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mercredi 3 juillet 2013

Le petitjournal.com d'Istanbul “réunit” un père et son fils

UNE BELLE HISTOIRE – 

Une fois n’est pas coutume, lepetitjournal.com d'Istanbul vous conte une belle histoire vécue par l'un de nos lecteurs, Erick Goettelmann. Grâce à notre journal, il a pu retrouver une personne qui lui était terriblement chère...

Mais revenons-en au début de cette histoire, là où tout a commencé... Ce monsieur, habitant en région parisienne, nous contacte le 15 avril dernier. “Amoureux fou” de la Turquie, il ne rêve que d’une chose: venir y travailler un jour. Nous lui proposons de participer à une nouvelle rubrique -- “Embauchez-moi” -- sous forme d’annonce vidéo. Emballé immédiatement par ce projet, il nous envoie rapidement la vidéo que voici :

Bien que son annonce n’ait pas suscité d’engouement particulier, elle lui a permis de retrouver une personne qui lui était extrêmement chère : son fils, qu’il n’avait pas vu depuis 24 ans. Mais plutôt que de raconter leurs retrouvailles, nous partageons la quasi-intégralité de ses mails, avec sa très aimable autorisation:
1er mail, le 25 juin 2013
“Bonsoir, il y a peu je vous ai fait parvenir une vidéo CV pour m'aider à trouver un emploi en Turquie. Pour le moment je n'ai pas de proposition mais si je vous écris, c'est pour vous remercier. Pourquoi? Il y a 25 ans, suite à un divorce très très conflictuel, mon ex épouse s'était sauvée avec mes deux enfants que je n'ai pas revus depuis. Il y a 1 mois environ, j'ai reçu un mail pour me parler travail avec un numéro à contacter. J'ai appelé et il se trouve que c'était mon fils qui voulais prendre contact!! Nous discutons depuis 1 mois 1/2 environ et je dois le rencontrer jeudi 27 juin 2013, après 24 ans, c'est extraordinaire, non? Pourquoi je vous remercie? Car c'est en tapant mon nom, prénom et ville de naissance qu'il est tombé sur la vidéo que j'avais faite pour vous suite à votre idée. Alors merci, mille merci à vous Meriem et au Petit journal d'Istanbul. La Turquie me porte bonheur, je le sais.”

2ème mail, le 28 juin 2013
Je voulais vous raconter cette journée merveilleuse que j'ai vécue grâce à vous et au Petit journal. Après avoir discuté longuement (2 mois) par téléphone et SMS, nous avons donc décidé de nous rencontrer et j'ai voulu que sa compagne soit la pour qu'il se sente plus à l'aise. Nous nous étions donné rdv dans un parking et je peux vous dire que lui comme moi étions impatients, avec un peu d'appréhension. Le père et le fils sont tombés dans les bras l'un de l'autre, mon fils pleurait de joie et ça a été un moment unique, 24 ans de séparation terminés! Nous avions réservé une croisière-déjeuner sur la Seine puis nous lui avons présenté ses frères et sa soeur et là encore, moment d'émotion en voyant cette famille qui se réunit naturellement, les voir rire et s'entendre tout de suite! (...) C'est la première fois que je suis KO par l'émotion, le départ à été difficile mais cette journée est le départ d'une autre aventure, 24 ans de séparation terminés car un jour je me suis mis en relation avec le Petit journal et votre idée de cette vidéo.”

3ème mail, le 29 juin 2013
“Les enfants de mon 2eme mariage l'ont accueilli comme leur frère, ça a été une journée extraordinaire vraiment. Nous sommes comblés et tout ça après cette idée de vous! Mon fils m'a chargé de vous transmettre le bonjour et un grand merci aussi. Je ne vous remercierai jamais assez vous, le Petit journal, la vie tout! J'ai retrouvé un jeune homme de 24 ans bien dans sa tête et il nous reste du temps pour se connaître mieux et se faire des souvenirs en commun. Je l'emmènerai dans ce magnifique pays qu'est la Turquie car c'est en cherchant à aller vivre là-bas que tout a commencé.”
Erick Goettelmann et son fils le 27 juin 2013 (photo personnelle)








Meriem Draman (http://lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 3 juillet 2013

vendredi 19 octobre 2012

OFFRE DE STAGE - Lepetitjournal.com d'Istanbul recherche un stagiaire pour le service rédaction


Dans le cadre de son développement, lepetitjournal.com d'Istanbul recherche un(e) stagiaire pour le service rédaction. Vous pouvez vous porter candidat(e) dès à présent
MissionVous aurez pour mission la rédaction d’un maximum de cinq articles et brèves par semaine.
Il est indispensable que le candidat soit curieux, autonome, réactif et efficace. Il doit aimer le terrain et proposer régulièrement reportages et interviews. Une connaissance de base du turc est fortement appréciée. Une maîtrise parfaite de l'anglais est indispensable.
Profil recherché
Étudiant(e) en journalisme, en Sciences politiques, ou en communication, vous êtes les candidat(es) idéal(es) pour ce poste de stagiaire. Cette annonce ne s'adresse pas à de jeunes journalistes ayant terminé leurs études.
La durée du stage est de 3 mois minimum, 6-9 mois de préférence.
Envoyez CV et lettre de motivation à : meriem.draman@lepetitjournal.com Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Meriem Draman (www.lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 19 octobre 2012

jeudi 27 septembre 2012

ATILA ÖZER, ÉCRIVAIN FRANCOPHONE – “Nous vivons dans une société schizophrène”


Premier roman d’Atila Özer, paru il y a deux semaines, en turc, aux éditions Doğan Kitap, Fena nous transporte dans un monde sans avenir, façonné par la publicité, la consommation à outrance, la communication exacerbée. Pour lepetitjournal.com, l’auteur revient sur les origines du roman et nous explique sa vision de la société actuelle


