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vendredi 16 août 2013

15 AOÛT – En 4 minutes, ce qu'il faut retenir de l'actualité

voici les titres des articles, pour les texte en intégralité: Jonathan Grimmer (http://www.lepetitjournal.com/Istanbuljeudi 15 août 2013


=> La classe politique turque condamne fermement la violence en Egypte
Le violent assaut mené au Caire par les forces de l'ordre égyptiennes contre les manifestants pro-Morsi, qui a coûté la vie à plus de 120 personnes selon un bilan provisoire d'un journaliste de l'AFP, a suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique turque.


=> Enlèvement au Liban : le MİT rencontre le ministre libanais des Affaires étrangères
Une délégation des services de renseignement turcs (MİT) s'est rendue hier à Beyrouth afin d'y rencontrer le ministre libanais des Affaires étrangères, Mervan Şerbil. 


=> Un tribunal d'Istanbul annule le mandat d'arrêt contre "l'homme à la machette"
Selon les médias turcs, un tribunal stambouliote a annulé le mandat d'arrêt délivré le 5 août dernier contre Sabri Çelebi. 


=> Fait divers: un homme tue sa compagne enceinte et ses beaux-parents avant de se suicider
Un couple, leur fille et le fiancé de cette dernière ont été retrouvés morts par arme à feu, hier, dans le quartier de Kağıthane, à Istanbul.


=> Une des figures de la contestation de la place Taksim placée sous protection policière
A sa propre demande, l'acteur Mehmet Ali Alabora a été placé sous protection policière après avoir reçu des menaces de mort liées à son implication dans la contestation du mois de juin.


=> Gros plan sur les marchés et les parcs d'Istanbul
Le site www.zeroistanbul.com vient de publier une liste exhaustive qui décrit les différents marchés et parcs d'Istanbul. Attention, le site est exclusivement en turc.


lundi 5 août 2013

ISTANBUL: 5 AOÛT – En 4 minutes, ce qu'il faut retenir de l'actualité

Bonjour! Contrairement aux années précédentes, lepetitjournal.com d’Istanbul ne part pas complètement en vacances en août. Notre équipe continue de vous préparer, chaque matin du lundi au vendredi, un résumé de l'actualité en Turquie. Notre engagement : en quatre minutes – le temps de siroter votre thé ou votre café – découvrez les grands titres du jour et les infos que vous avez pu manquer la veille. Voici donc notre sélection des principaux événements du week-end.

=> Nouveaux heurts place Taksim
Des affrontements opposant la police turque à des centaines de manifestants ont une nouvelle fois agité la cité stambouliote dans la nuit de samedi à dimanche. .......

=> Jour de verdict au procès Ergenekon
Le verdict du procès Ergenekon, dans lequel comparaissent 275 accusés dont de nombreux hauts-gradés de l'armée turque, doit être rendu aujourd'hui par la 13ème cour d'assises d'Istanbul à Silivri, après six années d'enquête et de procédure judiciaire. .....

=> Le Conseil militaire suprême remplace tous les commandants de l'armée turque
Les quatre commandants de l'armée turque (commandant de l'Armée de terre, de l'Armée de l'air, de la Marine, et de la Gendarmerie) ont été remplacés à l'issue du Conseil militaire suprême (YAS), qui s'est terminé samedi après trois jours de débats. .....

=> Les combats à la frontière syrienne font une quatrième victime à Ceylanpinar
Selon l'agence de presse Reuters, un habitant turc de Ceylanpınar, une ville proche de la frontière syrienne, a été mortellement blessé samedi par une balle provenant des combats opposant les Kurdes syriens à des opposants de Bachar el-Assad - ......
.
=> Premier voyage du métro Marmaray
Recep Tayyip Erdoğan a pris part hier au premier trajet d'essai du métro Marmaray. .......

=> La valse des gouverneurs
Vingt-cinq gouverneurs turcs ont été officiellement remplacés par décret hier après ratification du président de la République Abdullah Gül. S'ils sont nombreux à changer d'affectation, le gouverneur d'Istanbul, Hüseyin Avni Mutlu, reste quant à lui à son poste......

lire tous les articles plus un intéressant article sur les musées d'Istanbul:
Jonathan Grimmer (http://www.lepetitjournal.com/Istanbul) lundi 5 août 2013

lundi 15 juillet 2013

Un nouveau week-end de tensions autour de la place Taksim

Samedi soir, les forces de police turques ont à nouveau utilisé la force pour disperser une foule de 500 manifestants qui essayaient de rejoindre la place Taksim. Les contestataires ont ensuite été pris à partie par des commerçants se disant excédés par un mois et demi de protestation.

Photo Twitter
Les week-ends se suivent et se ressemblent à Istanbul. Samedi soir, les forces de l'ordre sont une nouvelle fois intervenues pour disperser un groupe de manifestants qui tentaient de marcher sur la place Taksim.
Un peu plus tôt dans la journée, des mères de contestataires emprisonnés avaient entamé un sit-in devant le lycée de Galatasaray, pour demander au gouvernement de mettre un terme à ces détentions jugées "arbitraires". Puis vers 17h30, avec l'autorisation des autorités turques, plusieurs milliers de protestataires se sont rassemblés devant le lycée français et à proximité du quartier de Kızılay à Ankara, à l'appel de la TMMOB (l'Union des chambres d'architectes et d'ingénieurs turcs). Des manifestations ont également agité Hatay, dans le sud du pays, à la frontière syrienne.
La TMMOB, dont plusieurs membres ont activement pris part au mouvement de la place Taksim, entendait protester contre le texte de loi, voté par le Parlement dans la nuit de mardi à mercredi, qui écarte les chambres professionnelles des futurs projets d'aménagement urbain. L'un de ses porte-parole a dénoncé samedi une décision politique visant à réduire au silence les voix discordantes."Ils ne veulent pas de nous parce que nous sommes opposés à la construction d'un troisième pont, et parce que nous avons dit 'non' à Kanal Istanbul", a-t-il déclaré devant la foule de personnes réunie samedi devant le lycée de Galatasaray.
La situation a dégénéré lorsqu'une foule d'environ 500 manifestants a commencé à remonter l'avenue İstiklal afin de se rendre sur la place Taksim. Les forces de l'ordre ont alors usé de gaz lacrymogènes, de canons à eau et de billes en plastique pour repousser le cortège.
Des commerçants "excédés"
Alors que les contestataires fuyaient la police par les petites rues bordant l'avenue İstiklal, ils ont été pris à partie par plusieurs commerçants, se disant excédés par les retombées financières négatives d'un mois et demi de contestation. Ces derniers, armés de bâtons, ont également menacé les journalistes présents sur place qui étaient en train de filmer ou de photographier la scène.
Ce n'est pas la première fois que la rancœur de certains commerçants se matérialise par des actes de violence. La semaine dernière, les images d'un homme attaquant des passants, une machette à la main, avaient fait le tour du web.
Jonathan Grimmer (http://www.lepetitjournal.com/Istanbul) lundi 15 juillet 2013

mercredi 10 juillet 2013

RAMADAN – La première rupture du jeûne s'est déroulée sur la place Taksim et non dans le parc Gezi

Hier, la mairie de Beyoğlu avait installé des tables sur la place Taksim afin de permettre aux habitants d'Istanbul de partager la première rupture du jeûne du Ramadan, également appelé l'iftar. Ordinairement, ce dîner était partagé sous des tentes, érigées pour l'occasion dans le parc Gezi. Mais les affrontements de lundi soir ont conduit la municipalité à changer les habitudes et à déplacer l'iftar sur la place Taksim. Le maire de Beyoğlu, Ahmet Misbah Demircan, s'est quant à lui félicité du maintien de "cette tradition vieille de 20 ans", rapporte le quotidien Hürriyet.

