus connu sous le nom d’Ordre des «derviches tourneurs». Issu de la petite bourgeoisie de Tel-Aviv, Miki Cohen est resté traumatisé par la guerre israélo-arabe du Kippour (1973). Il se lance alors dans une quête éperdue de paix intérieure, flirtant avec la spiritualité juive, avant de vivre deux ans à Tel-Aviv puis d’étudier le taoïsme chinois et le kung-fu aux Etats-Unis pendant trois ans, tout en engrangeant des diplômes de psychologie et de philosophie.

Un voyage en Turquie qui va changer sa vie
La normalité garde pourtant ses droits : marié et père de deux enfants, il fait vivre sa famille en enseignant l’écriture de scénarios. Mais, au hasard de son cheminement spirituel, il découvre les écrits mystiques de Jalâl al-Dîn Rûmî, poète soufi du XIIIe siècle originaire de Perse, dont les adeptes fondèrent, après sa mort, la confrérie des derviches tourneurs, appelés ainsi pour leur danse giratoire proche de la transe. «Plus je lisais Rûmî, plus je découvrais le soufisme, quand la raison s’arrête pour laisser parler le coeur. Il est alors devenu évident que c’était ma voie», explique Miki Cohen, tout de noir vêtu, ses longs cheveux noués en queue de cheval. Tout derviche aspire à l’ascèse des grands mystiques musulmans soufis. De plus en plus fasciné par les enseignements de Rûmî, Miki se marginalise : il se sépare de sa femme, s’installe dans une caravane et voyage à travers Israël. En 2005, il va se recueillir sur la tombe du poète persan à Konya, haut lieu religieux de l’Anatolie. Dans un bus, il fait la rencontre d’un derviche tourneur. Ce dernier l’invite à passer une semaine au sein de l’Ordre pour s’initier au samâ', danse et chant sacrés des soufis mevlevis. L’invitation d’un Juif israélien au sein de cette confrérie musulmane traditionaliste plutôt fermée est sans précédent. C’est grâce à sa dévotion, et en dépit de la barrière de la langue, que Miki Cohen a été admis là où beaucoup d’autres ont échoué, explique à l’AFP la cinéaste turque Yelda Yanat Kapkin, qui suit depuis des années le parcours du néophyte et lui a consacré un documentaire pour la chaîne Al-Jazeera. «Quand il a rencontré le maître de la confrérie, ce dernier a vraiment cru que Miki était un adepte», témoigne la réalisatrice.

«L’espace d’une seconde, j’éprouve un sentiment d’harmonie»
Miki Cohen vit aujourd’hui au flanc d’une colline rocailleuse plantée d’oliviers, près du village druze de Jat, en Galilée, dans le nord-ouest d’Israël. Il habite une tente ronde et spacieuse qui ressemble à une yourte mongole, dont le pilier central soutient un toit drapé de tissus de couleurs vives. Le sol est jonché de tapis et de coussins. Dans cet abri alimenté en électricité par l’énergie solaire, il y a aussi des canapés fatigués et des chaises, ainsi que deux étagères branlantes, ployant sous le poids d’un assortiment éclectique de livres. Un amoncellement de matelas fait office de lit. Un vieux placard cache l’accès secret d’une grotte que Miki a creusée et aménagée dans la montagne, et où il se réfugie quand le vent devient mauvais. Jour après jour, devant sa yourte, dans une cage ronde dallée, comme une sorte de tonnelle, le derviche israélien, solitaire et hiératique, reprend la majestueuse rotation du samâ’. «L’espace d’une seconde, j’éprouve un profond sentiment d’harmonie. C’est magique», dit-il.

jeudi 20 septembre 2012

Du logement au pavillon : la vie rêvée des Turcs de Vierzon


Par Fouad Bahri | ZAMAN FRANCE jeu, 20/09/2012 - 14:27


Depuis le lancement de la politique de la ville, il y a plus de vingt ans, le renouvellement de l’habitat urbain a été perçu comme l’un des outils privilégiés pour décloisonner les cités-ghettos. A Vierzon, dans le Cher, les Franco-turcs passés d’un logement HLM classique à un pavillon, ont eux aussi bénéficié de ce changement de vie.

De 20 à 25 % ! Le taux obligatoire de logements sociaux dans les communes vient d’être relevé par les sénateurs le 12 septembre dernier lors de l’examen du projet de loi sur le logement social. Mentionné dans la loi SRU (Solidarité et Rénovation urbaine), ce dispositif est l’un des plus importants de la politique de la ville mise en place dès 1991 et dont l’objectif était d’assurer une mixité sociale et une diversité de l’habitat afin de lutter contre les phénomènes d’exclusion dans l’espace urbain. Changer la vie des habitants de quartier en changeant leur habitat, l’idée semble ingénieuse. A Vierzon, dans le département du Cher (18), les habitants de la cité Henri Cellier ont pu s’en rendre compte. Soumis à un projet de réhabilitation urbaine voté en 2007, les logements de l’Office Public de l’Habitat (OPH) ont été démollis et remplacés par des habitations pavillonnaires, toujours sous un régime locatif.