lepetitjournal.com d'Istanbul : Né à Paris, installé à Istanbul depuis 2009, vous avez publié un livre de philosophie politique, L’Etat, aux éditions Flammarion en 1998, et vous êtes aujourd’hui enseignant de philosophie au lycée de Galatasaray. Pourriez-vous nous décrire votre parcours et nous dire ce qui vous a amené à vous lancer dans la littérature ?
Atila Özer: Je suis né en France et j’ai fait mes études là-bas. J’ai étudié l’Histoire et la Philosophie, et je me suis spécialisé en Philosophie politique contemporaine. Parallèlement j’avais depuis l’adolescence une envie d’écrire. J’ai eu une activité littéraire assez épisodique, mais je n’avais pas le courage ni même la force suffisante à l’époque pour me lancer dans une aventure littéraire. Et puis, lorsqu’il a été question de terminer ma thèse de philosophie politique, je me suis senti étouffé dans ce cadre, et j’ai voulu passer à un mode d’expression plus libre, plus sensible, moins normatif. J’ai décidé d’abandonner ma thèse et de passer à l’écriture, qui fut théâtrale dans un premier temps, puis romanesque. Ce roman est ma première production littéraire.
D’où vous est venue l’idée de ce livre ?
L’idée de ce livre m’est venue très précisément en 2005, après les attentats de Londres. Ils m’ont impressionné non pas par leur caractère spectaculaire, parce qu’en un sens ils étaient moins spectaculaires que les attentats du 11 septembre, mais par la façon dont ils ont été préparés. Ce sont les personnes qui les ont menés qui ont donné le caractère spectaculaire à ces attentats : c’étaient des jeunes citoyens britanniques, certainement musulmans mais élevés dans la société britannique. Il m’a semblé que quelque chose avait changé dans la nature du terrorisme. En 2001, le problème du terrorisme se présentait comme le problème de la civilisation occidentale d’un côté face à l’extrémisme religieux de l’autre, ou pour certains face à la civilisation musulmane. Ces attentats de Londres ont fait de la terreur un conflit entre le système et lui-même. Des personnes élevées dans le système se retournaient contre lui en lui reprochant implicitement ou symboliquement par les attentats d’être ce qu’il est. Je me suis alors posé la question de savoir comment un système pouvait engendrer de l’intérieur sa propre négation. J’ai voulu réfléchir sur ce thème en ne partant pas des idées toutes faites (…) Il m’a semblé que si nous voulions essayer de comprendre ce qu’il s’était passé, il fallait faire un effort d’empathie, bien que ce soit évidemment difficile. Je ne justifie pas le terrorisme et mon roman n’en est certainement pas une apologie. Mais il me semble que pour essayer de comprendre ce qui s’est passé, il faut essayer de travailler de l’intérieur. Il faut voyager dans la mentalité de ces gens pour comprendre ce qui les a motivés et ce qui les a décidés à aller jusqu’à cette extrémité incroyable qui consiste à assassiner des innocents en se donnant soi-même la mort. En travaillant, je me suis aperçu qu’il ne s’agissait pas simplement de construire une histoire autour du terrorisme mais qu’il s’agissait peut être d’essayer de produire un tableau du monde contemporain, avec ses contradictions, ses paradoxes. J’ai donc essayé de mettre en scène ce que nous pourrions appeler l’opposition du consumérisme hédoniste et de l’extrémisme religieux, qui sont peut être les deux grandes forces qui structurent le monde d’aujourd’hui. Elles se présentent comme des forces antagoniques, comme des forces incompatibles l’une avec l’autre, mais ce sont peut-être bien des forces complémentaires qui forment un même monde, une même unité de signification.
Votre roman fait une large place aux pulsions : meurtrières, sexuelles… Comment êtes-vous parvenu à décrire si précisément ces pulsions ? Etait-ce une forme d’exutoire ? Et surtout, dans quel état d’esprit avez-vous écrit ce livre ?
Observer les pulsions dans la société telle qu’elle est n’est pas vraiment difficile aujourd’hui, parce qu’elles sont mises en scène un peu partout. Elles font partie de l’univers de représentation, de l’univers médiatique et symbolique dans lequel nous baignons : la publicité, le cinéma, les séries télévisées. Tout ce qui nous sert d’imaginaire quotidien. Comme nous sommes tous partie prenante de cet univers, comme nous sommes stimulés en permanence, comme nos pulsions sont animées par la façon même dont la vie est organisée, je crois qu’il suffit de se regarder de l’intérieur pour parvenir, peut être pas à une compréhension de ces pulsions, mais en tout cas à une image de la chose. D’une certaine manière, je me suis décrit moi-même en décrivant ces pulsions, et j’espère que cette auto-description est une description qui vaut pour tous. En ce qui concerne mon état d’esprit, en écrivant ce roman, j’ai essayé de me plonger dans un univers pulsionnel, en écoutant notamment un certain type de musique, par exemple du rap (un des personnages du roman est d’ailleurs un rappeur). J’ai également feuilleté les magazines de mode… Je me suis plongé dans l’univers de représentation qui tourne autour des pulsions qui structurent le monde.
Votre roman présente deux caractéristiques majeures : une écriture très “parlée”, descriptive mais non analytique et des changements multiples de narrateurs (Théo, narrateur omniscient, narrateur dont on ignore l’identité…). Pouvez-vous nous expliquer ces choix ?
Je vais vous contredire un peu… C’est vrai que nous passons du narrateur Théo à deux autres types de narration, dans la deuxième et troisième partie. Mais je ne pense pas que le narrateur de la deuxième partie soit réellement un narrateur omniscient, même si à première vue il se présente comme tel. En fait le point de vue qui est adopté dans la deuxième partie est celui du Sous-traitant. Et je pense que dans la dernière partie, nous retrouvons le personnage de Théo, bien que j’utilise la deuxième personne. L’usage de la deuxième personne et l’usage du futur permettent d’évoquer l’idée d’une certaine fatalité, d’une certaine inéluctabilité des choses. Les choix narratifs consistent à essayer d’épouser l’évolution psychologique et existentielle du personnage principal. Ce qui explique les variations. L’écriture très parlée permet d’évoquer le monde de la pulsion, mais aussi le monde de la communication qui est un monde de l’immédiateté, de l’événement permanent. Mais je dirais que c’est plutôt ce qui caractérise la première partie, et un peu la dernière. Dans la deuxième partie, il y a une prise de recul par rapport à la situation, même si elle n’est pas lucide.
Shakoor, un des personnages de votre roman, parle du “rachat des galeries par les majors du divertissement”. Est-ce votre opinion du monde de l’art aujourd’hui ?
Oui, il est assez manifeste que dans tous les domaines l’art se fond dans le système marchand, dans le système consumériste. Ce n’est pas un défaut, c’est une tendance lourde de notre époque. Nous vivons dans une société qui soumet tout à la loi de l’économie, qui transforme tout en marchandise, et je crois que l’art ne fait pas exception. C’est une tendance relativement ancienne : Andy Warhol disait qu’un grand artiste, c’est d’abord un grand businessman. C’est une tendance qui s’est mise en place après la seconde guerre mondiale, mais il me semble qu’aujourd’hui cela devient évident. Ca transparait notamment dans un phénomène qui est très frappant à notre époque et qui est celui de la fusion de la mode et de l’art. Nous observons aujourd’hui l’usage de l’art dans la mode et même une transformation des grands couturiers en icônes de l’art contemporain. Ce n’est pas forcément une critique. Mon roman peut être lu comme une critique de la société de consommation et du fondamentalisme religieux. Mais ce n’est pas ce que j’ai voulu faire en écrivant ce roman. J’ai vraiment essayé de m’approcher du travail d’un artiste, et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai fait de Théo un peintre. J’ai souhaité brosser le tableau de ce que j’ai devant les yeux, j’ai souhaité peindre l’esprit de mon temps.
Pourquoi la figure de Dieu est-elle si présente dans votre roman ?
Je pense qu’elle est nécessaire pour comprendre le monde où nous vivons. Il y a d’un coté cette montée du fondamentalisme comme forme de colère contre le système tel qu’il existe, contre l’excitation de la pulsion sexuelle, contre la liberté individuelle, contre l’égalité entre les hommes et les femmes… Mais d’un autre coté, je crois qu’il y a dans l’hédonisme consumériste un certain rapport au divin, puisque dans le fond le principe de ce système c’est la divinisation de l’individu, chacun devient à soi-même sa propre divinité. Et Théo, qui est une expression exacerbée de cette caractéristique du système, porte un nom qui est lui-même évocateur de Dieu. Théo, c’est Dieu en grec. Le titre turc du roman, Fena, évoque également Dieu, mais indirectement. Fena signifie en turc mauvais, mal, méchant… mais dans la pensée soufie, Fena correspond au stade où l’individu perd sa singularité, sa différence individuelle, pour se fondre complètement dans Dieu et pour rejoindre le divin.
Tout au long du roman, il y a l’image d’une femme objet. Est-ce votre opinion sur l’image de la femme dans le monde de l’art contemporain et plus largement dans la société actuelle ?
Dans le monde de l’art non, il y a de très grandes artistes, et j’en cite une dans mon roman que j’aime beaucoup, c’est Vanessa Beecroft. Cette artiste a d’ailleurs travaillé sur la tendance de la société du spectacle à transformer la femme en objet de voyeurisme, en objet potentiel de consommation. C’est donc un aspect de la société dans laquelle nous vivons, et dans la mesure ou ce roman parle des aspects brillants et des aspects sombres de la société, la femme objet ou la misogynie y sont forcément évoquées. En même temps, il n’y a pas tellement de réflexion sur le rapport entre les hommes et les femmes dans ce roman, parce que je crois que cette tendance à transformer les choses en objets consommables touche tant la femme que l’homme. Le personnage de Théo est certes un peu misogyne, mais il a une arrogance qui le conduit à mépriser tout le monde.
Le roman est construit d’une telle façon qu’à la fin, nous nous demandons si le thème de la schizophrénie n’est pas abordé. La société serait-elle devenue schizophrène ?
Bien sûr. Je ne sais pas si Théo est schizophrène, je n’ai pas la qualification psychiatrique ni médicale pour savoir exactement ce qu’est la schizophrénie, ni même pour créer un personnage qui serait lui-même schizophrène. Mais c’est vrai que si nous entendons par schizophrénie la tendance au dédoublement, à la dépersonnalisation, au trouble dans le rapport au monde extérieur, alors oui je crois que nous vivons dans une société schizophrène, précisément parce que le consumérisme hédoniste a tendance à dépersonnaliser les individus en les réduisant à leurs actes d’achats, aux marques qu’ils aiment, qu’ils consomment. Dans un système comme celui-ci, savoir qui nous sommes ou quels sont les rapports à tisser avec la réalité est très difficile. Donc oui, ce roman est un peu une méditation sur le devenir schizophrénique du monde.
Dernière question : le roman est sorti en Turquie, mais pas en France… Alors à quand la version française ?
Je ne sais pas, quand les éditeurs français s’intéresseront au manuscrit (sourire). Doğan Kitap a été très réactif, le roman sort donc d’abord en Turquie.
Propos recueillis par Amandine Canistro (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 27 septembre 2012
A noter: Le book trailer de l’éditeur sur YouTube et la page facebook du roman.
Fena, Atila Özer, Doğan Kitap, 372 pages, 23 TL. Date de parution : septembre 2012 (en turc uniquement, pour l'instant)

