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lundi 20 mai 2013

LITTÉRATURE AU FÉMININ – Le français, un trait d’union entre les écrivaines de la Méditerranée


Lors d’une conférence intitulée “La Méditerranée à travers des voix féminines francophones” à l’Université de Galatasaray d’Istanbul jeudi dernier, des écrivaines, écrivains et professeurs d’horizons divers se sont retrouvés pour débattre d’un éventail d’œuvres littéraires féminines et méditerranéennes. Entretien croisé avec quelques-uns* de ces participants sur le thème de “l’écriture de la Méditerranée” chez les écrivaines francophones.
Debout: Gisèle Durero-Köseoglu, Cécile Oumhani (6ème), Maissa Bey (8ème), Seza Yilancioǧlu (9ème), Timour Muhidine (10ème).
Assis: Alain Quella-Villeger (3ème)
Photo © Ece Isbilen
Lepetitjournal.com d’Istanbul : Comment avez-vous eu l’idée d’organiser une conférence mettant en relation la Méditerranée et la vision féminine francophone de cette région du monde?
S. Seza Yılancıoğlu: Je suis spécialiste de la littérature comparée, j’ai donc voulu faire une étude comparative entre la littérature turque et la littérature algérienne d’expression française. Ces deux pays se trouvent dans le bassin méditerranéen, l’un dans le Sud et l’autre dans l’Est. Comme je travaille dans le département de français, je m’intéresse tout particulièrement à la francophonie. La Turquie, faisant partie auparavant de l’Empire Ottoman, a été profondément influencée par la culture française, tout comme l’Algérie qui a fait partie de l’Empire colonial français durant plus d’un siècle. La francophonie est l’un des points communs entre ces deux pays. Je travaille sur des écrivains contemporains francophones. En 2007, j’ai organisé un colloque qui s’intitulé “Voix féminines” avec la collaboration de l’Institut Français d’Etudes Anatoliennes (IFEA). Assia Djebar, Beida Chikhi faisaient partie des invités. Je suis restée en contact avec ces écrivaines et d’autres universitaires. Nous travaillons depuis trois ans sur la littérature francophone. C’est donc un projet commun que nous avons alimenté, nourri depuis le précédent colloque de 2007. Cette journée d'étude a été réalisée grâce au consortium d'appui de l'Université de Galatasaray et à l'aide de l'Institut français d'Alger.
Peut-on parler d’une identité littéraire homogène quand la Méditerranée rassemble tant de pays?
S. Seza Yılancıoğlu: On ne peut pas rassembler tous les écrivains dans un même groupe. Cependant, chaque écrivain reflète la culture locale dans laquelle il ou elle a été élevé ou a vécu. C’est une similarité que l’on retrouve dans les œuvres littéraires des écrivains méditerranéens.
Timour Muhidine : Je ne pense pas qu’il y ait d’unité entre ces écrivaines. En revanche, ici, il y a la langue. C’est vrai que le fait d’écrire en français crée une forme d’unité. Quand vous acceptez d’écrire en français, vous rentrez dans un idéal, une continuité. Que vous le vouliez ou non, vous allez de la chanson de Roland jusqu’à maintenant. Vous prenez tout en bloc, c’est comme une famille. Par ailleurs, les thèmes des écrivaines méditerranéennes sont en effet différents de ceux des autres écrivaines. Elles ont une histoire dramatique, violente et très caractéristique des écrivains méditerranéens.
Quels sont les thèmes de prédilection de l’écriture au féminin dans les pays de la Méditerranée ?
Cécile Oumhani : Les thèmes de prédilection, sont liés au développement social et à l’histoire de ces pays. Ce que les femmes écrivaient par exemple en Tunisie tout de suite après l’indépendance proclamée en 1956 est tout à fait différent de ce qu’elles écrivent aujourd’hui deux ans après la révolution. Pour moi, on n’écrit pas comme ça ex nihilo, c’est toujours lié à des événements importants qui nous touchent, qui nous interpellent. Pour le moment, il est trop tôt pour parler de roman de la révolution. Les éditeurs n’ont reçu aucun manuscrit de roman de la révolution car les événements sont encore en cours. Les gens écrivent à ce sujet des essais de réflexion, des reportages.