Des pavillons pour endiguer la délinquance
Pour les Franco-turcs de Vierzon, cet accès à un nouveau cadre de vie était inespéré. Volkan Simsek, 31 ans, ouvrier en bâtiment et père de trois enfants, a grandi dans ces logements HLM. Depuis 2009, il vit dans l’un des pavillons de l’OPH. «On se sent comme des propriétaires, on est pas mis à l’écart. Avant, on se voyait comme des gens de seconde catégorie avec les HLM» dit-il. Volkan a senti en particulier l’évolution de la vision des Turcs quant à leur place dans la société française. «Les gens changent de mentalité. Ils avaient tendance à être nostalgiques et à dire "ah le bled, ah la Turquie". Là maintenant, on se sent bien» dit-il. La destruction programmée des cité-ghettos, à Vierzon comme ailleurs, obéit aussi à un autre objectif : prévenir les phénomènes de concentrations urbaines qui produisent de la tension sociale et parfois de la délinquance. C’est l’une des raisons qui a poussé Deniz Olmez, 33 ans, mère de deux enfants, a demandé très tôt un logement situé à l’extérieur du quartier Henri Cellier «pour m’éloigner de ce milieu de cité et avoir un environnement tranquille». «Si les sociétés HLM ont décidé de détruire ces bâtiments, c’est pour éliminer la délinquance et les lieux de squatt» témoigne cette Franco-turc qui vient d’obtenir un logement pavillonaire à proximité mais en dehors de son quartier d’enfance. Paradoxalement, la démolition des autres bâtiments a accéléré son désir de partir ailleurs. En effet, «au fur et à mesure que les autres bâtiments ont commencé à être démollis et que leurs habitants partaient en pavillons, beaucoup de jeunes de 18/25 ans sont venus se poser dans le pallier» ajoute-t-elle évoquant des problèmes de places de parking squattées et de tapage nocturne. «Vivre dans un milieu calme» avec un bon voisinage fait donc partie des exigences de Deniz qui espère offrir à sa famille une autre vie. «J’ai un enfant qui est très influençable. Je ne veux pas qu’il grandisse là où j’ai grandi» explique-t-elle.

«Ces quartiers peuvent être des atouts formidables»
Ces considérations sécuritaires, Volkan Simsek les partage lui aussi. «On est plus en sécurité. On vit mieux qu’avant. On est quand même dans un quartier où à partir d’une certaine heure, on peut plus sortir dehors » précise le Franco-turc qui estime qu’avec ces nouveaux logements, «il y a un peu moins de problèmes de délinquance». Pour autant, toute la politique de la ville ne se réduit pas à la question du logement. D’après Nicolas Sansu, maire communiste de Vierzon, la dimension économique et sociale du réaménagement urbain reste essentielle dans le décloisonnement des quartiers populaires. «Ce n’est pas qu’un problème urbain, il y a aussi la question de l’emploi et du pouvoir d’achat. Même si les pavillons remplace les HLM, le problème du vivre-ensemble subsiste» dit-il. Pour l’élu communiste, le plus important «est de faire de l’activité et de montrer que ces quartiers peuvent être des atouts formidables». Une nouvelle zone économique comportant notamment une usine Renault et un grand laboratoire d’analyse médicale de dimension régionale a ainsi été financée pour créer du lien et ouvrir ces habitations au reste de la ville, dans une commune où 65 % des habitants sont propriétaires.

vendredi 29 juin 2012

Ces dhimmis qui gouvernèrent les musulmans


Ces dhimmis qui gouvernèrent les musulmans


Pour la première fois dans l’histoire de la République, huit députés issus de la «diversité» ont été élus le 17 juin dernier, parmi lesquels cinq sont originaires du Maghreb. Un mois plus tôt, le gouvernement formé par Jean-Marc Ayrault comptait déjà quatre membres issus de l’immigration et trois de l’Outre-mer. Ce phénomène nouveau montre notamment qu’il s’en faut de beaucoup que l’égalité de droit se traduise par une égalité de fait. Cette égalité de droit est elle-même très récente à l’échelle de l’Histoire. Pendant longtemps, dans les sociétés multiethniques et multiconfessionnelles, – comme l’étaient souvent les sociétés d’islam –, le droit musulman, et plus généralement la morale islamique, ont constitué le meilleur cadre légal et éthique en matière de vivre-ensemble. En témoigne entre autres l’accession aux plus hautes fonctions de l’Etat de chrétiens, de juifs, mais aussi d’anciens esclaves (ainsi, les dynasties mameloukes). Le statut légal de dhimmî, ou «protégé non musulman», à la fois inégalitaire et protecteur, communautariste et tolérant, garantissait les biens, les personnes, la liberté de culte ainsi que le droit pour les communautés de se gérer de manière autonome, dans le cadre d’une loi générale englobante qui institue la supériorité symbolique du droit islamique. Sur le plan politique, ce statut aura notamment permis le maintien durable de pouvoirs musulmans sur des populations très majoritairement non musulmanes, comme ce fut le cas aux premiers temps de l’islam, grâce à la participation des dhimmîs. Un jour que le calife ‘Umar (586-590) rendait visite à Abû Mûsâ, son gouverneur à Kûfa, en Irak, ce dernier lui apprend que son secrétaire est chrétien ; Umar s’en offusque, mais Abû Mûsâ, pragmatique, le rassure : «sa religion est à lui, son secrétariat est à moi»… La police du calife Mu‘âwiya (602-680) est ainsi exclusivement composée de chrétiens.
L’entente cordiale entre Normands et musulmans
A Damas, capitale de l’Etat omeyyade, vaste empire qui s’étend de Narbonne à l’Indus, la plupart des fonctionnaires sont chrétiens. Parmi les hauts fonctionnaires, on compte Yuhannâ ad-Dimashqî (Saint Jean Damascène), ministre des finances et futur Père de l’Eglise. Dans Tartîb al-madârik, al-Qâdhî Iyâd relate l’accueil plein d’égards que fit Ismâ‘îl Ibn Ishâq à ‘Abdûn Ibn Sâ‘id, ministre chrétien du calife abbasside al-Mu‘tadhid bi-Llâh (892-902), rendant hommage à «cet homme [qui] veillait aux affaires des musulmans». Sous le règne des Fatimides en Egypte (Xe-XIIe siècle), où se sont notamment illustrés deux ministres dhimmîs, – l’un chrétien, Bahram al-Armanî, l’autre juif, Abû Sa‘d al-Tustarî – l’administration était copte et l’armée, multiethnique (Arméniens, Turcs et Soudanais). A l’Ouest, au XIe siècle, Abû Ishâq Ibn an-Naghrîla et son fils Abû Hussein se succéderont à la tête du Premier ministère du royaume de Grenade. En 1465, le sultan mérinide Abû Muhammad ‘Abd al-Haqq nomme également un juif, Hârûn Ibn Batash, au poste de Grand vizir. On ne trouve nul exemple équivalent dans les Etats chrétiens multiconfessionnels du Moyen âge, à l’exception notable de la Sicile normande (XIe-XIIe siècle). Mais dans ce royaume où le roi et l’aristocratie, d’origine viking, étaient arabophones à l’image de la majorité de la population, qui était musulmane et juive, les usages arabo-musulmans ont été largement maintenus : l’administration était arabe, de même que l’essentiel de l’armée, ainsi qu’une partie du gouvernement. L’historien musulman Ibn al-Athîr rapporte ainsi que les musulmans «étaient traités avec bonté, et ils étaient protégés, même contre les Francs. A cause de cela, ils avaient un grand amour pour le roi Roger [II de Sicile]».
Tunis