Pour l'occasion, la ville d'Istanbul a fourni un repas à près de 1.500 convives, avant de retirer les tables sitôt le repas terminé. Au même moment, des milliers de personnes rompaient le jeûne assis à même le sol, sur une longue table installée sur l'avenue Istiklâl, à l'appel du groupe des "Musulmans anti-capitalistes". Un blindé de la police anti-émeute a patienté un long moment à l'entrée de l'avenue, sans intervenir. Des manifestants se sont ensuite retrouvés dans le parc Gezi dans la soirée.
Jonathan Grimmer (http://www.lepetitjournal.com/Istanbul) mercredi 10 juillet 2013

lundi 8 juillet 2013

#OCCUPYGEZI – Les manifestants de retour à Taksim

En fin de semaine dernière, les opposants au projet ont salué l'annulation du projet de réaménagement de la place Taksim comme une victoire. Dans la foulée, ils ont annoncé vouloir reprendre le contrôle de “leur” parc samedi en fin d'après-midi. Les policiers antiémeute ont répondu à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Dimanche, des milliers de manifestants s'étaient donné rendez-vous sur l'autre rive, à Kadıköy.
A 17h samedi, une centaine de féministes entrent sur la place Taksim. D'un pas cadencé, le cortège arbore des pancartes “Fin aux abus de la police” et “L'AKP et la police, ennemis de la femme”. Le groupe est en avance. Le collectif d'associations Taksim Solidarité a appelé à se réunir sur la place à 19h pour “commémorer nos morts, leur rappeler nos revendications, et condamner la violence”.
L'entrée de la place Taksim samedi (Photo CC)
A peine arrivé en lisière de la place Taksim, le second défilé de manifestants se heurte à un imposant dispositif de policiers antiémeute. En moins d'une heure, les forces de l'ordre dispersent les 3.000 protestataires à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau. A 19h, à la place des manifestants attendus, les alentours du Monument de la République étaient uniquement peuplés de casques blancs, ceux de la police.
Après la première intervention des forces de l'ordre, les contestataires se sont immédiatement repliés vers l'avenue Istiklâl, scandant les chants devenus hymnes du mouvement: “Tayyip démissionne!” ou encore “Tous ensemble, contre le fascisme”. Gürsel Tekin, le président du groupe parlementaire du Parti du peuple républicain (CHP), principal parti d'opposition, s'est rendu sur place pour essayer de tempérer la situation, sans succès. Les tirs de gaz lacrymogènes ont résonné jusque tard dans la nuit dans les ruelles de Cihangir. A Ankara, plusieurs centaines de personnes ont exprimé leur soutien aux protestataires.
Attaque à la machette
Samedi, une vidéo, circulant sur le web et rapportée par l'agence de presse Doğan, montrait des individus munis de machettes à la poursuite des manifestants le soir même, près de Talimhane. Dimanche, le gouverneur d'Istanbul Hüseyin Avni Mutlu a annoncé via Twitter que deux personnes avaient été arrêtées suite à ces violences. Mais quatre de ces “hommes à machette” auraient été relachés. Les autorités n'ont fait pour l'instant aucune déclaration sur le sujet.
En marge de la manifestation à Taksim, 30 Stambouliotes auraient été emmenés en garde à vue d'après le quotidien Radikal, parmi lesquels le photographe italien Mattia Cacciatori. Le Hürriyet Daily News fait état de 15 arrestations dans tout le pays. D'après l'Agence de presse Anatolie (AA), le ministre de l'Intérieur Muammer Güler a qualifié cette nouvelle intervention policière de naturelle”, dénonçant le caractère “illégal” des manifestations sur la place Taksim. Le nombre de blessés est pour l'instant inconnu.
Kadıköy, nouvel épicentre des manifestations ?
Dimanche, de l'autre côté du Bosphore, une ambiance plus festive mais tout aussi engagée a envahi la rive asiatique. Annoncé depuis une semaine, le festival “Gazdanadam” (l'homme du gaz, ndlr) a réuni plusieurs milliers de personnes. Sous les coups de sifflets, le public a assisté à de nombreuses performances d'artistes sponsorisées par les médias d'opposition (photo de droite, DJ). Asude, jeune diplômée de 22 ans, a rejoint la foule. “Début juin, j'étais au parc de Taksim mais maintenant, la police occupe constamment les lieux. C'est devenu trop dangereux, alors depuis quelques semaines, je viens ici (à Kadıköy, ndlr)”
Kadıköy est devenu le théâtre d'importants rassemblements suite à la reprise du parc par la police. Tous les soirs de la semaine, des centaines d'individus se retrouvent aux heures de fermeture des bureaux dans les parcs environnants pour débattre de leurs revendications. “Aujourd'hui, c'est une première victoire que l'on célèbre !” ajoute Asude, en référence à la décision de justice publiée en fin de semaine. Contrairement à Taksim, aucune présence ni intervention policière n'a été constatée jusqu'ici.
La réouverture du parc Gezi repoussée
En fin de semaine dernière, le premier tribunal administratif d'Istanbul a rendu publique sa décision du 6 juin dernier concernant l'ensemble du projet de réaménagement de la place Taksim. Le projet d'urbanisation est annulé au motif notamment qu'aucune consultation n'avait été réalisée auprès de la population stambouliote. Depuis le 15 juin – date à laquelle les forces de l'ordre ont repris le contrôle de la place Taksim, les bulldozers et les employés municipaux s'emploient à nettoyer et refleurir le parc (photo de gauche, DJ).
Le gouverneur d'Istanbul Hüseyin Avni Mutlu avait déclaré à la presse samedi : “Nous prévoyons de rouvrir le parc Gezi demain (dimanche, ndlr) ou au plus tard lundi pour qu'il soit mis à la disposition de tous les citoyens”. Le lendemain, pourtant, seul Kemal Kılıçdaroğlu, le président du CHP et quelques uns de ses partisans, ont pu visiter le square dont l'entrée est pour l'instant toujours fermée au public. La réouverture du parc a été repoussée à lundi.
Diane Jean (http://lepetitjournal.com/istanbul) lundi 8 juillet 2013

mercredi 3 juillet 2013

TURQUIE: les "juifs" seraient impliqués dans les émeutes de Taksim, ça ne vous rappelle toujours rien ???

