mercredi 9 mai 2012

Le multiculturalisme : une valeur clé pour l'Association des Rythmes de Turquie


Le multiculturalisme : une valeur clé pour l'Association des Rythmes de Turquie


Le 19 mai, l'Association des rythmes de Turquie organise son premier grand événement, «le pont des cultures». L'esprit de l'événement est à l'image de l'association : ouverte, jeune, festive et dynamique.
L'Association des Rythmes de Turquie (A.R.T), fondée en mars 2011, organise un premier événement le 19 mai à la maison de la culture à Clermont-Ferrand. Une journée où seront présentées les cultures turque, maghrébine, indienne, ainsi que les traditions auvergnates à travers des stands puis à travers des spectacles. Le rappeur Master turc et l’artiste Zeynep Baskan seront notamment à l'affiche. Tulay Yilmaz, 36 ans, présidente de l'A.R.T explique qu'au moment de sa création, le but de l'association était double. Il s'agissait tout d'abord de «combler les manques culturels et artistiques à Clermont-Ferrand et dans les environs.» Ensuite, l'A.R.T a vocation à «présenter la culture turque à d'autres cultures et vice-versa.» : c'est ce qui fait en grande partie son originalité. L'association s'est fondée autour d'un groupe de danseurs de folklore turc de la mer Noire, Çilgin Lazlar (les «Lazes fous»), qui ont entre 12 et 21 ans. Leur prestation, impressionnante, marque souvent les esprits et donne une image jeune, moderne, festive des danses folkloriques turques. D’autant qu’elles sont peu connues en France. Tulay Yilmaz souligne que c'est aussi cet engouement qui l'a poussée à fonder l'A.R.T : «à chaque fois qu'il y avait un mariage, on faisait des danses folkloriques, l'idée est partie de là», affirme-t-elle.
L'A.R.T : une association jeune et très active
Elle poursuit en disant que de nombreuses personnes venaient la féliciter, en l'encourageant à se produire et se faire payer. Alors, confie-t-elle, «j'ai pensé que le but n'était pas d'être payé mais de faire connaître cela aux Français pour qui ces danses étaient inconnues.» La majeure partie des danseurs sont des neveux et nièces de Tulay et Bunyamin, son frère – aussi fondateur de l'A.R.T –, «mais, insiste Mme Yilmaz, ce n'est pas du tout une association familiale, nous voulons ouvrir l'association à d'autres personnes.» Et cela semble fonctionner, car, si tous les jeunes font de la danse folklorique turque, «au sein du groupe il n'y a pas que des Turcs !». Pour elle, l'intérêt «n'est pas d'imposer les idées, c'est que nous travaillions tous ensemble et que nous nous demandions ce qu'on peut faire puis qu'on le mette en place.» L'A.R.T est très active à Clermont-Ferrand : elle a notamment négocié un partenariat avec le cinéma Rio qui diffusera régulièrement des films turcs, et prévoit d'organiser avec la mairie des voyages de jeunes en Turquie.
Paris

TURQUIE: la nouvelle constitution fait débat


La nouvelle constitution fait débat

Le Parlement turc s'est lancé dans la rédaction d'une nouvelle Constitution censée effacer toute empreinte des généraux putschistes, un projet ambitieux devenu le nouveau champ de bataille entre l'AKP et l'opposition.