TURQUIE: Les premiers immigrés rentrent au pays


Par Redaction | ZAMAN FRANCE mer, 27/06/2012 - 19:40


Une étude menée par l'Université allemande de Chemnitz révèle que la plupart des Turcs de la première génération qui ont migré en Europe ont fait le choix du retour en Turquie. L’enquête montre aussi que le niveau d’études des enfants des migrants est plus élevé que ceux des Turcs vivant en Turquie.
Dans le cadre de l’enquête intitulée «500 familles : histoire de la migration des Turcs en Europe», menée par Helen Baykara-Krumme de l'Université de Chemnitz, des entretiens ont été réalisés avec la première génération de migrants en Europe. Cinquante ans sont effectivement passés depuis le début de la migration des travailleurs turcs vers l’Allemagne, en 1961. L’enseignement principal de cette étude démontre que la plupart des premiers migrants qui ont aujourd’hui entre 65 et 90 ans seraient rentrés en Turquie tandis qu'une partie seulement d'entre eux aurait choisi de rester dans le pays d’accueil. Dans leur cadre de cette recherche, près de deux mille personnes ont été interrogées dans les communes de Akçaabat (Trabzon), Acipayam (Denizli), Emirdag (Afyon), Kulu (Konya) et Sarkisla (Sivas). Helen Baykara-Krumme a révélé les premières conclusions de l’enquête dans une réunion, tenue à la Faculté des sciences sociales de l'Université d'Humboldt à Berlin.
La fidélité nationale des Turcs
Mme Baykara-Krumme a déclaré à cette occasion qu'elle avait pu comparer ceux qui vivaient en Turquie et les migrants, en obtenant des informations importantes concernant les situations socio-économiques, les données relatives au mariage, les relations intergénérationnelles, l'attachement à la religion et aux valeurs ainsi que l'engagement politique de ces personnes. Helen Baykara-Krumme a également déclaré qu’elle avait obtenu des informations concernant les enfants et les petits-enfants des migrants, établi leur arbre généalogique et indiqué qu'une partie d'entre eux avait décidé de vivre à la fois en Europe et en Turquie et que très peu de migrants avaient choisi de rester dans le pays où ils avaient migré, préférant le retour en Turquie. Elle considère également sur la base de ces informations que le niveau d’études des enfants et des petits-enfants des migrants est plus élevé que celui des personnes vivant en Turquie. Helen Baykara-Krumme conclut, finalement, que la Turquie a su conserver une place importante pour la première génération de migrants ainsi que pour les générations suivantes.