Pourquoi pensez-vous que beaucoup de ces écrivaines choisissent d’écrire en français?
Timour Muhidine : On se pose la question, en tant que Français venant d’Etat-Nation ou Turcs. A mon avis, c’est difficile de comprendre pourquoi un Arabe par exemple écrit en français. A priori, il devrait écrire en arabe. C’est particulier à l’Afrique du Nord. Ecrire en français est une stratégie littéraire. S’inscrire dans la littérature francophone est beaucoup mieux perçu au niveau international car les gens de l’édition lisent plus facilement le français que l’arabe. Les écrivains ne répondent jamais là dessus, mais je pense que c’est important. C’est une façon aussi de directement rentrer dans l’univers des lecteurs européens.
En quoi la voix féminine francophone joue-t-elle un rôle dans la modernisation du bassin méditerranéen?
Maïssa Bey : Je ne vais pas faire de catégories entre la voix francophone féminine et la voix féminine dans d’autres langues. Je dirais que les voix féminines du bassin méditerranéen sont essentielles aujourd’hui non pas seulement pour dire la condition des femmes ou le féminin. Très souvent, on constate dans les lectures que l’on fait que ce sont avant tout des voix de résistance. Ce sont des voix qui expriment la résistance contre un ordre qui a pu leur être imposé, que ce soit l’ordre patriarcal qui structure les sociétés du bassin méditerranéen et qui se retrouve, à peu de choses près, dans tous les pays de la Méditerranée. Mais elles expriment également la résistance contre le prétexte religieux qui voudrait réduire la femme à la soumission et au silence. Ces voix qui s’élèvent de part et d’autre de la Méditerranée sont des voix qui s’élèvent pour affirmer leur présence au monde, leur fonction essentielle qui est de donner la vie, mais dans toute sa splendeur.
On connaît bien les écrivains et les écrivains voyageurs de la Méditerranée. Qu’en est-il des écrivaines? Sont-elles, selon vous, reconnues au même titre que les hommes ?
Alain Quella-Villeger : Les écrivaines voyageuses ont écrit des textes au 17ème et surtout au 18ème mais celles qui sont les plus intéressantes pour nous sont celles du 19ème siècle parce qu’elles commencent à voyager seules et librement. Avant, ce sont des femmes qui accompagnaient un diplomate. Ces femmes-là décident de partir soit parce qu’elles sont journalistes, soit parce qu’elles souhaitent parcourir le monde et sont très affranchies. C’est un chantier que l’on commence à connaître. Ces textes avaient été publiés mais ils avaient été oubliés ou méprisés. Il y en a beaucoup, mais beaucoup n’ont pas donné lieu à des livres mais à des articles ou de petits reportages de voyage. Il faut souvent aller dans des journaux féminins pour retrouver ces textes auxquels on ne s’attend pas. Si on prend le cas précis des femmes qui voyagent en Turquie, elles peuvent aller dans les familles, peuvent se rendre dans un harem pour rencontrer les femmes, ce que les hommes n’ont pas le droit de faire. Elles peuvent parler d’espace auxquels les hommes traditionnellement n’ont pas accès. Elles apportent du nouveau et elles ne sont pas qu’intéressées par la vie de famille, la cuisine, mais également le féminisme et l’émancipation de la femme. A partir du moment où elles vont dans les harems elles cassent le mythe, le renversent. De ce côté-là, elles peuvent être subversives et mettre un peu de désordre dans l’Orientalisme.
Propos recueillis par Elisa Girard (http://lepetitjournal.com/istanbul.html) lundi 20 mai 2013
*Participants :
S. Seza Yilancioǧlu (Université de Galatasaray - Istanbul)
Cécile Oumhani (Écrivaine, Université de Paris-Est Créteil)
Timour Muhidine (INALCO)
Maïssa Bey (Écrivaine)
Alain Quella-Villeger (Écrivain)

