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vendredi 16 août 2013

TURQUIE: 16 AOÛT – En 4 minutes, ce qu'il faut retenir de l'actualité

voici les titres, pour une lecture intégrale des articles: Jonathan Grimmer (http://www.lepetitjournal.com/Istanbulvendredi 16 août 2013

=> Egypte : Erdoğan fustige l'attitude des pays occidentaux...
Au lendemain de la violente dispersion des manifestants pro-Morsi au Caire qui a causé, selon un bilan toujours provisoire, la mort de plus de 500 personnes, le Premier ministre turc a une nouvelle fois appelé la communauté internationale à intervenir rapidement. "

...et nie avoir été hospitalisé la semaine dernière
Recep Tayyip Erdoğan a également nié hier les récentes rumeurs qui ont circulé autour de son état de santé. 

=> L'armée intervient contre un important groupe de contrebandiers
Des échanges de tirs ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi, dans le village frontalier de Kuşaklı, entre une unité de l'armée turque et un groupe d'environ un millier de trafiquants de drogue. 

=> Le mandat d'arrêt contre "l'homme à la machette" a été rétabli
Le quotidien Hürriyet a révélé hier dans ses colonnes que le mandat d'arrêt contre Sabri Çelebi, "l'homme à la machette" qui avait attaqué des manifestants dans le quartier de Talimhane, avait été rétabli dès le 5 août, soit quelques heures seulement après avoir été annulé. 

=> Fausse alerte à la bombe à l'aéroport Istanbul Atatürk
Mercredi soir, cinq avions de la Turkish Airlines en partance pour l'Allemagne sont restés cloués au sol pendant plusieurs heures, à l'aéroport Atatürk d'Istanbul, après une alerte à la bombe émise par un coup de téléphone anonyme. 

=> Match nul de l'équipe de football de Turquie
Pour sa rentrée, l'équipe de football de Turquie a fait match nul 2-2 contre le Ghana, avant-hier soir au stade olympique d'Istanbul. 

vendredi 5 octobre 2012

Ma nuit en zone de transit à l’aéroport Atatürk


Rester bloquée une nuit en zone de transit à l’aéroport Atatürk pour une erreur administrative, voilà un scénario qui n’est pas sans évoquer celui du film Le Terminal avec Tom Hanks…

