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mercredi 24 juillet 2013

715 GARDES À VUE – Le premier bilan judiciaire des manifestations en Turquie

Les manifestations qui ont agité les alentours de la place Taksim ces dernières semaines ont conduit au placement en garde à vue de 715 personnes, a annoncé hier dans un communiqué le procureur de la République d'Istanbul. Le parquet a requis la détention provisoire de 179 d'entre elles, présentées à un tribunal. Suite à ces comparutions, 41 personnes ont effectivement été incarcérées. Dix ont ensuite été relâchées quand 57 autres personnes ont été laissées en liberté à condition de se soumettre à un contrôle judiciaire.

Le procureur de la République d'Istanbul ajoute que 110 enquêtes ont été ouvertes à l'encontre de propos diffusés par voie de presse ou sur les réseaux sociaux. “Une large majorité de ces enquêtes concerne des insultes à l'égard des plus hauts personnages de l'Etat”, précise le communiqué. L'agence de presse Anatolie rapporte aussi que les avocats du Premier ministre turc ont déposé des plaintes contre de faux comptes Twitter ouverts au nom de Recep Tayyip Erdoğan.
Les médias turcs ont également relayé hier une série d'avertissements du ministre de l'Intérieur, Muammer Güler, à l'adresse des forces de l'ordre. D'après une circulaire envoyée aux préfets des 81 provinces de Turquie, les policiers sont ainsi priés de ne pas tirer de gaz lacrymogènes à moins de 40 mètres des manifestants, de ne pas viser d'individu en particulier et de s'assurer qu'un enregistrement vidéo de chaque intervention est effectué. Le ministre leur demande également d'empêcher des tierces personnes d'agresser les manifestants à l'aide de machettes et autres bâtons, en réponse à la multiplication de ce genre d'incidents ces derniers jours.
Anne Andlauer (www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 24 juillet 2013

lundi 15 juillet 2013

Un nouveau week-end de tensions autour de la place Taksim

Samedi soir, les forces de police turques ont à nouveau utilisé la force pour disperser une foule de 500 manifestants qui essayaient de rejoindre la place Taksim. Les contestataires ont ensuite été pris à partie par des commerçants se disant excédés par un mois et demi de protestation.

Photo Twitter
Les week-ends se suivent et se ressemblent à Istanbul. Samedi soir, les forces de l'ordre sont une nouvelle fois intervenues pour disperser un groupe de manifestants qui tentaient de marcher sur la place Taksim.
Un peu plus tôt dans la journée, des mères de contestataires emprisonnés avaient entamé un sit-in devant le lycée de Galatasaray, pour demander au gouvernement de mettre un terme à ces détentions jugées "arbitraires". Puis vers 17h30, avec l'autorisation des autorités turques, plusieurs milliers de protestataires se sont rassemblés devant le lycée français et à proximité du quartier de Kızılay à Ankara, à l'appel de la TMMOB (l'Union des chambres d'architectes et d'ingénieurs turcs). Des manifestations ont également agité Hatay, dans le sud du pays, à la frontière syrienne.
La TMMOB, dont plusieurs membres ont activement pris part au mouvement de la place Taksim, entendait protester contre le texte de loi, voté par le Parlement dans la nuit de mardi à mercredi, qui écarte les chambres professionnelles des futurs projets d'aménagement urbain. L'un de ses porte-parole a dénoncé samedi une décision politique visant à réduire au silence les voix discordantes."Ils ne veulent pas de nous parce que nous sommes opposés à la construction d'un troisième pont, et parce que nous avons dit 'non' à Kanal Istanbul", a-t-il déclaré devant la foule de personnes réunie samedi devant le lycée de Galatasaray.
La situation a dégénéré lorsqu'une foule d'environ 500 manifestants a commencé à remonter l'avenue İstiklal afin de se rendre sur la place Taksim. Les forces de l'ordre ont alors usé de gaz lacrymogènes, de canons à eau et de billes en plastique pour repousser le cortège.
Des commerçants "excédés"
Alors que les contestataires fuyaient la police par les petites rues bordant l'avenue İstiklal, ils ont été pris à partie par plusieurs commerçants, se disant excédés par les retombées financières négatives d'un mois et demi de contestation. Ces derniers, armés de bâtons, ont également menacé les journalistes présents sur place qui étaient en train de filmer ou de photographier la scène.
Ce n'est pas la première fois que la rancœur de certains commerçants se matérialise par des actes de violence. La semaine dernière, les images d'un homme attaquant des passants, une machette à la main, avaient fait le tour du web.
Jonathan Grimmer (http://www.lepetitjournal.com/Istanbul) lundi 15 juillet 2013

