vendredi 5 octobre 2012

BONUS MALUS ENERGETIQUE DES MENAGES A L'ASSEMBLEE NATIONALE : c'est voté ......


L'Assemblée nationale a adopté, dans la nuit de jeudi à vendredi, après le départ fracassant des députés UMP, centristes et Front de Gauche, la proposition de loi PS visant à créer un bonus/malus sur la facture d'énergie des consommateurs et à étendre les tarifs sociaux.
Le texte, qui sera débattu par les sénateurs à compter de la mi-octobre, a été voté à l'unanimité par la quinzaine d'élus socialistes présents, l'écologiste Denis Baupin présidant alors la séance.
Les députés de l'UMP, de l'UDI et du Front de Gauche, qui avaient par avance annoncé qu'ils voteraient contre le texte pour des raisons de fond différentes, avaient quitté l'hémicycle environ une demi-heure avant pour protester contre l'introduction de mesures assouplissant la règlementation de l'éolien.
Les débats, marqués jeudi par une longue bataille de l'UMP contre la création d'un mécanisme de bonus-malus d'ici à un an environ, ont dérapé lorsque l'ordre de la discussion a été modifié pour examiner des amendements du gouvernement soutenus par EELV et censés faciliter l'essor de l'éolien en métropole et Outre-mer.
"Ne transformez pas à 2h du matin en fin de semaine la France en un immense ventilateur. On vous laisse faire seuls cette horreur qui ne passera pas la barre du Sénat", a lancé l'UMP Martial Saddier, avant de sortir de l'hémicycle en dénonçant des "droits du Parlement bafoués" et "un passage en force".
Avis inhabituellement proche de celui du chef de file des députés Front de Gauche, André Chassaigne: "N'allons pas faire passer comme ça de façon cavalière quelques amendements pas réfléchis pour satisfaire quelques intérêts particuliers ou d'industriels". "J'ai honte pour vous", a-t-il lancé.
Récusant l'absence de discussion sur le sujet, la ministre de l'Ecologie Delphine Batho a invoqué "l'urgence" à défendre "un certain nombre d'entreprises et d'emplois" du secteur. Et elle a affirmé que "ce n'est en aucun cas une dérèglementation généralisée".
L'écologiste Denis Baupin s'est étonné d'"indignations sélectives" des autres députés.
Le coeur de la proposition de loi visant à préparer la transition vers un système énergétique sobre pose le principe du calcul d'un volume de base, établi selon le nombre d'occupants, le lieu d'habitation et le mode de chauffage, avec trois paliers correspondant aux besoins les plus essentiels jusqu'au superflu.
En commission, les députés ont ajouté, contre l'avis du gouvernement qui a sans succès essayé d'y revenir en séance, le critère de l'âge considérant que les personnes âgées devaient davantage se chauffer et a pris en compte les appareils spécifiques comme les appareils respiratoires.
Un amendement de l'UMP a été adopté jeudi pour améliorer la prise en compte des déménagements pour le calcul du volume de base, tandis que la prise en compte des résidences secondaires voulue par les écologistes a été rejetée.
Toutes les données seront collectées en même temps que la feuille d'impôt, et transmises sous forme de barème aux fournisseurs.
Cette tarification progressive de l'énergie ne pourra être effective que fin 2013-début 2014 vu sa complexité. La droite n'a d'ailleurs cessé de dénoncer "une usine à gaz" et une logique de "prix administrés", là où le gouvernement et le PS ont vanté une "première étape" vers un nouveau modèle encourageant les économies d'énergie.
La réduction des "avantages" tarifaires sur l'énergie consommée par les salariés d'EDF et GDF, réclamée par l'UMP au nom de l'équité, a été rejetée jeudi soir, la gauche unanime insistant sur le respect d'un accord d'entreprise de l'après-Guerre et dénonçant une stigmatisation.
Autre mesure phare du texte: l'extension des tarifs sociaux de l'énergie.
"Aujourd'hui, 650.000 ménages en bénéficient, avec ce texte nous en aurons 4,2 millions, c'est une avancée considérable", a plaidé le rapporteur PS François Brottes, également président de la commission des Affaires économiques. En coût, "on va être autour de 630 millions d'euros de plus, ce n'est pas une paille. Le financement proposé est le financement traditionnel (...) la solidarité portée par l'ensemble des acteurs économiques et domestiques du pays", a-t-il précisé

MONASTÈRE DE SAINT-SIMÉON – Des éoliennes au milieu d’un site de pèlerinage chrétien


Des archéologues dénoncent l’installation d’une vingtaine d’éoliennes à proximité et sur le site du monastère de Saint-Siméon-le-Jeune, au sud de la Turquie, non loin de la ville d’Antakya. Le site est resté pendant longtemps un lieu de pèlerinage majeur pour la chrétienté

Le monastère est situé dans le district de Samandağ (“Montagne de Siméon”), autrefois baptisé “Mont Admirable” en référence aux miracles prêtés à Saint-Siméon-le-Jeune. Il domine du haut d’une colline l’embouchure du fleuve Oronte.