vendredi 22 juin 2012

Intéressant point de vue sur le bilan de l'AKP au bout d'un an


L’AKP un an après : un bilan négatif d’après les experts


Un an après son élection triomphale, l’AKP est l’objet de nombreuses critiques concernant sa gestion jugée «autoritaire» de nombreux dossiers. Pour les observateurs, le drame d’Uludere ou le retrait politique du gouvernement dans l’affaire Ergenekon traduisent cette évolution négative de l’AKP.
C’est en promettant de poursuivre les efforts de démocratisation et l’élaboration d’une nouvelle constitution que le Parti de la justice et du développement (AKP) a remporté le 12 juin 2011 les élections nationales, raflant la moitié des suffrages. Mais le parti semble perdre du terrain parmi les faiseurs d’opinion qui dénoncent aujourd’hui les velléités autoritaires du parti au pouvoir. Mehmet Altan, enseignant à la faculté d’économie de l’Université d’Istanbul interprète les récents débats lancés par Recep Tayyip Erdogan au sujet de l’avortement et de la construction d’une mosquée à Çamlica comme une manifestation des tendances autoritaires du Premier ministre. «Ces débats montrent clairement que le gouvernement veut opérer une transition consistant à faire passer le pays du kémalisme laïc au kémalisme religieux» a déclaré l’universitaire à Zaman. Koray Çaliskan, politologue à l’Université Bogazici est du même avis. Au sujet du drame d’Uludere, il met ainsi en garde : «dans un avenir pas trop lointain, n’importe lequel d’entre nous pourrait se faire licencier simplement pour avoir exprimé une opinion», ajoutant par ailleurs que cela signifierait alors que l’AKP serait devenu comparable au CHP (Parti républicain du peuple) des années 1930 : un parti unique partiellement intégré à l’Etat.
Uludere : la plus grande crise de l’AKP
Si l’AKP a reçu les faveurs d’une large frange de la société turque, c’est pour son engagement à démocratiser le pays et à placer les libertés individuelles avant l’intérêt de l’État. Il semble néanmoins que le parti a depuis peu emprunté le chemin inverse. La position du gouvernement vis-à-vis du drame d’Uludere, où 34 citoyens turcs d’origine kurde ont été tués par erreur, constitue, d’après les spécialistes, un exemple typique d’une telle attitude. Au lieu de trouver les responsables et d’exprimer des regrets sincères, le gouvernement a en effet donné l’impression d’essayer de dissimuler ce qui s’est réellement passé. Pour M. Çaliskan, le drame d’Uludere est à l’origine de la plus grande crise qu’ait connue l’AKP. Critiquant le gouvernement pour son attitude à l’égard de l’événement, il a en effet affirmé qu’ «Erdogan aurait dû s’excuser, comme il l’a fait pour Dersim (car) c’est lui qui est politiquement responsable».Toujours selon le politologue, ce drame a eu un impact majeur sur la manière dont l’AKP est perçu par le public. «L’image qui a prévalu ces dernières années d’un AKP victime de l’establishment [juridico-militaire, Ndlr] a totalement volé en éclats», poursuit M. Çaliskan, l’AKP ayant commencé à se comporter en parti-Etat en accordant la priorité à la défense de l’institution étatique. L’AKP a été salué quand il a annoncé son projet le plus important, la préparation d’une nouvelle constitution civile destinée à remplacer celle héritée de la période militaire. Néanmoins, les travaux de la commission mise en place à cet effet ne progressent que très lentement. Le travail constitutionnel est en cours avec la création de la Commission parlementaire pour la conciliation constitutionnelle, constituée de représentants des quatre partis et dirigée par le président du Parlement. Beaucoup d’observateurs soupçonnent néanmoins que les règlements internes adoptés par la Commission ne rendent difficiles l’obtention d’un compromis dans la mesure où ils requièrent un consensus absolu qu’il ne sera pas aisé d’obtenir compte tenu de la grande divergence d’opinions qui existe sur certains sujets. Qui plus est, la composition de la nouvelle assemblée est telle qu’il est impossible à l’AKP d’assumer à lui seul la rédaction de la nouvelle Constitution. Ahmet Turan Alkan, analyste politique et éditorialiste au quotidien Zaman, ne cache pas le fait qu’il n’est pas optimiste vis-à-vis de la question : «les débats relatifs à une nouvelle constitution ont pris du retard par rapport à ceux sur le système présidentiel. Tout se passe comme si le gouvernement voulait simplement utiliser la chose politiquement».
La liberté de la presse en recul
Par ailleurs, le gouvernement est revenu sur sa promesse d’une «Turquie sans bandes organisées ni juntes» pourtant incluse dans son programme électoral. L’AKP a en effet signifié qu’il pourrait réduire son soutien politique aux affaires judiciaires majeures telles qu’Ergenekon, dans lesquelles des membres de bandes organisées longtemps nichées à l’intérieur de l’appareil d’Etat sont actuellement en train d’être jugés. Le parti avait déjà poussé à modifier la loi sur les matches truqués adoptée par le Parlement à peine huit mois plus tôt. La conséquence en a été la réduction des peines des bandes organisées et des personnes impliquées dans les scandales des matchs truqués. L’AKP a échoué à modifier la loi sur les partis politiques, les lois sur le financement des campagnes électorales, ainsi que la loi électorale. Il a également interrompu les progrès faits en matière de réformes pour une harmonisation avec l’UE. Par ailleurs, la plupart des lois nécessaires à l’ajustement de la législation turque avec la réforme constitutionnelle, n’ont à ce jour pas été soumises au Parlement. Le gouvernement a échoué à donner le jour à des projets de loi importants : la création d’un conseil anti-discrimination ; une loi sur les aides publiques ; une loi sur les services de sécurité externe des établissements pénitentiaires. Dernier point, mais non le moindre : la liberté de la presse et les changements susceptibles d’être apportés aux lois antiterroristes destinés à donner une marge de manœuvre aux journalistes. Le gouvernement avait présenté des amendements en ce sens au Parlement. Des groupes de surveillance des médias affirment néanmoins que, loin d’avoir réussi à apporter une solution au défaut de liberté dont souffrent les médias en Turquie, ils ont, dans certains cas, contribué à aggraver la situation.
Ankara

Ibn Khaldûn, l’homme qui inventa les sciences humaines


Ibn Khaldûn, l’homme qui inventa les sciences humaines


Dans une récente analyse du pouvoir syrien publiée dans Le Monde («L’Etat de barbarie» persiste en Syrie, mais la tyrannie recule devant la révolution), Ziad Majed, professeur des études du Moyen-Orient à l’Université américaine de Paris, a eu recours à un concept développé au XIVe siècle par un savant maghrébin, celui de ‘asabiyya. L’auteur le traduit par «solidarité mécanique», un autre concept dû au sociologue Emile Durkheim (1858-1917). Qu’un concept socio-politique forgé au Moyen âge demeure pertinent au point d’être employé par un spécialiste au XXIe siècle est certes une chose assez extraordinaire. Le génie qui en est l’auteur ne l’est pas moins. Abd ar-Rahmân Ibn Khaldûn, dont on a commémoré le 28 mai dernier le 680e anniversaire, est la dernière étincelle d’une civilisation arabe dont le déclin était au XIVe siècle largement entamé. Il est l’inventeur de la science historique et de la sociologie, mais aussi un précurseur dans nombre d’autres domaines des sciences humaines, sciences qui ne seront constituées en tant que disciplines indépendantes qu’au XXe siècle : l’économie, la démographie, l’anthropologie, la psychologie (qu’il aborde également sur les plans politique, économique et éthique), la psychopédagogie, etc. On y a vu également un précurseur de Darwin, sa classification des espèces animales décrivant l’homme comme l’aboutissement d’un «progrès graduel de la Création». Dans le «continuum des êtres vivants» en effet, «le plan humain est atteint à partir du monde des singes [al-qirada]». C’est du moins «ce qu’une observation attentive permet de découvrir. Dieu seul, qu’Il soit glorifié, dispose du cours des événements et connaît l’explication des choses cachées»… On y a vu également un précurseur de Marx. Ibn Khaldûn, s’est en effet beaucoup intéressé à l’influence qu’exerce sur l’évolution des groupes sociaux leur genre de vie comme leur genre de production. Il écrit ainsi que «les différences que l’on remarque entre les générations (ajyâl), dans leurs manières d’être, ne sont que la traduction des différences qui les séparent dans leurs modes de vie économique».
Une théorie rationnelle de l’Histoire
La similitude est pour le moins frappante avec la célèbre phrase de Marx : «Le mode de production de la vie matérielle détermine, en général, le processus social, politique et intellectuel de la vie». Ces observations et analyses, et d’autres encore qui témoignent tout autant du génie d’Ibn Khaldûn, sont contenues dans l’introduction d’un ouvrage monumental qui ne sera jamais achevé, le Kitâb al-‘ibar ou Discours sur l’Histoire universelle. Cette introduction (muqaddima) sera considérée par la postérité comme un opus à part entière ; elle est généralement connue sous le titre hellénisant de Prolégomènes. Ibn Khaldûn avait conscience d’y faire œuvre absolument nouvelle. Conscient du déclin de la civilisation à laquelle il appartenait, il voulait être à même d’en rendre compte scientifiquement, au moyen d’une méthodologie rigoureuse. Rejetant les travaux de ses devanciers, simples chroniqueurs alignant des faits sans les soumettre à une critique scientifique, mais surtout, sans en expliquer le déroulement, Ibn Khaldûn emprunte donc «cette voie originale» (al-nahw al-gharîb) qui rend l’histoire rétrospectivement intelligible et rationnelle. Ce faisant, il créait une «science nouvelle», (ilm mustanbat an-nash’a) qui fonde la science historique et la sociologie, tout en contenant les prémices de sciences humaines qui ne se constitueront au mieux qu’un demi-millénaire plus tard.
Tunis