mardi 18 septembre 2012

La gare de Haydarpaşa est-elle en danger ?




L’assemblée municipale d’Istanbul vient d’approuver un plan de reconstruction de la gare et du port de Haydarpaşa, sur la rive asiatique. Cette décision ouvre la voie au lancement d’un appel d’offre. Inquiètes pour le devenir de ce symbole d’Istanbul, plusieurs ONG envisagent d’ouvrir un procès
“Haydarpaşa Port”, ainsi qu’il est baptisé, est un serpent de mer pour Istanbul. Depuis la signature d’un protocole en 2007, tout a été dit et écrit sur ce projet dont on sait finalement peu de choses. Dans leurs interventions publiques, les responsables municipaux et gouvernementaux soulignent le “prestige” du projet en question. Ils aspirent à transformer cette gare centenaire – inaugurée en 1908 – et ses environs en un centre touristique et commercial de premier plan.
Haydarpaşa après l'incendie de sa toiture (photo Berkan Süren)
C’est précisément ce qui inquiète les associations d’architectes, d’urbanistes et de riverains. Si, comme cela est envisagé, le port de Haydarpaşa devait être aménagé pour accueillir les paquebots de croisière, la zone concernée serait fermée au public. “On nous dit qu’il n’y aura pas de constructions d’hôtels. Y aura-t-il alors un musée ou un centre culturel ? Dans le même temps, on propose de demander leur avis aux habitants. Bref, on entend une multitude de sons de cloche”, observe Saltuk Yüceer, président de la Chambre des architectes d’Istanbul sur la rive anatolienne, dans le quotidien en ligne Bianet.
Haydarpaşa restera-t-elle une gare ?
La chambre menace d’intenter une action en justice. Elle accuse la mairie d’utiliser l’incendie de 2010, lequel avait détruit une bonne partie de la toiture, et la suppression récente des lignes interurbaines pour accélérer ses projets. Elle redoute que les lignes de banlieue ne subissent bientôt le même sort et que la gare de Haydarpaşa ne soit plus, à terme, une gare.
“Ce projet signifie plus de travaux, plus de circulation humaine et automobile à Kadıköy. Il est faux de dire qu’il présente un intérêt économique pour les habitants. Au contraire, les employés de TCDD (la société des chemins de fer, ndlr) perdraient leurs emplois”, estime Saltuk Yüceer, qui imagine déjà le monument historique transformé en centre commercial.
“La gare de Haydarpaşa pourrait perdre sa fonction (avec ce projet). Nous voulons défendre la spécificité ferroviaire du bâtiment de Haydarpaşa et le transmettre aux générations futures, car il appartient à notre héritage culturel” renchérit Akif Burak Atlar, secrétaire général adjoint de la Chambre des urbanistes d’Istanbul, dans une interview au Hürriyet Daily News.
Le plan de reconstruction adopté la semaine dernière à l’assemblée municipale d’Istanbul a récolté les voix des membres AKP (Parti de la justice et du développement) et l’opposition des élus CHP (Parti républicain du peuple). Sefer Kocabaş, le président de la Commission de développement au sein de cette assemblée, s’est défendu dans les médias de vouloir édifier un “Manhattan à Haydarpaşa”. Peine perdue : dimanche, pour la 33ème semaine consécutive, le groupe Haydarpaşa Dayanışması (Solidarité Haydarpaşa) a manifesté sur les marches de la gare.
Anne Andlauer (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 18 septembre 2012