MANIFESTATIONS – Le vice Premier ministre turc pointe du doigt “la diaspora juive”

Beşir Atalay a dénoncé hier l'implication de la “diaspora juive” dans la contestation de la place Taksim. Le vice Premier ministre a ensuite nié ces propos, pourtant filmés par une agence de presse.
Après le “lobby des taux d'intérêt”, les terroristes d'extrême gauche, les médias étrangers et les réseaux sociaux, c'est au tour de la “diaspora juive” d'être pointée du doigt par un dirigeant turc, pour son implication présumée dans la contestation de la place Taksim. "Certains sont jaloux de la bonne santé financière de la Turquie et de sa croissance. Ils sont tous unis, aux côtés de la diaspora juive", a déclaré hier le vice-Premier ministre, Beşir Atalay, dans un entretien cité par le quotidien Hürriyet. Besir Atalay a également accusé la presse internationale d'avoir tenté de déstabiliser l'Etat turc. "Vous avez vu l'attitude des médias étrangers lors des incidents du parc Gezi ; ils ont diffusé les images sans même faire une évaluation de la situation", s'est-il offusqué.
Quelques heures après la publication de ces propos par l'agence de presse Cihan, le ministre a nié les avoir tenus, accusant l'agence de les avoir “sorti de leur contexte”. “Il n'a pas été question de désigner (…) nos citoyens juifs ou les Juifs d'autres pays”, a protesté le vice Premier ministre dans une déclaration à l'agence de presse semi-officielle Anatolie. Dans les dernières minutes de cette vidéo, Beşir Atalay tient pourtant les propos contestés. Dans un communiqué publié sur internet, le grand rabbinat de Turquie exprime ses "inquiétudes" quant aux "conséquences” de cette déclaration.
Photo officielle
La dégradation des relations turco-israéliennes
Ces allégations interviennent alors que la Turquie et l'Etat hébreu ne parviennent pas à trouver un accord concernant l'indemnisation des familles des victimes du raid meurtrier du Mavi Marmara. En mai 2010, Tsahal avait violemment abordé la flottille humanitaire qui tentait de forcer le blocus naval israélien afin d'apporter de l'aide aux populations palestiniennes. L'opération avait causé la mort de neuf activistes turcs, provoquant un tollé sur la scène internationale. Selon l'AFP, qui cite une source proche du dossier, les négociations achopperaient sur le montant des indemnités. Israël proposerait une compensation financière à hauteur de 100.000 dollars par famille, alors que celles-ci en attendraient un million.
Les relations entre la Turquie et Israël se sont tendues ces dernières années. Lors d'un discours prononcé le 1er mars dernier, à l'occasion du cinquième Forum de l'ONU pour promouvoir le dialogue entre les religions et entre les peuples, Recep Tayyip Erdoğan avait assimilé le sionisme à un crime contre l'humanité. "Au même titre que l'islamophobie, l'antisémitisme, et le fascisme", avait-il ajouté. Ce qui avait provoqué l'ire du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. "C'est une déclaration sombre et mensongère d'un genre qu'on pensait révolu dans ce monde", avait répliqué ce dernier. Sans retirer ses propos, Recep Tayyip Erdoğan avait ensuite tenté de les expliquer dans une interview à un quotidien danois, invoquant "des malentendus".
Jonathan Grimmer (http://lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 3 juillet 2013

jeudi 27 juin 2013

APRÈS LES MANIFESTATIONS – La démocratie des parcs

Depuis que la police a évacué le parc de Taksim, le 15 juin, les manifestants se retrouvent tous les soirs de 21h à minuit dans les autres parcs de la ville, et dans les parcs d'autres villes du pays, pour former des "assemblées". Une façon de continuer à se faire entendre mais aussi une tentative de capitaliser sur l'énergie née à Taksim pour la transformer en une force politique.
Les amis, je vous rappelle les règles : pas de slogans, pas d'applaudissements. Pour approuver, on agite les mains en l'air. Pour protester, on croise les poignets. Chacun a deux minutes pour s'exprimer. Compris ?” Quelque 500 paires de mains s'agitent dans l'amphithéâtre du parc Abbasağa de Besiktas. Depuis que la police a évacué et bloqué l'accès au parc Gezi de Taksim, le 15 juin, 48 parcs d'Istanbul et 26 autres en Turquie accueillent chaque soir dès 21h des "forums" ou "assemblées" d'opposants au gouvernement. “A Gezi, on s'efforçait d'organiser la cohabitation pacifique de milliers de personnes. On agissait au jour le jour", résume Utku, un étudiant en ingénierie. "Dans les parcs, on essaye de transformer cette énergie en une force politique. C'est une expérience de démocratie directe. On est ici pour changer le système, même si ça doit prendre des mois.”
Sur la scène éclairée d'un unique projecteur, les orateurs se succèdent. "Soyez concrets, faites des propositions", encourage le modérateur. "On ne doit pas se séparer, on gagnera à l'usure. Je soutiens l'idée d'un grand rassemblement chaque samedi à 19h pour rendre hommage aux victimes”, commence une jeune femme. Mains en l'air. "Mais est-ce qu'on doit forcément se retrouver à Taksim ? On pourrait alterner : une fois à Taksim, une fois dans un autre endroit menacé par la politique du gouvernement", poursuit-elle. Poignets croisés. "Taksim est partout, la résistance est partout !" proteste une voix dans la pénombre. Le modérateur intervient : "Pas de slogans, pensez aux voisins."
Photo Parkmeclisi
Objectif : les élections locales
Mais ce 24 juin, les esprits sont échauffés. Quelques heures plus tôt, un juge a libéré le policier accusé d'avoir tué d'une balle dans la tête Ethem Sarısülük. Ce manifestant de 26 ans, blessé le 1er juin à Ankara, est mort le 14. Le policier a plaidé la légitime défense et reste libre jusqu'à l'ouverture du procès. "Comment voulez-vous qu'on fasse confiance à la justice ?" soupire Didem Kiriş, 25 ans. L'étudiante en arts du spectacle évoque la promesse du gouvernement de "ne pas toucher" au parc Gezi tant que les procès contre sa destruction n'auront pas abouti.
Sur la scène d'Abbasağa, rares sont ceux qui mentionnent encore les arbres de ce petit parc. "L'objectif, les amis, ce sont les élections locales" de mars 2014, martèle Elif, une architecte, comme beaucoup de ceux qui prennent le micro. "Il faut que l'un de nous gagne la mairie d'Istanbul. Pourquoi ne pas fonder un parti et présenter un candidat ?" propose-t-elle. Réaction mitigée du public. "On n'a pas le temps de fonder un parti ou de choisir un candidat", observe Kerem, chercheur à l'université technique d'Istanbul. "On devrait plutôt rédiger un programme avec des demandes concrètes et le faire accepter par l'un des partis d'opposition. Ni ONG ni parti politique, constituons un front démocratique !" s'emballe-t-il, sous les applaudissements muets de l'audience et sous les regards de bronze des douze statues d'intellectuels plantées autour de l'amphithéâtre.
Ne pas être élitistes”
Fatigués par plus de trois semaines de contestation mais pas à court d'humour, les manifestants couvrent les bouches des statues de masques en tissu, protections rudimentaires contre les gaz lacrymogènes. "On devra peut-être les emprunter bientôt", plaisante Ersin, 28 ans. Certains des participants photographient la scène avec leur téléphone, puis partagent sur Twitter ou Facebook. "Sans les réseaux sociaux, notre mouvement n'en serait jamais arrivé là. On les utilise désormais pour annoncer les forums, partager les compte-rendus de chaque forum, lancer des appels à la mobilisation... Pas étonnant que le gouvernement veuille encadrer l'usage des réseaux sociaux", observe le jeune homme.
"Internet, c'est bien, mais il faut essayer de convaincre ceux qui ne pensent pas comme nous de participer aux forums", insiste un homme à la moustache blanche, qui dit avoir 58 ans. "Croyez-en mon expérience de vieux manifestant: la politique n'est pas un hobby, c'est une lutte de tous les jours pour convaincre. Dans les bus, dans la rue... sans insulter, sans mépriser, parlez !" Un grand gaillard le remercie. "Il faut se garder d'être élitistes et d'accuser les partisans de l'AKP (Parti de la justice et du développement, ndlr) d'être des villageois arriérés dont le gouvernement achèterait les voix avec des pâtes et du charbon au moment des élections. La Turquie mérite mieux que ces jeux mesquins. Elle mérite une vraie démocratie. Je veux croire qu'elle est en train de naître dans ces parcs." Il est 23h10. Le public applaudit à tout rompre.
Anne Andlauer (http://lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 27 juin 2013