Lundi, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a annoncé que «la phase de rédaction de la nouvelle constitution a débuté». Et de réaffirmer son intention de transformer le système parlementaire actuel en système présidentiel, à l'orée des présidentielles de 2014. Dominant la politique turque depuis dix ans, M. Erdogan, qui dirige l'AKP, a fait de la Turquie un acteur régional avec une croissance économique vigoureuse (8,5% en 2011) qui fait pâlir d'envie l'Union européenne, à laquelle Ankara veut adhérer. Il a remporté trois élections législatives successives depuis 2002 mais ne pourra briguer un quatrième mandat, selon les statuts de l'AKP. Il souhaiterait, selon les commentateurs, échanger son poste de Premier ministre pour celui d'un président disposant de vrais pouvoirs, et continuer à diriger le pays. «Nous allons discuter de tout cela, qu'il s'agisse d'un système présidentiel ou semi-présidentiel», a-t-il dit lundi, ajoutant que le dernier mot reviendrait au Parlement, où l'AKP est très majoritaire. Déjà accusé d'autoritarisme par l'opposition - les arrestations de journalistes se sont multipliées ces derniers mois - M. Erdogan et ses ambitions provoquent la controverse. «On vit déjà sous un semi-diktat, allons nous vers une dictature constitutionnelle ?» s'est interrogé Riza Türmen, député du CHP (Parti républicain du peuple), et ex-juge à la Cour européenne des droits de l'Homme. «Nous ne sommes pas favorables à un système présidentiel», averti Devlet Bahçeli, le chef de file des nationalistes au Parlement. «Si tout se passe comme il (Erdogan) le souhaite, et qu'il devient le premier Président de Turquie avec des pouvoirs à l'américaine ou à la française, il y aura débat sur la séparation des pouvoirs», estime Murat Yetkin, rédacteur en chef du journal Hürriyet Daily News.

Un texte qui «mettra en avant le citoyen et non l'Etat»
Une commission parlementaire spéciale a consulté la société civile et les minorités religieuses pour bâtir un texte qui sera le quatrième depuis la création de la République turque, en 1923. L'objectif est d'élaborer un texte plus démocratique remplaçant l'actuelle constitution héritée des généraux qui avaient pris le pouvoir en 1980. M. Erdogan s'est dit favorable à un texte qui «mettra en avant le citoyen et non l'Etat». Le projet serait achevé d'ici la fin de l'année et soumis à référendum. Des réformes introduites par l'AKP ont considérablement réduit l'influence des militaires, jadis acteurs politiques majeurs et gardiens auto-proclamés de la laïcité. Des dizaines de hauts gradés sont en prison, accusés de complots contre le régime. Mais la constitution de 1982 est restée en vigueur, en dépit de nombreux amendements. D'âpres batailles sont à prévoir au Parlement sur le nouveau texte: le parti pro-kurde de la paix et de la démocratie (BDP) veut des droits accrus pour les 12 à 15 millions de Kurdes (sur une population de 73 millions), ce à quoi sont opposées les autres formations. Et le CHP, qui dénonce une dérive islamiste du pouvoir, exige que les références à Mustafa Kemal Atatürk, et à son héritage laïc soient maintenues dans le nouveau texte. «De sérieuses interrogations subsistent sur la méthode à adopter. Ce processus peut à tout moment s'enliser», prévient Ibrahim Kaboglu de l'Université stambouliote de Marmara, qui fait partie des experts consultés.

futur centre culturel franco-turc à PITHIVIERS


lundi 7 mai 2012, par Sophie C.