lundi 8 juillet 2013

#OCCUPYGEZI – Les manifestants de retour à Taksim

En fin de semaine dernière, les opposants au projet ont salué l'annulation du projet de réaménagement de la place Taksim comme une victoire. Dans la foulée, ils ont annoncé vouloir reprendre le contrôle de “leur” parc samedi en fin d'après-midi. Les policiers antiémeute ont répondu à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Dimanche, des milliers de manifestants s'étaient donné rendez-vous sur l'autre rive, à Kadıköy.
A 17h samedi, une centaine de féministes entrent sur la place Taksim. D'un pas cadencé, le cortège arbore des pancartes “Fin aux abus de la police” et “L'AKP et la police, ennemis de la femme”. Le groupe est en avance. Le collectif d'associations Taksim Solidarité a appelé à se réunir sur la place à 19h pour “commémorer nos morts, leur rappeler nos revendications, et condamner la violence”.
L'entrée de la place Taksim samedi (Photo CC)
A peine arrivé en lisière de la place Taksim, le second défilé de manifestants se heurte à un imposant dispositif de policiers antiémeute. En moins d'une heure, les forces de l'ordre dispersent les 3.000 protestataires à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau. A 19h, à la place des manifestants attendus, les alentours du Monument de la République étaient uniquement peuplés de casques blancs, ceux de la police.
Après la première intervention des forces de l'ordre, les contestataires se sont immédiatement repliés vers l'avenue Istiklâl, scandant les chants devenus hymnes du mouvement: “Tayyip démissionne!” ou encore “Tous ensemble, contre le fascisme”. Gürsel Tekin, le président du groupe parlementaire du Parti du peuple républicain (CHP), principal parti d'opposition, s'est rendu sur place pour essayer de tempérer la situation, sans succès. Les tirs de gaz lacrymogènes ont résonné jusque tard dans la nuit dans les ruelles de Cihangir. A Ankara, plusieurs centaines de personnes ont exprimé leur soutien aux protestataires.
Attaque à la machette
Samedi, une vidéo, circulant sur le web et rapportée par l'agence de presse Doğan, montrait des individus munis de machettes à la poursuite des manifestants le soir même, près de Talimhane. Dimanche, le gouverneur d'Istanbul Hüseyin Avni Mutlu a annoncé via Twitter que deux personnes avaient été arrêtées suite à ces violences. Mais quatre de ces “hommes à machette” auraient été relachés. Les autorités n'ont fait pour l'instant aucune déclaration sur le sujet.
En marge de la manifestation à Taksim, 30 Stambouliotes auraient été emmenés en garde à vue d'après le quotidien Radikal, parmi lesquels le photographe italien Mattia Cacciatori. Le Hürriyet Daily News fait état de 15 arrestations dans tout le pays. D'après l'Agence de presse Anatolie (AA), le ministre de l'Intérieur Muammer Güler a qualifié cette nouvelle intervention policière de naturelle”, dénonçant le caractère “illégal” des manifestations sur la place Taksim. Le nombre de blessés est pour l'instant inconnu.
Kadıköy, nouvel épicentre des manifestations ?
Dimanche, de l'autre côté du Bosphore, une ambiance plus festive mais tout aussi engagée a envahi la rive asiatique. Annoncé depuis une semaine, le festival “Gazdanadam” (l'homme du gaz, ndlr) a réuni plusieurs milliers de personnes. Sous les coups de sifflets, le public a assisté à de nombreuses performances d'artistes sponsorisées par les médias d'opposition (photo de droite, DJ). Asude, jeune diplômée de 22 ans, a rejoint la foule. “Début juin, j'étais au parc de Taksim mais maintenant, la police occupe constamment les lieux. C'est devenu trop dangereux, alors depuis quelques semaines, je viens ici (à Kadıköy, ndlr)”
Kadıköy est devenu le théâtre d'importants rassemblements suite à la reprise du parc par la police. Tous les soirs de la semaine, des centaines d'individus se retrouvent aux heures de fermeture des bureaux dans les parcs environnants pour débattre de leurs revendications. “Aujourd'hui, c'est une première victoire que l'on célèbre !” ajoute Asude, en référence à la décision de justice publiée en fin de semaine. Contrairement à Taksim, aucune présence ni intervention policière n'a été constatée jusqu'ici.
La réouverture du parc Gezi repoussée
En fin de semaine dernière, le premier tribunal administratif d'Istanbul a rendu publique sa décision du 6 juin dernier concernant l'ensemble du projet de réaménagement de la place Taksim. Le projet d'urbanisation est annulé au motif notamment qu'aucune consultation n'avait été réalisée auprès de la population stambouliote. Depuis le 15 juin – date à laquelle les forces de l'ordre ont repris le contrôle de la place Taksim, les bulldozers et les employés municipaux s'emploient à nettoyer et refleurir le parc (photo de gauche, DJ).
Le gouverneur d'Istanbul Hüseyin Avni Mutlu avait déclaré à la presse samedi : “Nous prévoyons de rouvrir le parc Gezi demain (dimanche, ndlr) ou au plus tard lundi pour qu'il soit mis à la disposition de tous les citoyens”. Le lendemain, pourtant, seul Kemal Kılıçdaroğlu, le président du CHP et quelques uns de ses partisans, ont pu visiter le square dont l'entrée est pour l'instant toujours fermée au public. La réouverture du parc a été repoussée à lundi.
Diane Jean (http://lepetitjournal.com/istanbul) lundi 8 juillet 2013

mercredi 3 juillet 2013

TURQUIE: les "juifs" seraient impliqués dans les émeutes de Taksim, ça ne vous rappelle toujours rien ???