mercredi 26 juin 2013

ANKARA: HIER À 19H – Des milliers de manifestants demandent justice

Lundi, la treizième cour de justice d'Ankara a libéré sous conditions l'officier de police Ahmet Ş., auteur présumé du coup de feu qui a tué le manifestant Ethem Sarısülük à Ankara début juin. Si cette libération surveillée n'est pas synonyme d'acquittement, la décision provisoire de la cour d'Ankara a provoqué hier soir une nouvelle vague de manifestations.
Côte à côte contre le fascisme.” Le slogan phare des manifestants résonne de nouveau dans les grandes avenues d'Ankara, d'Istanbul, d'Izmir et de Bodrum. Cette fois-ci, les contestataires de la place Taksim ne sont ni debout, ni immobiles. Assis en tailleur, le düşenadam (l'homme qui tombe) dénonce la mise en liberté de l'officier de police Ahmet Ş., soupçonné d'avoir mortellement blessé à la tête Ethem Sarısülükle 1er juin dernier. Le düşenadam lève son poing pour le faire aussitôt retomber. La main n'est que symbole, elle représente le corps du jeune Ethem.
Crédit photo: http://www.sendika.org
Une vidéo très largement diffusée sur les réseaux sociaux le montre s'écroulant subitement face à un policier casqué. Le contestataire de 26 ans est décédé le 14 juin des suites de ses blessures. Plus de 2.000 personnes se sont rendues hier à 19h place Taksim, sans aucune violence ni intervention de la police. A Ankara, toutefois, les forces de l'ordre sont intervenues en fin de soirée à coup de gaz lacrymogène et de canons à eau.
Une décision provisoire mais contestée
Veli Dalgalı, le procureur chargé de l'enquête sur la mort d'Ethem Sarısülük, a affirmé lundi que les coups de feu tirés par l'officier de police Ahmet Ş. entraient “dans les limites de la légitime défense”. Suite à cette déclaration, la treizième cour de justice d'Ankara a libéré l'officier sous deux conditions. La première l'assigne à un compte-rendu hebdomadaire de ses actes auprès d'un commissariat de police, la seconde l'interdit de voyager à l'étranger. Le vice-Premier ùinistre a insisté hier lors d'une conférence de presse :“Sa mise en libération sous conditions probatoires ne signifie pas qu'il a été acquitté par la cour.” La décision provisoire a suscité beaucoup de colère au sein de la famille du défunt d'abord, auprès des manifestants ensuite. Quelques heures après l'annonce de la mise en libération de ce policier, des centaines de manifestants ont marché sur la rive asiatique d'Istanbul jusqu'au parc Yoğurtçu, à Kadıköy. Des cortèges s'étaient également improvisés à Izmir, Ankara et, dans une moindre mesure, dans le quartier stambouliote de Beşiktaş.
Possible saisine de la Cour européenne des droits de l'Homme
Kazım Bayraktar, l'un des avocats de la famille Sarısülük prévient : “Nous avons désormais l'assurance qu'il existe une protection envers les officiers de police commettant des crimes. C'est l'occasion pour nous de faire appel à la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).” Affirmant que la cour d'Ankara n'avait pas pris en compte toutes les preuves et témoignages à l'encontre du principal suspect, l'avocat soutient que la famille Sarısülük va saisir la CEDH avant d'avoir épuisé toutes les voies de recours internes possibles. Mais le dossier de la famille Sarısülük risque de ne pas être traité par la Cour pour manquement à la procédure habituelle. L'épuisement des voies de recours internes est une “condition indispensable” pour qu'une demande soit examinée, a rappelé la CEDH il y a trois mois.
Diane Jean (http://lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 26 juin 2013

