jeudi 10 mai 2012

FRANCAIS / ETRANGER: qu'est-ce que ça veut dire au juste ?

Ta voiture est japonaise. Ta Vodka est russe, ton rhum est antillais. Ta pizza est italienne, ton kebab turc. Ta démocratie est grecque. Ton café est Africain ou brésilien. Tes films sont américains. Ton thé est indien. Ton pétrole est saoudien. Ton ordi est chinois. Tes chiffres sont arabes, tes lettres latines. Et tu te plains.. parce que ton voisin est étranger ? Copiez si vous êtes contre le racisme.

STRASBOURG: un jeune homme turc prend la défense d'une femme frappée à coups de crosse de carabine


Strasbourg Il prend la défense d’une femme frappée à coups de crosse de carabineUn héros très discret

Hakan Cavdar : « Je pensais : “Et si jamais il me tire dessus ? “Puis, j’ai arrêté de réfléchir. J’ai vu qu’elle était au sol, ça m’a fait mal au cœur »  Photo DNA – Marc Rollmann
Hakan Cavdar : « Je pensais : “Et si jamais il me tire dessus ? “Puis, j’ai arrêté de réfléchir. J’ai vu qu’elle était au sol, ça m’a fait mal au cœur » Photo DNA – Marc Rollmann

Hakan Cavdar est allé au secours d’une femme de 50 ans samedi matin à Strasbourg, alors qu’elle se faisait frapper par son concubin à coups de crosse de carabine sur un parking situé près du lycée Couffignal. L’agresseur, qui venait de tuer par balle son rival amoureux, a été maintenu au sol par ce jeune homme qui fait désormais figure de sauveur. Mais qui ne s’en vante pas.

Dans le tragique fait divers survenu samedi matin près du lycée Couffignal à Strasbourg, où un homme de 54 ans a tué son rival amoureux d’une balle en pleine poitrine (nos précédentes éditions), il est apparu de suite comme une sorte de « héros ». Hakan Cavdar, un jeune intérimaire de 21 ans qui habite chez ses parents dans le quartier de l’Elsau, passait par là pour aller au travail. Il a sauté sur l’agresseur, pourtant armé d’une carabine, alors que celui-ci frappait sa compagne à coups de crosse. Après s’être battu avec lui, il l’a maîtrisé au sol jusqu’à l’arrivée de la police. Ce geste courageux, qualifié de « très dangereux » par un enquêteur de la police judiciaire, a sauvé la vie d’une quinquagénaire qu’il n’avait jamais vue. Aujourd’hui, celle-ci reste hospitalisée dans un état grave, mais son pronostic vital ne semble plus engagé.
DNA : Que s’est-il passé samedi matin ?
Hakan Cavdar : J’étais en voiture et je passais avenue de Colmar avant de rejoindre l’autoroute. Quand j’ai tourné à droite, à hauteur de l’arrêt de bus, j’ai vu un homme qui pointait un fusil vers une voiture, côté passager. J’ai mis les warnings et j’ai attendu. Ça criait un peu et bout de cinq minutes, la dame est descendue et elle s’est mise directement à genoux. Elle a essayé d’attraper le fusil, alors l’homme l’a tiré vers lui pour le récupérer, et il a commencé à la taper avec la crosse.

« J’avais peur qu’il reprenne le dessus, qu’il récupère l’arme »

