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vendredi 5 juillet 2013

TURQUIE DANS L'UE – Les oppositions se multiplient dans l'Union des 28

Une semaine après un nouveau report des négociations entre Ankara et Bruxelles -- et alors que la Croatie vient de rejoindre l'Union européenne -- le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaeuble, s'est fermement opposé à l'intégration de la Turquie. Dans le même temps, plusieurs parlementaires européens ont remis en cause les aides versées par la Commission européenne à l'Etat turc.
Les relations turco-européennes n'en finissent plus de déchaîner les passions. Avant-hier à Dusseldorf, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaeuble, a vivement manifesté son opposition à l'intégration de la Turquie à l'Union européenne. "Nous ne devons pas accepter la Turquie comme membre à part entière. […] La Turquie ne fait pas partie de l'Europe", a-t-il martelé devant des partisans du CDU (l'Union chrétienne-démocrate), réunis lors d'un meeting organisé en vue de préparer les élections législatives allemandes, qui se disputeront au mois de septembre prochain.
Des propos qui interviennent une semaine après que l'Allemagne a pressé les autres gouvernements européens de repousser l'ouverture des négociation sur le chapitre de la politique étrangère turque.
Le ministres des Affaires étrangères d'Angela Merkel, Guido Westerwelle, avait alors invoqué une économie turque"structurellement incompatible" avec l'Union européenne pour justifier sa position. La déclaration de Wolfgang Schaeuble est beaucoup plus définitive, et se situe dans la droite ligne du CDU, qui a fait de la non-adhésion de la Turquie l'une de ses promesses de campagne.
Des euro-députés s'opposent à l'aide financière versée à Ankara
Les hommes politiques allemands ne sont pas les seuls à faire part de leurs réticences. Selon le quotidien Le Monde, plusieurs parlementaires européens se sont récemment étonnés que Bruxelles ne remette pas en cause les aides octroyées à Ankara, qui représentent une manne d'environ 685 millions d'euros par an. Cet argent, qui a commencé à être versé en 2007, doit permettre à l'Etat turc de se développer en vue de son adhésion à l'Union européenne. Or, jamais depuis 1997, et le rejet de la candidature turque par le Conseil européen, la perspective de voir Ankara occuper un siège permanent au sein de l'organisation européenne n'avait paru aussi incertaine.
Alors que les négociations ont été entamées en 2004, un seul des 35 chapitres des pourparlers entre l'Europe et la Turquie a abouti. En outre, les récents événements de la place Taksim ont suscité un véritable tollé au Parlement européen, qui a adopté, le 12 juin dernier, une résolution condamnant un usage excessif de la force de la part de la police turque. Ce contexte hautement polémique a conduit un euro-député belge, Derk Jan Eppink, à publier une tribune le 25 juin dernier dans laquelle il reprochait aux dirigeants européens de "nourrir leurs adversaires". Adversaires dont ferait partie, selon lui, la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan.
Pour le moment, la Commission européenne ne veut pas entendre parler d'une quelconque remise en cause de ces fonds de soutien. "Ils sont à la fois un bon investissement et une préservation de nos intérêts. Ces pays font partie de notre voisinage immédiat. Avec ces fonds, ils peuvent mener à bien des réformes, renforcer leurs institutions, améliorer leurs critères environnementaux, lutter plus efficacement contre la criminalité" , indiquait dernièrement au journal Le Monde Peter Stano, le porte parole de la Commission. Cependant, Bruxelles a annoncé qu'une refonte de ces subventions, destinée à rendre leurs usages "plus efficaces", était prévue pour 2014.
Jonathan Grimmer (http://www.lepetitjournal.com/Istanbul) vendredi5 juillet 2013