jeudi 13 juin 2013

TAKSİM - L’histoire derrière le lieu public

Derrière les événements liés aux transformations de la place de Taksim, qui prennent depuis deux semaines une tournure contestataire, se cache une histoire forte. Le choix de la place Taksim et du parc attenant comme lieux de protestation n’est pas anodin. Selon le chercheur Orhan Esen, qui donnait hier soir une conférence à la galerie SALT de Beyoğlu, ce choix se rattache à l’évolution de l’aménagement du lieu public. Depuis le projet de modernisation de la ville d’Istanbul entrepris par l’architecte français Henri Prost, cette place où s’entremêlent classes sociales et nationalités endosse un rôle central dans la vie des Stambouliotes.
Sous l’Empire ottoman, la place Taksim n'occupait pas une telle importance aux yeux de la population et des urbanistes. Elle était recouverte de cimetières musulmans et arméniens. Puis, entre la fin du XVIIème et le début du XVIIIème siècle, des casernes militaires sont sorties de terre à cet emplacement.
Photo © SALT
Leur construction devait être l'un des signes de la modernisation de l’armée ottomane et de l’organisation de l’Empire. Suite à une tentative de coup d’Etat en 1908, les monuments militaires ont subi d'importants dégâts et ont laissé place à Taksim, une quinzaine d’années après, à un lieu de loisir : un stade de football.
Un lieu de passage
A la fin des années 30, peu après que la Turquie a été proclamée République, de gros aménagements urbains commencent. Henri Prost est choisi pour orchestrer le projet. En observant les plans d’Henri Prost, il est évident que Taksim devient “le coeur d’Istanbul”, souligne Orhan Esen. Suite à diverses transformations, comme la construction d’une rampe toujours présente de nos jours, Taksim est converti en une plaque tournante, plus précisément un lieu de transit où peuvent aussi circuler les automobiles. Encore une fois, la place est adaptée à la modernisation de la Turquie. Lorsque les statues d’Ataturk et d’Inönü sont érigées sur la place, cette dernière se métamorphose en symbole du prestige de la République, rapporte Orhan Esen.
Un espace public propice aux rassemblements
L’étendue de la place Taksim et son symbolisme sont deux attributs que la population n’a pas négligé. Petit à petit, sa fonction évolue et devient plus qu’un lieu de passage. La large superficie de ce lieu public la destine à devenir un point de rassemblement social. Des manifestations ont lieu, comme celle de février 1969 connue sous le nom de “Dimanche ensanglanté”. La mort de 37 manifestants de gauche lors du rassemblement pour la Fête du travail du 1er mai 1977 est une autre date qui restera gravée. Suite à cette tragédie, le gouvernement a strictement interdit les manifestations de ce genre sur la place de Taksim.
La reinterprétation de la place par le gouvernement Erdoğan
Le projet d’urbanisation souhaité par le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan provoque depuis le 31 mai la colère des manifestations à Taksim et menace de transformer profondément la fonction de la place. “C’est une rupture directe avec l’ancien modèle”, avance le chercheur Orhan Esen. Le souci de "contrôle de masses" est l'une des préoccupations majeures d’Erdogan, assure Orhan Esen, pour qui la construction d’un centre commercial serait un moyen de réduire et de diviser l’espace afin d’éviter le rassemblement de la population.



Elisa Girard (www.lepetitjournal.com/Istanbul) jeudi 13 juin 2013

mercredi 12 juin 2013

Bilan à ce jour des manifestations à Taksim: 4 morts plus de 5000 blessés

GEZIPARK - Le gouvernement turc fait parler la force à Taksim

La police a tenté mardi de reprendre le contrôle de la place Taksim d'Istanbul. Elle s'est heurtée à des manifestants décidés à ne pas renoncer.

Le statu quo des derniers jours entre la police et les manifestants s’est achevé hier matin, à Istanbul. Pour la première fois depuis leur retrait du 1er juin, les forces de l’ordre ont lancé à 7h30 une offensive pour récupérer la place Taksim à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau.
Au même moment sur son compte Twitter, le préfet d’Istanbul Hüseyin Avni Mutlu expliquait que cette intervention consistait simplement à ôter les banderoles accrochées par les manifestants sur la façade du centre culturel Atatürk (AKM) et sur la statue de la République. En moins d’une heure, l’AKM était en effet déshabillé. “Nous vous confions à vos frères policiers”, annonçait également le préfet aux manifestants.
Photo TQ
Sur son compte Twitter, le préfet assurait encore : “Nous ne toucherons ni à Taksim, ni au parc ni à ses occupants”. Une heure plus tard, pourtant, des affrontements éclataient entre la police et de petits groupes de manifestants. Gaz lacrymogènes et canons à eau d’un côté ; pierres, feux d'artifice et quelques cocktails Molotov de l’autre. Ces manifestants, parfois armés de lance-pierres, se faisaient réprimander par les occupants du parc : “N'attaquez pas la police ! Ils n'attendent que ça pour venir nous déloger !”
Avocats arrêtés
Des grenades lacrymogènes ont atterri à plusieurs reprises dans le parc au cours des affrontements de la journée. A 11h30, les membres de la plateforme Solidarité Taksim ont appelé les manifestants à créer une chaîne humaine pour le protéger. Mais ils ont vite été dispersés par les forces de l’ordre. Vers 14h, la police a tenté de pénétrer dans le parc et la tension est montée. Dix minutes plus tard, la police faisait marche arrière.
Au même moment, les forces de l’ordre ont arrêté une cinquantaine d’avocats au Palais de justice d'Istanbul. Ces derniers manifestaient contre les événements à Taksim et ont été relâchés dans la soirée. Non loin de la place, au siège du SDP (un parti d’extrême gauche), 70 personnes étaient également interpellées selon la préfecture.
Le préfet : Evitez la place Taksim
A la mi-journée, le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan appelait les contestataires “sincères” à se retirer du parc. Avant d’ajouter : “Nous ne ferons plus preuve de tolérance”, alors qu’il avait annoncé accepter de recevoir une délégation de manifestants dès mercredi, rencontre confirmée hier soir par le porte-parole de l'AKP, Hüseyin Celik.
Photo FF
A la sortie des bureaux, des milliers de manifestants se sont retrouvés sur la place Taksim. Ils répondaient à l’appel de la plateforme Solidarité Taksim. Vers 20h, la police a commencé à disperser la foule en tirant des dizaines de grenades lacrymogènes. Le gouverneur d’Istanbul a déclaré quelques minutes plus tard sur Twitter que cette intervention faisait suite à des attaques de “marginaux” visant les policiers en position devant l’AKM. Il ajoutait : “Je supplie les citoyens sur les lieux de se séparer de ce groupe de marginaux et d’abandonner la place. Il est important que notre demande soit prise en compte pour la sécurité de tout le monde” , avant d'inviter les Stambouliotes à ne pas se rendre sur la place Taksim tant que “la sécurité n'y aura pas été rétablie”.
Le Consulat général de France à Istanbul mettait également en garde sur son site internet: "La police intervenant sur la place Taksim, il est fortement déconseillé de s’y rendre. Le Consulat général est fermé jusqu’à nouvel ordre."
Cités par le quotidien Radikal hier soir, les coordinateurs d'une infirmerie située dans le parc recensait 138 blessés et des centaines d'autres affectés par les gaz hier.
Fanny Fontan (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 12 juin 2013