vendredi 15 juin 2012

La Turquie, nouveau rêve européen ?


Par Maud Druais | zaman france jeu, 14/06/2012 - 17:11

La crise économique a poussé de nombreux Grecs à traverser la frontière turque à la recherche d’un travail, dans un pays en pleine croissance qui brille par son dynamisme économique. Un phénomène qui montre l’inversion des tendances migratoires historiques en Europe.
La Turquie, aux frontières de l’Europe et limitrophe avec la Grèce, dont on a longtemps craint une émigration massive, connaît une inversion de ses flux migratoires. Est-ce symptomatique ? Pour Dimitris Triantaphyllou, professeur à l’université Kadir Has qui s’exprimait sur Arte «il y a dix ou douze ans, personne n’aurait imaginé ça mais les esprits ont évolué». La situation des universités est tellement dégradée en Grèce, qu’il était préférable pour lui de quitter Athènes pour Istanbul. Son université d’accueil lui a même proposé d’ouvrir un laboratoire de recherche sur les études européennes, chose impensable en Grèce à l’heure de l’austérité économique et donc des coupes budgétaires dans tous les domaines. Il n’est pas le seul. Ces derniers mois, l’émigration des Grecs vers la Turquie s’est accélérée en raison de la crise économique qui frappe durement le pays. La Turquie devient un pays d’immigration, signe que tout va bien et que l’Europe, au contraire, fait de moins en moins rêver. L’émigration des Grecs est d’autant plus symbolique que la Grèce est le berceau de la civilisation européenne : les Européens quittent l’Union européenne (UE), attirés par le dynamisme de l’économie turque qui enregistre de forts taux de croissance.
De réelles opportunités économiques
La Turquie est en effet un marché émergent de plus de 70 millions d’habitants où les opportunités économiques sont réelles. De nombreux Européens – n’ayant aucune attache culturelle avec la Turquie - aux qualifications différentes se rendent dans ce pays à la recherche d’un emploi ou pour y créer leur entreprise. Istanbul, en particulier, attire de plus en plus d’étrangers. Le phénomène est très sensible chez les Grecs, qui considèrent qu’en dépit du passé, il existe une réelle proximité culturelle entre les deux populations turque et grecque. «Nous avons le même mode de vie, la même mentalité, nous sommes tous des passionnés ! Finalement, la seule vraie différence, c’est la religion», s’exclame Rania, employée de bureau, au micro d’Arte.
Depuis la fin de la guerre froide, la Turquie est devenue terre d’immigration pour de nombreuses populations en provenance des Etats de l’ex-union soviétique, ainsi que du Proche-Orient. Ce qui change, c’est l’arrivée récente de plus en plus d’Européens de l’ouest, et le retour au pays d’enfants d’immigrés turcs. Parallèlement, l’émigration des Turcs vers les pays de l’Union européenne a considérablement diminué. A terme, si la tendance se confirme, la Turquie deviendra un pays d’immigration accueillant des flux d’étrangers en provenance de l’Union européenne, inversant la tendance historique.
La Turquie, toujours plaque-tournante de l’immigration clandestine
Si la Turquie tend à devenir pays d’immigration, elle est aussi devenue la plaque-tournante de l’immigration clandestine vers les pays de l’Espace Schengen, notamment grâce à l’ouverture de liaisons aériennes à bas prix sur Istanbul, a souligné le rapport 2012 de l’agence Frontex, qui coordonne la surveillance des frontières extérieures de l’UE. «La frontière entre la Grèce et la Turquie va demeurer en 2013 un point de passage de clandestins avec des niveaux d’interceptions similaires à ceux de 2011, soit entre 40 et 57.000 par an», affirme l’agence européenne pour la gestion de la coopération aux frontières extérieures. Cette situation est la conséquence de la politique du gouvernement turc en matière d’octroi de visas et du développement de liaisons aériennes turques, analyse Frontex. Les filières de passeurs sont très structurées. Des vols à bas coût sont organisés au départ de plusieurs villes d’Afrique à destination d’Istanbul, redevenue «la Sublime Porte pour l’Union européenne», dénoncent des diplomates de l’UE.
Paris

