samedi 8 juin 2013

VIDÉO – Gezi Parkı, une petite ville dans la ville

le lien sur cette vidéo différente, sans gaz et sans bataille

http://youtu.be/Lh6k9AY04Mw
Une semaine après le début des manifestations qui continuent de tenir Istanbul et la Turquie éveillées, “l’occupation” du parc de Taksim s’organise. Tentes, “boutiques révolutionnaires” où les vivres sont distribuées gratuitement, cours de yoga, bibliothèque, infirmerie, concerts… Petit tour en musique de l’ambiance dans le parc…

Elisa Girard (http://www.lepetitjournal.com/Istanbul) vendredi 7 juin 2013

Kontraplak : le temple du vinyle à Cihangir

Le vinyle fait sensation et renait de ses cendres depuis quelques années. Okan Aydın a su pleinement exploiter ce phénomène de mode et sa passion inconditionnée pour la musique en ouvrant l’année dernière, accompagné de son frère et de son cousin, les portes de Kontraplak à Cihangir. Dans ce magasin où la musique est reine se cache un nombre impressionnant de petits bijoux musicaux neufs ou d’occasion, de t-shirts insolites, de CDs patiemment collectés par Okan Aydın. Rencontre.
Lepetitjournal.com d’Istanbul : Pourquoi avez-vous choisi d’ouvrir un magasin tel que Kontraplak?
Okan Aydın (photo EG): Les magasin a ouvert ses portes il y a un an. Avant de travailler dans l’industrie de la musique, j’ai travaillé dix ans dans l’automobile mais durant mon temps libre, j’animais des émissions de radio, faisais le DJ de temps en temps et rédigeais des critiques musicales pour quelques magasines. Quand je me suis senti prêt, j’ai décidé de faire de ma passion un métier. Les premières années je faisais essentiellement du marketing pour des festivals de musique organisés par Positif. Puis j’ai été chargé de m’occuper de leur webradio Radiobabylon ainsi que de leur magazine Babylon et de leur label Doublemoon. La musique était très présente dans ma vie mais malgré ça, je continuais à entretenir ma passion de mon côté. Quand tout ce dont j’étais chargé professionnellement a été bien établi, je me suis retiré afin de créer mon propre projet. J’étais indécis sur ce que je voulais faire mais je savais que la musique serait une des bases de ce projet.
En quoi votre magasin se démarque-t-il des autres à Istanbul?
Une des principales différences est l’ambiance. Le magasin est plus grand que les autres magasins en moyenne. Nous ne voulions pas seulement d’un grand espace, nous souhaitions que nos clients se sentent à l’aise. Une vingtaine de personnes peuvent découvrir notre sélection de vinyles et autres objets sans se gêner. Une autre différence est la qualité et la diversité des vinyles que nous offrons. Nous essayons de trouver des vinyles appartenant aux genres de la musique expérimentale. La quantité de vinyles du magasin n’est pas pharamineuse mais nous détenons des vinyles difficiles à se procurer. Des vinyles neufs et d’occasions se mélangent dans les bacs. Nous essayons aussi de rentrer en contact avec les artistes, distributeurs locaux et des labels européens. La dernière différence est que nous essayons de rester en contact avec nos clients et de penser qu’ils peuvent nous apprendre énormément.
Comment faites-vous votre sélection ?
C’est certain que nos goûts influencent notre sélection. Mais petit à petit, notre sélection se diversifie et s’élargit. Par exemple au départ nous avions seulement un bac de vinyle de jazz, nous en proposons maintenant quatre. Nous ne voulons pas être associé à un style musical en particulier. Encore une fois, nous voulons nous procurer ce qui n’est pas accessible ailleurs. C’est pour ça que nous nous mettons à jour avec ce qui se passe. Nous achetons nos vinyles un peu partout pour avoir un éventail de vinyles plus hétérogène. Dans le magasin, il n’y a pas seulement des vinyles, il y a également des CDs, des t-shirts, des platines... Ce choix va encore s’étendre d’ici quelques mois.
Pourquoi acheter des vinyles est-il devenu populaire de nos jours?
L’année dernière les principaux revenus des maisons de disques venaient principalement de la vente de vinyles. Plusieurs raisons expliquent cela. Tout le monde sait que la qualité sonore n’est pas comparable au son MP3 ou à celui des CDs. C’est vrai aussi qu’avoir un vinyle entre les mains est beaucoup plus agréable. L’objet relève plus de l’œuvre d’art que d’un simple objet. Le vinyle est un objet collector qui a une histoire. Dans le magasin, les vinyles ont chacun une sorte de carte d’identité.
Qui sont vos clients?
La majorité de nos clients ont entre 25 et 40 ans. Il y a autant de femmes que d’hommes qui fréquentent notre magasin. Plus de mille personnes ont aimé notre page sur Facebook. Certains clients viennent assez souvent nous rendre visite, parlent avec nous et achètent régulièrement un ou deux vinyles. D’autres clients viennent occasionnellement et achètent une dizaine voire une vingtaine de vinyles d’un coup. Les touristes représentent un cinquième de nos clients. Il achètent des CDs ou cherchent des groupes locaux.
Propos recueillis par Elisa Girard (http://www.lepetitjournal.com/Istanbul) vendredi 7 juin 2013
Kontraplak