L’association dispose désormais d’un bâtiment susceptible de rassembler sa centaine d’adhérents. Il aura pour but de faciliter les échanges entre les différentes générations.
La communauté désire plus d’espace
Que se passe-t-il derrière les murs de l’ancienne carrosserie Dacia, avenue du 8-Mai, à Pithiviers ? Nurettin Yagiz, président de l’association culturelle et sportive franco-turque, l’explique volontiers : « En avril 2013, nous espérons ouvrir le centre culturel franco-turc de Pithiviers, comme il en existe déjà dans beaucoup de villes. » Pas une deuxième mosquée, non . « Un endroit où toutes les générations pourront se retrouver », parler de la culture qu’elles partagent.
Et dont beaucoup de jeunes ignorent les principes.
Comprendre d’où on vient pour mieux savoir où on va :
Le local a été acquis le mois dernier, après la vente de celui de la rue Georges-Tonnelat. « Nous voulions quelque chose de central, à mi-chemin entre les quatre quartiers, le centre-ville, Clos-Beauvoys, Saint-Éloi et Saint-Aignan, pour qu’un maximum de gens puissent s’y regrouper sans avoir à se déplacer. »
L’une des idées centrales de cette association vieille de 20 ans : « Aider les jeunes de la "troisième génération", ceux qui ont aujourd’hui 14 ou 15 ans, à comprendre d’où ils viennent, pour mieux savoir où ils vont et ce qu’ils veulent devenir », insiste Nurettin Yagiz. L’« intégration » passe aussi par là. « Entre 15 et 25 ans, quelles que soient nos origines, il y a un cap difficile à franchir. Nous voulons être là pour les aider, qu’ils ne se retranchent pas derrière le drapeau turc pour faire des conneries. » Offrir un nouveau regard sur la société, ne pas rester « cloîtré » dans ses préjugés. « Un mec qui part dans une grande ville ou qui va à la fac, ses yeux s’ouvrent différemment. Nous voulons offrir ça à ceux qui restent à Pithiviers. »
Besoin d’un vrai local
Et pour lutter contre l’oisiveté, « mère de tous les vices », l’association, forte d’une centaine d’adhérents, avait besoin d’un vrai local, « sinon les projets restent au fond d’un tiroir ». Résultat, dans les près de 400 m ² de l’avenue du 8-Mai, les collégiens devraient notamment avoir la possibilité de suivre des cours de langue turque, après l’école. Ou bien une initiation à l’islam, à la manière d’un catéchisme. « Aujourd’hui, ce dispositif existe seulement dans les écoles primaires, à Pithiviers, Malesherbes ou Boiscommun, en partenariat avec l’Éducation nationale et le consulat. » À l’heure actuelle, une trentaine d’enfants suivent ces cours dans l’arrondissement.
En pratique. En attendant l’ouverture du local, les personnes intéressées peuvent contacter Nurettin Yagiz, président de l’association culturelle et sportive franco-turque de Pithiviers (06.71.98.69.11). Cotisation annuelle : 120 euros
Sources : La Rep