Lundi 1er octobre à 19h, je rentre à Istanbul après deux semaines de vacances en France. Mais je me réjouis un peu trop vite de retrouver les saveurs de la ville : je ne dépasse pas les barrières situées dans la zone de contrôle des passeports. Je ne suis en effet pas en possession de mon ikamet. Il s’agit du permis de séjour indispensable au stambouliote étranger désireux de rester plus de trois mois en Turquie, depuis la réforme des visas touristiques de février 2012.
J’avais pourtant accompli toutes les démarches nécessaires pour obtenir mon ikamet. Mais le jour où je devais le récupérer, soit la veille de mon départ en France, il n’était pas prêt. J’avais alors demandé aux officiers du poste de police d’Aksaray si mon séjour en France poserait un quelconque problème. Question à laquelle on m’a répondu très clairement : “non, bien sûr aucun problème”.
Me voilà donc refoulée à l’entrée en Turquie, traitée avec mépris, ignorée, avec pour seul mot d’ordre : “attendez !” Je subis alors l’incompétence des policiers en service ce jour-là, les voyant répéter les mêmes gestes et constater, hébétés : “On ne vous trouve pas dans le système”. J’essaie tant bien que mal de leur raconter pourquoi ils ne me trouvent pas. Ils ne me laissent pas parler, ne cherchent pas à me comprendre, et ne parlent qu’un anglais minimaliste.
Finalement, on m’annonce que je dois attendre jusqu’au lendemain matin. Et là, trois propositions s’offrent à moi : dormir dans une pièce fermée à clef avec d’autres femmes en détention administrative, prendre une chambre à l’hôtel de l’étage pour la modique somme de 200€ ou errer dans la zone Duty Free de l’aéroport. Je choisis bien évidemment la dernière.
Le matin, je harcèle un agent pour qu’il appelle Aksaray. Il s’exécute après quelques heures durant lesquelles il me répète que lui et ses collègues sont débordés, alors qu’ils sont tous assis en face de moi en train de boire leur café.
Ce traitement affligeant, le stress de ne pas voir se présager de solution, fatigue et panique m’ont fait sortir de mes gonds. Peut-être ai-je été aussi inconsciemment vexée. Quoi ? Moi, citoyenne française, ressortissante du pays des “Droits de l’Homme” (à prononcer lèvres pincées), devenue persona non grata ? Colère légitime ou simple complexe de supériorité français ?
Durant mes tergiversations nombrilistes, j’avais peut-être choisi d’ignorer la situation de mes compagnons d’aventure, très certainement plus à plaindre que moi.
Devant les barrières, entre les différents distributeurs de boissons, quelques familles attendent sagement que l’on décide de leur sort, à même le sol. J’ignore d’où ils viennent et depuis combien de temps ils sont là.
Mais juste avant d’être libérée, au petit matin, je fais la rencontre d’Issa (1), 34 ans. Ressortissant d’un état africain en guerre, ingénieur à l’origine mais aussi capitaine dans l’armée par devoir, il a déserté, laissant au pays ses proches et ses papiers. S’il retourne chez lui, il risque la prison à vie par décision de la cour martiale ou pire, l’exécution.
Il me raconte calmement être coincé en zone de transit depuis trois mois. Le premier mois, il a été renvoyé 21 fois dans différents Etats africains. Son but est d’aller à Londres, mais on le fait à chaque fois transiter par Istanbul où il est désormais bloqué. Au début, certains policiers s’amusaient à le tabasser, “mais ça n’a pas duré, ils ont vu que je savais me défendre”. Ces horreurs, il les confie sans élégie. Il reste digne. Et le doit en partie au fait qu’une antenne de la compagnie Turkish Airlines, qui possède un petit local dans la zone en question, l’a pris sous sa protection. Il les aide comme il peut. Ils le nourrissent en échange et lui offrent un petit endroit où dormir. “Je ne peux pas rester inactif, j’ai besoin de m’occuper”. Il peut aussi aller se doucher, sous escorte policière.
Il évolue donc depuis plusieurs semaines, sous les lumières artificielles de l’aéroport, sans accès à l’air libre. Et confie presque fièrement : “tout le monde me connaît maintenant ici”. Il me supplie de l’aider, lorsque je serai dehors, de parler de lui, de contacter des ONG (2). Et me dit que j’ai de la chance. “En France il y a les droits de l’Homme”. Il assène cette vérité comme on affirmerait qu’en France il y a l’eau courante ou l’électricité. Une notion qui désigne quelque chose de fiable, palpable, accessible à tous de manière plutôt équitable.
Et l’ironie, c’est que toute cette aventure n’a cessé de m’évoquer Bienvenue en France, l’enquête en immersion d’Anne de Loisy en zone d’attente de Roissy. Où l’on découvre avec stupeur les conditions de détention administrative des personnes en attente de visa pour la France.
Conseils pour ne pas vous retrouver dans la même situation que moi :
- Eviter d’être aussi naïf et ne pas prendre au pied de la lettre la réponse “non” lorsqu’on demande si l’on risque avoir des problèmes.
- Toujours avec un document écrit, s’assurer qu’il soit compréhensible et authentifié.
- Avoir un portable chargé pour communiquer avec l’extérieur, et un peu d’argent pour subsister.
- Garder son calme et relativiser …
Fanny Fontan (http://www.lepetitjournal.com/) vendredi 5 octobre 2012
  1. Pour la sécurité de la personne en question, le nom a été volontairement modifié, et son pays d’origine non précisé.
  2. Depuis Amnesty et Helsinki ont été alertés et font leur possible pour lui venir en aide