MANIFESTATIONS – Le vice Premier ministre turc pointe du doigt “la diaspora juive”

Beşir Atalay a dénoncé hier l'implication de la “diaspora juive” dans la contestation de la place Taksim. Le vice Premier ministre a ensuite nié ces propos, pourtant filmés par une agence de presse.
Après le “lobby des taux d'intérêt”, les terroristes d'extrême gauche, les médias étrangers et les réseaux sociaux, c'est au tour de la “diaspora juive” d'être pointée du doigt par un dirigeant turc, pour son implication présumée dans la contestation de la place Taksim. "Certains sont jaloux de la bonne santé financière de la Turquie et de sa croissance. Ils sont tous unis, aux côtés de la diaspora juive", a déclaré hier le vice-Premier ministre, Beşir Atalay, dans un entretien cité par le quotidien Hürriyet. Besir Atalay a également accusé la presse internationale d'avoir tenté de déstabiliser l'Etat turc. "Vous avez vu l'attitude des médias étrangers lors des incidents du parc Gezi ; ils ont diffusé les images sans même faire une évaluation de la situation", s'est-il offusqué.
Quelques heures après la publication de ces propos par l'agence de presse Cihan, le ministre a nié les avoir tenus, accusant l'agence de les avoir “sorti de leur contexte”. “Il n'a pas été question de désigner (…) nos citoyens juifs ou les Juifs d'autres pays”, a protesté le vice Premier ministre dans une déclaration à l'agence de presse semi-officielle Anatolie. Dans les dernières minutes de cette vidéo, Beşir Atalay tient pourtant les propos contestés. Dans un communiqué publié sur internet, le grand rabbinat de Turquie exprime ses "inquiétudes" quant aux "conséquences” de cette déclaration.
Photo officielle
La dégradation des relations turco-israéliennes
Ces allégations interviennent alors que la Turquie et l'Etat hébreu ne parviennent pas à trouver un accord concernant l'indemnisation des familles des victimes du raid meurtrier du Mavi Marmara. En mai 2010, Tsahal avait violemment abordé la flottille humanitaire qui tentait de forcer le blocus naval israélien afin d'apporter de l'aide aux populations palestiniennes. L'opération avait causé la mort de neuf activistes turcs, provoquant un tollé sur la scène internationale. Selon l'AFP, qui cite une source proche du dossier, les négociations achopperaient sur le montant des indemnités. Israël proposerait une compensation financière à hauteur de 100.000 dollars par famille, alors que celles-ci en attendraient un million.
Les relations entre la Turquie et Israël se sont tendues ces dernières années. Lors d'un discours prononcé le 1er mars dernier, à l'occasion du cinquième Forum de l'ONU pour promouvoir le dialogue entre les religions et entre les peuples, Recep Tayyip Erdoğan avait assimilé le sionisme à un crime contre l'humanité. "Au même titre que l'islamophobie, l'antisémitisme, et le fascisme", avait-il ajouté. Ce qui avait provoqué l'ire du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. "C'est une déclaration sombre et mensongère d'un genre qu'on pensait révolu dans ce monde", avait répliqué ce dernier. Sans retirer ses propos, Recep Tayyip Erdoğan avait ensuite tenté de les expliquer dans une interview à un quotidien danois, invoquant "des malentendus".
Jonathan Grimmer (http://lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 3 juillet 2013