Tomtom Mah. Yeni Çarşı Cad. 60/A
34433 Beyoğlu – İstanbul, Turkey
http://www.kontrarecords.com

vendredi 7 juin 2013

Projet immobilier de Taksim: RT ERDOGAN n'entend pas céder

RETOUR D'ERDOĞAN EN TURQUIE - "Nous mènerons ce projet à son terme"

Revenu dans la nuit de sa tournée dans les pays du Maghreb, Recep Tayyip Erdoğan a une fois de plus affiché jeudi sa fermeté, affirmant qu'il maintiendrait le projet de réaménagement du parc de Taksim. Le Premier ministre turc a ajouté que la contestation qui secoue son pays depuis une semaine était "instrumentalisée par des groupes extrémistes, notamment le Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C). "Des partisans de cette organisation terroriste étaient présents sur la place [Taksim]", a-t-il déclaré aux journalistes. Le groupuscule d'extrême gauche avait notamment revendiqué l'attentat perpétré contre l'ambassade des Etats-Unis à Ankara, au mois de février dernier. A son arrivée à l'aéroport d'Istanbul, accueilli par des milliers de ses partisans criant "Allons-y, écrasons-les tous!", le Premier ministre a prononcé un discours particulièrement offensif, appelant à l'arrêt "immédiat" des manifestations composées, selon lui, "d'anarchistes" et "d'extrémistes"
Le retour d'Erdoğan en Turquie survient alors que la chaîne de télévision NTV a annoncé hier la mort d'un policier à Adana, une ville du sud du pays. Le policier -- qualifié de "martyr" par le Premier ministre -- poursuivait un groupe de manifestants, dans la journée de mercredi, lorsqu'il a chuté d'un pont en construction. Transporté d'urgence à l'hôpital, il n'a pu être sauvé par les médecins. Ce nouvel incident porte à trois le nombre de décès enregistrés depuis le début des manifestations, auxquels s'ajoutent plus de 4.000 blessés selon les ONG de médecins.

Jonathan Grimmer (http://www.lepetitjournal.com/Istanbul) vendredi 7 juin 2013

jeudi 6 juin 2013

Türkçe Olimpiyatları'nın Kayseri ayağına vatandaş büyük ilgi gösterdi.