(photo Nezih Başgelen).
Saint-Siméon-le-Jeune est né à Antioche (Antakya) vers 521 et très tôt, il commence une vie de stylite. Le terme désigne ceux qui, parmi les chrétiens des premiers siècles, ont choisi de vivre sur une colonne ou dans un autre endroit perché afin d’être plus proches de Dieu. 
L’initiateur de cette pratique, Saint-Siméon-l’Ancien (390-459), a vécu plusieurs années sur une colonne près d’Alep, en Syrie.
En 551, Saint-Siméon-le-Jeune s’établit donc sur une colonne située au centre du monastère qu’il a fait construire dans la montagne. Les pèlerins sont nombreux à lui rendre visite, jusqu’à sa mort en 592. “Il attirait des sujets de pays lointains, d’Arménie et de Géorgie en particulier”, écrit le professeur Jean Mécérian, chargé de fouilles entre 1932 et 1939. “Encore en pleine activité religieuse et littéraire vers la fin du 13ème siècle”, ajoute-t-il, le site est ensuite tombé dans l’oubli.
“La Turquie se tire une balle dans le pied”
L’ensemble monastique est composé d’une cour octogonale centrée sur la colonne du stylite, de trois églises et de divers bâtiments destinés aux moines et aux pèlerins. La base de la colonne trône toujours au milieu du site mais l’ensemble nous est parvenu à l’état de ruine. Cela n’empêche pas l’ancien monastère, unique en son genre en Turquie, de conserver une importance majeure.
“Ces dernières années, 23 éoliennes ont pourtant été installées au sommet de la colline, l’une des turbines ayant même été érigée à l’intérieur du complexe monastique”, se désole Nezih Başgelen, directeur des publications Arkeoloji ve Sanat (Archéologie et art).
Une éolienne sur le site archéologique (photo Nezih Başgelen)
“Dans une région qui ne manque pas de collines, il s’agit d’un excellent exemple de la Turquie se tirant une balle dans le pied, le pied en question étant un site historique qui devrait être considéré comme appartenant au patrimoine mondial”, dénonce encore l’archéologue.
Le projet a été approuvé par la direction de l’Environnement et des Forêts de la province de Hatay en 2005, “en contradiction totale avec la Convention européenne pour la protection du patrimoine archéologique dont la Turquie est signataire”, insiste Nezih Başgelen, qui affirme par ailleurs encourager le développement d’énergies non polluantes dans son pays.
Samandağ n'est malheureusement qu'un exemple parmi d'autres. “Malgré son riche héritage archéologique, culturel et naturel (…)”, constate ce spécialiste, “la Turquie ne dispose toujours pas d’une base de données officielle et systématique recensant cet héritage. Cette situation livre des sites de valeur à ce genre de destruction.”
Anne Andlauer (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 4 octobre 2012

Ma nuit en zone de transit à l’aéroport Atatürk


Rester bloquée une nuit en zone de transit à l’aéroport Atatürk pour une erreur administrative, voilà un scénario qui n’est pas sans évoquer celui du film Le Terminal avec Tom Hanks…