vendredi 22 mars 2013

Ce soir à GALATASARAY: karaoké géant !!

Karaoké géant à l'Université Galatasaray

Thématique Communauté
Date de debut 2013.03.22
Date de fin 2013.03.22
Intro L'espace francophone de l'université de Galatasaray, par le biais de son club de rencontres franco-turques, organise en collaboration avec le club de musique de l'université un Karaoké Géant intitulé "Vive la francofolie"
Description A la fin de ce karaoké, le meilleur chanteur ou la meilleure chanteuse sera désigné(e) Mister ou Miss Francofolie Gsü 2013.
Contact
Adresse Université de Galatasaray (espace francophone)
Ciragan Caddesi
Besiktas - Istanbul

jeudi 21 mars 2013

Karaoké géant à GALATASARAY

Karaoké géant à l'Université Galatasaray

Thématique Communauté
Date de debut 2013.03.22
Date de fin 2013.03.22
Intro L'espace francophone de l'université de Galatasaray, par le biais de son club de rencontres franco-turques, organise en collaboration avec le club de musique de l'université un Karaoké Géant intitulé "Vive la francofolie"
Description A la fin de ce karaoké, le meilleur chanteur ou la meilleure chanteuse sera désigné(e) Mister ou Miss Francofolie Gsü 2013.
Contact
Adresse Université de Galatasaray (espace francophone)
Ciragan Caddesi
Besiktas - Istanbul
Lien

lundi 25 février 2013

UNIVERSITÉ DE GALATASARAY – Le rapport des pompiers sur les causes de l’incendie


Le département des pompiers de la municipalité d’Istanbul a remis ses conclusions sur l’incendie d’un bâtiment historique de l’université de Galatasaray le 22 janvier dernier. Selon ce rapport de deux pages, dont la presse turque a publié de larges extraits hier, le sinistre serait dû à un échauffement excessif des câbles électriques d’un ascenseur du bâtiment. Les pompiers ont été prévenus 22 minutes après que l’incendie a été détecté et sont intervenus en six minutes, indique encore le rapport, cité par Milliyet.
Selon le même document, à 19h15 ce jour-là, un enseignant aurait signalé à un agent de sécurité une odeur de brûlé dans le bâtiment. L’agent aurait alors constaté un départ de feu dans une pièce à l’étage et aurait tenté de l’éteindre avec un extincteur, avant d’être aidé par d’autres agents de sécurité et enseignants. Les pompiers n’auraient été prévenus qu’à 19h37 et une première équipe de la caserne de Beşiktaş serait arrivée à 19h43. Le rapport précise que les pompiers ont concentré leurs efforts sur le dernier étage et ont tout fait pour éviter que le bâtiment ne s’effondre ou que l’incendie ne se propage au lycée de Kabataş voisin. Un exemplaire du rapport a été envoyé à l’université de Galatasaray, indique le quotidien Milliyet.
Anne Andlauer (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) lundi 25 février 2013
(Re)lisez notre reportage sur la rentrée à l'université de Galatasaray la semaine dernière.

mercredi 23 janvier 2013

UNIVERSITÉ DE GALATASARAY – Spectaculaire incendie dans un bâtiment historique


Un incendie a partiellement réduit en cendres hier un bâtiment historique de l’université de Galatasaray, sans faire de victimes. Une centaine de pompiers ont lutté pendant plus de quatre heures pour maîtriser les flammes. Le sinistre serait d’origine électrique, hypothèse qu’une enquête devra toutefois vérifier.
L’incendie se serait déclaré aux alentours de 19h30, au deuxième étage d’un bâtiment réservé à l’administration et aux enseignants de plusieurs facultés. D’après les premiers constats, le sinistre serait dû à un court-circuit électrique dans le bureau d’un professeur, a indiqué le gouverneur d’Istanbul, Hüseyin Avni Mutlu, en visite sur les lieux.
Les flammes se sont rapidement propagées au toit du bâtiment historique, édifié en 1871 sous le règne du sultan Abdülaziz. Une centaine de pompiers des districts de Sarıyer, Beşiktaş, Şişli et Beyoğlu sont intervenus pendant plus de quatre heures, à l’aide de lances à eau et à mousse installées sur 47 véhicules et trois navires. Les flammes n’ont pas atteint les bâtiments voisins mais le vent et la structure en bois de l’édifice ont considérablement compliqué le travail des pompiers.
Interrogé sur l’absence d’hélicoptères dans le dispositif de secours, le gouverneur d’Istanbul a précisé que la Turquie ne disposait pas encore d’appareils capables de lutter de nuit contre un incendie, mais que la mairie d’Istanbul avait entamé des démarches pour s’en procurer.
“C’est notre histoire qui brûle”
Le sort exact du bâtiment en proie aux flammes demeurait incertain hier soir. Selon Hüseyin Avni Mutlu, le toit a complètement brûlé, le dernier étage est partiellement détruit mais le rez-de-chaussée et le premier ont été épargnés par le feu. Le professeur Ilber Ortaylı, qui avait fait don de 6.000 ouvrages à une bibliothèque du premier étage, a pourtant assuré hier que “si les livres n’ont pas été détruits par les flammes”, ils l’ont été par les tonnes d’eau déversées sur tous les étages.
Un patrimoine historique d’Istanbul ravagé par les flammes : l’image est devenue coutumière. En novembre 2010, le toit de la gare de Haydarpaşa brûlait partiellement. Le mois dernier, un bâtiment du ministère de l’Education à Cağaloğlu subissait le même sort. “Nous perdons non seulement un bâtiment dans lequel nous avons de très bons souvenirs mais c’est aussi notre histoire qui brûle”, réagissait hier soir, sur la chaine de télévision NTV, une étudiante de l’université de Galatasaray.
Anne Andlauer (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 23 janvier 2013