mardi 11 juin 2013

#OCCUPYGEZI – Les Arts de manifester dans le parc de Taksim

L'occupation du parc de Taksim entre dans son 11ème jour. Entre les fanions et les tentes, des performances artistiques animent le nouveau cœur battant d’Istanbul. Peintures, dessins, poèmes, caricatures, mais aussi chants, danse, musique et théâtre. Rencontre avec les artistes engagés du parc.
Sur la place Taksim, une entrée de parking a été reconvertie en une mini-galerie d'art contemporain. La “Chapul Art exhibition” (littéralement, “exposition d'arts des vandales”, ndlr) accueille les œuvres des manifestants. En face des dessins d'enfants, le portrait d'une jeune féministe, teinté de violet fait dos au soleil. Le tableau repose sur un arbre. Ses branches portent de longues ficelles colorées au bout desquelles des inscriptions sur post-it volent au gré du vent. On dirait un arbre de prière japonais. Entre les clins d’œil et les injures, il y a de nombreux appels à la liberté, à la démocratie, à la paix.
Photo DJ
Un moyen pacifique de résister
A l'entrée du parc, les dumpers calcinés ont été repeints en rose. Les dents des remorques ont été recouvertes par des sourires géants en carton. Yiğit Evgar, 25 ans, explique : “Notre Premier ministre nous a accusé d'être des “çapulcu”, des vandales à plusieurs reprises. Nous voulons lui montrer qu’il a tort. Nous ne souhaitons aucune violence.” Yiğit a ouvert une tente où les jeunes peuvent dessiner à volonté. “Nous utilisons les arts comme une arme, sans violence.” Il suffit de gravir les marches de l'ancien stade pour observer que tout l'espace de la place Taksim, sol compris, est devenu la matière première des artistes-manifestants. L’abondance et la variété des formes de cet art engagé font penser à la naissance d’un mouvement artistique avec ses propres codes, sa propre énergie.
L'expression d'une liberté nouvelle
Les occupants de Gezi ont installé une scène près de la fontaine au centre du parc. “Une ballerine est venue danser plusieurs fois ici. Elle portait un masque à gaz. C'était très représentatif de la manière dont nous manifestons. Ce soir, il y aura un spectacle de théâtre. Il y a aussi eu des concerts de musique”, décrit une jeune comédienne qui a préféré rester dans l'anonymat. Il y a un an pile, le gouvernement avait tenté une moralisation du théâtre public, en particulier celui de la ville d’Istanbul. Une adaptation de Hamlet est prévue ce mardi à 18h. La troupe répète à l'ombre. “C'est une manière de montrer à quel point nous voulons disposer d’une liberté d’expression pleine et entière.” Hayan, 25 ans, étudiant en littérature : “Le gouvernement a tendance à vouloir réguler de plus en plus nos modes de vie! Les gens ont fait le choix de l’expression artistique pour répondre à Erdoğan.”
L'importance de la mémoire
De l'autre côté du parc, les tambours d’un groupe de musique font vibrer la foule. Un grand-père les rejoint avec son ney. “On joue pour passer le temps. Mais surtout pour s'encourager, s’unir, se rappeler pourquoi on est ici.” Au dessus de la tête des musiciens, des photographies en noir et blanc ont été épinglées sur un fil à linge. Les clichés ont été pris lors des heurts entre la police et les manifestants, il y a dix jours. Témoin de la violence policière, le photographe de 32 ans, qui n'a pas souhaité mentionner son nom, commente son travail. “J'expose les photos ici pour entretenir la mémoire. Je sais que nous vivons un moment historique, un changement est en train de se produire même s'il est difficile de savoir ce qu’il générera.

Diane Jean (http:/www.lepetitjournal.com/istanbul/) mardi 11 juin 2013

vendredi 7 juin 2013

Projet immobilier de Taksim: RT ERDOGAN n'entend pas céder

RETOUR D'ERDOĞAN EN TURQUIE - "Nous mènerons ce projet à son terme"

Revenu dans la nuit de sa tournée dans les pays du Maghreb, Recep Tayyip Erdoğan a une fois de plus affiché jeudi sa fermeté, affirmant qu'il maintiendrait le projet de réaménagement du parc de Taksim. Le Premier ministre turc a ajouté que la contestation qui secoue son pays depuis une semaine était "instrumentalisée par des groupes extrémistes, notamment le Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C). "Des partisans de cette organisation terroriste étaient présents sur la place [Taksim]", a-t-il déclaré aux journalistes. Le groupuscule d'extrême gauche avait notamment revendiqué l'attentat perpétré contre l'ambassade des Etats-Unis à Ankara, au mois de février dernier. A son arrivée à l'aéroport d'Istanbul, accueilli par des milliers de ses partisans criant "Allons-y, écrasons-les tous!", le Premier ministre a prononcé un discours particulièrement offensif, appelant à l'arrêt "immédiat" des manifestations composées, selon lui, "d'anarchistes" et "d'extrémistes"
Le retour d'Erdoğan en Turquie survient alors que la chaîne de télévision NTV a annoncé hier la mort d'un policier à Adana, une ville du sud du pays. Le policier -- qualifié de "martyr" par le Premier ministre -- poursuivait un groupe de manifestants, dans la journée de mercredi, lorsqu'il a chuté d'un pont en construction. Transporté d'urgence à l'hôpital, il n'a pu être sauvé par les médecins. Ce nouvel incident porte à trois le nombre de décès enregistrés depuis le début des manifestations, auxquels s'ajoutent plus de 4.000 blessés selon les ONG de médecins.

Jonathan Grimmer (http://www.lepetitjournal.com/Istanbul) vendredi 7 juin 2013

lundi 3 juin 2013

REVUE DE PRESSE – Les événements des derniers jours vus par les médias étrangers

Les manifestations à Istanbul et ailleurs en Turquie trouvent un large écho dans la presse étrangère. Depuis trois jours, les médias internationaux surveillent le mouvement “Occupy Gezi”, qui gagne du terrain dans tout le pays. Les clichés se ressemblent mais les analyses diffèrent.
Taksim, la future place Tahrir ?
Les premiers articles sur le sujet présentent les révoltes de la place Taksim comme un nouvel épisode du printemps arabe. Le Figaro insiste sur la violence des heurts et la montée d'un sentiment de colère général chez les Turcs, “dignes du printemps arabe de l'autre côté de la Méditerranée.” The Wall Street Journal explique que la comparaison est tentante mais non pertinente. D'après le quotidien américain, les Turcs ne souhaitent pas renverser leur régime mais répondre à l'oppression instaurée par leur Premier ministre. Le Monde ajoute qu'une dissonance se fait sentir au sein du gouvernement. Samedi après-midi, le président Abdullah Gül aurait conseillé au Premier ministre Erdoğan de retirer les forces de police de la place Taksim quand ce dernier restait intransigeant. Tous les journaux s'accordent à dire que la Turquie vit un moment particulier de son histoire, à surveiller de près.
L'irrésistible prisme de l'islam
Samedi soir, CNN a diffusé un reportage d'une dizaine de minutes. A la question “Qui sont les manifestants dans la rue?”, le correspondant de la chaîne télévisé américaine répond : “Ce sont des laïcs.” Point. Il explique l'ampleur de l'événement par l'opposition entre la société civile dite laïque composée de kurdes, des partis d'opposition, de féministes et des syndicats et, le parti au pouvoir islamo-conservateur, l'AKP. L'usage excessif de gaz lacrymogènes et des canons d'eau ne serait que le catalyseur d’une révolte face à “l'islamisation” du pays par le haut. Au même moment, le quotidien espagnol El Pais et le britannique The Guardian adoptent une approche moins binaire en expliquant la politisation d'un mouvement qui ne regroupait au départ que quelques centaines d’individus. Si l'origine peut paraître floue, le souhait des contestataires est clair : ils scandent “Tayyip Istifa” à tue-tête. Ce qui signifie : “Tayyip démissionne!”.
Volonté de liberté
Pour le site internet spécialiste du Moyen-Orient, Al Monitor, “Occupy Gezi” représente le ressentiment accumulé depuis quelques mois face au pouvoir jugé autoritaire du premier ministre Erdoğan. Al Monitor souligne l'ampleur du mouvement quand la plupart des titres de la presse étrangère se concentrent sur Istanbul. Selon le quotidien, la restriction de la consommation l'alcool et la question de la laïcité ne suffisent pas à expliquer la propagation des événements. Depuis un mois, explique le journal en ligne, le gouvernement multiplie les lois touchant à la vie quotidienne des citoyens turcs : la tentative d'imposer une restriction des avortements, l'interdiction d'embrasser en public dans le métro d'Ankara ou encore la multiplication de projets d'urbanisation sans le consentement ni même la consultation des habitants. Pour Al Monitor, il semble que les Turcs qui descendent dans la rue depuis vendredi désirent davantage de liberté dans leur choix de vie et qu'ils sont prêts à se battre pour elle.
Diane Jean (www.lepetitjournal.com/istanbul) lundi 3 juin 2013

