lundi 1 juillet 2013


Sıra dışı yerler
Fransa`daki Saint Michel d`Aiguilhe adlı kayalık 85 metre yükseklikte ve 268 taş basamaktan geçerek tepeye ulaşılıyor.
Kategori : Yaşam
Tarih : 30.06.2013
parue sur TRT

1700 yıllık tarihi İncil ele geçirildi

Tarihi öneme sahip İncil, ceylan derisine yazılmış.

30 Haziran 2013 Pazar 16:04

1700 yıllık tarihi İncil ele geçirildi
Tekirdağ'da Jandarma´nın düzenlediği operasyonda, 1700 yıllık ceylan derisi üzerine yazılmış İncil olduğu değerlendirilen tarihi eser ele geçirildi.
İl Jandarma Komutanlığı´ndan yapılan yazılı açıklamada, Kaçakçılık ve Organize Suçlarla Mücadele Şube Müdürlüğü´nce yapılan takip sonucu, G.D isimli kişinin satmaya çalıştığı, 1700 yıllık Suriye menşeli ceylan derisi üzerine Aramice yazılmış 17 yapraktan oluşan ve İncil olduğu değerlendirilen tarihi eserin ele geçirildiği belirtildi.
Şüphelinin, savcının talimatıyla ifadesi alınarak serbest bırakıldığı ve ele geçirilen tarihi eserin Tekirdağ Müze Müdürlüğü'ne teslim edildiği kaydedildi.

RÉCOMPENSÉE - Une adolescente turque crée du plastique avec de la peau de banane

Une Stambouliote de 16 ans a mis au point un procédé permettant de fabriquer du bioplastique à partir d'une simple peau de banane. Une ingéniosité qui vient d'être récompensée par un prix de 50.000 dollars.
Istanbul tient-elle la Marie Curie de demain ? A l'âge où nombre de ses congénères éprouvent les pires difficultés à résoudre la moindre équation mathématique, une jeune Stambouliote de 16 ans, Elif Bilgin, a trouvé le moyen de créer un isolant plastique écologique, à partir d'une simple peau de banane.
Photo Flickr/CC/Trophee
Habituellement, le plastique est créé à partir de combustibles fossiles, du pétrole la plupart du temps. Ce qui fait de son processus de fabrication une source importante d'émission de gaz à effet de serre. En outre, le plastique est une matière peu, voire non biodégradable, dont les scientifiques s'accordent à dire qu'il a un impact très néfaste sur l'environnement. La découverte d'Elif Bilgin est donc tout sauf anecdotique.
Des travaux débutés à 14 ans
L'adolescente, pour qui la “science est une vocation“, n'avait que 14 ans lorsqu'elle a débuté ses travaux. Au cours de ses recherches, elle a découvert que la peau de mangue était déjà utilisée par certaines industries pour créer du bioplastique. De là est née son idée d'utiliser de la peau de banane. Mais tout n'a pas été simple. Elif Bilgin a procédé à une dizaine d'essais infructueux avant de parvenir à son but. “Même Thomas Edison disait, ‘je n'ai pas échoué. J'ai juste trouvé 10.000 façons de faire qui ne fonctionnent pas“, confie-elle à la revue Scientific American, qui ne tarit pas d'éloges à son égard. “Nous admirons sa perséverance. Cette qualité va lui permettre de tirer profit du prix qu'elle a reçu -"le prix Science in Action"- en l'encourageant davantage dans son travail“ écrit la rédactrice en chef du magazine.
Jeudi dernier, la revue de vulgarisation scientifique a en effet décidé de lui octroyer une bourse de 50.000 dollars (96.000 livres turques), et de lui permettre de participer au concours pour jeunes scientifiques organisé par Google, au mois de septembre prochain. “Pour moi, ça signifie que mon projet peut potentiellement devenir une solution au problème de pollution causé par le plastique fabriqué avec du pétrole”, s'enthousiasme la lycéenne.
Une adolescente comme les autres
L'interview publiée dans Scientific American dresse le profil d'une adolescente comme les autres, loin du cliché de “l'inthello binoclarde“ passant l'essentiel de son temps dans un obscur laboratoire de recherche. Capitaine de son équipe de volleyball, fan de Coldplay, la jeune fille considère que l'Ipod, le bijou technologique de Steve Jobs, constitue la plus grande invention des dix dernières années. “Comme beaucoup d'ados“, ajoute-t-elle. Sous son joli minois, on devine aussi un altruisme sincère. Ainsi, quand on lui demande quelle découverte elle aurait aimé effectuer 100 ans avant les autres, elle répond : “J'aurais aimé découvrir le traitement pour le choléra, un fléau qui a tué des milliers de personnes depuis son apparition, en 1817. Le traitement pour le choléra a été mis au point en 1912, et il est devenu très facile à utiliser depuis. Cette découverte [avant l'heure] aurait sauvé beaucoup de vies.“
Jonathan Grimmer (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) lundi 1er juillet 2013