mardi 18 juin 2013

APPEL À LA GRÈVE - Quelques milliers de personnes dans la rue

Quelques milliers de personnes ont répondu, hier, à l'appel à la manifestation lancée par les principaux syndicats turcs. Le gouvernement avait sévèrement mis en garde les contestataires contre les rassemblements "illégaux".
La place Taksim avait retrouvé un peu de son calme, hier matin à Istanbul. Aux abords du parc Gezi, épicentre de la contestation, les policiers montaient la garde pendant que les employés municipaux s'employaient à effacer les traces de trois semaines d'occupation.
La veille, de violents affrontements entre policiers et manifestants ont une fois de plus tenu la ville en haleine. Selon un bilan provisoire livré par le barreau d'Istanbul, il y aurait eu 460 arrestations dans la cité stambouliote, et entre 100 et 130 à Ankara.
L'entrée de la place Taksim en fin d'après-midi hier. Les manifestants n'ont pas été autorisés à rejoindre la place.
Rapidement, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer les violences policières, même si on ignore encore le nombre de blessés causés par les affrontements. Tard dans la nuit de dimanche, l'Union des médecins turcs (TBB) – qui a recensé cinq morts et 7.822 blessés dont 59 dans un état grave depuis le début des manifestations – a décidé de saisir de conseil de l'Europe. Son président Thorbjørn Jagland avait déclaré un peu plus tôt : "Si les forces de sécurité doivent intervenir, cette intervention doit être strictement proportionnée et nécessaire" - afin de dénoncer un usage excessif du gaz lacrymogène.
Attaques contre la presse
De son côté, l'Association des journalistes contemporains (CGD) a condamné les attaques subies par les professionnels de la presse. Dimanche soir, une vidéo montrant l'interpellation brutale du journaliste de télévision privée turque IMC , Gökhan Biçici , a fait le tour des réseaux sociaux. "Les journalistes sont devenues des cibles afin d'empêcher les gens de savoir ce qu'il se passe", a déclaré hier la CGD. Des violences également documentées par l'ONG Reporters sans frontières.
Dans une interview donnée hier matin à la chaîne de télévision allemande RTL, Angela Merkel a elle aussi dénoncé l'attitude es forces de l'ordre turques. "Il y a eu des images effrayantes, sur lesquelles on pouvait voir que l'on a réagi de façon beaucoup trop dure, selon moi". La chancelière allemande s'est toutefois montrée évasive quand on lui a demandé si les événements des trois dernières semaines remettaient en cause le processus de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.
Grève générale
Cinq syndicats, dont les deux plus importants, la Confédération syndicale des ouvriers révolutionnaires (DISK) et de la Confédération syndicale des salariés du secteur public (KESK), avaient lancé un nouvel appel à la grève, pour la journée d'hier, afin de dénoncer la violence de la répression. Mais contrairement à la mobilisation du 5 juin, qui avait rassemblé des dizaines de milliers de personnes, seuls 2.000 manifestants ont pris part au cortège qui s'est dispersé dans le calme, vers 17h30, aux environs du quartier de Şişli . Le gouvernement avait sévèrement mis en garde les contestataires. "C'est un rassemblement illégal. […] Si vous y prenez part, vous aurez à en subir les conséquences", a indiqué le ministre de l'Intérieur Muammer Güler. "Nous devons faire cesser ces protestations illégales. Il y a la police. Si la police ne suffit pas, nous emploierons la gendarmerie. Si la gendarmerie ne suffit pas, nous appellerons l'armée", a ajouté hier le vice Premier-ministre Bülent Arınç , dans une interview télévisée.
Un peu plus tard dans la journée, Muammer Güler a annoncé en conférence de presse que le gouvernement turc travaillait à l'élaboration d'une nouvelle loi, qui permettra de traduire en justice toute personne publiant sur internet des messages diffamant ou appelant à la révolte.
Dans la soirée, la police a de nouveaux usé de gaz lacrymogènes et de des canons à eau pour disperser des centaines de manifestants qui s'étaient rassemblés sur l'avenue Istiklal - qui donne sur la place Taksim - et dans le quartier de Şişli.
Jonathan Grimmer (http://www.lepetitjournal.com/Istanbul) mardi 18 juin 2013