50 bin kişi izledi
04 Haziran 2013 Salı 06:28

50 bin kişi izledi
Bu yıl 'Evrensel Barışa Doğru' sloganıyla düzenlenen 11. Uluslararası Dil ve Kültür Festivali'nin Kayseri ayağı Kadir Has Stadı'nda gerçekleştirildi.
Günler önceden yapılan hazırlıklar dün akşam meyvelerini verdi. 40 ülkeden gelen 200'ün üzerinde yabancı öğrenci Türkçe şarkı ve türkü seslendirdi.
Tribünleri dolduran yaklaşık 50 bin davetli de şarkı ve türkülere eşlik etti.
Enerji ve Tabii Kaynaklar Bakanı Taner Yıldız, en önemli yatırımın eğitime yapılan yatırım olduğunu söyledi. Bu organizasyonu gerçekleştiren ve emeği geçen herkesi kutladığını belirten Yıldız, "Biraz önce izledik, dünyanın dört bir tarafından gelen gençlerimiz, Türkiye'nin doğusundan batısına kuzeyinden güneyine varıncaya kadar birçok yöremizin seslerini buraya taşıdılar" dedi.
Organizayonun Denizli ayağında ise stat doldu taştı.
15 bin kişilik stadın içine 14 bin sandalye daha getirildi.
Statta bütün koltuklarla birlikte merdivenler ve bütün boşluklar dolduruldu.
40 binden fazla kişinin izlediği tahmin edilen etkinlikte yer bulmayan binlerce kişi İncilipınar ve Adliye parkı gibi muhtelif yerlere kurulan dev ekranlarda şöleni izleme imkânı buldu.

EVERYDAY I'M ÇAPULING – Le slogan de la place Taksim (vidéo)

Qui a dit que les manifestants de Taksim et d’ailleurs manquaient d’humour ? Une vidéo satirique fait le tour des réseaux sociaux turcs depuis hier… et prouve le contraire.
Après s'être excusé mardi pour les violences policières des premières manifestations, le vice-premier ministre Bülent Arınç a rencontré hier une délégation de manifestants opposés à la destruction du parc de Taksim, auquel les autorités turques souhaitent substituer d’anciennes casernes ottomanes. Au cours de la rencontre, les leaders de la contestation ont aussi demandé à ce que les forces de l'ordre cessent l'utilisation des gaz lacrymogènes et les brutalités contre les protestataires.
Avant de partir quatre jours au Maghreb, loin de l'esprit d'apaisement affiché par Bülent Arınç, Recep Tayyip Erdoğan avait qualifié ces derniers de “çapul”, c'est-à-dire de voyous, vandales. En réponse, les opposants de Taksim ont anglicisé le terme et ont en fait un slogan, Everyday I'm Çapuling!, immortalisé dans une vidéo qui laisse entrevoir l'enthousiasme et la joyeuse atmosphère qui entourent aussi la contestation. Le néologisme a d’ailleurs rencontré un tel succès qu'on peut maintenant trouver sa définition sur l'encyclopédie numérique Wikipedia.