Au temps où les sultans ottomans étaient cinéphiles


Au temps où les sultans ottomans étaient cinéphiles


Depuis le 13 juin, et jusqu’au 5 août prochain, la Cinémathèque française rend hommage au cinéma égyptien. Une cinquantaine de films seront ainsi présentés dans le cadre d’une rétrospective intitulée Ciné-Egyptomania et destinée à rendre compte de la richesse de l’une des cinématographies majeures du monde musulman. Hors du monde arabe, c’est aujourd’hui la Turquie et l’Iran qui se signalent par l’abondance, sinon par la qualité de leur production. Par l’ancienneté de son introduction également : à Téhéran, en 1904, Mirza Ebrâhim Sahhâf-Bâshi, photographe du shah Mozaffar ed-Dîn, ouvre la première salle de cinéma du pays ; dans l’Egypte ottomane, ce sont des membres de la communauté italienne qui en 1897 projettent les premiers films muets. De même dans la capitale de l’Empire, où ce sont également des membres de minorités non musulmanes — des Juifs et des Arméniens stambouliotes, essentiellement — qui en 1896 introduisent le «cinématographe». La perception du cinéma, de même que son développement, dans ce qui n’allait pas tarder à devenir la République turque, sont intimement liés tant au cosmopolitisme d’Istanbul qu’au rapport, souvent complexe, à une modernité d’importation. Lorsqu’il apparaît en 1896, le cinéma trouve naturellement sa place dans les quartiers de Péra et de Sehzadebasi, les deux centres par excellence du divertissement commercial. La nouvelle invention y côtoie à Pera, quartier surtout peuplé de non-musulmans, des spectacles d’origine européenne tels que les cafés-chantant et les variétés. A Sehzadebasi, quartier majoritairement musulman, il rejoint des formes de spectacles plus traditionnelles, telles que le Karagöz (théâtre d’ombres) et le Meddah (conteurs publics). C’est à partir de 1908 que le cinéma devient une forme de spectacle autonome, avec des lieux de représentation, une programmation mais aussi un public spécifiques. Il commence alors à essaimer dans d’autres quartiers de la capitale.
Des soirées cinéma pendant le ramadan
Cette évolution n’était pas du goût de tous. Certains théologiens suspectaient en effet cette invention nouvelle, importée et exploitée par des non musulmans, de porter atteinte aux bonnes mœurs. Le pouvoir impérial ne suivra que très partiellement leur avis ; le pouvoir républicain qui lui succédera louera cet instrument de la modernité. Si les autorités impériales n’ont pas exercé un contrôle structurel (censure), les autorisations accordées aux nombreux exploitants stipulaient que les films ne devaient pas traiter de sujets religieusement mais surtout politiquement sensibles. Le cinéma a même, globalement, été encouragé, tant pour des raisons fiscales (taxe de solidarité en sus des impôts ordinaires dont devaient s’acquitter les exploitants), que pour des raisons de prestige, la nouvelle technologie ayant vocation à manifester le pouvoir du sultan. Abdulhamit II était du reste un amateur fervent de cette technologie nouvelle, et faisait souvent organiser des projections en petit comité. Les exploitants, de leur côté, tout en s’adaptant aux exigences des autorités, s’efforçaient de parer aux critiques des ulémas, et de répondre aux demandes d’un public très divers. Ainsi, dans le quartier de Sehzadebasi, des projections réservées aux femmes étaient-elles organisées à l’intention des musulmanes. De même les veillées ramadanesques faisaient-elles l’objet d’une programmation spéciale trente jours durant. Enfin, ils n’hésitaient pas, dans un élan de solidarité nationale, à organiser des projections à des fins non-lucratives, dans le but, par exemple, de venir en aide à des victimes de désastres naturels ou de conflits ethniques.
Tunis

samedi 26 mai 2012

Mariages alévis-sunnites : «Les premiers à franchir le pas ouvrent la voie aux autres»


Mariages alévis-sunnites : «Les premiers à franchir le pas ouvrent la voie aux autres»


Secrétaire général de la plate-forme Medialog de la Fondation des journalistes et écrivains (GYV), Erkam Tufan Aytav est l’auteur de l’ouvrage Türkiye’de Öteki Olmak (Etre l’Autre en Turquie) sur les mariages entre sunnites et alévis. Dans un entretien à Zaman, il expose les questions soulevées dans son ouvrage : comment les couples se percevaient avant le mariage ? Et ont-ils résolu leurs différends ?
Une des personnes que vous interrogez dit qu’elle la seule femme de sa famille à avoir épousé un sunnite.
Ceux qui ont été les premiers à franchir le pas sont aussi ceux qui auront eu à affronter les plus grandes difficultés. Mais ils ouvrent la voie aux autres, pour qui cela devient moins difficile. Je cite dans le livre l’exemple de cette mère qui était fortement opposée au mariage de sa fille avec un alévi, et qui quelques années plus tard priait pour que sa deuxième fille épouse elle aussi un alévi... Etre le premier n’est donc pas facile, aussi parce qu’on peut être amené à devenir l’exemple, en bien comme en mal.
Vous écrivez également que lorsque les parents se trouvent confrontés à ce genre de situation, ils vont demander conseil à leur responsable religieux. Est-ce qu’il existe des normes religieuses qui encadrent ces pratiques ?
Les sunnites vont demander conseil au mufti ou à la Direction des affaires religieuses qui répondent de manière très claire que ces mariages sont légitimes puisque alévis et sunnites croient en l’ «unité d’Allah, en Muhammad [le Prophète] et en Ali [cousin et beau-fils de Muhammad]». Côté alévi par contre, les avis varient en fonction des dedes[chefs religieux et spirituels alévis], dont les interprétations en la matière divergent. J’ai parlé avec de nombreux dedes, ainsi qu’avec Binali Dogan de l’ordre Erikli Baba. Son interprétation était dure : pour lui, les alévis qui veulent épouser des sunnites sont düskün, littéralement «tombés», une manière pour la communauté alévie d’ostraciser les indésirables. Et les parents qui ont approuvé un tel mariage sont tout aussi düskün. Mais c’est là, il est vrai, l’interprétation la plus dure.
Les dedes alévis ont tendance à ne pas approuver les mariages alévis-sunnites. Quelles sont les autres interprétations ?
Même les dedes les plus modérés avec lesquels j’ai parlé avaient tendance à désapprouver ces mariages. Ils disaient que les femmes alévies seraient discriminées et opprimées dans les familles sunnites, et qu’ils ont eu des exemples. Ils ont également ajouté que, dans le cas inverse, si une sunnite décide d’épouser un alévi, la communauté alévie ne se mêlerait pas de ses croyances, n’essaieraient pas de la changer et ne lui ferait subir aucune discrimination.
Le gouvernement a voulu supprimer les préjugés en révisant les livres d’éducation religieuse. Dans quelle mesure pensez-vous qu’il y a réussi ?
On a appris récemment que dans ces manuels il y avait des termes discriminatoires vis-à-vis des Syriaques... L’éducation religieuse en Turquie s’est toujours concentrée sur l’islam sunnite. Actuellement, il y a un débat pour savoir si le cours d’éducation religieuse devrait être obligatoire ou pas. A mon avis, il devrait être obligatoire. Le cours devrait être conçu de manière à faire connaître les fondements des différents systèmes de croyances et ainsi à corriger les préjugés. L’action du gouvernement en la matière est hésitante et manque de détermination.
Istanbul