lundi 14 janvier 2013

RAPPEL: aujourd'hui café littéraire à Galatasaray


Café littéraire autour des problématiques de la traduction littéraire
Thématique
Date de debut 2013.01.14 18h
Date de fin 2013.01.14 00h
Intro L'Université de Galatasaray organise un café littéraire au sujet de la Traduction. La discussion sera introduite par des sketches joués par la troupe de theatre des étudiants de l'université.
Description Une grande partie de la littérature que nous lisons est une littérature traduite. En tant que Français vivant à l’étranger, nous sommes conscients des difficultés que pose le passage d’une langue à l’autre. Si la traduction a son ?mportance au quotidien, comment ne pourrait-elle ne pas en avoir en littérature, dont tout tourne autour du langage, des mots, des expressions, de la langue ?
Nous aimerions donc nous interroger sur le poids de la traduct?on en littérature, comment les deux s’influencent l’une l’autre ? Qu’en est-il de la responsabilité du traducteur ? Si nous la considérons souvent comme source de perte de sens, ne faut-il pas oublier qu’elle est un vecteur fort entre les cultures ?
Les deux écueils majeurs de la traduction sont les excès du littéralisme et ceux de l’infidélité. Il y a des traducteurs préoccupés de rester proches du texte originel, d’autres soucieux du produit de leur propre travail. Ces deux visions majeures sont à confronter lors du café.
Les premiers éléments à questionner sont d’ordre bien sur technique : la traduction c’est la manière de résoudre des problèmes culturels, de traduire l’humour, l’approximation. Mais dans les romans il y a également de la traduction technique : des voitures, des maladies, de l’architecture, de l’histoire, de la zoologie, etc. Le traducteur doit sans cesse résoudre des problèmes, trouver des équivalences aux jeux de mots. Pour les différences culturelles, le traducteur fait parfois de l’adaptation : le lecteur français ne doit pas réaliser qu’il s’agit d’une traduction, le traducteur s’écarte du texte dès lors qu’il s’agit d’une notion étrangère à la réalité française. Pourquoi une telle tradition d’adaptation s’est-elle installée ? Pourquoi n’avoir pas pris ou ne pas prendre le contre-pied, dans un effort qui tendrait presque a de la didactique sans pour autant tomber dans cet écueil ?
Mais en prenant du recul, il s’agit surtout de questionner, à travers ces éléments techniques, la question du respect du texte (pas d’omissions, pas d’ajouts). Ce principe est loin d’avoir été toujours respecté. Au XIXe siècle, les traducteurs français de littérature anglaise ne se gênaient pas pour laisser de côté ce qu’ils ne comprenaient pas ou ce qu’ils n’approuvaient pas dans les textes de leurs auteurs, non plus que pour introduire leurs réflexions personnelles et divers enjolivements. Mais, de toute manière, existe-t-il une traduction qui respecte parfaitement un texte ? Par définition, non. Comment faire pour s’en approcher ? Est-ce vraiment la question ? Ou alors doit-on défendre la survie d’un texte d’une langue a une autre et donc d’un monde à un autre au prix de certains écarts ?
Tous ces po?nts seront abordés dans le café à travers des exemples très précis de littérature française et turque, par des traducteurs de ces langues et des lecteurs de ces deux langues, confrontes -consc?emment ou non- au quot?d?en a ces quest?ons.
Un dernier po?nt ressort?ra alors forcément : aujourd’hui, pour des questions évidentes de morale, de religion et de censure, la traduction peut-elle se faire librement en Turquie ? (puisque des ouvrages complets sont même interdits). Que faut-il alors choisir ? L’absence d’ouvrage en turc parce qu’on tient à une traduction fidèle ? Ou le non-respect ou l’éloignement d’un texte pour sa publication ?
Contact lorene.barillot@gmail.com
Adresse Université de Galatasaray
Lien http://
Posté par Galatasaray

jeudi 10 janvier 2013

Avoir fait l’effort d’apprendre le français est un critère d’embauche


UNIVERSITÉ DE GALASATARAY - Jean-Jacques Paul, recteur adjoint: “Avoir fait l’effort d’apprendre le français est un critère d’embauche”