lundi 17 juin 2013

#OCCUPYGEZI – Des négociations aux violences, trois jours en crescendo

Recep Tayyip Erdogan n'avait cessé d'insister ces derniers jours pour que les manifestations qui secouent la Turquie depuis le 31 mai se terminent ce week-end. Renouvelant les avertissements jusqu'à samedi, le Premier ministre turc a ordonné aux forces de l'ordre de déloger les nouveaux locataires qui s'y étaient installés.
Vendredi 14 juin
Les négociations se poursuivent. Dans la nuit de jeudi à vendredi, Recep Tayyip Erdoğan s’est entretenu une nouvelle fois avec 16 personnalités, dont plusieurs acteurs et intellectuels, et des membres de la plateforme “Solidarité Taksim”, principale coordination des associations qui occupent le parc. Lors d'un discours prononcé à Ankara le jour même, le Premier ministre promet de suspendre le projet d'aménagement du parc le temps que la justice tranche définitivement. Il exhorte ensuite les centaines d'occupants à quitter le parc en espérant que “tout sera fini d'ici ce soir.” Dans l'après-midi, la vidéo de l'eurodéputé Paul Murphy condamnant les réactions violentes et successives de Recep Tayyip Erdoğan fait le tour des réseaux sociaux. La BBC décide de suspendre son partenariat avec la chaîne nationale turque NTV pour sa couverture médiatique partiale des événements et pour n'avoir pas diffusé un reportage de ses journalistes. Les protestataires se consultent pour décider de la marche à suivre : accepter ou refuser les gestes de conciliation du gouvernement. Les occupants du parc restent sur leur garde. “Il va encore tricher. Nous n'avons plus confiance du tout”, raconte l'un d'entre eux. Les manifestants cohabitent avec la police à Taksim depuis trois jours. L'atmosphère de la place traduit un fragile apaisement mais la tension reste palpable. Davide Martello, pianiste allemand de 31 ans, s'est installé près du Monument de la République. “Je joue pour les manifestants et la police.” Le musicien bercera la ville tantôt sur des chansons des Beatles tantôt sur des airs d'opéra jusqu'au petit matin.
Samedi 15 juin
La plateforme Taksim solidarité annonce samedi matin qu'elle ne quittera pas les lieux. A Ankara, des milliers de personnes rejoignent le meeting du Premier ministre dans une lointaine banlieue de la capitale. Recep Tayyip Erdoğan durcit à nouveau sa rhétorique. “Je le dis clairement si Taksim n'est pas évacuée, les forces de sécurité de ce pays sauront comment l'évacuer.” Après avoir qualifié une nouvelle fois les manifestants de “voyous” et “d'extrémistes”, il salue ses partisans qui donnent “la vraie image de la Turquie”.
Avenue Istiklal samedi soir (photo DJ)
A 20h50, les policiers évacuent la foule du parc en quelques minutes à coup de gaz lacrymogènes, de canons à eau et de balles en plastique. Les autorités arrachent les pancartes, déchirent les tentes. L'accès au parc est également refusé aux journalistes. Egemen Bağış, ministre chargé des Affaires européennes, annonce simultanément à la télévision que “ceux qui resteront sur la place seront considérés à partir de maintenant comme membre d'une organisation terroriste”.
Ces propos et la violence des interventions policières déclenchent à nouveau la mobilisation de milliers de contestataires. “C'est le point de non retour”, affirme l'un d'eux. A minuit, la tension est à son comble près de l'hotel Divan. Claudia Roth, députée européenne favorable à l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne, est sur place. Les TOMA (véhicules de la police transportant les canons à eau, ndlr) bloquent les quatre artères menant à la place. Une jeune femme rapporte : “Si un jour la Turquie a été une démocratie, on est certain qu'aujourd'hui, elle ne l'est plus !” En scandant des marches d'Atatürk et en appelant le Premier ministre à démissionner, les contestataires tentent de rejoindre Taksim, le berceau du mouvement, toute la nuit sans succès. Izmir et Ankara manifestent leur solidarité, sans incident.
Dimanche 16 juin
A l'aube, d'importants effectifs de police interdisent l'accès à la place Taksim. Les bulldozers procèdent au nettoyage de la place et effacent les dernières traces des violences de la nuit. Vers 10 heures, les heurts reprennent de plus belle dans les quartiers environnants – Şişli, Harbiye et Cihangir étant les plus touchés. Pour la première fois à Istanbul, des unités de gendarmerie, force militaire dépendant en temps de paix du ministère de l'Intérieur, sont déployées sur l'un des deux ponts du Bosphore pour enrayer la marche des protestataires venant de la rive asiatique. Le bilan de la nuit fait débat. L'Union des médecins turcs parle de centaines de blessés, le gouverneur d'Istanbul annonce en annonce 44, et trois policiers blessés par balle. Dans la matinée, la police procède à de nombreuses arrestations. Les forces de l'ordre se rendent également au domicile des membres fondateurs du club de supporters de l'équipe de football de Beşiktaş, pour les arrêter. Les violences reprennent dans la capitale, à l'occasion des funérailles du troisième manifestant mort depuis le 31 mai.
A 18h, le Premier ministre tient comme prévu son second meeting du week-end à quelques kilomètres des manifestations. II opposant les partisans de l'AKP et les “voyous” de Taksim. Désormais, cinq syndicats appellent à la grève général dès ce lundi matin: à KESK, s'ajoutent la TTB (l'union des médecins turcs), DISK, TDHB (l'union des dentistes turcs) et la TMMOB (l'union des chambres des architectes et urbanistes turcs). Les affrontements se poursuivent jusque tard dans la nuit.



Diane Jean (http://lepetitjournal.com/istanbul) lundi 17 juin

mercredi 5 juin 2013

MICRO-TROTTOIR À TAKSIM – Pourquoi manifestez-vous ?

Le vice-premier ministre turc a tenté mardi d'enrayer le mouvement de contestation en présentant des excuses et en appelant les manifestants à rentrer chez eux. Des milliers de personnes continuaient pourtant d’occuper le parc de Taksim à Istanbul. Pour quelles raisons? Lepetitjournal.com d'Istanbul a posé la question hier à quelques manifestants.