jeudi 20 juin 2013

UNION EUROPÉENNE - Le parti d’Angela Merkel refuse la candidature de la Turquie

Les conservateurs allemands, derrière la chancelière Angela Merkel, proclament dans leur programme électoral leur refus d’une adhésion de la Turquie à l’Union européenne (UE). Ce pays représenterait selon eux une charge trop importante pour l’UE à cause de sa taille et de son économie croissante, rapporte l'agence Reuters. Si la Turquie devenait membre de l’UE, elle serait en superficie le plus grand pays européen.
L’Union chrétienne démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel et son alliée bavaroise, l’Union chrétienne sociale (CSU), s’opposent depuis bien longtemps à l’adhésion entière de la Turquie à l’UE. En février dernier, Angela Merkel envisageait toutefois de relancer les négociations permettant à la Turquie d’adhérer un jour à l’Union, alors que les Allemands restent majoritairement hostile à l’adhésion de la Turquie.
La réponse du gouvernement turc aux manifestations aurait pourtant eu un effet rédhibitoire sur le parti de la chancelière. "Je suis épouvantée, comme beaucoup de gens", a déclaré Angela Merkel deux jours après l’intervention des forces de l’ordre dans le parc Gezi à Istanbul.
La version préliminaire du programme rédigé par le CDU et CSU montrent que les deux parties souhaiteraient arriver à établir “un partenariat privilégié” entre la Turquie et l’Allemagne et affirment leur refus catégorique à l’entrée de la Turquie dans l’UE. “Nous rejetons l’entière adhésion de la Turquie, car le pays ne remplit pas tous les critères pour rejoindre l’UE”, est-il écrit. L’Allemagne est le plus important partenaire économique de la Turquie dans l’UE et regroupe la plus grosse communauté turque de tous les pays membres.
Elisa Girard (www.lepetitjournal.com/Istanbul) jeudi 20 juin 2013

dimanche 10 mars 2013

La Turquie est très proche de devenir membre de l’UE


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« La Turquie a une grande importance au niveau économique et politique pour l'Union européenne. A cet égard, les deux parties ont besoin l’une de l’autre. La Turquie a réalisé d’importantes réformes au cours des 10 dernières années, et continue de les mettre en œuvre », a déclaré Hakan Akesson, ambassadeur d’Ankara en Suède.
Il a également précisé que la Suède allait apporter son soutien à l'adhésion de la Turquie à l'UE.
« Le processus de négociation de la Turquie a débuté en 2005. Nous avons été très heureux par l’événement en Suède. Aujourd'hui, nous devons nous efforcer d'achever ce processus tous ensemble et dès que possible. La Turquie est en train de préparer son adhésion à l'UE et dans ce cadre, il reste des réformes à établir. La nouvelle Constitution est le projet le plus important. La Turquie, est très proche de devenir membre de l'UE et nous pensons qu’elle peut beaucoup apporter à l’Union. L'achèvement du processus dépend des réformes et des efforts de la Turquie » a-t-il ajouté.
Date de l'information : 08 Mars 2013 00:40

mardi 15 janvier 2013

L'UE finance des projets sociaux en Turquie


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L’Union européenne a financé 3.039 projets développés par les Organisations turques non-gouvernementales entre 2002 et 2012 sur 58 zones différentes, dans le cadre de ses programmes de financement.
L’UE a réservé un budget de 386,6 millions de livres turques pour les projets, selon les chiffres du ministère des Affaires européennes.
Les municipalités sont devenues les organisations les plus réussies qui ont bénéficié de programmes de financement de l’UE. Les municipalités sont classées parmi les dix premiers avec un total de 304 projets d'une valeur de 99,7 millions de livres turques.
Ils ont été suivis par les petites entreprises et moyennes entreprises (SMSE) avec 654 projets d'une valeur de 47,7 millions de livres turques.
Les associations, les chambres, et les Administrations qui servent dans les villages ont suivi les SMSE.
Istanbul est devenue la province la plus prospère, selon le montant du financement.
Istanbul a reçu 22 millions de livre turque de fonds pour 178 projets, et a été suivie par Ankara qui a reçu 21,9 millions de livre turque pour 189 projets

jeudi 13 décembre 2012

Un renouveau dans les relations Turquie-Union européenne ?