Quelques mois après sa prise de fonction, le 25 septembre dernier, le recteur adjoint de l’université de Galatasaray a reçu lepetitjournal.com d’Istanbul. Jean-Jacques Paul évoque ses priorités pour l’établissement, notamment la recherche. Il compare sa mission à celle qu’il assumait à Phnom Penh, où il était chef de projet économie-gestion à l’Université royale de Droit et de Sciences économiques. Il livre enfin ses impressions sur sa nouvelle ville d’accueil.
Lepetitjournal.com d’Istanbul : Quel a été votre parcours jusqu’au poste que vous occupez actuellement ?
Jean-Jacques Paul
(photo MD): Je suis professeur d’économie. Je viens de Dijon, de l’université de Bourgogne. Avant de partir à Phnom Penh, j’étais le doyen de la faculté de sciences économiques et de gestion. J’avais dirigé un laboratoire CNRS en économie et sociologie de l’éducation. J’ai passé quatre ans et demi à Phnom Penh. Je connaissais déjà l’Asie du sud-est, j’avais conduit des recherches au Vietnam, au Laos. J’avais aussi travaillé en Afrique francophone, en Afrique lusophone, souvent sur des missions d’un mois dans mon domaine de recherches. Bien avant cela, à la fin des années 80, j’avais connu une autre expatriation au Brésil, où j’étais resté trois années. Phnom Penh a donc été ma deuxième expatriation et j’avoue que l’expérience m’a plu, d’où mon envie de la reproduire. Quand j’ai appris que le poste de recteur adjoint de l’université de Galatasaray était vacant, j’ai candidaté et j’ai été sélectionné par le ministère des Affaires étrangères.
Connaissiez-vous déjà Istanbul et son université de Galatasaray ?
Je connaissais un peu Istanbul pour y être venu quatre jours comme touriste avec mon épouse en 1996. Je connaissais bien sûr Galatasaray de réputation. Je suis entré en contact avec Hélène Zajdela (recteur adjointe de 2007 à 2012, ndlr) dès que j’ai su que le poste se libérait. J’avais envie de connaître une nouvelle expérience dans le prolongement de la précédente, dans un pays qui m’intéressait beaucoup et dans un contexte géopolitique assez passionnant. Sans vouloir dire des banalités, il est vrai que la situation d’Istanbul, à la rencontre de différents mondes, était intéressante. Je garde encore un peu un pied en Asie.
Vous connaissiez l’université de Galatasaray “de réputation”, dites-vous. Pourriez-vous préciser ?
La réputation de Galatasaray est telle qu’elle attire de nombreux étudiants de toute la Turquie dans ses différents départements. La qualité des étudiants participe évidemment à celle de l’établissement. C’est un cercle vertueux. C’est certes plus ou moins vrai selon les départements. Si l’on en croit les rangs de classements des candidats au concours national, la faculté de droit, par exemple, fait partie des départements les plus prestigieux, tout comme la faculté de communication. Je n’ai pas encore le recul suffisant pour juger de la qualité de l’ensemble des étudiants, y compris en tant qu’enseignant puisque je donne un cours hebdomadaire à la faculté d’économie en quatrième année. Comme ils proviennent de la réforme de l’enseignement du français, nous avons mis deux promotions ensemble donc j’ai environ 70 étudiants alors que l’une des caractéristiques de Galatasaray – et c’est l’avantage d’être une université francophone – ce sont ses petits groupes de 25 ou 30 étudiants. Et puis cet établissement est plutôt un lieu stimulant, intellectuellement et géographiquement. Les enseignants français qui arrivent ici sont toujours enchantés par le lieu, ce qui participe aussi de l’attractivité de l’université – il ne faut pas s’en cacher.
Combien d’élèves avez-vous accueillis à la rentrée 2012 ?
Nous avons accueilli 400 nouveaux étudiants de licence à la rentrée 2012-2013 et comptons au total 3.790 étudiants, dont 1.250 en master et 174 en doctorat. C’est environ 1.700 de plus qu’il y a dix ans. Les cours sont assurés cette année par 231 enseignants sous contrat turc et par 40 enseignants sous contrat français.
Quelle continuité voyez-vous entre votre expérience au Cambodge et celle que vous entamez en Turquie ?