Il a peut-être mis vingt ou trente coups. La femme était allongée au sol, elle ne bougeait plus. Il a quand même continué à taper sur sa tête. À ce moment-là, je me suis dit que je devais intervenir.
L’homme ne m’avait pas vu. J’ai couru vers lui. Quand je suis arrivé à sa hauteur, il s’est retourné et je lui ai directement mis un coup au visage. Puis d’autres. Il m’a attrapé à l’épaule, et m’a tiré. Je suis tombé au sol avec lui. J’avais peur qu’il reprenne le dessus, qu’il récupère l’arme qui était à terre, juste à côté. Il s’est débattu mais j’ai donné des coups jusqu’à ce qu’il ne bouge plus. J’avais une bague au doigt, elle s’est cassée…
Après, j’ai décidé de le tirer et de l’éloigner de la voiture. Il me criait dessus dans une langue que je ne connaissais pas. Les policiers m’ont dit que c’était peut-être de l’alsacien. Puis j’ai tout lâché. On s’est regardé dans les yeux, dix ou quinze secondes. Et je suis allé voir la dame. Il y avait beaucoup de sang sur sa tête. Elle avait les yeux grands ouverts. Elle avait peur, ça se voyait. Je lui ai demandé si elle allait bien, elle ne m’a pas répondu.
J’ai ensuite jeté un coup d’œil dans la voiture, c’était une Citroën C4. Il y avait un homme. Il ne faisait aucun geste, aucun bruit. Je me rendais compte que quelque chose de grave s’était passé. À l’arrêt de tram, j’ai vu que des gens applaudissaient. Dix secondes après, les policiers sont arrivés. Ils m’ont tout de suite félicité même s’il y avait beaucoup de tension quand ils sont arrivés : trois personnes étaient allongées, et j’étais le seul debout. Ils ont d’abord eu un doute.
On m’a demandé de monter dans un véhicule de police pour aller au commissariat, mais j’ai voulu prendre ma voiture. Un agent m’a accompagné, et on y est allé. Là-bas, j’ai d’abord bu un peu d’eau et je me suis assis. J’étais encore sous le coup du choc. Puis il y a eu l’audition. Les policiers m’ont surtout demandé de bien préciser les gestes que j’avais faits.
Qu’avez-vous fait ensuite ? Êtes-vous allé au travail ?
Oui, j’y étais à 11 h. Mais après, je n’ai fait que penser à cela, tout le week-end. Surtout samedi soir. Je ne me suis endormi que vers 6 h ou 7 h du matin. Ça tournait en boucle dans ma tête.
Que vous êtes vous dit ?
J’ai pris conscience que j’avais risqué ma vie pour elle. Je suis assez fier que ça se soit terminé comme ça.
Avant de courir vers l’agresseur, vous avez observé la scène durant plusieurs minutes. Que ressentiez-vous à ce moment-là ?
De la peur. Je n’avais jamais vu un fusil aussi long. Je pensais : « Et si jamais il me tire dessus ? » Puis, j’ai arrêté de réfléchir. J’ai vu qu’elle était au sol, ça m’a fait mal au cœur. Je me suis dit qu’elle allait mourir, et qu’il valait mieux que je prenne des coups plutôt qu’elle. Je préférais les prendre à sa place.

« Je ne veux pas passer pour un vantard »

Avez-vous parlé de votre expérience à vos proches ?
Oui, j’ai raconté en gros ce qui s’était passé, pas dans le détail. Ils ont trouvé ça bien, mais ils ont aussi eu peur qu’il y ait des représailles.
Avez-vous cherché à prendre des nouvelles de la victime ?
Oui, la police judiciaire m’a donné des nouvelles, et une juge m’a dit qu’elle allait mieux… Moi j’ai appelé l’hôpital, mais ils m’ont répondu qu’ils ne peuvent rien dire au téléphone, qu’il faut venir. Mais j’ai peur d’y aller, de rencontrer la famille qui doit être choquée. Je suis timide et je ne veux pas passer pour un vantard alors qu’elle va mal. J’aimerais bien la voir, mais c’est sans doute trop tôt pour l’instant. En tout cas, j’espère que cette femme va s’en remettre, et sa famille aussi.