vendredi 31 mai 2013

Taksim, suite...

PARC DE TAKSIM – Manifestants contre bulldozers

Des bulldozers ont commencé dans la nuit de lundi à mardi à déraciner quelques-uns des 600 arbres du parc de Taksim, que la mairie d’Istanbul prévoit de remplacer par une réplique des anciennes casernes ottomanes qui s’y élevaient jadis. Des heurts ont éclaté entre policiers et manifestants.
“C'est en rentrant de notre réunion habituelle pour organiser la suite du mouvement qu'avec d'autres militants, nous avons remarqué un gros bulldozer et un trou dans le mur” face à l'hôtel Divan, explique Birkan Işın, président de l'Association de protection et d'embellissement du parc de Taksim. “Nous avons tout de suite réagi et nous nous sommes placés devant le bulldozer”, poursuit-il. “Une heure plus tard, vers minuit et demi, nous étions une centaine de personnes. Nous avons discuté avec la société responsable des travaux, qui nous a répondu que la destruction du mur était prévue. Les travaux se sont arrêtés pour la soirée.”
Des dizaines de manifestants, prévenus par les réseaux sociaux, se sont rendus sur place dans la journée d’hier, accompagnés de quelques députés. Ils se sont rapidement heurtés aux forces de police, qui ont usé de gaz lacrymogènes pour disperser la foule :

(Voir aussi cette photo de Reuters, partagée plusieurs centaines de fois sur Facebook)
Sırrı Süreyya Önder, député du Parti de la paix et de la démocratie (BDP), et d’autres manifestants se sont interposés entre les arbres et les bulldozers, perturbant le travail des machines, tandis que d’autres grimpaient aux arbres. Les tensions se sont poursuivies durant toute la journée, à mesure que le nombre de manifestants et de policiers augmentait.
Dans un communiqué, la mairie d’Istanbul a expliqué que les déracinements visaient “à élargir la rue le long de l’hôtel Divan, dans le cadre du projet de piétonisation de la place Taksim, achevé à 70%.” Le communiqué précise que cinq arbres doivent être arrachés pour être replantés ailleurs. Des centaines de manifestants, que cette déclaration n’a pas suffi à rassurer, poursuivaient hier soir leur sit-in et plantaient leurs tentes dans le parc. Une banderole proclamant “Nous montons la garde pour le parc” (''Gezi Parkı için Nöbetteyiz'') était tendue entre les arbres. “Notre objectif est avant tout d'obtenir une explication. Nous allons rester dans le parc. Ce mercredi à midi, une conférence de presse sera organisée”, précise Birkan Işın.

Photo Birkan Işın et Laurène Perrussel-Morin
La mairie souhaite ériger en lieu et place du parc un bâtiment abritant centre commercial, hôtel, résidence et divers espaces culturels. En décembre dernier, une commission locale de protection des biens culturels s’est élevée contre le projet, citant notamment l’importance du parc dans la mémoire des Stambouliotes. Deux mois plus tard, une commission supérieure a cassé cette décision, sans avancer aucun motif. Deux procès sont en cours au tribunal administratif. L’un ouvert par l’Association de protection et d'embellissement, l’autre par la Chambre des architectes et par celle des Urbanistes.
la video:
http://youtu.be/FaeOswzos3Q
plus de photos sur le site du journal:
Anne Andlauer et Laurène Perrussel-Morin (http://lepetitjournal.com/istanbul.html) mercredi 29 mai 2013

jeudi 30 mai 2013

PARC DE TAKSIM – Erdoğan: “Quoi que vous fassiez, notre décision est prise”

Alors qu’entre 100 et 200 manifestants poursuivaient hier leur sit-in dans le parc de Taksim, menacé de déracinement pour faire place à une nouvelle construction, le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan a rejeté hier toute possibilité de retour en arrière. “Quoi que vous fassiez, notre décision est prise. Si vous avez un peu de respect envers l’Histoire, commencez par faire des recherches sur l’histoire de cet endroit qu’on appelle le parc de Taksim. Nous allons faire revivre l’Histoire”, a déclaré le Premier ministre à propos du projet de reconstruction du Taksim Kışlası. Ces casernes s’élevaient à la place de l’actuel parc sous l’Empire ottoman jusqu’à leur destruction en 1940.
Les manifestants, eux, s’apprêtaient hier à passer une troisième nuit dans le parc dans une ambiance bon enfant, loin des heurts de la veille. Les policiers, toujours présents, se maintenaient toutefois à distance des défenseurs du parc. Ces derniers ont planté une dizaine d’arbres offerts par la Fondation TEMA et ont reçu la visite de quelques artistes hier.