L’enjeu, pour moi, reste le même : promouvoir le français dans des pays qui ne sont pas ou plus francophones. L’anglais s’est affirmé, notamment pour les universitaires en termes de recherches. L’essentiel de la communication scientifique se fait en anglais. Individuellement ou en tant qu’université, vous êtes de plus en plus évalués sur votre production de recherches et si vous voulez publier dans des revues internationalement reconnues, il faut publier en anglais. Il y a donc des tiraillements y compris, je le vois bien, pour nos enseignants turcs qui ont fait leurs études en France, leur doctorat en France et reviennent enseigner. Mais lorsqu’il s’agira pour eux de développer des relations scientifiques, d’être présents dans des réseaux, ils utiliseront l’anglais comme nous l’utilisons nous-mêmes. Cela place un universitaire qui n’est pas francophone d’origine dans une position difficile. L’objectif ici, comme c’était le cas au Cambodge, est de produire des étudiants trilingues, qui doivent évidemment parler anglais et pour lesquels le français sera l’élément distinctif pour faciliter leur insertion professionnelle. Car du point de vue d’une entreprise, avoir fait l’effort d’apprendre le français dans un pays non francophone est le signe d’une motivation, d’une implication et c’est vraiment un critère d’embauche, au-delà du français en tant que tel.
Quels seront vos priorités à ce poste ?
J’arrive avec une certaine modestie. Je suis en poste depuis un peu plus de trois mois, je ne prétends pas connaître la Turquie et le contexte turc. Je regarde le travail réalisé par mes prédécesseurs. Ma volonté est de contribuer à développer l’université, d’en faire un établissement qui pourra continuer à concurrencer de grandes universités turques. En termes numériques, Galatasaray est une petite université, un petit îlot dans le paysage universitaire turc. L’avenir de Galatasaray se fera à travers l’excellence, qui doit s’appuyer sur l’excellence des institutions françaises. La particularité de Galatasaray est d’être portée par un consortium d’universités françaises. L’un de nos enjeux est donc la recherche. Nous n’avons pas assez de projets de recherches menés conjointement avec des universités françaises, alors que Galatasaray pourrait être un partenaire solide pour des montages de projets européens, par exemple. Or, pour l’instant, nous n’en avons pratiquement pas, certainement parce que nous sommes “petits” donc moins visibles, que nous n’avons pas d’économies d’échelle, moins de personnel pour se dédier au montage de ce genre d’activités. Et aussi, peut-être, une méconnaissance de la part de certains collègues français des possibilités de collaborations qui pourraient s’offrir à Galatasaray. Ce sera donc l’un de mes principaux dossiers. Nous cherchons également à renforcer nos liens avec les universités françaises du consortium d’appui à l’Université, avec la mise en place de diplômes français délocalisés à Galatasaray et de doubles diplômes. De même, nous souhaitons entretenir des liens dynamiques avec les entreprises, notamment françaises, en leur proposant de conduire des études en partenariat.
Pour finir, puisque vous venez d’arriver, quelles sont vos premières impressions sur Istanbul ?
A Istanbul, j’ai retrouvé Sao Paulo. Non pas, évidemment, quand je me promène sur la Corne d’Or mais dans sa banlieue, avec ses gratte-ciel, ses centres commerciaux. Ce n’est pas l’image que je me faisais d’Istanbul. Quand nous sommes arrivés du Cambodge cet été, nous avons été effarés car les Cambodgiens sont des gens très calmes, très “zen”. Ils conduisent lentement, pas très bien mais lentement. On ne s’invective jamais, on ne klaxonne jamais. Ce n’est pas le cas ici ! Les gens sont plus rapides, plus énervés… C’est sans doute le point qui m’a le plus surpris en arrivant. Mais les Turcs, évidemment, gagnent à être connus. Ils sont chaleureux, accueillants, attachants comme les Cambodgiens le sont.
Propos recueillis par Meriem Draman et Anne Andlauer (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 10 janvier 2013