mercredi 9 mai 2012

Le multiculturalisme : une valeur clé pour l'Association des Rythmes de Turquie


Le multiculturalisme : une valeur clé pour l'Association des Rythmes de Turquie


Le 19 mai, l'Association des rythmes de Turquie organise son premier grand événement, «le pont des cultures». L'esprit de l'événement est à l'image de l'association : ouverte, jeune, festive et dynamique.
L'Association des Rythmes de Turquie (A.R.T), fondée en mars 2011, organise un premier événement le 19 mai à la maison de la culture à Clermont-Ferrand. Une journée où seront présentées les cultures turque, maghrébine, indienne, ainsi que les traditions auvergnates à travers des stands puis à travers des spectacles. Le rappeur Master turc et l’artiste Zeynep Baskan seront notamment à l'affiche. Tulay Yilmaz, 36 ans, présidente de l'A.R.T explique qu'au moment de sa création, le but de l'association était double. Il s'agissait tout d'abord de «combler les manques culturels et artistiques à Clermont-Ferrand et dans les environs.» Ensuite, l'A.R.T a vocation à «présenter la culture turque à d'autres cultures et vice-versa.» : c'est ce qui fait en grande partie son originalité. L'association s'est fondée autour d'un groupe de danseurs de folklore turc de la mer Noire, Çilgin Lazlar (les «Lazes fous»), qui ont entre 12 et 21 ans. Leur prestation, impressionnante, marque souvent les esprits et donne une image jeune, moderne, festive des danses folkloriques turques. D’autant qu’elles sont peu connues en France. Tulay Yilmaz souligne que c'est aussi cet engouement qui l'a poussée à fonder l'A.R.T : «à chaque fois qu'il y avait un mariage, on faisait des danses folkloriques, l'idée est partie de là», affirme-t-elle.
L'A.R.T : une association jeune et très active
Elle poursuit en disant que de nombreuses personnes venaient la féliciter, en l'encourageant à se produire et se faire payer. Alors, confie-t-elle, «j'ai pensé que le but n'était pas d'être payé mais de faire connaître cela aux Français pour qui ces danses étaient inconnues.» La majeure partie des danseurs sont des neveux et nièces de Tulay et Bunyamin, son frère – aussi fondateur de l'A.R.T –, «mais, insiste Mme Yilmaz, ce n'est pas du tout une association familiale, nous voulons ouvrir l'association à d'autres personnes.» Et cela semble fonctionner, car, si tous les jeunes font de la danse folklorique turque, «au sein du groupe il n'y a pas que des Turcs !». Pour elle, l'intérêt «n'est pas d'imposer les idées, c'est que nous travaillions tous ensemble et que nous nous demandions ce qu'on peut faire puis qu'on le mette en place.» L'A.R.T est très active à Clermont-Ferrand : elle a notamment négocié un partenariat avec le cinéma Rio qui diffusera régulièrement des films turcs, et prévoit d'organiser avec la mairie des voyages de jeunes en Turquie.
Paris

TURQUIE: la nouvelle constitution fait débat


La nouvelle constitution fait débat

Le Parlement turc s'est lancé dans la rédaction d'une nouvelle Constitution censée effacer toute empreinte des généraux putschistes, un projet ambitieux devenu le nouveau champ de bataille entre l'AKP et l'opposition.