mardi 8 mai 2012

Ibn'Battuta à la géode du parc de la villette



Jusqu’au 31 mai prochain, la Géode (parc de la Villette, Paris 19e) propose Le grand voyage d’Ibn Battuta, de Bruce Neibaur. Projeté en mode Imax, le film retrace le périple du plus grand voyageur d’islam et de l’un des plus grands explorateurs de tous les temps. En 29 ans de voyages à travers le monde connu, Muhammad Ibn Battûta (1304-1369) aura parcouru 120.000 km, soit trois fois la distance parcourue par son prédécesseur occidental Marco Polo (1254-1324). Comme lui, il confiera à un homme de lettres le soin de coucher par écrit les longs récits qu’il fera de ses pérégrinations. Son Rustichello sera Ibn Juzayy qui, sur l’ordre du souverain mérinide Abû ‘Inân, compilera la Rihla ou «Voyages et périples». Un document rare, qui offre de riches descriptions de la vie économique et politique, mais aussi des mœurs et de la vie matérielle au sein du vaste ensemble afro-eurasiatique d’islam au XIVe siècle… Tout commence en 1325 quand à l’âge de 21 ans, le jeune Ibn Battûta quitte Tanger pour un pèlerinage à Mecque : Tunis, l’Egypte, la Syrie, — qu’il parcourra jusqu’aux confins de l’Arménie — puis enfin le Hijâz. Le pèlerinage accompli, au lieu de s’en retourner dans son Maroc natal, il continue vers l’Est : l’Irak et la Perse, puis à nouveau La Mecque où il restera deux ans pour compléter ses études de théologie. Il descend ensuite vers l’Arabie du Sud et le Yémen, puis s’embarque sur la mer Rouge en direction de la corne de l’Afrique : la Somalie et Zanzibar, terres musulmanes et passablement arabes. Il retourne à La Mecque en 1332 pour sept autres années d’études, avant de repartir : l’Asie mineure, chez les Tatares de la Russie — où le khan Özbeg le charge d’accompagner son épouse grecque rendre visite à son père, l’empereur de Byzance —, dans le Turkestan, le Khorassan, l’Afghanistan, et finalement en Inde où il officiera en qualité de haut fonctionnaire durant huit ans. Le sultan de Delhi Fîrûz Shâh Tughlûq l’enverra ainsi en Chine à la tête d’une fastueuse ambassade. Mais la jonque est détruite par une tempête le long des côtes indiennes. Il s’embarque pour les îles Maldives, où il assumera deux années durant la fonction de juge (qâdhî). Il quittera l’archipel pour faire l’ascension du Pic d’Adam (Jabal ar-Ruhûn) à Ceylan, lieu saint pour les hindous, les bouddhistes et les musulmans. Puis ce sera le Bengale de la dynastie Ilyâs Shâhî, Sumatra, dont le souverain est également musulman, et enfin la Chine : Quanzhou (Zaytûn), où vit une importante communauté arabo-persane, Hong-Tcheou, Canton et Pékin. Il reprend alors la route vers l’Ouest, vers Ormuz : à nouveau la Perse, Bagdad, Damas, le Caire, et un quatrième pèlerinage en 1348. Arrivé au Maroc après 24 ans, il ne tardera pas à repartir : l’Espagne musulmane et le Mali du puissant Mansa Sulaymân. C’est à Takedda, au cœur de l’Afrique noire, qu’un message royal l’invite à regagner la cour d’Abû ‘Inân à Fez, où il dictera sa Rihla. L’empire abbasside a depuis longtemps disparu, les royaumes ilkhanides qui lui ont succédé se lézardent en Irak et en Perse, ce monde musulman qu’a parcouru Ibn Battûta était certes morcelé en royaumes et en principautés, mais les pèlerins, les érudits et les commerçants qu’il a rencontrés dans cette immense Asie musulmane avaient comme lui conscience d’appartenir à une civilisation brillante, à une communauté universelle, fondée sur des valeurs religieuses et culturelles. Plus qu’aucun autre, Ibn Battûta aura pu admirer les dernières lueurs de cette civilisation que l’empire ottoman naissant n’arrachera que très partiellement aux ténèbres qui commencent à l’entourer.
Tunis

A SAISIR: BOURSES POUR ETUDIER EN TURQUIE


Le site Türkiye Burslari (Bourses de Turquie) propose des bourses dans tous les domaines d’étude et dans quasiment toutes les universités turques, pour ceux qui n’ont pas la nationalité turque. Le site internet, en anglais et en turc, donne toutes les informations nécessaires aux étudiants qui envisagent un départ en Turquie : possibilités de logement, mais aussi éléments sur la culture turque, et plus généralement sur la vie en Turquie. Le site s’attache également à mettre en avant les avantages que pourront tirer «les étudiants étrangers [qui auront ainsi] la chance de profiter d’un environnement naturel unique, d’une culture riche et d’une histoire ancienne». Si l’hospitalité des Turcs est mise en exergue, ce sont surtout les conditions économiques actuelles qui, selon les auteurs du site, font de la Turquie l’un des pays les plus attractifs en terme d’études supérieures.
Des programmes de bourses interdisciplinaires
Türkiye Burslari insiste surtout sur l’importance d’avoir un parcours cohérent, sur l’intérêt qu’ont les futurs étudiants à participer à des activités sociales et culturelles, ainsi que sur la volonté de promouvoir les relations entre la Turquie et le pays d’origine. Il existe quatre programmes de bourses qui couvrent les études en sciences humaines et en sciences dures. Türkiye Burslari est d’ailleurs soutenu entre autres par le ministère des Affaires étrangères, par le ministère de l’Education nationale et par le ministère des Affaires religieuses. Il simplifie en outre les démarches en permettant de postuler auprès de plusieurs universités à la fois. Soulignons enfin qu’il propose un programme spécial dédié à la théologie islamique.

clip "sin paraguarAs" du groupe JARILLO LATTA

Le super clip du groupe JARILLO LATTA, membre du groupe du conservatoire supérieur de musique de MALAGA qui a participé au festival de KAYSERI en février 2012

http://youtu.be/vRjz1VLSL3s


TRAVAILLER EN TURQUIE COMMENT CA MARCHE ??


