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mardi 12 décembre 2017

IREMMO 19 DECEMBRE CONTROVERSE:Sunnites et chiites : la grande discorde

CONTROVERSE
MARDI 19 DÉCEMBRE- 18h30-20h30
Sunnites et chiites : la grande discorde
 
Rencontre avec :
Laurence Louër, professeure associée à Sciences Po, rattachée au Centre de recherches internationales (CERI). Elle a été consultante permanente au Centre d’analyses et de prévisions du ministère français des Affaires étrangères entre 2004 et 2009, ainsi que rédactrice en chef de la revue scientifique Critique internationale entre 2006 et 2016. Arabisante, elle travaille sur les politiques de l’identité au Moyen-Orient. Elle a notamment publié : Chiisme et politique au Moyen-Orient (Paris, Autrement, 2008) et Sunnites et Chiites. Histoire politique d’une discorde (Seuil, 2017).
 
Pierre-Jean Luizard, directeur de recherche CNRS au sein du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL, UMR8582, CNRS / EPHE), historien et spécialiste de l’histoire contemporaine des islams dans les pays arabes du Moyen-Orient, en particulier en Irak. Il a notamment écrit : La question irakienne (Fayard, 2002), La Formation de l’Irak contemporain (CNRS Éditions, 2002), Le choc colonial et l’islam (sous la direction de, La Découverte, 2006), Les transformations de l’autorité religieuse (L’Harmattan, 2004, dir. avec Martine Cohen et J. Joncheray) et dernièrement : Chiites et Sunnites. La grande discorde en 100 questions (Tallandier, 2017).

Modération : Agnès Levallois, consultante, spécialiste du Moyen-Orient et vice-présidente de l’iReMMO.
 
Présentation des éditeurs : 
Comment l’islam s’est-il divisé ? Comment s’est construit le sunnisme ? Comment s’est forgée la martyrologie chiite ? Pourquoi y a-t-il une non-reconnaissance réciproque des deux communautés ? Quelle est la position de l’Iran chiite face au monde sunnite ? Pourquoi les Printemps arabes   ont-ils dégénéré confessionnellement ? Quel est le rôle     des grandes puissances dans le conflit ?
À la mort du Prophète, en 632, la jeune communauté musulmane s’est déchirée sur sa succession, déclenchant la première grande discorde (fitna). Un désaccord resté irrésolu. Après l’échec de multiples tentatives de rapprochement au cours des siècles, on assiste aujourd’hui au retour d’une nouvelle fitna opposant les deux principales branches de l’islam, chiites minoritaires contre sunnites majoritaires à 85 %. Les causes en sont largement contemporaines : faillite de certains États arabes, émancipation des communautés chiites arabes, éclatement de l’autorité religieuse chez les sunnites. Ces conflits trouvent leur épicentre au Moyen-Orient, mais se propagent au reste du monde : Inde, Pakistan, Indonésie… En 100 questions/réponses très didactiques, Pierre-Jean Luizard remet en perspective l’Histoire, les développements et la réalité de ce conflit confessionnel millénaire dont l’ampleur globale est inédite.
 
Lorsque l’on évoque les relations entre les sunnites et les chiites, on les caractérise volontiers comme une guerre sans fin qui durerait depuis plus d’un millénaire. Elle aurait pour fondement des haines ancestrales liées à des divergences à propos de la succession du prophète Mahomet. Or, au cours de l’histoire, ces controverses ont été activées ou désactivées en fonction du contexte politique, notamment quand le sunnisme et le chiisme ont servi d’idéologies de légitimation à des États rivaux. Aujourd’hui, la rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Iran s’est substituée au conflit entre les Ottomans et les Safavides au xvie siècle. Elle internationalise et lie entre eux des conflits locaux qui étaient indépendants, introduit des enjeux religieux dans des luttes politiques, rigidifie des identités confessionnelles fluides. Pour comprendre ces dynamiques, cet ouvrage propose à la fois une histoire globale des relations entre sunnites et chiites et une étude historique et sociologique de quelques situations nationales, du Liban à l’Iraq en passant par le Yémen et le Pakistan.