LGBT ISTANBUL - Une Gay Pride très Gezi

A l’appel des associations LGBT, des milliers de manifestants sont venus battre les pavés d’Istanbul pour la 11ème Gay Pride. Mais cette année, la marche avait un parfum de Gezi.
Rainbows flags, pancartes et perruques ont envahi la place Taskim une nouvelle fois hier. Depuis 2003, la grande marche est une tradition. Après s’être rassemblés sur la fameuse place les manifestants ont remonté l’avenue Istiklal jusqu’à Tünel. C’est ainsi que s’est achevée la semaine de la Gay Pride stambouliote débutée une semaine plus tôt avec la Trans Pride.
Dénoncer et combattre l’homophobie ambiante, lutter pour la reconnaissance et l’obtention des droits des homosexuels, lutter pour la condamnation des crimes commis à l’envers des membres de la communauté LGBT… constituent le leit motiv de la Gay Pride.
Photo FF
Manifester pour plus de droits
“Il était important d’être là aujourd’hui pour de nombreuses raisons, confie Arzu 26 ans et ingénieur. Je suis lesbienne et même si je ne suis pas directement victime de discriminations, beaucoup de mes amis le sont. Nous revendiquons le droit d’être reconnus comme des citoyens à part entière par les institutions turques. Cela passe aussi par le droit à une union légale parce que sans cela nous ne pouvons envisager notre avenir sereinement. Mais la première des discriminations vient de la famille. Lorsqu’un homosexuel fait son coming out, il est souvent rejeté par les siens.”
Faire comprendre et accepter son homosexualité à sa famille constitue souvent l’étape la plus difficile. Certains choisissent alors de découvrir leur sexualité avant d’en parler à leur entourage. C’est le cas Yiğit, un infographiste de 25 ans : “J’ai fait mon coming out l’année dernière. Mais pour l’instant, cela reste un secret. Ma famille n’est pas au courant. Je pense que ma mère et ma soeur comprendraient. Je leur dirai sûrement un jour. Mais pour l’instant j’ai besoin de me connaître moi-même, de découvrir ma sexualité. Et c’est avant tout personnel.”

Un parfum de Gezi
En plus des membres de la communauté LGBT, des centaines d’hétéros ont rejoint le cortège hier. Les manifestants du mouvement du parc Gezi ont montré leur solidarité à cette marche. Les LGBT avaient eux-mêmes été très présents au cours de l’occupation du parc Gezi.
Photo FF
Slogans et bannières rappelaient les dernières semaines de manifestations. “La révolution est partout. Taksim est partout” scandaient-ils en cœur. Parmi eux, certains députés du principal parti d’opposition, le CHP (Parti républicain du peuple). Le nom de Medeni Yıldırım, tué samedi à Lice (Diyarbakır), a aussi résonné pendant la marche.
Aysun, 26 ans, travaille dans une galerie d’Art. Moustache dessinée au crayon, elle se tient au milieu du cortège : “Je n’ai pas besoin d’être homo pour être là aujourd’hui. Je manifeste pour les droits des LGBT comme pour tous les autres. Il s’agit des droits de l’Homme”.
Pour un aperçu de l'ambiance, voici notre vidéo:

Fanny Fontan (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) lundi 1er juillet 2013