Vous avez toujours voulu tout savoir sur les conditions de travail sur le sol turc ? Alors cet article vous est destiné ; les différents types de contrat de travail, la conclusion du contrat de travail, les droits et devoirs du salarié étranger, le licenciement, le droit de grève.... sont les thèmes abordés et développés dans cet article par l'Avocat au barreau d'Istanbul Adnan Üçcan. Il est toujours bon de rappeler la législation dans le domaine du travail dans le pays dans lequel nous vivons, alors bonne lecture...

1. Les types de contrat de travail
Le droit turc connaît les contrats de travail à durée déterminée et à durée indéterminée, et le contrat de travail sur convocation.
Ces contrats peuvent être conclus à temps plein ou à temps partiel.
Contrairement au contrat à durée indéterminée, le contrat à durée déterminée est conclu pour un délai donné, à l'échéance duquel le contrat prend automatiquement fin. Ce contrat doit être conclu par écrit et ne peut en principe être renouvelé sous peine d'être requalifié en contrat à durée indéterminée.
Le contrat dit sur convocation définit une tranche d'heures par semaine, par mois ou par année, correspondant à un travail à temps partiel, pour la durée de laquelle le salarié peut être convoqué de manière discrétionnaire par l'employeur. L'employeur doit en principe convoquer le salarié quatre jours à l'avance et le faire travailler au moins quatre heures d'affilée, mais le contrat peut déroger à ces dispositions et prévoir des délais plus courts.
Le contrat doit être conclu par écrit, et prévoir la tranche d'heure pour laquelle le salarié doit être à disposition. A défaut, la loi prévoit 20 heures par semaine.
Le salarié aura droit à la rémunération pour la tranche d'heures prévue dans la contrat, que l'employeur l'ait effectivement convoqué ou non.

2. La conclusion du contrat de travail
(a) Conditions de forme
Un contrat de travail doit être conclu par écrit lorsque sa durée est d’un an ou plus.
Pour les contrats d'une durée inférieure à un an mais supérieure à un mois, l’employeur est tenu de remettre au salarié un écrit portant sa signature et contenant les conditions générales du travail et certaines mentions obligatoires (Noms des parties, tâche confiée au salarié ainsi que temps et lieu de travail, modalités de rémunération, procédure de résiliation du contrat, date de la conclusion du contrat de travail et signatures des parties).
Pour les contrats conclus avant le 17 juin 2003, ces dispositions ne sont en principe pas applicables.
(b) Clauses accessoires
Le contenu du contrat de travail relève de la libre volonté des parties en dehors des mentions obligatoires.
La clause de non-concurrence est valable selon le droit turc lorsqu'elle est limitée de manière raisonnable par son objet, dans le temps et dans l'espace. La jurisprudence considère qu'une clause visant l'ensemble du territoire turc est en principe trop contraignante. Par ailleurs, si le territoire désigné excède le territoire turc, il est vraisemblable que le juge turc se déclarera incompétent pour juger d'une activité prétendument concurrentielle à l'étranger. Quant à la durée de l'interdiction, la jurisprudence estime que celle-ci ne peut excéder en principe trois ans à compter de la résiliation du contrat de travail.
(c) Période d’essai
Une période d'essai peut être fixée dans le contrat de travail. Elle ne peut excéder deux mois (art. 15 de la loi sur le travail).
Cependant, une convention collective peut fixer une période d'essai d'une durée maximale de quatre mois. Pendant cette période, les parties peuvent résilier le contrat sans préavis ni indemnité (art. 15 al. 2).
3. Le salarié étranger
Tout salarié étranger doit obtenir un permis de travail, qui peut être délivré à durée déterminée ou à durée indéterminée auprès du Ministère du Travail, le cas échéant par l'intermédiaire des représentations diplomatiques à l'étranger. Après l'octroi du permis de travail, l'étranger devra demander un visa de travail ("çalışma vizesi"), puis postuler pour un permis de résidence dans les trente jours. Le document est en général accordé dans le délai d'une semaine, pour trois mois, puis pour deux ans (à la discrétion de l'administration). L'étranger devra débuter son travail ou être inscrit à la Sécurité sociale dans le mois qui suit l'obtention du permis de résidence, à défaut de quoi le permis de travail devient caduc. La législation récente prévoit que des dérogations pourront être prises en faveur des ressortissants de l'Union européenne.