mercredi 12 septembre 2012

RSA - La production de la nouvelle Clio IV démarre en France et en Turquie


Le groupe Renault a démarré la production de sa nouvelle Clio IV à la fois sur son site de Flins (Yvelines) et dans son usine de Bursa, affirme le site économique La Tribune. Le modèle-phare de Renault devrait être livrable aux premiers clients début octobre. En 2010, Carlos Ghosn, le PDG du groupe, avait été convoqué à Élysée par Nicolas Sarkozy, après avoir annoncé que la voiture pourrait être fabriquée uniquement en Turquie. Il s’était alors engagé à ce qu’elle le soit aussi en France. Selon des informations officieuses révélées par La Tribune, l’usine de Bursa devrait fabriquer 60 % des Clio IV et assembler le modèle break commercialisable début 2013. Toutefois, le groupe n’a pour l'instant communiqué aucun chiffre officiel et aurait même démenti les informations de La Tribune, assurant n’avoir défini aucune ventilation entre ses usines de Bursa et de Flins.

Fanny Fontan (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 11 septembre

mardi 11 septembre 2012

BIJOUX DE TROIE - La Turquie récupère une partie de son trésor



Des bijoux en or, dérobés lors des premières fouilles sur le site archéologique de Troie, près de Çanakkale en Turquie, ont été restitués par les Etats-Unis au gouvernement turc au début du mois. Les fouilles avaient été menées par l'archéologue allemand Heinrich Schliemann dans les années 1870, sur un site alors identifié comme étant celui de la Troie homérique. De nombreux joyaux avaient été volés lors de ces fouilles, notamment le fameux “Trésor de Priam”, aujourd’hui exposé au musée Pouchkine de Moscou et que la Turquie continue de réclamer. Le ministre de la Culture Ertuğrul Günay s’est félicité de la restitution de ces 24 bijoux et s’est dit “ému” par leur retour au pays. Jusqu’à présent exposés au musée de l’université de Pennsylvanie à Philadelphie, c’est désormais à Ankara que les bijoux pourront être admirés.
Amandine Canistro (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 11 septembre 2012

jeudi 6 septembre 2012

1001 PORTRAITS - Claude-Exeter Désiré, écrivain et fondateur d'une maison d'édition bilingue


Écrit par Sabine Buchmann


En 1992, Claude-Exeter Desiré découvre la Turquie avec un groupe d'amis. Ce premier voyage se fait sac au dos, cahin-caha, avec les bus locaux, dure trois semaines et lui donne tout de suite l'impression que la Turquie ne le quittera plus
L'histoire d'amour a démarré. La légendaire hospitalité des habitants de l'Anatolie, leur gentillesse, la joie de découvrir et de retrouver des rapports humains “simples et fraternels”, la beauté époustouflante des paysages, la richesse historique et culturelle du pays ne seront pas rangés dans un quelconque tiroir à son retour...
Bien au contraire, ces trois semaines marquent le début de recherches assidues, d'une soif d'en apprendre toujours plus sur le pays de la Sublime Porte, de partager, de rencontrer. De lectures en lectures, de lecture en écriture, des sons du saz aux sons du kemençe, Claude, écrivain et turcophile a, à ce jour, effectué plus d'une vingtaine de voyages en Turquie. Il décide ainsi tout naturellement d'apprendre la langue de ce peuple qui l'inspire afin de multiplier et savourer au mieux les échanges. Il s'inscrit aux cours donnés à l'association Elele portant si bien son nom “main dans la main” (association fermée en 2009) et les suit durant 5 ans .
Aïda Pacha, son premier roman “turc”, nait de ces échanges , impressions , savoirs... “Cette fiction est sociale et orientaliste, ethnologique”, raconte-t-il.
En 2009, Claude fonde la maison d'édition Laleli, spécialisée dans “l’orientalisme et la Turquie”. “J'ai choisi ce nom parce qu'il représente le tulipier , parce que la tulipe est un des symboles frappant de la Turquie et parce que Laleli est un quartier d'Istanbul que j'ai souvent arpenté, proche de la zone des hôtels d'Aksaray”, explique-t-il.

Écrivains et turcophiles : une maison d'éditions attends vos manuscrits !
En juin 2012, Claude fonde l'association “Les amis de Laleli”, qui permet la rencontre des éditions Laleli et de la Cité des arts Laleli autour de diverses activités culturelles des communautés turques, turcophiles ou turcophones implantées en France. Multiples collaborations, partages et échanges entres les “amis” témoignent ainsi de la diversité turque. De Mulhouse à Toulouse, en passant par Paris, les amis de Laleli ont pris la route pour devenir une référence dans l’édition d’ouvrages bilingues, français et turc.
Claude-Exeter et ses amis ont du pain sur la planche. Ils travaillent sur le prochain ouvrage à paraître, D’où viens-tu grand-père de Maryo Gizelo, auteur turc aux origines grecques. Ils ont aussi le projet de lancer plusieurs collections au sein des éditions et de mettre en place un salon du livre franco-turc à Paris.
Alors Kolay Gelsin l'ami, lui dira-t-on !
Sabine Buchmann (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 6 septembre 2012
*La maison d'édition est intéressée par tous vos manuscrits … à vos plumes, messieurs dames !

mardi 4 septembre 2012

OFFRE DE STAGE à ISTANBUL


Dans le cadre de son développement, lepetitjournal.com d'Istanbul recherche deux stagiaires pour le service rédaction, à compter du 3 septembre prochain. Vous pouvez vous porter candidat(e) dès à présent
Stagiaire rédactionVous aurez pour mission la rédaction d’articles et de brèves ainsi que la mise à jour de l’agenda culturel. Vous contribuerez également à la gestion de notre page Facebook et de notre compte Twitter.
Il est indispensable que le candidat soit curieux, dynamique et autonome et surtout efficace. Une connaissance de base du turc est appréciée. Une maîtrise parfaite de l'anglais est indispensable.
Etudiant(e) en journalisme, en Sciences Politiques, ou en communication, vous êtes les candidat(es) idéal(es) pour ce poste.
La durée du stage est de 3 mois minimum, 6-9 mois de préférence.
Envoyez CV et lettre de motivation à : meriem.draman@lepetitjournal.com Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Meriem Draman (www.lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 27 juillet 2012