TAKSİM – Dix mille personnes sur la place samedi soir

Ce samedi, dix mille manifestants se sont de nouveau rassemblés pour marcher vers la place Taksim. Un mois après, la fronde antigouvernementale fait toujours l'objet d'une importante mobilisation.
Dans la pénombre, le cortège parti de Galatasaray a abordé la place Taksim vers 19h sous les applaudissements des manifestants. “Tayyip démission!”, le slogan devenu hymne résonne dans l'avenue Istiklâl. Bannières et drapeaux hissés, toutes les sensibilités qui avaient occupé le parc de Taksim il y a quinze jours sont là pour porter leurs couleurs. La majorité demande “le procès de la police” suite à la mort du jeune Ethem Sarısülük, qui avait provoqué une nouvelle vague de manifestations intitulée #düşenadam (l'homme qui tombe) quelques jours auparavant.
Taksim samedi soir (photo CC)
Le rassemblement visait aussi a dénoncer la mort d'un manifestant samedi à Lice, dans la province de Diyarbakır, dans le sud-est du pays. Hüseyin Çelik, le porte-parole de l'AKP (Parti de la justice et du développement) au pouvoir, avait qualifié vendredi soir sur Twitter l'incident de “version kurde du mouvement Gezi”.
Pas de gaz lacrymogènes, pas de canons à eau à Taksim...
A l'entrée de la place Taksim vers 18h, une dizaine de jeunes se sont livrés à une bataille d'eau, armés de pistolets en plastique. Le jeu n'a duré que quelques minutes mais n'était pas anodin. Il visait à dénoncer l'usage jugé abusif des canons à eau pendant les manifestations, et l'acidité de la solution qu'ils projettent. Les contestatires ont ensuite scandé: “Ne tirez pas sur la paix!”
Le Monument de la République était gardé par la police qui formait un solide et imposant cordon de casques blancs et de boucliers. Les forces de l'ordre ont fait reculer les protestataires sans incident majeur. La réponse policière de samedi soir a revêtu un degré de violence minime par rapport aux précédentes interventions, violence que les manifestants et les organisations non-gouvernementales (ONG) de défense des droits de l'Homme ont dénoncé à plusieurs reprises. A l'inverse, à Ankara, la police a dispersé les quelque 250 manifestants présents dans le parc de Kurtuluş à coup de gaz lacrymogènes.
...mais une dizaine d'arrestations
Jeudi dernier, le ministère de l'Intérieur avait demandé aux forces de l'ordre de prendre des mesures alternatives en limitant les tirs de gaz lacrymogènes. Parmi les recommendations, les autorités conseillent notamment de procéder à davantage d'interpellations.
D'après le Hürriyet Daily News, les forces de l'ordre ont arrêté samedi sur la place une dizaine de personnes pour les mettre en garde à vue, dont une journaliste suédoise. La jeune femme serait pour l'instant détenue au commissariat de Vatan, d'après le journal européen anglophone The Local. Aucune information précise sur le nombre exact de gardés à vue n'a été communiquée. Selon les derniers chiffres de l'Association des médecins turcs (TTB) datant du 24 juin dernier, le bilan humain de la contestation en Turquie s'élève à ce jour à 8.038 blessés et quatre morts, parmi lesquels trois contestataires et un officier de police.
En arrière plan des manifestations, le parc Gezi de Taksim a été entièrement refleuri par les employés municipaux. En fin de semaine dernière, le gouverneur d'Istanbul Hüseyin Avni Mutlu a annoncé sa réouverture prochaine. “Les travaux seront terminés dans les prochains jours, et le parc sera de nouveau ouvert au public”, a t-il déclaré à la presse jeudi dernier.
Diane Jean (http://lepetitjournal.com/istanbul) lundi 1er juillet 2013