4. Les conditions de travail
(a) Salaires
Les salaires sont décidés au niveau des entreprises et non des branches d'activités, et peuvent en principe être librement déterminés dans le contrat de travail, à condition de ne pas être inférieur au salaire minimum, réévalué au moins tous les deux ans. Bien que la loi ne l'impose pas, certains employeurs réévaluent régulièrement les salaires, voire les indexent sur le taux officiel de l’inflation (une telle clause est légale en droit turc) afin de lutter contre la dégradation du pouvoir d’achat des salariés en raison du taux élevé de l'inflation en Turquie.
Le salaire stipulé "net" dans le contrat de travail renvoie, contrairement au système français, à la somme d'argent mise à disposition du salarié après déduction De l'impôt sur le revenu, qui fait en Turquie l'objet d'une retenue à la source ("stopaj"). Ainsi, si les parties conviennent d'un salaire net, l'employeur est tenu de payer non seulement le montant promis, mais aussi l'impôt sur le revenu y afférent et les charges sociales.
(b) Horaires de travail
La durée hebdomadaire légale de travail en Turquie est de 45 heures. Cette durée peut être librement répartie sur les 7 jours de la semaine, le dimanche inclus, sous réserve d'un jour de repos par semaine et de maximum 11 heures de travail quotidien, ou de maximum 7 heures 30 s'il s'agit d'un travail de nuit. Le recours aux heures supplémentaires exige que l'employeur sollicite au préalable le consentement du salarié, et que le total des heures supplémentaires n'excède pas 270 heures par an. Les heures supplémentaires donnent lieu en principe au paiement d'une prime de 50% par heure de travail. Les fêtes religieuses et nationales sont des jours chômés payés. L'employeur est tenu d'obtenir l'accord du salarié pour le faire travailler pendant ces jours, le salarié ayant droit à une majoration de 100% de son salaire.

(c) Congés
En Turquie, la durée des congés payés dépend de l’ancienneté: elle varie entre 14 jours pour un salarié ayant entre 1 et 5 ans (inclus) d'ancienneté, et 26 jours pour un salarié ayant une ancienneté supérieure à 15 ans.
5. Le licenciement
Si la législation entrée en vigueur en 2003 a amélioré le statut des salariés en allongeant la durée des congés payés, ou en créant le droit au maintien du contrat de travail en cas de cession de l'entreprise, ou encore en introduisant le principe de non-discrimination sur le lieu du travail, son avancée la plus remarquée a été l'encadrement des procédures de licenciement.

(a) Le licenciement individuel

L'employeur a désormais l'obligation de motiver le licenciement par une cause valable. A défaut, le salarié peut demander en justice sa réintégration ainsi que des dommages et intérêts. Toute relation de travail devant respecter le principe de non-discrimination, un licenciement fondé sur un motif discriminatoire rend le licenciement illicite.

L'employeur doit en outre respecter une période de préavis variant entre deux semaines pour une ancienneté de moins de six mois, et deux mois pour une ancienneté de plus de trois ans, mais cette période de préavis peut être remplacée par une indemnité du montant égal au salaire à verser pendant le préavis.