Lundi, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a annoncé que «la phase de rédaction de la nouvelle constitution a débuté». Et de réaffirmer son intention de transformer le système parlementaire actuel en système présidentiel, à l'orée des présidentielles de 2014. Dominant la politique turque depuis dix ans, M. Erdogan, qui dirige l'AKP, a fait de la Turquie un acteur régional avec une croissance économique vigoureuse (8,5% en 2011) qui fait pâlir d'envie l'Union européenne, à laquelle Ankara veut adhérer. Il a remporté trois élections législatives successives depuis 2002 mais ne pourra briguer un quatrième mandat, selon les statuts de l'AKP. Il souhaiterait, selon les commentateurs, échanger son poste de Premier ministre pour celui d'un président disposant de vrais pouvoirs, et continuer à diriger le pays. «Nous allons discuter de tout cela, qu'il s'agisse d'un système présidentiel ou semi-présidentiel», a-t-il dit lundi, ajoutant que le dernier mot reviendrait au Parlement, où l'AKP est très majoritaire. Déjà accusé d'autoritarisme par l'opposition - les arrestations de journalistes se sont multipliées ces derniers mois - M. Erdogan et ses ambitions provoquent la controverse. «On vit déjà sous un semi-diktat, allons nous vers une dictature constitutionnelle ?» s'est interrogé Riza Türmen, député du CHP (Parti républicain du peuple), et ex-juge à la Cour européenne des droits de l'Homme. «Nous ne sommes pas favorables à un système présidentiel», averti Devlet Bahçeli, le chef de file des nationalistes au Parlement. «Si tout se passe comme il (Erdogan) le souhaite, et qu'il devient le premier Président de Turquie avec des pouvoirs à l'américaine ou à la française, il y aura débat sur la séparation des pouvoirs», estime Murat Yetkin, rédacteur en chef du journal Hürriyet Daily News.

Un texte qui «mettra en avant le citoyen et non l'Etat»
Une commission parlementaire spéciale a consulté la société civile et les minorités religieuses pour bâtir un texte qui sera le quatrième depuis la création de la République turque, en 1923. L'objectif est d'élaborer un texte plus démocratique remplaçant l'actuelle constitution héritée des généraux qui avaient pris le pouvoir en 1980. M. Erdogan s'est dit favorable à un texte qui «mettra en avant le citoyen et non l'Etat». Le projet serait achevé d'ici la fin de l'année et soumis à référendum. Des réformes introduites par l'AKP ont considérablement réduit l'influence des militaires, jadis acteurs politiques majeurs et gardiens auto-proclamés de la laïcité. Des dizaines de hauts gradés sont en prison, accusés de complots contre le régime. Mais la constitution de 1982 est restée en vigueur, en dépit de nombreux amendements. D'âpres batailles sont à prévoir au Parlement sur le nouveau texte: le parti pro-kurde de la paix et de la démocratie (BDP) veut des droits accrus pour les 12 à 15 millions de Kurdes (sur une population de 73 millions), ce à quoi sont opposées les autres formations. Et le CHP, qui dénonce une dérive islamiste du pouvoir, exige que les références à Mustafa Kemal Atatürk, et à son héritage laïc soient maintenues dans le nouveau texte. «De sérieuses interrogations subsistent sur la méthode à adopter. Ce processus peut à tout moment s'enliser», prévient Ibrahim Kaboglu de l'Université stambouliote de Marmara, qui fait partie des experts consultés.

futur centre culturel franco-turc à PITHIVIERS


lundi 7 mai 2012, par Sophie C.