dimanche 30 juin 2013

TURQUIE-PKK – Où en est le processus de paix ? Sept clés pour comprendre

Après 30 ans de guerre, des négociations de paix sont en cours entre les autorités turques et Abdullah Öcalan, le chef emprisonné à perpétuité du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Reléguées au second plan de l'actualité ces dernières semaines, où en sont les négociations ? Voici sept points pour comprendre ce qu'il se passe.
1. Un processus en trois étapes ? - Les combattants du PKK ont commencé à se retirer le 8 mai dernier vers leurs bases du nord de l'Irak. Cette phase constituerait le premier acte de l'accord tacite passé entre le chef du PKK et Ankara pour un règlement du conflit, après l'appel au cessez-le-feu et au retrait lancé par Abdullah Öcalan le 21 mars dernier. D'après le BDP (Parti pour la paix et la démocratie, pro-kurde), si les négociations suivent leur cours et que des réformes sont bel et bien engagées par le gouvernement (deuxième étape), le processus de paix serait entériné par un troisième chapitre : l'abandon définitif des armes par le PKK, qui signerait la fin de 30 années de guerre.
2. Les réformes, condition de la réussite du processus – La semaine dernière, l'un des coprésidents du BDP, Selahattin Demirtaş, a fait part de son impatience. Il a appelé le gouvernement à honorer sa “part du contrat” en engageant des réformes avant la fin de l'été. Parmi elles, des amendements au code pénal et aux lois sur les élections pour favoriser la représentation de la minorité kurde au parlement, le droit à l'éducation en langue kurde ainsi qu'une forme d'autonomie régionale sont jugées prioritaires. Les semaines passées, les autorités turques semblent surtout s'être focalisées sur la fronde antigouvernementale qui secoue le pays depuis un mois. Selahattin Demirtaş a indiqué s'attendre dans les prochains jours à des “annonces” du gouvernement, sans qu'aucune confirmation officielle n'intervienne.
3. Les acteurs du processus – Mercredi, la délégation des “Sages (photo de gauche, site officiel du Premier ministre) a remis son rapport au Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan, principal interlocuteur des négociations avec Hakan Fidan, le chef des services de renseignement turcs. Depuis deux mois, ces 63 intellectuels, membres d'ONG et personnalités, ont parcouru les 81 provinces du pays pour recueillir les souhaits et les craintes de la population concernant les négociations en cours. Les revendications du PKK, formulées par Abdullah Öcalan sur l'île d'İmralı, en mer de Marmara, sont relayées par les représentants du BDP, en particulier par Selahattin Demirtaş et le député Pervin Buldan, qui lui ont rendu visite à plusieurs reprises ces dernières semaines et mardi dernier encore. Dans son dernier message, Abdullah Öcalan s'est dit convaincu que “malgré certaines obstructions (...) nous parviendrons au but”.
4. Les inquiétudes des derniers jours - Mercredi, le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan a déclaré insuffisant le retrait des rebelles du PKK du territoire turc, dont le gouvernement estime qu'il concerne pour l'instant 15% des combattants. Il a ajouté qu'il était “hors de question de réduire le seuil des 10%” permettant à un parti politique d'accéder aux sièges de l'Assemblée nationale. Suite à cette déclaration, Murat Karayılan, chef militaire du PKK basé en Irak du Nord, a accusé les autorités de saboter le processus de paix. Le même jour, le responsable d'une base militaire de l'est de la Turquie a été kidnappé par des militants liés au PKK, d'après l'agence de presse Doğan. Cet incident est le quatrième recensé par l'armée turque depuis la proclamation unilatérale du cessez-le-feu. La semaine dernière, un hélicoptère militaire avait essuyé des coups de feu attribués par Ankara au PKK à Yüksekova, dans le sud-est de la Turquie. Deux ouvriers avaient été kidnappés par le PKK le 23 juin à Bitlis, avant d'être libérés hier. Hier encore, un membre des "forces de sécurité", selon l'agence Anatolie, a été blessé dans une opération à Cizre. Sept personnes ont été placées en garde à vue. Ces incidents ont ravivé les craintes d'un “sabotage” du processus, alors qu'aucune victime d'affrontements entre l'armée et le PKK n'est à déplorer depuis le début des négociation.
5. La “double exigence” du processus de paix – Jonathan Powell, diplomate britannique et figure clé des pourparlers de paix en Irlande du Nord sous le gouvernement de Tony Blair, s'est rendu à Ankara en début de semaine pour partager son expérience des techniques de négociation. Selon lui, “l'un des points qui inquiète les hommes politiques, c'est qu'en réalité ils font face à deux audiences. Parfois ils considèrent uniquement les revendications de ceux qui se tiennent en face d'eux (les représentants du PKK, ndlr), mais il y a aussi une communauté entière (les Kurdes, ndlr) qui doit être inclus dans ce processus de paix.”
6. L'opinion publique en Turquie – D'après un sondage réalisé au printemps dernier par le GENAR, centre de recherche et cabinet de conseil turc indépendant,environ 90% de la population en Turquie approuve la résolution de la question kurde par le biais de négociations. Cependant, une frange non-négligeable de l'opinion du pays reste catégoriquement opposée aux discussions engagées par le gouvernement avec le chef du PKK, Abdullah Öcalan, largement considéré comme un "terroriste".
7. Un conflit qui dure depuis bientôt 30 ans – La conflit entre l'armée et le PKK aurait couté la vie 40.000 personnes depuis 1984. Initialement, le PKK souhaitait l'indépendance d'un territoire doté d'une population à majorité kurde. Depuis l'arrivée au pouvoir de l'AKP (Parti de la justice et du développement), des concessions ont été faites de la part des deux camps pour aboutir à la paix.L'ancien chef de cabinet de Tony Blair, Jonathan Powell, pressait cette semaine pour des solutions concrètes et imminentes, estimant que “si le laps de temps entre le cessez-le-feu et les négociations se révèle trop long, il se peut que cela tourne mal.”
Diane Jean (http://lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 28 mai 2013