Cette réglementation connaît toutefois un champ d'application restreint et de nombreuses exceptions: L'obligation de motivation ne s'applique que lorsque les conditions suivantes sont remplies cumulativement:

1. L'entreprise emploie plus de 30 salariés,
2. Le salarié à licencier a une ancienneté de plus de six mois,
3. Le salarié dispose d'un contrat à durée indéterminée,
4. Le salarié n'a pas la qualité de représentant de l'employeur ou de son adjoint.

Les licenciements sans préavis (ou indemnisation équivalente) et sans indemnité d'ancienneté demeurent valables en cas de maladie grave, d'atteinte à la honneur ou à la vertu de l'employeur ou des membres de sa famille, et en cas de force majeure empêchant le salarié pendant plus d'une semaine de se rendre sur les lieux du travail. L'employeur doit ici cependant motiver le licenciement.

(b) Le licenciement collectif
La notion de licenciement collectif a été introduite par la législation récente.
Il s'agit du licenciement en une fois ou sur une période d'un mois (i) d'au moins dix salariés si l'effectif est entre 20 et 100, de 10% de l'effectif si ce dernier est entre 101 et 300, de 30 salariés si l'effectif est plus de 301 employés (ii) pour des raisons économiques, technologiques, structurelles ou pour des raisons similaires résultant des nécessités de l'entreprise, du lieu de travail. ou du travail proprement dit (iii).
L'employeur qui souhaite procéder à un licenciement collectif est tenu d'en informer les délégués syndicaux ou les délégués des salariés du lieu de travail ainsi que la Direction régionale du travail concernée et l'Organisme de Travail de Turquie par écrit
Les significations doivent impérativement mentionner le motif des licenciements, le nombre et les groupes de salariés à licencier, ainsi que le planning des opérations de licenciement. Après la signification, les délégués syndicaux et l'employeur devront entreprendre des négociations en vue de réduire le nombre de salariés licenciés ou de minimiser les effets négatifs du licenciement collectif sur les salariés, un procès-verbal doit témoigner des négociations. La loi n'oblige toutefois pas l'employeur à parvenir à un accord avec l'Etat ou avec les partenaires sociaux. Il s'agit d'avantage de conditions formelles que de contraintes pouvant empêcher l'employeur à mettre en œuvre sa décision.
6. Droit de grève et droit de lock-out
La grève n’est possible que dans la seule hypothèse d’un échec des négociations en vue d’un accord d’entreprise, et sous réserve de nombreuses exceptions légales (secteur public, secteur bancaire, secteur réputé stratégique, sécurité publique). De surcroît, en cas de grève, l’employeur est habilité à recourir au lock-out, c'est-à-dire à fermer l'entreprise.

Les coordinations et autres mouvements spontanés ainsi que les regroupements sont interdits dans l’entreprise.
Adnan ÜÇCAN (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 8 mai 2012
Adnan ÜÇCAN (photo ci-contre) , Avocat, fondateur du cabinet UCCAN LAW, est avocat au barreau d’Istanbul. Il est titulaire d’une Licence de droit de l’Université Robert Schuman de Strasbourg, en outre d’une maitrise de droit de l’Université Galatarasay d’Istanbul, d’une bourse de mérite du Gouvernement français et d’un Master de droit International de Commerce de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Après avoir exercé pendant des années dans des cabinets, il a fondé son propre cabinet de droit et sa société de conseil en affaires internationales. Travaille avec les sociétés européennes et élabore des négociations d’affaires dans les pays de l’Afrique et du moyen Orient. En outre il est avocat traducteur assermenté, avocat de médecins et des hôpitaux en Turquie.
Informations pratiques : Adnan ÜÇCAN - UCCAN LAW office
Kağıthane Caddesi N° 141/4 Çağlayan - Istanbul
Tel : +90 (212) 233 38 38
Fax : +90 (212) 233 38 19
E-mail : adnan@insidecounsels.com Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.