Rojda, 34 ans, militante socialiste du Ezilenlerin Sosyalist partisi (photo de gauche)
“Je souhaite au moins le départ d’Erdoğan et davantage de liberté. Tout ceux qui sont en colère contre le gouvernement sont à Gezi Parkı. Il y a des syndicats, des catholiques, des protestants, des kurdes, des féministes, des alévis, des écologistes, des anarchistes, des transsexuelles, des commerçants, des socialistes. J'en fais partie! Il y a beaucoup de jeunes aussi. Ce que les socialistes veulent ? Une révolution! Car nous savons que le changement ne peut pas se faire autrement. Nous, nous souhaitons changer le système en entier, pour qu'il soit plus juste.”
Özge, 18 ans, infirmière dans le Gezi Parkı (photo de droite)
“Je suis ici depuis deux jours. Je veux aider les gens, nous avons eu beaucoup de blessures à soigner. Nous avons organisé cette infirmerie au centre même du Gezi Parkı pour soigner les malades dans un endroit facilement atteignable. Là, il est 15h et nous avons déjà beaucoup de travail... Moi, je veux juste la paix!”
Furkan, 21 ans, étudiant et militant écologiste (photo de gauche)
“Le premier jour (vendredi 31 mai, ndlr) a été vraiment très dur. Mais au fur et à mesure que les jours passent, cela devient plus facile pour nous parce que la police ne nous attaque plus ici, à Gezi Parkı. Je veux seulement protéger cet endroit, je ne veux pas me battre avec le gouvernement mais la vérité est que 90% de nos chaînes télévisées protègent Erdoğan. Elles ne montrent pas la réalité et nous avons besoin que cette réalité soit racontée. Nous resterons là jusqu'à ce que cela cesse.”
Orhan, 57 ans, vendeur de brochettes (photo de droite)
“Je ne suis qu'un simple commerçant qui suis fatigué de cette politique depuis dix ans. C'est une mauvaise politique! Nous voulons plus de démocratie et Erdoğan nous impose plus d'islam! Cela n'a aucun sens.”
Taygun, 25 ans, ouvrier (photo de gauche)
“Je suis né à Istanbul, j'aime cette ville. Je veux une révolution pacifique. Se battre pour la liberté, voilà pourquoi je suis ici. Pour résister. Il faudrait que le gouvernement démissionne.” (Il est en train de peindre une bannière pour décorer le parc, ndlr) “Voyez c'est écrit ici : nous voulons du changement pour la paix et la liberté. 'Turquie : libres et égaux' ”
Cemre, 26 ans, étudiante en sciences politiques et relations internationales (photo de gauche)
“Je veux plus que le simple départ d’Erdoğan. Notre régime est en train de dériver vers un régime présidentiel, ce n'est pas une bonne chose. C'est à cause de ca que nous en sommes là aujourd'hui. Je souhaite que les institutions changent complètement. Je veux une vraie république parlementaire. Les gens ici ne sont pas du tout satisfaits des décisions prises par Erdoğan. Occupy Gezi a réuni tous ces gens grâce à Facebook et Twitter. Avant, nous avions peur de manifester, aujourd'hui nous pouvons le faire, car nous nous sommes rassemblés. Mais il reste un problème majeur : la couverture médiatique. Elle est catastrophique. Les médias disent que nous cassons les infrastructures, détruisons les magasins et les rues mais en réalité c'est la police. Nous sommes pacifistes, nous ne devenons violents que lorsque la police nous attaque à coup de gaz lacrymogène. Alors là oui, nous nous défendons, mais c'est bien normal!”
Hasan Bektas, secrétaire général du Syndicat des travailleurs des transports unis (member de KESK), confédération syndicale des fonctionnaires (photo de droite)
“Nous avons décidé d'appeler à deux jours de grève pour manifester notre soutien aux manifestants pacifistes. La nuit dernière encore, il y a eu beaucoup de violence à leur encontre à Istanbul et à Ankara. Nous souhaitons une société qui se construit par le peuple, et pour lui. En bref, plus de démocratie. Par exemple, nous ne voulons pas juste améliorer un peu nos conditions de travail, nous voulons les meilleures conditions. Qu'est ce qu'il y a de mal à ca ?”
Kiraz, 17 ans, jeune anarchiste (photo de gauche)
“Je suis ici depuis vendredi, et ce soir, ce sera ma quatrième nuit dans le parc. Une anarchie autonome ce serait l'idéal. Nous nous portons très bien sans la police. Nous sommes organisés. Nous avons des infirmières, des cuisiniers, des gens qui distribuent de l'eau, d'autres qui ramassent les déchets. Chacun veille sur son voisin. Je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas rester comme cela tout le temps. Avec Erdoğan, c'est un peu la dictature, alors que là nous sommes libres. Et quand vous goutez à la liberté, il est difficile de revenir en arrière.”
Can, 33 ans, assistante de recherche (photo de droite)

"Nous ne sommes pas opposés à la politique économique d'Erdoğan, mais nous ne sommes plus libres. Le Premier ministre divise le peuple entre ceux qui sont religieux d'un côté, et ceux qui ne le sont pas de l'autre. On ne peut plus acheter d'alcool après 22 heures, on nous dit combien nous devons avoir d'enfants, au moins trois... Le gouvernement interfère trop dans nos vies."
Volga, 24 ans, professeur de physique (photo de gauche)

"Je suis là pour notre avenir et pour que nous, les supporteurs d'Atatürk, soyons le plus grand nombre possible. En tant que laïc, l'attitude du Premier ministre me dérange. C'est un islamiste. Et contrairement à ce qu'il dit, les gens réunis à Taksim ne sont pas des terroristes."
Nevru, 25 ans, styliste (photo de droite)

"Contrairement à ce que souhaite le Premier ministre, nous ne nous diviserons pas. Il ne parviendra pas à nous faire haïr les uns les autres. Que l'on soit alévi, sunnite, kurde, nous sommes tous humains, et nous sommes unis contre le fascisme. C'est pour ça que nous sommes là."