Lundi 1er octobre à 19h, je rentre à Istanbul après deux semaines de vacances en France. Mais je me réjouis un peu trop vite de retrouver les saveurs de la ville : je ne dépasse pas les barrières situées dans la zone de contrôle des passeports. Je ne suis en effet pas en possession de mon ikamet. Il s’agit du permis de séjour indispensable au stambouliote étranger désireux de rester plus de trois mois en Turquie, depuis la réforme des visas touristiques de février 2012.
J’avais pourtant accompli toutes les démarches nécessaires pour obtenir mon ikamet. Mais le jour où je devais le récupérer, soit la veille de mon départ en France, il n’était pas prêt. J’avais alors demandé aux officiers du poste de police d’Aksaray si mon séjour en France poserait un quelconque problème. Question à laquelle on m’a répondu très clairement : “non, bien sûr aucun problème”.
Me voilà donc refoulée à l’entrée en Turquie, traitée avec mépris, ignorée, avec pour seul mot d’ordre : “attendez !” Je subis alors l’incompétence des policiers en service ce jour-là, les voyant répéter les mêmes gestes et constater, hébétés : “On ne vous trouve pas dans le système”. J’essaie tant bien que mal de leur raconter pourquoi ils ne me trouvent pas. Ils ne me laissent pas parler, ne cherchent pas à me comprendre, et ne parlent qu’un anglais minimaliste.
Finalement, on m’annonce que je dois attendre jusqu’au lendemain matin. Et là, trois propositions s’offrent à moi : dormir dans une pièce fermée à clef avec d’autres femmes en détention administrative, prendre une chambre à l’hôtel de l’étage pour la modique somme de 200€ ou errer dans la zone Duty Free de l’aéroport. Je choisis bien évidemment la dernière.
Le matin, je harcèle un agent pour qu’il appelle Aksaray. Il s’exécute après quelques heures durant lesquelles il me répète que lui et ses collègues sont débordés, alors qu’ils sont tous assis en face de moi en train de boire leur café.
Ce traitement affligeant, le stress de ne pas voir se présager de solution, fatigue et panique m’ont fait sortir de mes gonds. Peut-être ai-je été aussi inconsciemment vexée. Quoi ? Moi, citoyenne française, ressortissante du pays des “Droits de l’Homme” (à prononcer lèvres pincées), devenue persona non grata ? Colère légitime ou simple complexe de supériorité français ?
Durant mes tergiversations nombrilistes, j’avais peut-être choisi d’ignorer la situation de mes compagnons d’aventure, très certainement plus à plaindre que moi.
Devant les barrières, entre les différents distributeurs de boissons, quelques familles attendent sagement que l’on décide de leur sort, à même le sol. J’ignore d’où ils viennent et depuis combien de temps ils sont là.
Mais juste avant d’être libérée, au petit matin, je fais la rencontre d’Issa (1), 34 ans. Ressortissant d’un état africain en guerre, ingénieur à l’origine mais aussi capitaine dans l’armée par devoir, il a déserté, laissant au pays ses proches et ses papiers. S’il retourne chez lui, il risque la prison à vie par décision de la cour martiale ou pire, l’exécution.
Il me raconte calmement être coincé en zone de transit depuis trois mois. Le premier mois, il a été renvoyé 21 fois dans différents Etats africains. Son but est d’aller à Londres, mais on le fait à chaque fois transiter par Istanbul où il est désormais bloqué. Au début, certains policiers s’amusaient à le tabasser, “mais ça n’a pas duré, ils ont vu que je savais me défendre”. Ces horreurs, il les confie sans élégie. Il reste digne. Et le doit en partie au fait qu’une antenne de la compagnie Turkish Airlines, qui possède un petit local dans la zone en question, l’a pris sous sa protection. Il les aide comme il peut. Ils le nourrissent en échange et lui offrent un petit endroit où dormir. “Je ne peux pas rester inactif, j’ai besoin de m’occuper”. Il peut aussi aller se doucher, sous escorte policière.
Il évolue donc depuis plusieurs semaines, sous les lumières artificielles de l’aéroport, sans accès à l’air libre. Et confie presque fièrement : “tout le monde me connaît maintenant ici”. Il me supplie de l’aider, lorsque je serai dehors, de parler de lui, de contacter des ONG (2). Et me dit que j’ai de la chance. “En France il y a les droits de l’Homme”. Il assène cette vérité comme on affirmerait qu’en France il y a l’eau courante ou l’électricité. Une notion qui désigne quelque chose de fiable, palpable, accessible à tous de manière plutôt équitable.
Et l’ironie, c’est que toute cette aventure n’a cessé de m’évoquer Bienvenue en France, l’enquête en immersion d’Anne de Loisy en zone d’attente de Roissy. Où l’on découvre avec stupeur les conditions de détention administrative des personnes en attente de visa pour la France.
Conseils pour ne pas vous retrouver dans la même situation que moi :
- Eviter d’être aussi naïf et ne pas prendre au pied de la lettre la réponse “non” lorsqu’on demande si l’on risque avoir des problèmes.
- Toujours avec un document écrit, s’assurer qu’il soit compréhensible et authentifié.
- Avoir un portable chargé pour communiquer avec l’extérieur, et un peu d’argent pour subsister.
- Garder son calme et relativiser …
Fanny Fontan (http://www.lepetitjournal.com/) vendredi 5 octobre 2012
  1. Pour la sécurité de la personne en question, le nom a été volontairement modifié, et son pays d’origine non précisé.
  2. Depuis Amnesty et Helsinki ont été alertés et font leur possible pour lui venir en aide

jeudi 4 octobre 2012

annonce de RADIO CAMPUS


Une nouvelle émission radio "Itinéraires Croisés" sur Radio Campus 93.9 F.M recherche un étudiant ou une étudiante turc ayant vécu en Turquie pour enregistrement ce samedi de 16h à 18h.