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Les Vingt-sept doivent voter une décision relative à l’élargissement de la Turquie à l’Union européenne lors du Conseil européen des 13 et 14 décembre prochains.
Plusieurs éléments font parler d’un renouveau dans les relations Turquie-Union européenne. En effet, le remplacement du turco-sceptique Nicolas Sarkozy par François Hollande à la tête de la France, pays fondateur de l’Union y est pour quelque chose.
Par ailleurs, le changement qui surviendra à la présidence de l’Union européenne, dirigée actuellement par la République de Chypre grecque, et qui sera succédée par l’Irlande, pays disposant de liens historiques avec la Turquie, contribuera également à donner un nouveau souffle aux relations entre l’Union européenne et Ankara.
Les 13 et 14 décembre prochains, le Conseil européen se réunira à Bruxelles pour traiter les questions liées à la politique économique, à la défense mais également à l’élargissement et aux questions de politique étrangère.
« La Turquie, un Etat clef pour l’UE »
Sa dynamique économique et son emplacement stratégique font de la Turquie un Etat « clef » pour l’Union européenne, peut-on lire sur la décision relative à l’élargissement de l’Union à la Turquie, une décision qui sera soumise au vote du Conseil européen les 13 et 14 décembre.
« Il y va de l’intérêt des deux parties d’accélérer les négociations de participation », est-il écrit sur la décision qui affirme qu’Ankara a rempli les critères et les responsabilités qui lui incombent.
Dans cette décision, l’Union européenne encourage également les travaux de rédaction d’une nouvelle Constitution par le gouvernement turc. Pour ce faire, il est primordial que la Turquie poursuive et protège le processus démocratique et participatif, souligne la décision.
Mais l’Union européenne est davantage critique sur le domaine des droits et libertés fondamentales. Elle appelle la Turquie à améliorer les dispositions légales en la matière.
Enfin, la décision exprime le soutien des Vingt-sept à Ankara dans sa lutte contre le terrorisme, mais déplore que la Turquie ait boycotté la présidence chypriote grecque de l’Union européenne.
Date de l'information : 12 Décembre 2012 10:25

mardi 27 novembre 2012

"symposium de la tolérance » commence à Vienne


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Organisé à Vienne en coopération avec la Grande assemblée nationale de Turquie (TBMM) et l’Union européenne, le symposium de la tolérance se déroulera sur deux journées.
L’ambassadrice de Turquie à Vienne, Ayse Sezgin a organisé un dîner dans la résidence de l’ambassade pour les participants turcs et étrangers au symposium. Ekmeleddin Ihsanoglu, secrétaire général de l’Organisation de la conférence islamique, le professeur Mehmet Tekelioglu président de la commission d’harmonisation avec l’Union européenne ont pris part à ce dîner.
Le symposium se déroulera à Vienne entre les 26 et 27 novembre, auquel participeront 80 personnalités, dont 23 députés des Etats membres à l’UE, ainsi que de nombreux représentants de partis politiques, d’organisations, des académiciens ainsi que des journalistes.
Les stratégies pour encourager la tolérance et la compréhension mutuelle, la construction de ponts entre la Turquie et l’Union européenne fondés sur des valeurs communes, lutter contre les obstacles au dialogue interculturel, le rôle des médias en Turquie et dans l’Union européenne dans la promotion de la tolérance, constituent les principales thématiques qui seront abordées durant ce colloque européen.
Date de l'information : 26 Novembre 2012 10:54  TRT

mardi 13 novembre 2012

INSTITUT DU BOSPHORE – Quel avenir pour l’Union européenne et la Turquie ?