Ezel, 27 ans (photo de gauche)

"Ce parc est très important pour nous. Il est là depuis des générations et il y a de grosses manifestations qui s'y sont déroulées, notamment en 1997. On ne veut pas que le gouvernement en fasse un centre commercial. Nous sommes donc ici pour lui montrer que nous ne le laisserons pas faire."



Erbi, 23 ans, étudiant en informatique (photo de droite)
"En Turquie, les médias sont très liés au pouvoir. Aujourd'hui, ils écrivent que nous avons tort, et que nous sommes contrôlés par le CHP, mais c'est faux. Nous devons montrer que nous sommes tous ensemble, sans étiquette politique, et que nous avons raison de nous opposer à la destruction du parc."




Özhan, 33 ans, chercheur (photo de gauche)
"Erdoğan méprise les contestataires. Il se comporte comme un dictateur. Il interdit l'alcool et empêche les manifestants de se rassembler. Il divise la Turquie en deux parties : ceux qui sont avec lui, et ceux qui sont contre lui."





Propos recueillis par Diane Jean et Jonathan Grimmer (http://lepetitjournal.com/istanbul.html) mercredi 5 juin 2013

lundi 3 juin 2013

REVUE DE PRESSE – Les événements des derniers jours vus par les médias étrangers

Les manifestations à Istanbul et ailleurs en Turquie trouvent un large écho dans la presse étrangère. Depuis trois jours, les médias internationaux surveillent le mouvement “Occupy Gezi”, qui gagne du terrain dans tout le pays. Les clichés se ressemblent mais les analyses diffèrent.
Taksim, la future place Tahrir ?
Les premiers articles sur le sujet présentent les révoltes de la place Taksim comme un nouvel épisode du printemps arabe. Le Figaro insiste sur la violence des heurts et la montée d'un sentiment de colère général chez les Turcs, “dignes du printemps arabe de l'autre côté de la Méditerranée.” The Wall Street Journal explique que la comparaison est tentante mais non pertinente. D'après le quotidien américain, les Turcs ne souhaitent pas renverser leur régime mais répondre à l'oppression instaurée par leur Premier ministre. Le Monde ajoute qu'une dissonance se fait sentir au sein du gouvernement. Samedi après-midi, le président Abdullah Gül aurait conseillé au Premier ministre Erdoğan de retirer les forces de police de la place Taksim quand ce dernier restait intransigeant. Tous les journaux s'accordent à dire que la Turquie vit un moment particulier de son histoire, à surveiller de près.
L'irrésistible prisme de l'islam
Samedi soir, CNN a diffusé un reportage d'une dizaine de minutes. A la question “Qui sont les manifestants dans la rue?”, le correspondant de la chaîne télévisé américaine répond : “Ce sont des laïcs.” Point. Il explique l'ampleur de l'événement par l'opposition entre la société civile dite laïque composée de kurdes, des partis d'opposition, de féministes et des syndicats et, le parti au pouvoir islamo-conservateur, l'AKP. L'usage excessif de gaz lacrymogènes et des canons d'eau ne serait que le catalyseur d’une révolte face à “l'islamisation” du pays par le haut. Au même moment, le quotidien espagnol El Pais et le britannique The Guardian adoptent une approche moins binaire en expliquant la politisation d'un mouvement qui ne regroupait au départ que quelques centaines d’individus. Si l'origine peut paraître floue, le souhait des contestataires est clair : ils scandent “Tayyip Istifa” à tue-tête. Ce qui signifie : “Tayyip démissionne!”.
Volonté de liberté
Pour le site internet spécialiste du Moyen-Orient, Al Monitor, “Occupy Gezi” représente le ressentiment accumulé depuis quelques mois face au pouvoir jugé autoritaire du premier ministre Erdoğan. Al Monitor souligne l'ampleur du mouvement quand la plupart des titres de la presse étrangère se concentrent sur Istanbul. Selon le quotidien, la restriction de la consommation l'alcool et la question de la laïcité ne suffisent pas à expliquer la propagation des événements. Depuis un mois, explique le journal en ligne, le gouvernement multiplie les lois touchant à la vie quotidienne des citoyens turcs : la tentative d'imposer une restriction des avortements, l'interdiction d'embrasser en public dans le métro d'Ankara ou encore la multiplication de projets d'urbanisation sans le consentement ni même la consultation des habitants. Pour Al Monitor, il semble que les Turcs qui descendent dans la rue depuis vendredi désirent davantage de liberté dans leur choix de vie et qu'ils sont prêts à se battre pour elle.
Diane Jean (www.lepetitjournal.com/istanbul) lundi 3 juin 2013