lundi 2 juillet 2012

Les 10 plus beaux points de vue sur Istanbul



Le magazine hebdomadaire turc Aksiyon publiait le 25 juin dernier sa liste des 10 plus belles terrasses ou points de vue pour admirer et photographier notre belle Istanbul. Les peintres, les écrivains, les poètes, les anonymes, ... tous ceux qui sont passés par Istanbul sont tombés amoureux d'elle, cette ville dite "aux sept collines". Cette liste méritait d’être diffusée plus largement auprès de vous, qui sait, peut-être parmi ces panoramas existent des endroits que vous ne connaîtriez pas encore… Alors, à vos appareils photos et à vos aquarelles !
Il s'agit du classement du journal d'information hebdomadaire Aksiyon; le nom de la terrasse ou point de vue est indiqué en premier, suivi du nom du quartier à Istanbul :
Première place : Büyük Çamlıca - 268 m d'altitude (côté asiatique)
Vue panoramique sur 340°, des îles des princes jusqu'au 2ème pont sur le Bosphore. Très réputé pour les mariages.
Deuxième place : Nafi Baba Tepesi /Rumeli Hisarüstü (côté européen)
Très belle vue sur le pont Fatih Sultan Mehmet, Hidiv Kasri, et Anadolu Hisari. Réputé comme site d'observation de la migration des oiseaux.
Troisième place : Nakkaş Tepe - 80m (côté asiatique)
Superbe vue sur le Palais de Çırağan, Yıldız Korusu, Feriye et la mosquée d'Ortaköy.
Quatrième place : Yavuz Selim Camii Dış Avlusu (côté européen)
Sur les hauteurs du quartier de Balat, un très beau panaroma (peu connu) autour de la mosquée Yavuz Selim Camii s'offre à vous.
Cinquième place : Topkapı Sarayı Mecidiye Köşkü terası - terrasse devant le Palais de Topkapi (côté européen)
Un des rares points de vue peu élevé mais qui offre un panorama magnifique sur l'entrée du Bosphore et sur la Kiz Kulesi.
Sixième place : Ulus Parkı (côté européen)
Hormis le dimanche à fuir car trop fréquenté, ce site offre un panorama très vert et fantastique sur Istanbul.
Septième place : Yuşa Tepesi/ Beykoz (côté asiatique)
Le point de vue le plus élévé de la liste, en haut d'une des collines d'Istanbul, qui offre une vue digne d'être peinte, ou dessinée par un artiste.
Huitième place : Molla Aşkı Parkı/ Fatih (côté européen)
Une très belle vue sur la Corne d'Or surtout au coucher du soleil.
Neuvième place : Sevda Tepesi / Vaniköy - 130 m d'altitude (côté asiatique)
Une vue à 100 degrés sur la Corne d'or à visiter rapidement car le Roi d'Arabie Saoudite a acheté cette colline pour 27 millions de dollars afin d'y construire un hôtel.
Dixième place : Kalafat Yeri ve Süleymaniye (côté européen)
Un joli point de vue sur le quartier historique d'Istanbul, Sultanahmet, les ponts de Galata et d'Umkapani.
Meriem Draman (www.lepetitjournal.com/istanbul) lundi 2 juillet 2012
Si vous connaissez vous aussi un endroit en hauteur d’où la vue sur Istanbul et le Bosphore est splendide, faites-en profiter les lecteurs du petitjournal.com.
Pour voir les photos obtenues de ces points de vue, cliquez ici.

jeudi 28 juin 2012

La langue turque considérée comme "cruciale"


Selon un programme de bourses pour la formation linguistique du département d’état américain, le Turc fait partie des langues "cruciales " et c’est pour cette raison que les étudiants qui désirent l’apprendre bénéficient d’un soutien financier. Pour Meghann Curtis, assistance adjointe du secrétaire d’Etat pour ce programme et interrogée par l’agence de presse Anatolie "les étudiants américains sont très intéressés par l’apprentissage de la langue turque car la Turquie a une histoire et une culture riches et que le pays est à la fois un pouvoir régional et un acteur mondial". Dans le cadre de ce programme de bourses, 60 étudiants ont pu partir pour un séjour linguistique de 8 semaines en Turquie.
Le programme concerne d’autres langues comme l’Arabe, l’Azéri, le Bengali, le Chinois, le Japonais, l’Hindi, le Coréen, l’Indonésien, le Persan, l’Ourdou, le Russe et le Punjabi.
Margaux Agnès (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 27 juin 2012

Naim Koçer, un financier "affectif"