dimanche 16 décembre 2012

Dernier derby de l’année ce soir entre Galatasaray et Fenerbahçe



dernier-derby-de-lannee-ce-soir-entre-galatasaray-et-fenerbahce
Les deux grands de la Super Ligue turque vont s’affronter ce soir à Istanbul.
Le dernier derby de l’année 2012 entre Galatasaray et Fenerbahçe se jouera ce soir à l’Arena Türk Telekom et sera dirigé par Halis Özkahya.
Une histoire qui dure depuis 103 années, marquées par 141 victoires de Fenerbahçe contre 118 pour Galatasaray.
Une nouvelle victoire ce soir pour Fenerbahç, permettra à l’équipe d’Aykut Kocaman de se placer en tête du classement, une position qui est actuellement occupée par Galatasaray.
Date de l'information : 16 Décembre 2012 11:50

mercredi 28 novembre 2012

“L’Europe à reculons”, une émission de France 24 consacrée à la Turquie


L’émission Europe District sur France 24 se plonge une fois par mois dans la culture et l’actualité d’un pays candidat à l’Union européenne. Samedi dernier, étape en Turquie pour six reportages, une interview du ministre des Affaires européennes et une visite intime d’Istanbul
Au menu de ces 35 minutes d’images et de rencontres tournées à Istanbul…
- Détour par Bruxelles, où la diaspora turque rêve de moins en moins d’Europe et songe à rentrer au pays.

- Détour par Bruxelles, où la diaspora turque rêve de moins en moins d’Europe et songe à rentrer au pays.
- Enfin, promenade dans Istanbul avec Levent Erden, publicitaire et présentateur d’une émission sur sa ville, francophone, qui mène la présentatrice jusqu'à son ancien lycée, celui de Galatasaray.
Partie 1 (à regarder ici):
- A l’occasion du 10 novembre, anniversaire du décès d’Atatürk, un reportage classique – dès qu’il est question de Turquie – en forme de “portrait croisé de cette Turquie religieuse et laïque”. La caméra suit deux femmes, Ülkü et Gülizar, l’une fervente kémaliste et l’autre voilée à la manière des femmes d’Anatolie. Débat sur le port du voile, sur l’islamisation ou pas de la Turquie, sur l’AKP et l’héritage d’Atatürk.
- Reportage sur la régression de la liberté d’expression en Turquie avec, entre autres, une interview de l’étudiante franco-turque Sevil Sevimli.
- Interview d’Egemen Bağış, ministre des Affaires européennes, qui répond aux critiques de la Commission européenne et lance un “appel au nouveau gouvernement français, pour qu’il améliore ses relations avec la Turquie.”
- Rencontre avec un chef d’entreprise d'Istanbul pour illustrer le développement spectaculaire, ces dernières années, de l’économie turque.
Partie 2 (à regarder ici) :
- Reportage à la frontière avec la Syrie, où plus de 120.000 réfugiés vivent actuellement dans des camps, dans l’attente que le conflit cesse.
- Coup de projecteur sur la minorité alévie, ses difficultés à se faire une place et à réclamer plus de droits aux côtés de l’Islam sunnite, majoritaire.

Vidéo de la partie 2 :
Anne Andlauer (http://www.lepetitjournal.com/istanbul.html) mercredi 28 novembre 2012

mercredi 21 mars 2012

"ma tête de turc" nouvelle pièce de théâtre


La pièce Ma tête de turc montée par les étudiants de la troupe de Galatasaray a deux objectifs : mettre en scène les préjugés afin de mieux les combattre, mais aussi échanger et partager pour mieux se connaître et défier les différences culturelles.

Mettre en scène les clichés pour mieux les dépasser. Tel est l’objectif que s’est fixé la troupe de théâtre de l’université de Galatasaray dans sa pièce Ma tête de turc, mise en scène par Ayse Garcin, professeure de littérature. Le projet réunit des étudiants turcs francophones, ainsi que des français ayant passé leur premier semestre dans le cadre du programme Erasmus à l’université de Galatasaray. Ma tête de turc débute aux cris de «leurs femmes sont toutes voilées !», «ils ne mangent que du kebab !», avant que n’arrivent d’autres protagonistes secouant chacun un petit drapeau turc.....

la suite sur : http://www.zamanfrance.fr