Pour plus d'info sur facebook
http://www.facebook.com/itineraires.croises?ref=hl
http://www.radiocampusparis.org/
Itinéraires Croisés
Emission radiophonique qui balaye les préjugés sur Radio Campus Paris 93.9 F.M

SOCIÉTÉ TURQUE – L’une des plus religieuses d’Europe et du monde


Près de 85% des citoyens de Turquie se définissent comme “religieux”, révèle une étude publiée ce mardi et intitulée L’Atlas des valeurs – Turquie 2012 (Türkiye Değerler Atlası 2012). L’auteur de cette étude, Yılmaz Esmer, est professeur à l’université de Bahçeşehir d’Istanbul. Il s’appuie sur les résultats pour la Turquie du dernier World Values Survey, une enquête réalisée au niveau mondial depuis les années 1980.

Constatant que 32% des Tchèques ou encore 45% des Français interrogés se considèrent comme “religieux”, Yılmaz Esmer classe la société turque parmi les plus religieuses d’Europe et du monde. Cette caractéristique a par ailleurs tendance à s’accentuer, puisque les citoyens turcs étaient 80% en 2001 et 75% en 1990 à formuler cette même réponse.
En revanche, Yılmaz Esmer affirme que la société turque n’est pas plus conservatrice que dans les années 90. Il en veut pour preuve l’évolution du “niveau de conservatisme” (établi à partir des réponses à 18 questions portant sur le statut de la femme, la religion, la famille, la politique etc.) En 2012, ce niveau s’élève à 63% en Turquie, contre 60,3% en 1990.
L’enquête, qui a été réalisée auprès de 2.205 personnes dans 64 villes du pays en 2011 et 2012, fournit d’autres conclusions intéressantes:
- A la question “Êtes-vous fier d’être turc ?”, trois quart des sondés répondent “oui”, mais avec de fortes disparités régionales : 88% des habitants de la mer Noire répondent “absolument” quand 23% des habitants du sud-est anatolien (à majorité kurde) offrent la même réponse. Au total, 10% des personnes interrogées refusent de se définir comme “turc”.
- 76% des personnes interrogées disent faire confiance à l’armée turque, alors que cette réponse dépassait les 90% dans les années 90
- à l’inverse, 62% disent faire confiance au gouvernement, alors qu’ils n’étaient que 29% lors de l’enquête de 2001
- 6% des personnes sondées en Turquie estiment que “le mariage est une institution démodée”, quand 35% des Français le pensent
- 71% des femmes turques pensent que “l’homme doit être le chef de famille”
- la Turquie est aussi présentée comme l’un des pays d’Europe où les gens se font le moins confiance. Un Turc sur dix dit avoir “confiance en autrui la plupart du temps”, contre 76% au Danemark ou en Norvège
Anne Andlauer (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 4 octobre 2012

Du Creusot à Istanbul, un artiste et journaliste “entre les lignes“ : Michel Berthaud


Après une enfance dans le Creusot et l'école normale à Mâcon, Michel Berthaud, qui est également compositeur-interprète, commence à enseigner mais pousse parfois la chansonnette sur les scènes de Saône-et-Loire. Éclectique, cet amoureux de Bobby Lapointe dessine aussi. Il expose à partir de ce soir à l'Union française, dans le quartier de Cihangir