Istanbul accueillait les 8 et 9 novembre le quatrième séminaire de l’Institut du Bosphore, cercle de réflexion franco-turc formé en 2009 à l’initiative de la Tüsiad. Une centaine de personnalités des deux pays ont réfléchi sur le thème “Europe en crise : impact, défis et opportunités pour la France et la Turquie”. Compte-rendu de la troisième et dernière session, consacrée à l’Union européenne
Europe en crise... Crise de la zone Euro, crise politique, de gouvernance, crise qui accapare l’énergie et l’esprit des dirigeants de l’UE. “Nous traversons une mauvaise passe (...) et une phase négative du point de vue de l’adhésion de la Turquie”, constate Elisabeth Guigou, députée française, présidente de la Commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale.
Caricature tirée de l'exposition "Une longue route sinueuse" (photo AA)
La candidature d’Ankara en est strictement au même point que lors du précédent séminaire de l’Institut du Bosphore, en septembre 2011: treize chapitres de négociations ont été ouverts, un seul est provisoirement clos (Science et recherche) sur un total de 35. Dix-huit chapitres sont bloqués, dont cinq par Chypre et cinq par la France.
Un rythme d’escargot pour un pays qui négocie son adhésion depuis sept ans mais cherche à rejoindre l’Union – à l’époque, la CEE – depuis 1959. Sondage après sondage, l’euroscepticisme gagne du terrain. “Les enquêtes les plus fiables révèlent qu’un peu plus de la moitié de la population turque soutient encore l’adhésion, alors qu’ils étaient 70% en 2004”, observe Hakan Yılmaz, directeur du Forum politique de l’université Boğaziçi. Problème : “Ceux qui disent ‘non' ont beaucoup augmenté et ce sont eux qu’on entend le plus.”
Les Turcs sont aussi de moins en moins enclins à soutenir des réformes au nom de l’adhésion, et de plus en plus nombreux à considérer l’Europe de manière négative. “Il y a comme une progression de l’amour-propre, de la confiance en soi dans la société turque, ce qui représente un vrai capital social mais doit aussi être suivi avec attention… La Turquie est un peu comme un adolescent qui prendrait confiance en lui”, compare Hakan Yılmaz.
La thèse du désamour ou du désintérêt
Selon ce chercheur, le “romantisme” des premiers temps aurait cédé la place, même chez les Turcs convaincus, à un “oui” calculé. “On entend même dire à Bruxelles que ce sont le gouvernement, le Parlement et les médias turcs qui veulent l’adhésion mais que la population n’en veut pas”, rapporte Mario David, député européen et vice-président du Parti populaire européen (PPE). “Il faut prouver que le public veut aussi (l’adhésion) en organisant un référendum” en Turquie, propose-t-il.
Faruk Loğoğlu, député turc et vice-président du Parti républicain du peuple (CHP, opposition), accuse plutôt le gouvernement de n’être “pas intéressé par la poursuite de négociations sérieuses (…) Nous devons retourner aux bases de la démocratie : la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse, de pensée, de communication en Turquie”, plaide ce diplomate de carrière.
Le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan vient d’être rappelé à l’ordre par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et par la Commission européenne pour ses atteintes répétées à la liberté de la presse. “A cause de préjugés anciens, beaucoup d’Européens sont rétifs à accueillir un pays à majorité musulmane (...) mais on observe aussi un effet de miroir en Turquie, un certain recul que pointe du doigt le rapport de la Commission”, analyse Elisabeth Guigou.
“La Turquie a sa place” dans l’Europe de demain
Le constat posé, comment avancer ? “Nous avons besoin d’un nouveau management des négociations, d’un nouveau cadre”, insiste Volkan Vural, membre du conseil d’administration de la Tüsiad et du comité exécutif de l’Institut du Bosphore. “Je pense que la Turquie devrait pouvoir ouvrir ses ports et ses aéroports aux Chypriotes-Grecs (motif de blocage de huit chapitres par le Conseil européen, NDLR) et qu’en échange, Chypre devrait lever son veto sur cinq chapitres de négociations… tout comme devrait le faire la France”, avance-t-il.
Une position qui rejoint celle de la chercheuse Elvire Fabry (Notre Europe), pour qui “la Turquie s'impose comme un acteur régional naturel dans le voisinage de l’Union”. “Il y a urgence à créer de nouveaux terrains de coopération entre l’Union européenne et la Turquie (...) L’Europe doit se préoccuper de son influence sur la scène internationale et doit mobiliser davantage ses instruments d'action extérieure. Si on sortait du face-à-face UE-Turquie pour regarder ensemble dans la même direction?” interroge la chercheuse, qui cite d’autres domaines de coopération comme la sécurité, l’immigration illégale ou encore l’énergie.
Elisabeth Guigou plaide également pour une Europe “différenciée” – un adjectif très prononcé pendant ce séminaire, à défaut d’être précisément défini – dans laquelle la Turquie aurait une place à part entière. “La Turquie peut jouer un rôle de lien, de stabilisation, de pont vers la Méditerranée et les pays du Sud”, argumente la députée, qui espère voir la Turquie intégrer l’UE “au plus tard en 2023”, pour le centenaire de la République.
Anne Andlauer (http://www.lepetitjournal.com/istanbul.html) mardi 13 novembre 2012

vendredi 15 juin 2012

La Turquie, nouveau rêve européen ?