jeudi 24 mai 2012


Istanbul dans la course aux JO-2020


Istanbul pourrait bien organiser les Jeux olympiques en 2020. La bataille, pour accueillir les Jeux d’été se joue désormais entre Istanbul, Madrid et Tokyo. Doha, créditée pourtant de très bonnes notes, a été écartée par le Comité international olympique (CIO), mercredi à Québec. Pour trancher, les membres de la commission exécutive du CIO se sont appuyés sur le rapport du groupe de travail 2020, composé d'experts. La finale se jouera donc à trois, en septembre 2013 à Buenos Aires. Une situation que le CIO n'apprécie guère car elle réduit le suspense et n'autorise aucun accident de parcours. Istanbul, l'outsider au projet le moins convainquant sur le plan technique pourrait s'offrir un destin à la Rio. "Cette fois, Istanbul est prêt", promet le patron du dossier, Hassan Arat, faisant référence aux quatre candidatures vaines. La métropole turque propose un concept unique: organiser les JO sur deux continents. La principale interrogation du CIO concerne Madrid, touchée par la crise économique et qui présente une pré-campagne « minimaliste » que l'on crut longtemps vouée à être enterrée au nom des sacrifices budgétaires. Pourtant, Madrid, a un atout de taille : elle possède déjà la quasi totalité des infrastructures et ne présente donc pas de risque majeur. Même constat pour Tokyo, favori il y a quatre ans et qui avait finalement échoué. Aujourd'hui, Tokyo possède toujours un excellent dossier technique, avec un plus : la ville donne sa promesse d'utiliser les JO comme une manière de soulager le traumatisme de la catastrophe de mars 2011.
Paris

Tombouctou : cité islamique des sciences et du commerce




Le 4 mai dernier, des membres du groupe armé Ansar Eddine, islamistes radicaux supposés proches d’Aqmi, ont détruit le mausolée du saint Sidi Mahmoud Ben Amar à Tombouctou. Comme tout le nord du Mali, depuis le coup d’Etat du 22 mars la ville est contrôlée par les putschistes. Ansar Eddine menace de détruire par le feu les autres mausolées de la «Cité des 333 saints», l’un des surnoms de la ville. Outre qu’il s’agit d’un patrimoine à la fois architectural, religieux et culturel, ces tombeaux objets de piété populaire recèlent un grand nombre de manuscrits islamiques remontant à une période comprise entre le XIVe et le XVIIIe siècle. La ville est d’ailleurs inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1988. Ce qui n’est aujourd’hui qu’une ville du Tiers-Monde de 30.000 habitants a en effet accueilli au XVe siècle jusqu’à 25.000 étudiants venus de divers pays d’islam suivre les enseignements dispensés dans l’université islamique (madrasa) de Sankoré. Avec celles des mosquées Sidi Yahya et Djingueré Ber, la ville en comptait trois. Cité commerçante éminemment prospère, Tombouctou était en effet la capitale culturelle de l’islam ouest-africain. Des nombreux savants que la ville aura attirés ou produits, le plus fameux est sans doute Ahmad Bâbâ al-Massûfî at-Tînbuktî (1556-1627), jurisconsulte (faqîh), philosophe et grammairien auteur de plus de 60 ouvrages. Aujourd’hui encore, la ville recèle plus de 100.000 manuscrits datant pour les plus anciens du XIIe siècle. Il s’agit de traités rédigés en arabe (ou plus rarement en peul) et couvrant les domaines du savoir les plus variés : fiqh (jurisprudence islamique), histoire, astronomie, médecine, musique, botanique, etc. Dans sa Description de l’Afrique (1530), le diplomate et explorateur chrétien Hassan al-Wazzân dit «Léon l’Africain» témoigne de l’intérêt de Tombouctou, ville de commerce et de science, pour les «livres manuscrits» : «on [en] vend aussi beaucoup qui viennent de Berbérie [du Maghreb]. On tire plus de bénéfices de cette vente que de tout le reste des marchandises.»
200 kg d’or pour une mosquée !
Ces marchandises sont pourtant nombreuses et de grande valeur, les Tombouctiens couvrant les trois grandes zones du commerce caravanier africain : or, plumes d’autruches, ivoire, esclaves du Soudan occidental (Bilâd as-Sudân) ; sel du Sahara (salines de Teghaza) ; chevaux arabes et vêtements européens du Maghreb. Le Florentin Benedetto Dei qui a visité la ville en 1470 note sans surprise qu’on y vendait des vêtements de serge fabriqués dans le nord de l’Italie. La description de Léon l’Africain un demi-siècle plus tard est plus enthousiaste. Le diplomate est fasciné par le «grand nombre de boutiques» qui ornent la ville, par «le temple de pierre et de chaux construit par un éminent architecte grenadin» ainsi que par «le magnifique palais du roi». L’architecte auquel il est fait référence est Abû Ishâq as-Sâhilî, un Arabe que fit venir de sa lointaine Espagne l’empereur Mûsâ Ier et auquel il offrit 200 kg d’or pour la conception et l’édification de la célèbre mosquée Djingueré Ber. Brillante et prospère des siècles durant, la ville connaîtra pourtant des appartenances diverses. Intégrée tour à tour, et sous la bannière de l’islam, aux différents empires de l’ouest africain (Ghana, Mali, Songhaï), elle deviendra en 1591 sous la dynastie chérifienne des Saadites un pachalik marocain (territoire sous l’autorité du pacha). A partir du XVIIe siècle s’amorce un lent et inexorable déclin qui conduira en 1894 à la prise de la ville par les Français.
Tunis