A 25 ans il expose une première fois des dessins et encres sur papier: “A l'époque, j'en ai vendu deux – je me souviens bien – et le reste de l'expo doit être dans une de mes valises, quelque part.
En 1981, il monte une radio libre avec des amis, où il s'occupe d'une émission de chansons françaises avant de se lancer dans la préparation et la présentation des bulletins d'infos. C'est ainsi qu'il se voit de plus en plus confier des piges pour Le Progrès de Lyon, entre autres journaux. De piges en piges, de séjours à Radio France , il devient journaliste professionnel au Dauphiné Libéré avant d’être, un an plus tard, nommé au siège à Grenoble au service des informations générales. “C'était l'époque colle-ciseaux, on finissait souvent tard la nuit.”
De Grenoble à Tunis, rencontre avec les services culturels des affaires étrangères
A l’occasion d'une interview de François Roche, à l'époque directeur du centre culturel au Japon, il évoque ses déplacements fréquents vers la Tunisie et son attirance pour ce pays. C’était sans savoir que six mois plus tard, il se verrait proposer un poste de communicateur pour le mensuel des services culturels à Tunis.
En Tunisie, il dirige sa revue de 36 pages avant d'être finalement chargé des conférences, ce qui lui donne l'occasion de rencontrer des écrivains, des cinéastes, des acteurs et des chanteurs de tous horizons comme Michel Butor, Claude Simon (prix Nobel de littérature), l’actrice française Anémone ou encore Kenize Mourad, une princesse ottomane à l’époque correspondante de guerre. Quatre ans plus tard, il a la chance de rencontrer près de 70 écrivains et d’être promu au Maroc, où il resta sept ans chargé de la promotion de la littérature francophone .
De la littérature francophone à l'Afrique noire
Ces rencontres, ces lieux et ce travail, qui imprègnent peu à peu sa sensibilité artistique – car Michel dessine toujours – se nourrissent de “tout ce qui bouge”. Michel aime le mouvement, l'impression que tout est en perpétuelle effervescence.
Et il bouge à nouveau, devient le directeur du centre culturel français à Cotonou, non sans avoir fait une étape à Paris au ministère, où il est chargé de l'élaboration d’un “Musée au service du développement”. De son séjour au Bénin, il garde “la leçon de la création : j'ai rencontré beaucoup d'artistes se battant contre vents et marées pour continuer de créer”, et découvre la culture vaudou. Après le Bénin, il est nommé directeur du centre culturel français à Cracovie, en Pologne.
Deux pauses cependant durant toutes ces années au service des “affaires étrangères”: celle où il prit le temps de créer une maison d'édition au Maroc et une autre où il accepte un poste d'enseignant au lycée puis à l'université de Galatasaray, où il s’occupe de l’espace francophone.
Une exposition à Istanbul
Depuis 2010, Michel remercie sa maman. “Lorsqu’elle m’a obligé à passer le concours de l’Ecole normale à 15 ans, je lui en ai voulu. Mais maintenant que, grâce à ce service précoce, j’ai pu prendre une retraite très anticipée... je la remercie!” dit-il en souriant.
De retour donc à İstanbul, ville en perpétuel mouvement qu’il adopte (“on ne passe pas dans une rue sans découvrir quelque chose de nouveau), Michel Berthaud prend le temps de se consacrer à son art, conception graphique, chansons graphiques, expression-impressions illustrées. Ces exercices de style sont le produit d’un vrai travail de patience et de réflexions en mouvement. Il faut parfois vingt croquis avant de trouver la bonne courbe, le bon trait.
L’exposition Entre les lignes, qui réunit ces années, sera inaugurée ce soir au Local de l’union Française à Cihangir.
Sabine Buchmann (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 4 octobre 2012
Adresse de l'Union Française: Türk Gücü Sokak 33 A: Cihangir - Istanbul
(derrière la mosquée de Firuz Ağa)
Horaires d'ouverture :
Du lundi au vendredi :10h-13h /15h-18h
Samedi :15h-19h
Fermé le dimanche

YOUTUBE - Le site de partage de vidéos a désormais sa version turque


La Turquie a annoncé mardi que le site de partage de vidéos YouTube venait de déposer un nom de domaine turc et opérerait désormais sous l’extension “com.tr”, rapportent les médias turcs. Cette victoire d’Ankara fait suite à une longue bataille contre le site, filiale de Google Inc. Le ministre des Transports et des Communications, Binali Yıldırım, a saisi l’occasion pour rappeler son principal grief contre les entreprises internet basées en Turquie : “Vous opérez dans ce pays, vous devez être résidentes ici”, a-t-il indiqué, cité par l'agende de presse Reuters.

Dans son bref communiqué publié lundi annonçant l’ouverture du site en turc, YouTube n’a pas évoqué son différend avec le gouvernement. Mais le ministre précise que le site “sera maintenant dans une position qui l'obligera à appliquer les décisions de justice et à retirer certaines publications répréhensibles”. Et de poursuivre :"De plus, il paiera également des impôts sur ses activités." En 2008, la Turquie avait bloqué l'accès à YouTube pendant près de deux ans et demi après la diffusion de séquences jugées insultantes pour le fondateur de la République, Mustafa Kemal Atatürk.
Fanny Fontan (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 4 octobre 2012