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mercredi 14 août 2013

TURQUIE: 13 AOÛT – En 4 minutes, ce qu'il faut retenir de l'actualité

voici les titres sélectionnés par lepetitjournal. Pour lire l'intégralité des articles: Jonathan Grimmer (http://www.lepetitjournal.com/Istanbulmardi 13 août 2013

=> Enlèvement au Liban : un suspect arrêté
Selon l'Associated Press, les autorités libanaises détiendraient depuis dimanche soir un homme suspecté d'être impliqué dans le kidnapping des deux pilotes d'avion turcs de la compagnie Turkish Airlines. 

=> Un député AKP souligne les "erreurs" d'Erdoǧan dans sa gestion de la crise du parc Gezi
Un rapport publié par l'Eurasia Global Research Center (AGAM), un groupe de travail dirigé par le député AKP İdris Bal, affirme que Reycep Tayyip Erdoǧan a été mal conseillé au moment du mouvement de contestation de la place Taksim. 

=> "L'alcool n'est pas ton ami"
Dans moins de 10 mois, toutes les bouteilles d'alcool devront comporter des images alertant des dangers de l'alcool pour les mineurs, les femmes enceintes et les conducteurs. 

=> Procès Ergenekon : un général se rend à la police pour purger sa peine
Le général Tuncer Kılınç, condamné à 13 années de prison dans le cadre de l'affaire Ergenekon, s'est rendu à la police hier matin. 

=> La bonne santé de la production turque
L'Institut turc des statistiques (TÜIK) a publié hier un rapport soulignant la croissance de la production turque ces derniers mois. 

=> Fetullah Gülen reçoit le prix Manhae de la paix
L'intellectuel turc musulman Fetullah Gülen, connu pour ses appels au dialogue interconfessionnel, a reçu dimanche le prestigieux prix Manhae de la paix, remis chaque année par la fondation sud-coréenne du même nom. 

jeudi 4 juillet 2013

PLACE TAKSIM ET PARC GEZI – La justice annule le projet

Un tribunal administratif d'Istanbul a bloqué le projet d'aménagement de Taksim en une place entièrement piétonne et le projet de reconstruction des casernes ottomanes, qui menaçait de disparition le parc Gezi. Les plans ont été jugés contraires aux règles d'urbanisme, rapporte le quotidien Radikal. La décision remonterait en fait au 8 juin mais n'a été communiquée qu'hier. Selon la 1ère cour administrative d'Istanbul, le projet soutenu par le gouvernement va à l’encontre de l’identité de la place. La cour souligne également que la "population locale" n’a pas été consultée sur ce projet.
La plainte avait été déposée conjointement par la Chambre des architectes d’Istanbul et par celle des urbanistes. Le 1er juin, une autre cour administrative stambouliote, saisie par l'Association de protection et d'embellissement du parc de Taksim, s'était déjà prononcée pour l'interruption du projet de destruction du parc. Le ministère de la Culture et du Tourisme avait fait appel, un appel rejeté mardi. Au plus fort de la contestation, le gouvernement turc a promis de respecter la décision finale de la justice concernant l'avenir du parc. Il n'a toutefois pas encore épuisé les voies de recours et peut encore faire appel auprès du Conseil d'Etat.
Elisa Girard et Anne Andlauer (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 4 juillet 2013

mardi 11 juin 2013

#OCCUPYGEZI – Les Arts de manifester dans le parc de Taksim

L'occupation du parc de Taksim entre dans son 11ème jour. Entre les fanions et les tentes, des performances artistiques animent le nouveau cœur battant d’Istanbul. Peintures, dessins, poèmes, caricatures, mais aussi chants, danse, musique et théâtre. Rencontre avec les artistes engagés du parc.
Sur la place Taksim, une entrée de parking a été reconvertie en une mini-galerie d'art contemporain. La “Chapul Art exhibition” (littéralement, “exposition d'arts des vandales”, ndlr) accueille les œuvres des manifestants. En face des dessins d'enfants, le portrait d'une jeune féministe, teinté de violet fait dos au soleil. Le tableau repose sur un arbre. Ses branches portent de longues ficelles colorées au bout desquelles des inscriptions sur post-it volent au gré du vent. On dirait un arbre de prière japonais. Entre les clins d’œil et les injures, il y a de nombreux appels à la liberté, à la démocratie, à la paix.
Photo DJ
Un moyen pacifique de résister
A l'entrée du parc, les dumpers calcinés ont été repeints en rose. Les dents des remorques ont été recouvertes par des sourires géants en carton. Yiğit Evgar, 25 ans, explique : “Notre Premier ministre nous a accusé d'être des “çapulcu”, des vandales à plusieurs reprises. Nous voulons lui montrer qu’il a tort. Nous ne souhaitons aucune violence.” Yiğit a ouvert une tente où les jeunes peuvent dessiner à volonté. “Nous utilisons les arts comme une arme, sans violence.” Il suffit de gravir les marches de l'ancien stade pour observer que tout l'espace de la place Taksim, sol compris, est devenu la matière première des artistes-manifestants. L’abondance et la variété des formes de cet art engagé font penser à la naissance d’un mouvement artistique avec ses propres codes, sa propre énergie.
L'expression d'une liberté nouvelle
Les occupants de Gezi ont installé une scène près de la fontaine au centre du parc. “Une ballerine est venue danser plusieurs fois ici. Elle portait un masque à gaz. C'était très représentatif de la manière dont nous manifestons. Ce soir, il y aura un spectacle de théâtre. Il y a aussi eu des concerts de musique”, décrit une jeune comédienne qui a préféré rester dans l'anonymat. Il y a un an pile, le gouvernement avait tenté une moralisation du théâtre public, en particulier celui de la ville d’Istanbul. Une adaptation de Hamlet est prévue ce mardi à 18h. La troupe répète à l'ombre. “C'est une manière de montrer à quel point nous voulons disposer d’une liberté d’expression pleine et entière.” Hayan, 25 ans, étudiant en littérature : “Le gouvernement a tendance à vouloir réguler de plus en plus nos modes de vie! Les gens ont fait le choix de l’expression artistique pour répondre à Erdoğan.”
L'importance de la mémoire
De l'autre côté du parc, les tambours d’un groupe de musique font vibrer la foule. Un grand-père les rejoint avec son ney. “On joue pour passer le temps. Mais surtout pour s'encourager, s’unir, se rappeler pourquoi on est ici.” Au dessus de la tête des musiciens, des photographies en noir et blanc ont été épinglées sur un fil à linge. Les clichés ont été pris lors des heurts entre la police et les manifestants, il y a dix jours. Témoin de la violence policière, le photographe de 32 ans, qui n'a pas souhaité mentionner son nom, commente son travail. “J'expose les photos ici pour entretenir la mémoire. Je sais que nous vivons un moment historique, un changement est en train de se produire même s'il est difficile de savoir ce qu’il générera.

Diane Jean (http:/www.lepetitjournal.com/istanbul/) mardi 11 juin 2013