Jonathan Grimmer (http://lepetitjournal.com/istanbul.html) jeudi 6 juin 2013

MANIFESTATIONS – Sept étrangers arrêtés en Turquie, dont deux Françaises

Sept étrangers ont été arrêtés dans les troubles consécutifs aux manifestations antigouvernementales des derniers jours, dont six à Istanbul, ont confirmé les autorités. Aucun d’eux ne portait un passeport diplomatique, contrairement à ce qu’affirmaient plusieurs médias jeudi. Parmi les sept étrangers, deux sont de nationalité française.
Lorraine Klein, étudiante de 21 ans en Master 1 communication à l’université de Galatasaray, et une autre Française, volontaire pour la Fondation turque pour l’éducation (TEV), ont été arrêtées cette semaine et placées en centre de rétention dans l’attente d’une décision.
Photo LPJ
Le ministre de l’Intérieur, Muammer Güler, a précisé jeudi que “deux Français, un Grec, un Allemand, un Américain et deux Iraniens” avaient été placés en garde à vue. "Six (étrangers) ont été traduits devant le procureur et un est en état d'arrestation", annonçait un peu plus tôt le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan.
Jeudi midi, lepetitjournal.com d’Istanbul a pu joindre par téléphone Lorraine Klein, détenue au centre des étrangers de Kumkapı. Voici son récit des événements :
“Je souhaitais écrire quelque chose sur les manifestations et je réalisais donc des photos et des interviews depuis quelques jours. Je n’étais pas là pour manifester. Mardi vers 1h30 du matin, j’étais en haut du stade de Beşiktaş, à Gümüşsuyu. Les manifestants avaient construit neuf barricades et j’avais commencé à photographier les barricades. Deux minutes après mon arrivée, la police a lancé des grenades lacrymogènes et sans que j’aie le temps de comprendre ce qui se passait, j’ai été arrêtée au niveau de l’Istanbul Teknik Üniversitesi. Tout s’est passé très vite. J’ai crié en anglais au policier. J’ai reçu quelques coups sur le chemin. On m’a d’abord emmenée dans un hôpital pour faire un contrôle. Il y avait trois hommes médecins qui ne parlaient que turc. Je n’ai pas pu montrer mes blessures. J’ai dit que j’avais mal à la tête. J’ai aussi été frappée aux jambes et j’ai reçu des coups de pied aux fesses.
Puis j’ai été emmenée à la direction de la police à Vatan. J’ai donné mes affaires et quelques renseignements, puis je suis retournée à l’hôpital pour un nouveau contrôle. J’ai ensuite à nouveau été emmenée à Vatan, où on a pris mes empreintes et on m’a placée en détention. J’ai passé la nuit de mardi à mercredi à Vatan.
Mercredi matin vers 11h, j’ai été emmenée au tribunal. J’ai été présentée à un procureur qui a recueilli mon témoignage vers 17h, en présence de deux avocats, l’un francophone et l’autre anglophone. Puis j’ai attendu avec une centaine de personnes, tous Turcs, jusqu’à 21h environ. Ensuite, toutes les personnes qui étaient avec moi ont été relâchées mais j’ai été emmenée d’abord au centre de Vatan puis au centre de rétention de Kumkapı, où j’ai passé la nuit de mercredi à jeudi. J’y suis toujours en ce moment. Je suis bien traitée, j’ai pu parler à ma famille. Je ne sais pas encore quelle décision a été prise à mon sujet.”
Lorraine Klein reste détenue au centre de Kumkapı, le temps que la direction générale de la sécurité à Ankara analyse son dossier et décide de son sort. “Normalement, un ordre de remise en liberté devrait intervenir dans les prochaines heures”, explique son avocate Ayşegül Tansen, qui juge “peu probable” son expulsion du territoire. Jean-Jacques Paul, recteur adjoint de l'université de Galatasaray, où étudie la jeune femme, la décrit comme "une étudiante sérieuse, dont on souhaite la prolongation du séjour en Turquie."
L’autre Française en garde à vue, une volontaire pour la Fondation turque pour l’éducation (TEV), a été arrêtée dans la nuit de mardi à mercredi, a indiqué le Consulat général de France à Istanbul. “Elle était présente en Turquie dans le cadre d’un projet de l’Union européenne et j’ai déjà fourni au dossier un document le prouvant”, précise l’avocate Ayşegül Tansen, qui attend son arrivée d'un moment à l'autre au centre de Kumkapı. Ayşegül Tansen espère là encore une remise en liberté rapide ou “après le week-end” pour la Française.
Anne Andlauer (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 6 juin 2013

PAROLE AUX JOURNALISTES TURCS – Que pensent-ils de la couverture médiatique des manifestations ?