Né en Turquie, Naim Koçer a effectué la majeure partie de sa carrière en France dans le secteur bancaire, après avoir poursuivi de hautes études dans la gestion et la finance à l'université Paris Dauphine. En 2003, il est revenu dans son pays natal, pour être à la tête de la banque d'affaires Calyon. Naim Koçer multiplie les activités, en investissant dans différents secteurs et en faisant partie des conseillers du commerce extérieur de la France. Lepetitjournal.com d'Istanbul est allé à la rencontre de l'homme, qui a su rester simple et humain, malgré toutes ses hautes responsabilités
Interview réalisée dans le cadre d’une collaboration www.lepetitjournal.com/Istanbul - Chambre de Commerce Française en Turquie née en octobre 2009. Tous les mois, un résumé de l’actualité et un portrait d’entreprise sont publiés dans les deux supports que sont www.lepetitjournal.com et la Lettre mensuelle de la CCFT, "Les Nouvelles de la Chambre".
Lepetitjournal.com d'Istanbul : Quel a été votre parcours ?
Naim Koçer
dans son bureau (photo MD): Je suis né à Istanbul. À l'âge de 11 ans, je suis entré au lycée Galatasaray, où j'ai suivi une filière scientifique. Après mon bac, j'ai rejoint mon frère, qui était en France. C'est là-bas que j'ai poursuivi mes études, à l'université Paris Dauphine, dans la gestion et la finance. J'y ai obtenu un doctorat, avant d'être embauché à 28 ans au sein de la banque Indosuez. Je suis d'abord entré en tant qu'économiste des marchés puis je suis passé vendeur d'actions. J'ai travaillé 18 ans en France, dont les dix dernières années plongé dans les salles de marchés. En 2003, j'ai été nommé en Turquie, à la tête de la banque d'affaires Calyon, issue de la fusion entre le Crédit agricole et le Crédit Lyonnais dans ce même secteur. J'ai gardé ce poste durant cinq ans, avant de le quitter en 2008, car je ressentais le besoin de revenir à quelque chose de plus concret.
Et maintenant ?Avec deux collaborateurs, nous avons fondé l'été dernier une nouvelle société, qui s'appelle Notus. Nous sommes tous les trois actionnaires, et j'en suis le président. Nous effectuons de la gestion de portefeuille*. Nous proposons nos services à des particuliers, à partir de 500.000 livres turques. À l'heure actuelle, 80% des placements en Turquie se font dans cinq grandes banques. Ce sont nos principaux concurrents. Notre but aujourd'hui est de se différencier, d'être vendeurs de performance. C'est une activité toute récente, puisque nous avons reçu notre licence fin avril. C'est un nouveau départ en quelque sorte.
Vous avez parallèlement des activités d'investissement. En quoi consistent-elles exactement ?J'ai quelques investissements dans des hôtels à Paris. J'ai également investi dans la construction navale, à travers l'entreprise TVK Gemi Yapım, créée en 2005. Un secteur jugé porteur, car près de 90% des échanges de marchandises au niveau mondial se font par voie maritime. De plus, la Turquie possède un littoral ouvert dans trois directions. J'ai choisi d'investir dans ce secteur car au début des années 2000, il était question que tous les bateaux en service aient une double coque, afin de diminuer les risques de fuites, et donc de pollution, en cas de naufrage ou de collision. Il fallait donc remplacer les 15.000 bateaux qui circulaient avec une coque simple. Mais actuellement, une crise frappe le shipping. Il y a eu trop de production à travers le monde. L'activité est en sommeil. Il faut donc liquider le sur-stock. La création d'une loi venant limiter l'âge maximal des tankers naviguant dans les eaux internationales permettrait par exemple de relancer l'activité, car toute une partie de la flotte serait à rajeunir.
Les entreprises turques peuvent-elles vraiment s'affirmer dans le shipping face à la concurrence asiatique ?Le marché asiatique est effectivement très vif dans la construction navale : il absorbe près de 85% de la production mondiale. Mais les entreprises turques ont plusieurs avantages : elles sont beaucoup plus flexibles et proches de leurs acheteurs, notamment européens. Lorsqu'un armateur vient d'Europe en Turquie, cela ne lui prend que deux ou trois heures d'avion. Il rencontre généralement les patrons de suite, ce qui rend les négociations rapides. Une vente se conclut parfois en 30 minutes ! Les Européens se sentent plus en confiance, plus proches de nous.
Quel a été le moteur de votre réussite ?Je peux dire que c'est ma mère. Originaire des Balkans, c'est une victime de la guerre. Une situation qui a amplement forgé son caractère. C'est la battante de la famille. C'est elle qui m'a poussé dans cette direction. Nous étions une famille plutôt modeste, mais elle a toujours mis la barre très haute pour ses enfants. Nous devions obtenir le meilleur. Elle a été très fière lorsque je suis entré au lycée Galatasaray.
Aujourd'hui, vous êtes à la fois patron d'une société, investisseur, et également l'un des conseillers du commerce extérieur de la France. Comment faites-vous pour partager votre temps ?Je suis physiquement présent à Notus la moitié du temps, mais cérébralement, c'est un temps plein ! Le lundi, j'ai généralement des réunions, au cours desquelles il faut orienter les investissements des clients sur la semaine. Puis je dois également m'occuper des relations publiques. J'ai de nombreux rendez-vous avec les clients durant la semaine. Je me rends bientôt à Paris pour gérer mes investissements hôteliers. Mais aujourd'hui, je souhaite avoir d'avantage de temps à consacrer à ma famille. Par exemple, j'étais trésorier à la Chambre de Commerce Française en Turquie, mais j'ai quitté cette casquette. J'ai quatre enfants. Lorsque l'on me demande pourquoi j'arrête certaines activités, je réponds que je dois désormais m'occuper d'une petite entreprise avec quatre employés...
Propos recueillis par Meriem Draman et Marie tarteret (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 28 juin 2012

*gestion de portefeuille : il s'agit de gérer des capitaux confiés par des particuliers ou des institutions, en les faisant fructifier par l'intermédiaire de différents placements.
Naim Koçer - Associé Fondateur - Notus Asset Management
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jeudi 7 juin 2012

ADP et TAV


Le PDG d’Aéroports de Paris, Pierre Graff, était à Istanbul hier, quelques semaines après l’acquisition par le groupe de 38% du premier opérateur turc d’aéroports TAV. Un investissement qui s’inscrit dans la stratégie internationale de l’entreprise et propulse ADP dans le trio de tête des groupes aéroportuaires au plan mondial
Il est loin, le temps où Aéroports de Paris n’avait d’yeux que pour ses terminaux parisiens. Par l’intermédiaire de ses filiales (ADPM et ADPI), le groupe créé en 1945 par le général de Gaulle gère aujourd’hui 37 aéroports dans le monde, directement ou non, drainant près de 180 millions de passagers chaque année.
“Il n’y a pas d’urgence”, tempère le PDG, Pierre Graff. “Mais viendra un jour où nos aéroports parisiens seront pleins (…) et une entreprise qui n’a plus de croissance est une entreprise qui meurt. Il n’est donc pas idiot de chercher des relais de croissance dans des pays qui n’ont pas fini d’émerger.” Quelles cibles? Des aéroports de taille “significative” (plus de 10 millions de passagers), à forte croissance, dans des pays de l’OCDE ou des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine).
L’aéroport Atatürk, un morceau de choix
La Turquie, dont le PIB a progressé de 8,5% l’an dernier, est un marché prometteur pour ADP, qui s’est donné pour objectif de prendre au moins trois participations significatives dans le monde à l’horizon 2015. Première étape accomplie avec l’acquisition en mai de 38% de TAV Airports, leader aéroportuaire turc, pour 874 millions de dollars (700 millions d’euros). ADP met aussi la main sur 49% de TAV Construction, pour un montant de 49 millions de dollars.
Le groupe réalise en Turquie la plus importante opération de croissance externe de son histoire. L'aéroport Atatürk d'Istanbul est le morceau de choix des dix plates-formes aéroportuaires que compte le portefeuille de TAV. Cet aéroport accueille chaque année plus de 37 millions de passagers, contre neuf millions à Ankara et trois millions à Izmir. Tous offrent un potentiel de croissance.
“Nous connaissons bien nos collègues de TAV, leur faculté de gestion, leur dynamisme, leur organisation. Il s’agit d’actifs de grande qualité, correctement tenus par des gens qui ont la même conception que nous du développement aéroportuaire. Autant dire que tout y était”, résume Pierre Graff.
“Une pépite qui vaut de l’argent”
TAV Airports a enregistré sur la période 2006-2011 une progression forte et régulière de ses principaux indicateurs financiers, et l’exercice 2012 a plutôt bien démarré. A l’issue du premier trimestre, TAV Airports a vu son trafic passagers augmenter de 35%, son chiffre d’affaires croître de 19 % à 211 millions d’euros et son excédent brut d’exploitation s’améliorer de 33 % à 47 millions d’euros.
“Nous n’achetons pas de la camelote”, rétorque Pierre Graff  à ceux qui lui reprochent d’avoir payé trop cher. “Demandez aux professionnels : ces aéroports turcs ont une des meilleures réputations dans le monde. Il s’agit donc effectivement d’une petite pépite qui vaut de l’argent (…) surtout que le taux de retour sur investissement est à deux chiffres”, argumente le PDG.
Avec ses 38% de TAV Airports, une entreprise cotée en bourse, Aéroports de Paris devient actionnaire dominant. Les turcs Akfen Holding et Tepe Insaat, qui se sont désengagés au profit d’ADP, conservent toutefois une participation de 8,1% chacun. “Nous avons souhaité qu’ils restent au capital, même modestement, car on a besoin d’alliés turcs notamment dans la perspective de 2021, quand la concession d’Istanbul arrivera à terme et qu’on aura bien l’intention de se porter candidat”, précise encore Pierre Graff.
D’ici là, ADP compte poursuivre son expansion internationale et observe qu’environ 35 aéroports dans le monde sont susceptibles d’être privatisés au cours des deux ou trois prochaines années. L’aéroport brésilien de Rio de Janeiro fait partie de ces autres “pépites” auxquelles le groupe s’intéresse de près.
Anne Andlauer (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 7 juin 2012