samedi 19 mai 2012

Le «tombeau du Géant» de Josué : l’autre sanctuaire d’Istanbul


Par Emmanuelle Grimaud ZAMAN FRANCE| jeu, 17/05/2012 - 16:59


On pense souvent à Istanbul pour ses prestigieux monuments à l’instar du célèbre musée Sainte Sophie mais visiter la métropole turque est aussi l’occasion de découvrir le «tombeau du Géant». Il s’agit du mausolée érigé à la gloire du prophète Josué au sommet du «Mont du Géant» que les Turcs appellent Yusa Tepesi. Cette tombe, particulièrement impressionnante de par ses dimensions (douze mètres de long sur deux mètres de large) serait, selon le culte musulman, le lieu de sépulture du personnage coranique Josué. Ce dernier, l’un des prophètes de l’islam, est mentionné implicitement dans le Coran : il est, dans la sourate al-Kahf, le serviteur de Moïse (XVIII :60). C’est aussi un personnage de l’Ancien Testament qui apparaît dans le livre de l’Exode ainsi que dans le livre éponyme de Josué. Il y est notamment décrit comme un chef militaire d’une grande vaillance et un fin stratège qui aura mené ses hommes de victoire en victoire, sa conquête la plus célèbre étant celle de Jéricho. On prête à son tombeau des vertus miraculeuses, c’est pourquoi chaque année de nombreux pèlerins s’y rendent dans l’espoir de guérir leurs maladies mais le grillage de fer qui entoure le sépulcre empêche les visiteurs de pouvoir toucher la terre sacrée. Derrière le temple, sur l’emplacement de l’ancienne église de Saint-Pantaléon, bâtie par l’empereur Justinien, s’élève une jolie petite mosquée construite au XVIIIe siècle par le grand Vizir Mehmed Yirmisekizzade Saïd Pacha. Elle fut restaurée sous le règne du sultan Abdülaziz en 1863 après avoir été ravagée par un incendie. La colline où se niche le sanctuaire, qui se situe à Beykoz sur la rive orientale du Bosphore est donc un lieu sacré chargé d’histoire. Mais elle offre également un panorama à couper le souffle qui s’étend au nord jusqu’à la mer Noire et au sud jusqu’à la mer de Marmara. Son point culminant à 198 mètres d’altitude est un point de repère maritime souvent utilisé par les navires qui naviguent dans la baie.

jeudi 10 mai 2012

La Turquie et Dubaï raflent la mise touristique du printemps arabe


Par Ali Khalil | ZAMAN FRANCE jeu, 10/05/2012 - 15:47

La baisse significative du tourisme dans les pays arabes comme la Tunisie et l’Egypte consécutive au printemps arabe a largement profité à la Turquie et Dubaï. Pour Ankara, le nombre de touristes arabes avoisine déjà les deux millions de personnes alors que Dubaï compte en accueillir 10 millions en 2012.
La Turquie et la ville de Dubaï apparaissent comme les principaux bénéficiaires du recul du tourisme dans les pays du printemps arabe, selon des professionnels participant cette semaine à un salon du voyage. La Tunisie et l’Egypte ont connu une baisse de fréquentation en raison des violences qui ont accompagné les protestations qui ont chassé en janvier et en février 2011 les dirigeants des deux pays, selon ces professionnels. En revanche, la cité Etat de Dubaï et la Turquie en ont profité. La Turquie a accueilli 1,4 million de touristes arabes pendant les huit premiers mois de 2011 contre 1,2 million en 2010. Leur nombre total doit atteindre les 1,7 million pour l’année 2011. «Le nombre de touristes égyptiens allant en Turquie a augmenté de 400 % en 2011», a dit Ahmed Youssef, un responsable de la compagnie Amadeus, fournisseur de technologie de l’information pour des opérateurs touristiques, pour illustrer le phénomène de bouleversements de la carte touristique régionale. Dubaï a connu en 2011 une hausse de 10 % de fréquentation hôtelière avec 9,09 millions de touristes et des revenus de 4,4 milliards de dollars en hausse de 20 % par rapport à 2010, selon les chiffres publiés pendant le Salon arabe du voyage.
Les visées touristiques de Dubaï
Dubaï table sur 10 millions de touristes en 2012. Un objectif à portée de main étant donné que les arrivées ont augmenté de 9 % au premier trimestre à 2,6 millions, selon des statistiques publiées cette semaine. «Les touristes cherchent des destinations sûres en plus d’un service de qualité», a expliqué Khaled al-Mazroui, directeur de l’aéroport de Foujaïrah, l’une des composantes de la fédération des Emirats arabes unis. Paul Griffiths, patron des aéroports de Dubaï, a évoqué une hausse de touristes habitués de l’Egypte comme les Saoudiens et les Koweïtiens. «Il y a eu une redistribution (des touristes) pendant les mois passés», a-t-il déclaré à la presse, en parlant d’ «un bond du nombre de touristes (arrivant à Dubaï) en provenance de l’Arabie saoudite et du Koweït», ainsi que d’autres pays arabes du Golfe. Dubaï, avec ses centres de loisirs et de commerce, attire le tourisme familial et de shopping, selon les participants au salon. Avec d’importantes infrastructures hôtelières, des aéroports modernes et des centres commerciaux de luxe, la ville recueille les fruits d’une stratégie destinée à en faire une destination touristique de premier plan. Pour l’ensemble de la région, le tourisme a connu une mauvaise année en 2011. «Dans l’ensemble, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ont connu une chute de la fréquentation, notamment la Tunisie et l’Egypte», a relevé Ahmed Youssef de la compagnie Amadeus. Selon des statistiques de l’Organisation mondiale du tourisme, publiées en mars, le nombre de touristes au Moyen-Orient a baissé de 8,4 % en 2011 à 54,8 millions, après une augmentation de 14,9% en 2010.
Dubaï