L’association dispose désormais d’un bâtiment susceptible de rassembler sa centaine d’adhérents. Il aura pour but de faciliter les échanges entre les différentes générations.
La communauté désire plus d’espace
Que se passe-t-il derrière les murs de l’ancienne carrosserie Dacia, avenue du 8-Mai, à Pithiviers ? Nurettin Yagiz, président de l’association culturelle et sportive franco-turque, l’explique volontiers : « En avril 2013, nous espérons ouvrir le centre culturel franco-turc de Pithiviers, comme il en existe déjà dans beaucoup de villes. » Pas une deuxième mosquée, non . « Un endroit où toutes les générations pourront se retrouver », parler de la culture qu’elles partagent.
Et dont beaucoup de jeunes ignorent les principes.
Comprendre d’où on vient pour mieux savoir où on va :
Le local a été acquis le mois dernier, après la vente de celui de la rue Georges-Tonnelat. « Nous voulions quelque chose de central, à mi-chemin entre les quatre quartiers, le centre-ville, Clos-Beauvoys, Saint-Éloi et Saint-Aignan, pour qu’un maximum de gens puissent s’y regrouper sans avoir à se déplacer. »
L’une des idées centrales de cette association vieille de 20 ans : « Aider les jeunes de la "troisième génération", ceux qui ont aujourd’hui 14 ou 15 ans, à comprendre d’où ils viennent, pour mieux savoir où ils vont et ce qu’ils veulent devenir », insiste Nurettin Yagiz. L’« intégration » passe aussi par là. « Entre 15 et 25 ans, quelles que soient nos origines, il y a un cap difficile à franchir. Nous voulons être là pour les aider, qu’ils ne se retranchent pas derrière le drapeau turc pour faire des conneries. » Offrir un nouveau regard sur la société, ne pas rester « cloîtré » dans ses préjugés. « Un mec qui part dans une grande ville ou qui va à la fac, ses yeux s’ouvrent différemment. Nous voulons offrir ça à ceux qui restent à Pithiviers. »
Besoin d’un vrai local
Et pour lutter contre l’oisiveté, « mère de tous les vices », l’association, forte d’une centaine d’adhérents, avait besoin d’un vrai local, « sinon les projets restent au fond d’un tiroir ». Résultat, dans les près de 400 m ² de l’avenue du 8-Mai, les collégiens devraient notamment avoir la possibilité de suivre des cours de langue turque, après l’école. Ou bien une initiation à l’islam, à la manière d’un catéchisme. « Aujourd’hui, ce dispositif existe seulement dans les écoles primaires, à Pithiviers, Malesherbes ou Boiscommun, en partenariat avec l’Éducation nationale et le consulat. » À l’heure actuelle, une trentaine d’enfants suivent ces cours dans l’arrondissement.
En pratique. En attendant l’ouverture du local, les personnes intéressées peuvent contacter Nurettin Yagiz, président de l’association culturelle et sportive franco-turque de Pithiviers (06.71.98.69.11). Cotisation annuelle : 120 euros
Sources : La Rep