ÉTUDIANTS TURCS EN ÉCHANGE ERASMUS – Pourquoi la France ?

Les jardins du Palais de France d'Istanbul accueillaient mercredi plusieurs dizaines d'étudiants turcs. Tous s'apprêtent à faire leur valise pour une année ou quelques mois d'études en France. Lepetitjournal.com d'Istanbul donne la parole à quelques-uns d'entre eux.
Depuis sa création en 1987, le programme d'échanges Erasmus a ouvert à plus de deux millions de jeunes les frontières de l'Europe et les portes de ses meilleures universités. La Turquie a rejoint l'aventure il y a une dizaine d'années et 90.000 de ses étudiants en ont déjà bénéficié. Parmi eux, 360 élèves issus de la région de Marmara ont choisi la France pour la rentrée 2013, contre 90 en 2004. “Grâce à vous, cette année, la Turquie sera présente dans 16 des 22 régions de la France métropolitaine”, a salué le Consul général de France à Istanbul, Hervé Magro (photo de gauche, AA), lors d'une soirée organisée par Campus France. Cette diversité régionale est “le reflet de la richesse des échanges entre les universités françaises et turques mais aussi le signe qu'il y a d'autres endroits en France que Paris pour faire de belles et de grandes études”, a insisté Hervé Magro, qui quittera Istanbul à la fin de l'été pour rejoindre Jérusalem en tant que Consul général de France en relation avec l’Autorité palestinienne.
L'université de Galatasaray reste “championne” de ces échanges franco-turcs : elle enverra 105 élèves en France en 2013-2014. Elle recevra dans le même temps 124 des 288 jeunes Français ayant fait le choix de la Turquie. “Il faut aussi savoir que ces échanges s'opèrent grâce à 600 conventions bilatérales entre 250 établissements français et 75 universités turques à Istanbul, Ankara et ailleurs”, a précisé le Consul général au cours de cette soirée dans les jardins du Palais de France.
Begüm Kulumbur, 22 ans, étudie les sciences politiques et les relations internationales à l'université de Yeditepe, étudiera dès septembre à Sciences Po Toulouse :
J'ai hâte de découvrir la “ville rose”. Je parle français, puisque j'ai étudié au lycée Sainte-Pulchérie. Mais depuis que j'ai intégré l'université de Yeditepe, où mes cours sont donnés en anglais, le français est un peu passé au second plan. Le programme Erasmus me donne l'occasion de renouer avec ma première langue. Mais je dois dire que j'ai un peu peur... Dans un sens, j'ai envie de partir, d'apprendre à me débrouiller seule. Mais d'un autre côté, je sais que ma famille me manquera. Je me rassure en me disant que je ne suis pas la première à partir et que si d'autres ont réussi, j'y arriverai aussi ! Heureusement que je parle français, autrement je crois que je paniquerais. (rires) Depuis l'histoire de la loi sur la pénalisation du génocide arménien, j'ai l'impression que les Français n'ont pas une très bonne opinion des Turcs. J'espère que mon séjour me prouvera le contraire. Par exemple, j'ai appris qu'il y avait eu à Paris des manifestations de soutien au mouvement commencé dans le parc de Gezi et ça m'a fait plaisir. J'ai aussi très envie de découvrir Paris à la période des fêtes de fin d'année.
Serhat Yetimova, 31 ans, doctorant, coordinateur des relations internationales au sein de l'université de Maltepe :
En fait, je suis un “ancien” Erasmus. En 2010, alors que j'étudiais à l'université Mimar Sinan, je suis parti en France pour apprendre la langue et préparer une thèse sur les politiques éducatives au 19ème siècle à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) de Paris. J'y ai passé les cinq meilleurs mois de ma vie. J'étais en collocation avec un Français qui m'a beaucoup aidé à progresser. Rencontrer des gens très différents, découvrir la culture française et européenne, la littérature, les musées, le théâtre... J'allais presque tous les jours au théâtre pour presque rien grâce aux Kiosques Jeunes ! J'ai aimé me promener en dehors des sites touristiques et avoir un aperçu de la réalité économique et socio-culturelle de la France. Par exemple, j'ai eu beaucoup de mal à trouver un logement et j'ai dû chercher dans la banlieue proche, ce qui m'a fait découvrir un autre visage de Paris que celui des cartes postales. Je conseille aux étudiants turcs sur le départ de se renseigner au maximum et de ne pas hésiter à se rapprocher des gens qui sont déjà passés par là. Il y a plein de groupes mail ou sur Facebook qu'il est préférable de contacter avant de partir.