Le 31 mai, alors que la place Taksim et les rues alentours suffoquaient sous l’effet des gaz lacrymogènes et que des milliers de personnes scandaient “Tayyip démission !”, la quasi totalité des chaînes de télévision turques continuaient de diffuser leurs programmes habituels, documentaires animaliers compris. Ce quasi black-out médiatique, timidement corrigé par certaines chaînes depuis, a provoqué la colère d’une partie de la foule qui s’en est prise aux rares véhicules de télévision apparus sur la place. Lepetitjournal.com d’Istanbul a interrogé quelques journalistes présents à Taksim hier.
Ertuğrul, documentariste pour la chaîne Birgün
“Je suis ici depuis le 31 mai et ce que je constate, c’est qu’il n’y avait aucune des grandes chaînes de télévision nationale. En vérité, je ne suis pas surpris. Il y a tellement de pressions sur les médias de la part du parti AKP… De la censure bien sûr mais aussi une pression économique très forte. Beaucoup de journalistes ont été emprisonnés... Le directeur de la chaîne NTV s’est excusé mardi du manque de couverture médiatique, mais je pense que c’est un mensonge. Vous les voyez quelque part ?”
Aslı, journaliste pour le quotidien Hürriyet
“Cela fait neuf jours que je traite les événements du Gezi Parkı. Je pense que la couverture médiatique par les grands médias nationaux est dramatique. CNN Türk et NTV ne sont pas présents. Et c’est devenu un grave problème. Maintenant, les jeunes haïssent ces grandes chaînes télévisées. C’est un temps difficile pour nous, journalistes turcs, car si les jeunes n’ont plus confiance en leurs médias, le changement ne pourra pas se faire entièrement. ”
Erkan, photographe freelance
“Il est clair que 90% des médias turcs sont contrôlés par le gouvernement. L’AKP ne veut pas entendre parler de l’opposition car elle risquerait de fâcher les grandes entreprises et donc de réduire le financement de certains budgets, des chaînes télévisées par exemple. Mais aujourd’hui, toutes les chaines et journaux sont présents, les principaux, les plus marginaux comme les freelance. ”
Ibrahim, journaliste freelance sur Youtube
“La couverture médiatique des événements est abominable ! Le gouvernement a beaucoup trop de pouvoir sur les médias. Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire. Heureusement, il y a les réseaux sociaux. Sans ça je ne pourrais pas faire mon travail. ”
Taygun, cameraman pour POW films
“Ce que je pense de la couverture médiatique turque ? C’est évident ! Regardez autour de vous ! Les médias turcs ont commencé a parler des événements mais c’est tout récent et ils sont loin de tout montrer. C est dramatique ! ”
Deniz, photographe freelance
“Enfin les grandes chaînes commencent à parler de ce qui se passe ici ! Ils ne disent pas tout évidemment mais ils sont la parce que les manifestants sont tellement nombreux qu’ils ne pouvaient pas rester silencieux indéfiniment. Au final, tout est une affaire de pression. ”
Journaliste de Kanal A qui a souhaité rester anonyme
“La Turquie est un pays démocratique. Les médias font leur boulot. ”
Makbule, reporter pour Halk Tv
“Halk Tv est la seule chaîne en qui les gens ont confiance maintenant. Et je suis la seule journaliste sur le terrain d’Halk Tv à Istanbul, vous imaginez la pression ? Quand je vais les interviewer, ils me demandent une preuve comme quoi je suis bien journaliste à Halk Tv. Oui, notre chaîne est contre le gouvernement et financée en partie par le CHP (Parti Républicain du peuple, ndlr) et en cela elle n’est peut être pas totalement neutre. Mais je pense sincèrement être la seule reporter à Istanbul qui jouit d’une aussi grande liberté dans son travail. Je ne blâme pas les autres chaînes télévisées, elles subissent une pression impitoyable de la part d’Erdoğan. ”
Propos recueillis par Diane Jean (http://lepetitjournal.com/istanbul.html) jeudi 6 juin 2013
Rush sur les réseaux sociaux
Cette autocensure médiatique, régulièrement pointée du doigt avant même le début de la contestation, n’a pas échappé aux autorités européennes. Sur son compte Twitter lundi, le commissaire à l’Elargissement Stefan Füle appelait la Turquie à “restaurer la liberté des médias”. La presse écrite et télévisée du pays est connue pour appartenir à de grands groupes, qui eux-mêmes disposent de peu d’indépendance à l’égard du pouvoir politique.
Avides d’informations, les Turcs se sont repliés sur les réseaux sociaux, en particulier sur Twitter. Le premier jour des violences, le blog spécialisé Web3lab faisait état de 5000 tweets et retweets par heure dans un rayon d’un kilomètre autour de la place Taksim. Les mots clés comprenant “gezi”, du nom du parc à l’origine de la mobilisation, ont suscité en quelques heures des centaines de milliers de messages sur ce réseau social.
Ils ont aussi contribué à la propagation de dizaines de rumeurs et de photomontages: des hélicoptères de la police auraient aspergé les manifestants de gaz lacrymogènes, des milliers de policiers auraient rendu leur uniforme en signe de solidarité tandis que d’autres auraient utilisé des balles réelles contre les protestataires. Les réseaux sociaux ont enfin été mis à profit pour organiser la solidarité et diffuser, par exemple, les coordonnées de médecins volontaires ou les adresses où se procurer des masques à