mardi 8 mai 2012

Ibn'Battuta à la géode du parc de la villette



Jusqu’au 31 mai prochain, la Géode (parc de la Villette, Paris 19e) propose Le grand voyage d’Ibn Battuta, de Bruce Neibaur. Projeté en mode Imax, le film retrace le périple du plus grand voyageur d’islam et de l’un des plus grands explorateurs de tous les temps. En 29 ans de voyages à travers le monde connu, Muhammad Ibn Battûta (1304-1369) aura parcouru 120.000 km, soit trois fois la distance parcourue par son prédécesseur occidental Marco Polo (1254-1324). Comme lui, il confiera à un homme de lettres le soin de coucher par écrit les longs récits qu’il fera de ses pérégrinations. Son Rustichello sera Ibn Juzayy qui, sur l’ordre du souverain mérinide Abû ‘Inân, compilera la Rihla ou «Voyages et périples». Un document rare, qui offre de riches descriptions de la vie économique et politique, mais aussi des mœurs et de la vie matérielle au sein du vaste ensemble afro-eurasiatique d’islam au XIVe siècle… Tout commence en 1325 quand à l’âge de 21 ans, le jeune Ibn Battûta quitte Tanger pour un pèlerinage à Mecque : Tunis, l’Egypte, la Syrie, — qu’il parcourra jusqu’aux confins de l’Arménie — puis enfin le Hijâz. Le pèlerinage accompli, au lieu de s’en retourner dans son Maroc natal, il continue vers l’Est : l’Irak et la Perse, puis à nouveau La Mecque où il restera deux ans pour compléter ses études de théologie. Il descend ensuite vers l’Arabie du Sud et le Yémen, puis s’embarque sur la mer Rouge en direction de la corne de l’Afrique : la Somalie et Zanzibar, terres musulmanes et passablement arabes. Il retourne à La Mecque en 1332 pour sept autres années d’études, avant de repartir : l’Asie mineure, chez les Tatares de la Russie — où le khan Özbeg le charge d’accompagner son épouse grecque rendre visite à son père, l’empereur de Byzance —, dans le Turkestan, le Khorassan, l’Afghanistan, et finalement en Inde où il officiera en qualité de haut fonctionnaire durant huit ans. Le sultan de Delhi Fîrûz Shâh Tughlûq l’enverra ainsi en Chine à la tête d’une fastueuse ambassade. Mais la jonque est détruite par une tempête le long des côtes indiennes. Il s’embarque pour les îles Maldives, où il assumera deux années durant la fonction de juge (qâdhî). Il quittera l’archipel pour faire l’ascension du Pic d’Adam (Jabal ar-Ruhûn) à Ceylan, lieu saint pour les hindous, les bouddhistes et les musulmans. Puis ce sera le Bengale de la dynastie Ilyâs Shâhî, Sumatra, dont le souverain est également musulman, et enfin la Chine : Quanzhou (Zaytûn), où vit une importante communauté arabo-persane, Hong-Tcheou, Canton et Pékin. Il reprend alors la route vers l’Ouest, vers Ormuz : à nouveau la Perse, Bagdad, Damas, le Caire, et un quatrième pèlerinage en 1348. Arrivé au Maroc après 24 ans, il ne tardera pas à repartir : l’Espagne musulmane et le Mali du puissant Mansa Sulaymân. C’est à Takedda, au cœur de l’Afrique noire, qu’un message royal l’invite à regagner la cour d’Abû ‘Inân à Fez, où il dictera sa Rihla. L’empire abbasside a depuis longtemps disparu, les royaumes ilkhanides qui lui ont succédé se lézardent en Irak et en Perse, ce monde musulman qu’a parcouru Ibn Battûta était certes morcelé en royaumes et en principautés, mais les pèlerins, les érudits et les commerçants qu’il a rencontrés dans cette immense Asie musulmane avaient comme lui conscience d’appartenir à une civilisation brillante, à une communauté universelle, fondée sur des valeurs religieuses et culturelles. Plus qu’aucun autre, Ibn Battûta aura pu admirer les dernières lueurs de cette civilisation que l’empire ottoman naissant n’arrachera que très partiellement aux ténèbres qui commencent à l’entourer.
Tunis

A SAISIR: BOURSES POUR ETUDIER EN TURQUIE


Le site Türkiye Burslari (Bourses de Turquie) propose des bourses dans tous les domaines d’étude et dans quasiment toutes les universités turques, pour ceux qui n’ont pas la nationalité turque. Le site internet, en anglais et en turc, donne toutes les informations nécessaires aux étudiants qui envisagent un départ en Turquie : possibilités de logement, mais aussi éléments sur la culture turque, et plus généralement sur la vie en Turquie. Le site s’attache également à mettre en avant les avantages que pourront tirer «les étudiants étrangers [qui auront ainsi] la chance de profiter d’un environnement naturel unique, d’une culture riche et d’une histoire ancienne». Si l’hospitalité des Turcs est mise en exergue, ce sont surtout les conditions économiques actuelles qui, selon les auteurs du site, font de la Turquie l’un des pays les plus attractifs en terme d’études supérieures.
Des programmes de bourses interdisciplinaires
Türkiye Burslari insiste surtout sur l’importance d’avoir un parcours cohérent, sur l’intérêt qu’ont les futurs étudiants à participer à des activités sociales et culturelles, ainsi que sur la volonté de promouvoir les relations entre la Turquie et le pays d’origine. Il existe quatre programmes de bourses qui couvrent les études en sciences humaines et en sciences dures. Türkiye Burslari est d’ailleurs soutenu entre autres par le ministère des Affaires étrangères, par le ministère de l’Education nationale et par le ministère des Affaires religieuses. Il simplifie en outre les démarches en permettant de postuler auprès de plusieurs universités à la fois. Soulignons enfin qu’il propose un programme spécial dédié à la théologie islamique.