jeudi 2 mai 2013

1ER MAI À ISTANBUL – Les affrontements redoutés ont fait des dizaines de blessés


Après trois années de célébrations relativement pacifiques, Istanbul a renoué ce mercredi avec les violences du 1er mai. A Şişli et Beşiktaş, des affrontements ont opposé pendant une bonne partie de la journée la police aux manifestants, déterminés à marcher vers la place Taksim malgré l’interdiction officielle.
Pas moins de 22.000 policiers étaient sur le qui-vive dès les premières heures du jour, appuyés par des dizaines de canons à eau et des grenades lacrymogènes. Selon la préfecture, 2.000 de ces grenades ont été tirées vers les manifestants et 25 personnes ont été blessées, dont 22 policiers. Les médias turcs ont quant à eux cité les noms d’une dizaine de civils blessés, dont trois dans un état sérieux. C’est à Şişli, Mecidiyeköy, Tarlabaşı et Beşiktaş que les affrontements ont été les plus violents.
Sur le boulevard Barbaros, à Besiktas (Photo FF)
Jets d’eau et de gaz contre jets de pierres et barricades
A Şişli, des milliers de membres de la Confédération des syndicats progressistes de Turquie (DİSK) se sont rassemblés tôt le matin devant de leur siège. Des membres des partis socialistes et anarchistes, ainsi que militants du Front révolutionnaire de libération du Peuple (DHKP) les y ont rejoints. Ensemble, ils ont tenté de marcher vers la place Taksim. Les forces de police ont entrepris de les disperser à coups de grenades lacrymogènes. Kani Beko, le leader de DISK, a condamné dans une interview à l’agence Anatolie “cette terreur d’Etat envers les ouvriers.”
Les manifestants se sont ensuite rassemblés dans les petites rues de Şişli. Les affrontements ont duré jusqu’en milieu d’après-midi, la police tentant toujours de disperser les civils, qui essayaient continuellement de se regrouper. Quelques-uns jetaient pierres et cocktails Molotov sur les policiers. Pour construire des barricades, les manifestants ont utilisé des poubelles, scooters à pizza et autres matériaux trouvés dans la rue. Ils ont endommagé vitrines et voitures, tandis que les forces de l’ordre ont également causé des dégâts en tirant leurs grenades vers l’intérieur des boutiques, immeubles ou sur les manifestants.
Les civils touchés par les gaz ont cherché à s’abriter dans les immeubles aux alentours. Par endroits, les nuages de gaz envahissaient même ceux qui étaient restés chez eux. Certains civils, les yeux irrités et en larmes, tentaient d’apaiser la douleur avec les citrons que des habitants distribuaient. Au moins 16 personnes ont été emmenées à l’hôpital Şişli Etfal à cause des gaz, ont rapporté certains médias.
Les manifestants avaient prévu des masques et du citron
pour se protéger des gaz (photo AA)
Pour le préfet, une riposte “extrêmement proportionnée”
A Beşiktaş, le rassemblement a commencé vers 7h30. Des membres et sympathisants du Parti républicain du peuple (CHP), du Parti communiste et du Parti des travailleurs ont annoncé leur intention de manifester en cortège vers la place Taksim. La police est intervenue une première fois au gaz lacrymogène pour disperser la foule. D’autres groupes les ont rejoints entre 9h et 10h et ont à nouveau été dispersés par les gaz et les canons à eau sur le boulevard Barbaros et dans les rues adjacentes.
Profitant de la confusion, certains groupes isolés ont cassé des pavés et ramassé des pierres pour les jeter en direction des forces de l’ordre. D’autres étaient munis de bâtons et de barres de fer. La vitre d’un abribus a volé en éclats. Les heurts ont continué, par intermittence, jusqu’à 13h30. Trois ambulances sont arrivées sur place pour emmener des victimes de malaise ou de jets de grenade, dont un journaliste de l’agence de presse Doğan. Le numéro 2 du CHP, Gürsel Tekin, a aussi été hospitalisé après un malaise.
Le préfet d’Istanbul, Hüseyin Avni Mutlu, a rejeté la responsabilité des heurts sur des “groupes marginaux rassemblant entre 3.000 et 3.500 personnes” et a qualifié la riposte policière “d’extrêmement proportionnée”. Dans une déclaration, Hüseyin Avni Mutlu a précisé que 72 personnes avaient été placées en garde à vue.
Découvrez en son et en images le reportage de l’équipe du petitjournal.com d’Istanbul (photos AA et FF) : http://www.lepetitjournal.com/istanbul
Anne Andlauer et Fanny Fontan  mercredi 1er mai 2013