Anne Andlauer et Laurène Perrussel-Morin (http://lepetitjournal.com/istanbul.html) jeudi 30 mai 2013

mercredi 27 février 2013

PLACE TAKSİM – Les travaux interrompus par une découverte


Les travaux de construction d’un tunnel sous la place Taksim ont été partiellement interrompus suite à la découverte de vestiges sous l’avenue Cumhuriyet, rapporte le quotidien Radikal. Sur une photo publiée par le journal, on distingue nettement un mur de pierres percé d’une arche, à un mètre sous l’asphalte de l’avenue. Ces vestiges appartiendraient à l’époque ottomane, avance un archéologue.
Le quotidien précise qu’en vertu de la loi n°2863 sur la protection des biens culturels, des fouilles doivent être entreprises par des archéologues, qui rendront un premier rapport au Conseil de protection des biens culturels concerné. Ce conseil doit ensuite déterminer si les vestiges seront protégés sur place – entrainant l’arrêt des travaux dans la zone – ou bien s’ils doivent être extraits pour être protégés ailleurs.
Depuis novembre 2012, ouvriers et machines travaillent jour et nuit au percement du tunnel qui doit rendre entièrement piétonne la place la plus fréquentée d’Istanbul. Il mesurera 400 mètres de long dans le sens Tarlabaşı-Harbiye et 320 mètres dans le sens inverse. La municipalité prévoit la fin du chantier en juin 2013, mais les fouilles archéologiques pourraient retarder ses plans.
Anne Andlauer (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 27 février 2013

mardi 12 février 2013

ISTANBUL: bon anniversaire au petit tramway


Le “tramway nostalgique” fête ses 99 ans !


On le voit arriver de loin, le petit tramway rouge qui se fraye un chemin au milieu de la foule de l'Istiklal Caddesi, parcourant inlassablement la longue avenue entre la place Taksim et Tünel. Sorti d'une autre époque, le nostaljik tramvay a fêté hier ses 99 ans de service. Pour l'occasion, lepetitjournal.com a sauté dans un wagon, histoire de remonter un peu le temps.
Pour la plupart des Stambouliotes, le nostaljik tramvay (photo MG) symbolise un lien fort entre le passé prestigieux de ce quartier de Beyoğlu et son présent, au cœur de la vie culturelle d'Istanbul. La métropole a d'abord utilisé le tramway à cheval, entre 1872 et 1914. Le 11 février de cette année-là, le premier tramway électrique est mis sur les rails. Il dessert la rive européenne puis, 15 ans plus tard, la rive asiatique. Les tramways électriques resteront le principal moyen de transport public de la ville jusqu’à leur disparition, en 1966.
Celui de l'avenue Istiklal a été restauré en 1991 par les mécaniciens de l’IETT, réseau de transports en commun d'Istanbul et de sa région. L’expression “nostaljik tramway" date de cette époque. Les voitures rouges et blanches, vieilles de près d’un siècle, s'accordent parfaitement avec les nombreuses carrioles des vendeurs de simit qui jalonnent les deux kilomètres de l’avenue piétonne. Selon le directeur général de l’IETT, Hayri Baraçlı, le nostaljik tramway n’est pas seulement un moyen de transport sympathique : il véhicule la réputation du réseau et de ses valeurs, celles qui ont permis de protéger une partie du patrimoine d'Istanbul.
Le tramway électrique, dans la première moitié
du XXème siècle (photo IETT)
Bientôt centenaire…
Son caractère désuet ravit aussi les touristes, qui s’y font régulièrement photographier. Les enfants du quartier sont nombreux à s'accrocher à l'arrière du wagon et ne se privent jamais de sauter du tramway alors qu'il est encore en marche! Selon Yeşim, habituée des célèbres "voitures rouges", le tramway est autant utilisé par les locaux que par les touristes. S'il est si populaire aux yeux des Stambouliotes, avance-t-elle, c'est aussi parce qu'il est le seul transport qui relie la place Taksim à Tünel en moins de 15 minutes.
Aux côtés du conducteur (photo MG)
La “kampana”, cette cloche que fait inlassablement sonner le conducteur, l’aide à se frayer un chemin parmi la foule des passants.
A l'intérieur, les usagers se laissent transporter dans une autre époque, grâce au plafond arrondi, aux encadrements de portes et fenêtres en bois vernis, et aux strapontins en cuir. Les deux seuls wagons en activité se croisent à hauteur du majestueux portail du lycée de Galatasaray, seul endroit de la ligne où le rail se dédouble.
Selon les chiffres fournis par l’IETT, le tramway parcourt l'avenue entre 25 et 30 fois par jour et transporte quelque 2.500 passagers quotidiens. "C'est plus agréable et tranquille pour les gens d'emprunter le tramway, qui est d'ailleurs le moyen de transport le plus économique à Istanbul, que de marcher au milieu de toute cette foule" assure un conducteur, qui espère bien mener son tramway jusqu’en 2014, l’année du centenaire.
Manon Gay (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 12 février 2013

jeudi 24 janvier 2013

ISTANBUL: des nouvelles des travaux à Taksim


TARLABAŞI – L’accès à la place Taksim bloqué pendant 20 jours

L’accès à la place Taksim depuis le boulevard Tarlabaşı sera interdit aux véhicules à partir de demain soir et jusqu’au 15 février, annonce la mairie d’Istanbul dans un communiqué. Ne restent donc que deux itinéraires pour rejoindre Taksim en voiture : Dolmabahçe-Gümüşsuyu et Şişhane-Dolapdere-Harbiye. Aucun changement pour les piétons, qui peuvent toujours emprunter la passerelle pour rejoindre la place en travaux. Les dolmuş et les bus continueront d’effectuer des demi-tours en haut du boulevard.
Depuis deux mois et demi, ouvriers et machines travaillent jour et nuit au percement du tunnel qui doit rendre entièrement piétonne la place la plus fréquentée d’Istanbul. Il mesurera 400 mètres de long dans le sens Tarlabaşı-Harbiye et 320 mètres dans le sens inverse. Dans son communiqué, la municipalité prévoit la fin du chantier en juin 2013.
Anne Andlauer (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 24 janvier 2013

mardi 4 décembre 2012

aujourd'hui à Istanbul: vernissage de l'exposition photos de Xavier Allard

EXPO de photos de Xavier Allard - vernissage le 4 décembre à 18h

Thématique Expositions
Date de debut 2012.12.04 18h
Date de fin 2012.12.11
Intro Xavier Allard vous propose de venir découvrir ses photos prises lors de ses voyages en Asie du Sud-est
Description Xavier Allard vous propose de venir découvrir ses photos prises lors de ses voyages en Asie du Sud-est.

Fotografevi, Sehit Muhtar Bey Cad. No:22 Cemali Apt. Kat.2 Talimhane, TAKSIM-ISTANBUL

Xavier Allard Fotograf Sergisi
Bugünün Güneydogu Asya's?na dair izler, izlenimler

Ankara'da açtigimiz sergiden sonra ?simdi de Istanbul'dayiz!
4-11 ARALIK 2012
Açilis: 4 Aralik, 18:00
Adres: Fotografevi, Taksim (Meydana çok yakin)
http://www.fotografevi.com/ 212.2490202
https://www.facebook.com/pages/FOTOGRAFEV%C4%B0/130763047013176?fref=ts
Contact Xavier Allard
Adresse Fotografevi, Sehit Muhtar Bey Cad. No:22 Cemali Apt. Kat.2 Talimhane, TAKSIM-ISTANBUL