Rabia Çapa, la première galeriste d’art contemporain à Istanbul


Rabia Çapa ouvrait en 1976 à Istanbul la première galerie d’art contemporain. 36 ans après, la galerie Maçka Sanat Galerisi , aux choix exigeants est devenue un lieu de rendez-vous incontournable du Monde de l’Art. Atypique, elle expose les œuvres d’artistes de renommée internationale ainsi que celles d’artistes turcs majeurs. Rabia Çapa, c’est un parcours hors-norme, une femme de tête et de talent, une artiste passionnée et touchante par sa grâce


Lepetitjournal.com d’Istanbul : Pouvez-vous nous parler de vous ? De votre enfance ?
Rabia Çapa
(photo personnelle): Je suis née à Istanbul, ma famille est originaire de Rize, de la région de la Mer Noire. Nous étions 6 enfants, 4 filles et 2 garçons. Jusqu’à mes 14 ans, avec nos cousins et cousines, nous avons passé toutes nos vacances dans une grande ferme à Kayişdağ*, à Içerenköy , devenu de nos jours un quartier de la grande Istanbul, côté asiatique. J’ai donc grandi au milieu des poules, des vaches, nous avions aussi de grands champs de blé. A la mort de mon grand-père puis de ma grand-mère peu après, ma famille a préféré vendre le domaine familial. Aujourd’hui à la place de la ferme de jadis, il y a de grands immeubles qui abritent les tours d’Iş Bankası. Quand on se réunit en famille, nos discussions reviennent sans arrêt sur cette enfance en plein-air que l’on a connue et que l’on a tant aimée. Ma mère, mariée à 13 ans, ne travaillait pas, s’occupait de nous autant qu’elle pouvait mais était très occupée avec ses œuvres de charité. Mon père, lui, était armateur, tout le temps en voyage. Nous avons grandi avec des parents très jeunes, mon père dès qu’il était à la maison jouait beaucoup avec nous, au ping-pong, au volley-ball. Le reste de l’année, nous vivions à Bebek ; j’ai suivi ma scolarité secondaire au Lycée Sainte Pulchérie où j’ai appris le français.
Quelles études universitaires avez-vous faites ? D’où vous vient cette passion pour l’art ?J’ai suivi les cours de l’Académie des Beaux-arts d’Istanbul. Pendant 4 années, j’ai suivi les cours de manière très assidue dans l’atelier du célèbre Bedri Rahmi Eyüboğlu sans jamais être inscrite, seulement en candidate libre car mon père n’a jamais accepté que je suive des cours à l’Académie. Déjà toute petite, je faisais des tableaux toute seule dans ma chambre, je les exposais aux amis de passage de mes parents dans notre grand salon, et leur demandais une somme symbolique pour admirer mes œuvres. Mon futur métier de galeriste sommeillait en moi. Avec ma petite sœur Varlık, qui partageait ma passion pour le dessin, et qui était en plus collectionneuse, nous avons créé, devenues adultes notre première galerie d’art contemporain ensemble ici à Maçka : la Maçka Sanat Galerisi en 1976.
Comment l’idée d ‘ouvrir une galerie d’art contemporain vous est venue à l’esprit il y a 36 ans ?Quand mes deux petites filles ont été en âge d’aller à l’école, et que je me suis retrouvée plus ou moins esseulée, j’ai dit à mon mari qu’il fallait absolument que je travaille. Je ne me sentais plus capable d’exercer en tant qu’artiste, et Bedri Rahmi Eyüboğlu, mon ancien professeur ne m’y a pas encouragée… Je voulais à ce moment-là absolument rester dans le milieu de l’art, et j’ai eu l’idée d’ouvrir une galerie pour proposer les expositions des autres. Cette galerie est unique dans son genre, car nous sommes les seules à avoir transformé un appartement en galerie après avoir abattu presque toutes les cloisons. Il existait à cette époque déjà une galerie dans le quartier, mais la mienne est la plus ancienne aujourd’hui.
Quels sont les artistes que vous avez exposés qui vous ont fait connaître par la suite ? Tous les artistes turcs aujourd’hui très connus sont passés par ma galerie : Mehmet Güleryüz, Ömer Uluç, Komet avaient déjà une petite notoriété mais après avoir exposé ici, ont connu ensuite un très grand succès international. Chez les étrangers, j’ai exposé Daniel Buren, François Morellet, Sarkis pour les plus célèbres. Ma devise a été depuis le début de m’attacher à certains artistes, à reconnaître leur talent, à les suivre tout au long de leur carrière. Plutôt que la quantité, j’ai préféré choisir la qualité. Par nos choix exigeants, ma sœur et moi, nous avons voulu que notre galerie traverse les décennies et être aujourd’hui encore une référence dans le monde de l’art contemporain.
Pour conclure peut-être, pourquoi l’art contemporain ?A l’époque, il y a 36 ans, il n’y avait que des galeries d’art classique à Istanbul car l’art contemporain n’existait pas encore ici. Je ne voulais pas faire dans la nature morte, les paysages …et après avoir voyagé à Milan, à Paris, nous nous sommes dit ma sœur et moi que nous allions ouvrir notre première galerie d’art contemporain. Etonnamment, ma petite fille qui a une vingtaine d’années et qui vient de terminer ses études à la Sorbonne, est une passionnée d’art classique, et n’apprécie que très peu l’art contemporain. Moi, sa grand-mère, je vais tout entreprendre pour la faire changer d’avis…
Propos recueillis par Meriem Draman (www.leepetitjournal.com/istanbul) jeudi 7 juin 2012
Adresse : MAÇKA SANAT GALERISI
Eytam Caddesi 31, Maçka 80200, Istanbul
Tel : (0212) 240 80 23