Ayşegül Kanay, 20 ans, étudiante en économie à l'université de Galatasaray, se rendra en février 2014 à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne de Paris :
J'ai étudié au lycée Saint-Joseph. Je suis déjà allée plusieurs fois à Paris et j'ai préféré y retourner plutôt que d'aller vivre dans une ville inconnue. Ma famille, francophone également, m'a beaucoup encouragée. J'aime qu'on dise des étudiants Erasmus qu'ils sont autant de “ponts” entre les sociétés car c'est précisément cela : c'est en se parlant qu'on arrivera à mieux se comprendre. Je m'en rends compte en côtoyant les nombreux étudiants étrangers qui viennent à Galatasaray. Cela crée des liens qu'on s'efforce de cultiver au fil des ans. Je vois aussi ce séjour en France comme une occasion d'organiser un petit tour de l'Europe.
Mehmet Günşen, 28 ans, fait des études de traduction/interprétation en français à l'université de Marmara, part étudier une année à Rouen :
Je ne suis jamais allé en France et j'ai commencé à apprendre le français sur le tard. Je me rends donc à Rouen pour améliorer mon niveau mais aussi pour découvrir l'Europe, que je ne connais pas non plus. L'un de mes professeurs m'a conseillé Rouen car je souhaitais être proche de Paris tout en vivant dans une ville de province. Cela me changera de la foule stambouliote !
Irem Gülersönmez, 23 ans, étudiante en histoire à l'université de Boğaziçi, part étudier l'histoire de l'art à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne de Paris :
J'ai étudié le français au collège puis à l'Institut français d'Istanbul. Cela fait des années que je veux étudier l'histoire de l'art à la Sorbonne, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai choisi le français. Je ne connais pas encore Paris, à part de vagues souvenirs d'enfance. Comme je m'intéresse beaucoup à l'art moderne, je pense que je réserverai ma première visite au centre Pompidou. J'ai encore beaucoup de paperasse à régler mais plusieurs de mes amis partent aussi à Paris donc nous nous entraidons. Ceci dit, nous ferons attention à ne pas rester uniquement “entre Turcs”. J'espère que je nouerai rapidement des liens d'amitié avec des Français.
Berkay Uluç, 20 ans, étudie les sciences politiques à l'université de Boğaziçi, part en septembre étudier à Sciences Po Paris:
Mon français n'est pas encore très bon mais de toute façon, j'étudierai en anglais à Sciences Po. J'avais le choix entre les Etats-Unis et la France et j'ai préféré la France, que je ne connais pas encore. On est une dizaine de Boğaziçi à nous rendre tous les ans à Sciences Po Paris donc on ne sera pas tout seuls, c'est important pour les premiers temps. Je suis heureux de partir et je pense que nous avons de la chance que ce programme Erasmus existe. Je sais que tout ne sera pas parfait ni facile, j'ai d'ailleurs déjà commencé à chercher un logement... et ce n'est pas évident à distance ! Mais je sais aussi qu'on apprend en se confrontant à la difficulté, au fur et à mesure. Et après tout ce qu'on vient de vivre à Istanbul, Paris va me sembler bien calme ! Ce séjour en France sera aussi l'occasion d'observer de près la politique française et européenne.
Propos recueillis par Anne Andlauer (http://lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 28 juin 2013