jeudi 7 juin 2012

ADP et TAV


Le PDG d’Aéroports de Paris, Pierre Graff, était à Istanbul hier, quelques semaines après l’acquisition par le groupe de 38% du premier opérateur turc d’aéroports TAV. Un investissement qui s’inscrit dans la stratégie internationale de l’entreprise et propulse ADP dans le trio de tête des groupes aéroportuaires au plan mondial
Il est loin, le temps où Aéroports de Paris n’avait d’yeux que pour ses terminaux parisiens. Par l’intermédiaire de ses filiales (ADPM et ADPI), le groupe créé en 1945 par le général de Gaulle gère aujourd’hui 37 aéroports dans le monde, directement ou non, drainant près de 180 millions de passagers chaque année.
“Il n’y a pas d’urgence”, tempère le PDG, Pierre Graff. “Mais viendra un jour où nos aéroports parisiens seront pleins (…) et une entreprise qui n’a plus de croissance est une entreprise qui meurt. Il n’est donc pas idiot de chercher des relais de croissance dans des pays qui n’ont pas fini d’émerger.” Quelles cibles? Des aéroports de taille “significative” (plus de 10 millions de passagers), à forte croissance, dans des pays de l’OCDE ou des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine).
L’aéroport Atatürk, un morceau de choix
La Turquie, dont le PIB a progressé de 8,5% l’an dernier, est un marché prometteur pour ADP, qui s’est donné pour objectif de prendre au moins trois participations significatives dans le monde à l’horizon 2015. Première étape accomplie avec l’acquisition en mai de 38% de TAV Airports, leader aéroportuaire turc, pour 874 millions de dollars (700 millions d’euros). ADP met aussi la main sur 49% de TAV Construction, pour un montant de 49 millions de dollars.
Le groupe réalise en Turquie la plus importante opération de croissance externe de son histoire. L'aéroport Atatürk d'Istanbul est le morceau de choix des dix plates-formes aéroportuaires que compte le portefeuille de TAV. Cet aéroport accueille chaque année plus de 37 millions de passagers, contre neuf millions à Ankara et trois millions à Izmir. Tous offrent un potentiel de croissance.
“Nous connaissons bien nos collègues de TAV, leur faculté de gestion, leur dynamisme, leur organisation. Il s’agit d’actifs de grande qualité, correctement tenus par des gens qui ont la même conception que nous du développement aéroportuaire. Autant dire que tout y était”, résume Pierre Graff.
“Une pépite qui vaut de l’argent”
TAV Airports a enregistré sur la période 2006-2011 une progression forte et régulière de ses principaux indicateurs financiers, et l’exercice 2012 a plutôt bien démarré. A l’issue du premier trimestre, TAV Airports a vu son trafic passagers augmenter de 35%, son chiffre d’affaires croître de 19 % à 211 millions d’euros et son excédent brut d’exploitation s’améliorer de 33 % à 47 millions d’euros.
“Nous n’achetons pas de la camelote”, rétorque Pierre Graff  à ceux qui lui reprochent d’avoir payé trop cher. “Demandez aux professionnels : ces aéroports turcs ont une des meilleures réputations dans le monde. Il s’agit donc effectivement d’une petite pépite qui vaut de l’argent (…) surtout que le taux de retour sur investissement est à deux chiffres”, argumente le PDG.
Avec ses 38% de TAV Airports, une entreprise cotée en bourse, Aéroports de Paris devient actionnaire dominant. Les turcs Akfen Holding et Tepe Insaat, qui se sont désengagés au profit d’ADP, conservent toutefois une participation de 8,1% chacun. “Nous avons souhaité qu’ils restent au capital, même modestement, car on a besoin d’alliés turcs notamment dans la perspective de 2021, quand la concession d’Istanbul arrivera à terme et qu’on aura bien l’intention de se porter candidat”, précise encore Pierre Graff.
D’ici là, ADP compte poursuivre son expansion internationale et observe qu’environ 35 aéroports dans le monde sont susceptibles d’être privatisés au cours des deux ou trois prochaines années. L’aéroport brésilien de Rio de Janeiro fait partie de ces autres “pépites” auxquelles le groupe s’intéresse de près.
Anne Andlauer (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 7 juin 2012