mercredi 6 juin 2012

une pub turque sexy fait le buzz sur internet


Markafoni, un site internet de vente de vêtements de marque à prix réduits du même type que Ventes Privées en France vient de se faire connaître en métropole grâce à une publicité très sexy, voire carrément osée…
La publicité mise en ligne le 26 avril dernier par Markafoni, reprise récemment par MSN France le 31 mai dernier est la publicité que vous allez voir ci-dessous. Intitulée " Bazı Aşkların Yeri Ayrıdır " ("Certains amours ont une place à part"), la version initiale est comme indiqué sur le site de la marque, passionnée et sauvage. Depuis, une version modifiée, plus light a été mise en ligne, car la version initiale a dû faire un peu trop parler dans les chaumières. En tout cas, ce que l’on peut dire pour une publicité turque, c’est qu’elle est drôlement osée, et n’a probablement pas dû avoir l’aval des autorités pour passer sur la télévision nationale. En France ou aux Etats-Unis où elle serait passée certainement inaperçue, en Turquie, cette publicité provocante révèle néanmoins une grande démonstration de liberté d’expression, rassurante, qui fait le pied de nez au régime AKP un peu trop conservateur.
Voici la vidéo :
Un défaut peut-être : la publicité est trop longue ! Et vous, qu'en pensez-vous ?
Meriem Draman (www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 6 juin 2012
Pour (re)voir la video de la semaine dernière, cliquez ici

mercredi 30 mai 2012

Elif SAFAK choque ses concitoyens dans une publicité


L’écrivaine Elif Shafak auteur de nombreux romans traduits en français dont on peut citer, parmi les plus célèbres La bâtarde d'Istanbul (2007) , Bonbon Palace (2008) , Lait noir (2009), Soufi, mon amour (2010) vient de choquer son pays suite à une publicité vantant les mérites d’une carte de crédit Miles&Smiles
Le 22 mai dernier, le quotidien turc Taraf réagissait vivement à la publicité récente où Elif Shafak, une écrivaine de renom, vend son image pour faire de la publicité. Cet article repris dès le lendemain dans Courrierinternational.com (en français) semble intéresser les Turcs, tous ceux qui aiment la Turquie, et qui se posent des problèmes de conscience. Est-ce qu’un écrivain est légitime pour faire de la publicité pour une carte de crédit ? Qu’en pensez-vous ? Nous attendons vos commentaires à ce sujet.
En attendant, voici la publicité dont tout le monde parle :

Meriem Draman (www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 30 mai 2012

mardi 1 mai 2012

SANLIURFA: richesse et charme d'une ville aux portes du moyen-orient


Şanlıurfa se situe à l’est de la Turquie, non loin de la frontière syrienne. La ville est connue pour son patrimoine historique et religieux, ainsi que pour ses spécialités culinaires comme le Urfa Kebab ou le Çığ Köfte. Mais Şanlıurfa est aussi une ville où il fait bon flâner, que ce soit sur les bords du lac aux poissons, dans les cours des mosquées ou dans les allées du bazar. Une ville qui promet un fort dépaysement, surtout si l’on vient d’Istanbul
Şanlıurfa est d’abord connue pour son patrimoine historique et religieux. Selon la tradition, c’est dans cette ville que serait né le prophète Abraham. Le roi assyrien de l’époque (Nemrod) avait fait un rêve lui montrant qu’un prophète à naître dans l’année viendrait détruire son trône. Pour conjurer le sort, le roi fit assassiner toutes les femmes enceintes du royaume. La mère d’Abraham réussit à y échapper en se réfugiant dans une grotte où elle donna naissance à son fils et l’éleva à l’abri du roi pendant quelques années. Mais plus tard, Abraham fût condamné par Nemrod pour sa croyance en un dieu unique. Jeté sur le bûcher, le prophète fut sauvé des flammes par Dieu qui transforma le feu en eau et les bûches en poissons. Aujourd’hui cette croyance perdure avec la grotte d’Abraham, lieu de prière et de pèlerinage pour les croyants mais aussi avec le lac aux poissons ("balıklı gölü"), un bassin rempli de carpes.
Balikli gölu (photo MA)
Symboles du sauvetage d’Abraham, ces poissons sont sacrés et la légende veut que celui qui les tue ou les mange devienne aveugle. Les poissons sont aujourd’hui choyés par les promeneurs qui achètent des petits sachets de nourriture aux vendeurs qui bordent le bassin.
Il y a comme un air de Moyen-Orient qui flotte à Şanlıurfa. Beaucoup des hommes portent le keffieh et le sarouel. Les femmes, quant à elles, recouvrent leur tête d’un beau foulard violet aux broderies argentées que l’on retrouve sur tous les étals de marché. En se promenant dans les allées du bazar ou en surplombant la ville depuis la forteresse, on se croirait presque en Syrie, qui n’est d’ailleurs pas très loin (une cinquantaine de kilomètres). Malgré le fait que la ville soit touristique, le bazar a gardé son charme authentique et le paysage n’est encore pas trop dénaturé par les infrastructures modernes. Les habitants sont extrêmement chaleureux et accueillants. En se promenant avec un appareil photo à la main, on est très souvent abordé par des "Hello. Photo ?" de la part d’enfants (et aussi de moins jeunes) qui veulent être pris en photo. Certains donnent leur adresse pour recevoir le cliché, mais la plupart veulent juste poser devant l’objectif l’espace de quelques secondes. Bien sûr le traditionnel çay turc est gentiment proposé à chaque coin de rue, et parfois plus : un repas de fiançailles, une soirée entre étudiants qui se finit en danses kurdes, chants et musique…
La région alentour est elle aussi pleine de charme. Plaines, montagnes et petits villages isolés offrent de beaux paysages et un moyen de se ressourcer loin de l’agitation des grandes villes. L’hiver on peut faire du ski sur les hauteurs alors qu’en été des activités nautiques sont proposées, notamment sur le barrage Atatürk. Réalisé en 1992 ce barrage est un des plus grands du monde et est au cœur du projet GAP qui vise à irriguer les plaines de la région. A quelques dizaines de kilomètres de Şanlıurfa, on peut aussi rejoindre le mont Nemrut et ses célèbres statues (vestiges de l’époque du roi Antochios) ou alors le village d’Halfeti au bord d’un grand barrage au bleu éclatant.
Une région en Turquie très dépaysante. A découvrir !
Margaux Agnès (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 1er mai 2012
Nous conseillons à tous les lecteurs du petitjournal.com l’hébergement à l’hôtel Dedeman, voir Bon Plan à la Une actuellement.
Regardez et écoutez le diaporama sur le site (www.lepetitjournal.com/istanbulpour vous transporter quelques minutes dans cette belle région :