Participation : 8€
(5€ : étudiant.e.s et demandeur.se.s d’emploi)
iReMMO – Institut de Recherche et d’Études Méditerranée et Moyen-Orient
7, rue des Carmes 75005 Paris
01 43 29 05 65 / 01 42 01 31 43 /contact@iremmo.org
Pour tout autre contact : ici.

Accès :
Métro : ligne 10 – Arrêt Maubert-Mutualité
Métro : ligne 4 – Arrêt Saint-Michel
Bus : Lignes 89, 87, 86, 84, 67, 63
Vélib : Stations n° 5008, n° 5002, n° 5007, n° 5030

samedi 26 mai 2012

Mariages alévis-sunnites : «Les premiers à franchir le pas ouvrent la voie aux autres»


Mariages alévis-sunnites : «Les premiers à franchir le pas ouvrent la voie aux autres»


Secrétaire général de la plate-forme Medialog de la Fondation des journalistes et écrivains (GYV), Erkam Tufan Aytav est l’auteur de l’ouvrage Türkiye’de Öteki Olmak (Etre l’Autre en Turquie) sur les mariages entre sunnites et alévis. Dans un entretien à Zaman, il expose les questions soulevées dans son ouvrage : comment les couples se percevaient avant le mariage ? Et ont-ils résolu leurs différends ?
Une des personnes que vous interrogez dit qu’elle la seule femme de sa famille à avoir épousé un sunnite.
Ceux qui ont été les premiers à franchir le pas sont aussi ceux qui auront eu à affronter les plus grandes difficultés. Mais ils ouvrent la voie aux autres, pour qui cela devient moins difficile. Je cite dans le livre l’exemple de cette mère qui était fortement opposée au mariage de sa fille avec un alévi, et qui quelques années plus tard priait pour que sa deuxième fille épouse elle aussi un alévi... Etre le premier n’est donc pas facile, aussi parce qu’on peut être amené à devenir l’exemple, en bien comme en mal.
Vous écrivez également que lorsque les parents se trouvent confrontés à ce genre de situation, ils vont demander conseil à leur responsable religieux. Est-ce qu’il existe des normes religieuses qui encadrent ces pratiques ?
Les sunnites vont demander conseil au mufti ou à la Direction des affaires religieuses qui répondent de manière très claire que ces mariages sont légitimes puisque alévis et sunnites croient en l’ «unité d’Allah, en Muhammad [le Prophète] et en Ali [cousin et beau-fils de Muhammad]». Côté alévi par contre, les avis varient en fonction des dedes[chefs religieux et spirituels alévis], dont les interprétations en la matière divergent. J’ai parlé avec de nombreux dedes, ainsi qu’avec Binali Dogan de l’ordre Erikli Baba. Son interprétation était dure : pour lui, les alévis qui veulent épouser des sunnites sont düskün, littéralement «tombés», une manière pour la communauté alévie d’ostraciser les indésirables. Et les parents qui ont approuvé un tel mariage sont tout aussi düskün. Mais c’est là, il est vrai, l’interprétation la plus dure.
Les dedes alévis ont tendance à ne pas approuver les mariages alévis-sunnites. Quelles sont les autres interprétations ?
Même les dedes les plus modérés avec lesquels j’ai parlé avaient tendance à désapprouver ces mariages. Ils disaient que les femmes alévies seraient discriminées et opprimées dans les familles sunnites, et qu’ils ont eu des exemples. Ils ont également ajouté que, dans le cas inverse, si une sunnite décide d’épouser un alévi, la communauté alévie ne se mêlerait pas de ses croyances, n’essaieraient pas de la changer et ne lui ferait subir aucune discrimination.
Le gouvernement a voulu supprimer les préjugés en révisant les livres d’éducation religieuse. Dans quelle mesure pensez-vous qu’il y a réussi ?
On a appris récemment que dans ces manuels il y avait des termes discriminatoires vis-à-vis des Syriaques... L’éducation religieuse en Turquie s’est toujours concentrée sur l’islam sunnite. Actuellement, il y a un débat pour savoir si le cours d’éducation religieuse devrait être obligatoire ou pas. A mon avis, il devrait être obligatoire. Le cours devrait être conçu de manière à faire connaître les fondements des différents systèmes de croyances et ainsi à corriger les préjugés. L’action du gouvernement en la matière est hésitante et manque de détermination.
Istanbul