Par Maud Druais | zaman france jeu, 14/06/2012 - 17:11

La crise économique a poussé de nombreux Grecs à traverser la frontière turque à la recherche d’un travail, dans un pays en pleine croissance qui brille par son dynamisme économique. Un phénomène qui montre l’inversion des tendances migratoires historiques en Europe.
La Turquie, aux frontières de l’Europe et limitrophe avec la Grèce, dont on a longtemps craint une émigration massive, connaît une inversion de ses flux migratoires. Est-ce symptomatique ? Pour Dimitris Triantaphyllou, professeur à l’université Kadir Has qui s’exprimait sur Arte «il y a dix ou douze ans, personne n’aurait imaginé ça mais les esprits ont évolué». La situation des universités est tellement dégradée en Grèce, qu’il était préférable pour lui de quitter Athènes pour Istanbul. Son université d’accueil lui a même proposé d’ouvrir un laboratoire de recherche sur les études européennes, chose impensable en Grèce à l’heure de l’austérité économique et donc des coupes budgétaires dans tous les domaines. Il n’est pas le seul. Ces derniers mois, l’émigration des Grecs vers la Turquie s’est accélérée en raison de la crise économique qui frappe durement le pays. La Turquie devient un pays d’immigration, signe que tout va bien et que l’Europe, au contraire, fait de moins en moins rêver. L’émigration des Grecs est d’autant plus symbolique que la Grèce est le berceau de la civilisation européenne : les Européens quittent l’Union européenne (UE), attirés par le dynamisme de l’économie turque qui enregistre de forts taux de croissance.
De réelles opportunités économiques
La Turquie est en effet un marché émergent de plus de 70 millions d’habitants où les opportunités économiques sont réelles. De nombreux Européens – n’ayant aucune attache culturelle avec la Turquie - aux qualifications différentes se rendent dans ce pays à la recherche d’un emploi ou pour y créer leur entreprise. Istanbul, en particulier, attire de plus en plus d’étrangers. Le phénomène est très sensible chez les Grecs, qui considèrent qu’en dépit du passé, il existe une réelle proximité culturelle entre les deux populations turque et grecque. «Nous avons le même mode de vie, la même mentalité, nous sommes tous des passionnés ! Finalement, la seule vraie différence, c’est la religion», s’exclame Rania, employée de bureau, au micro d’Arte.
Depuis la fin de la guerre froide, la Turquie est devenue terre d’immigration pour de nombreuses populations en provenance des Etats de l’ex-union soviétique, ainsi que du Proche-Orient. Ce qui change, c’est l’arrivée récente de plus en plus d’Européens de l’ouest, et le retour au pays d’enfants d’immigrés turcs. Parallèlement, l’émigration des Turcs vers les pays de l’Union européenne a considérablement diminué. A terme, si la tendance se confirme, la Turquie deviendra un pays d’immigration accueillant des flux d’étrangers en provenance de l’Union européenne, inversant la tendance historique.
La Turquie, toujours plaque-tournante de l’immigration clandestine
Si la Turquie tend à devenir pays d’immigration, elle est aussi devenue la plaque-tournante de l’immigration clandestine vers les pays de l’Espace Schengen, notamment grâce à l’ouverture de liaisons aériennes à bas prix sur Istanbul, a souligné le rapport 2012 de l’agence Frontex, qui coordonne la surveillance des frontières extérieures de l’UE. «La frontière entre la Grèce et la Turquie va demeurer en 2013 un point de passage de clandestins avec des niveaux d’interceptions similaires à ceux de 2011, soit entre 40 et 57.000 par an», affirme l’agence européenne pour la gestion de la coopération aux frontières extérieures. Cette situation est la conséquence de la politique du gouvernement turc en matière d’octroi de visas et du développement de liaisons aériennes turques, analyse Frontex. Les filières de passeurs sont très structurées. Des vols à bas coût sont organisés au départ de plusieurs villes d’Afrique à destination d’Istanbul, redevenue «la Sublime Porte pour l’Union européenne», dénoncent des diplomates de l’UE.
Paris