mardi 23 juillet 2013

Picturing Byzantine Istanbul: 1930-1947

ISTANBUL- Hürriyet Daily News

Istanbul hosts an exclusive exhibition which reveals the Byzantine heritage in the city. The exhibition, which will continue until October 6, is at Koç University’s Research Center of Anatolian Civilizations (RCAC) Gallery

The majority of Artamonoff’s 1033 photographs are preserved in the Image Collections and Fieldwork Archives of the Dumbarton Oaks Research Library and Collection in Washington, D.C., and in the Myron Bement Smith Collection in The Freer Gallery of Art and Arthur M. Sackler Archives of the Smithsonian Institution.
The majority of Artamonoff’s 1033 photographs are preserved in the Image Collections and Fieldwork Archives of the Dumbarton Oaks Research Library and Collection in Washington, D.C., and in the Myron Bement Smith Collection in The Freer Gallery of Art and Arthur M. Sackler Archives of the Smithsonian Institution.
This summer Istanbul witnesses an exhibition, which focuses on the Byzantine heritage in the city. “Artamonoff: Picturing Byzantine Istanbul, 1930-1947” exhibition presents the Byzantine heritage of Istanbul from the perspective of Nicholas V. Artamonoff, who had a deep interest in the history of the city. The exhibition will be open to the public in Koç University’s Research Center of Anatolian Civilizations (RCAC) Gallery in Istanbul between until October 6.

“Artamonoff: Picturing Byzantine Istanbul, 1930-1947” features the photographs taken by Nicholas V. Artamonoff, an amateur photographer of Russian origin, during the time he lived in Istanbul between 1922-1947. The exhibition opens within the scope of the Third International Sevgi Gönül Byzantine Studies Symposium, entitled “Trade in Byzantium” and organized by Koç University’s RCAC. The exhibition can be visited at the RCAC Gallery in Beyoğlu, Istanbul between June 26 and October 6, 2013.

The exhibition consists of Nicholas V. Artamonoff’s photographs of Byzantine architectural heritage and human landscapes taken between 1930-1947 and constitutes a unique record of the city, which since then has gone through a radical transformation. The life and career of Artamonoff, who developed an interest in photography and Istanbul’s cultural heritage during the years he studied and worked at Robert College, were reconstructed through extensive research.

Some of the monuments depicted in Artamonoff’s photographs have been damaged, at times destroyed, badly restored, or hidden from uninterrupted view by the urban and demographic sprawl of the huge metropolis of Istanbul. They display Byzantine remains not only as architectural landmarks of residential and commercial neighborhoods, but also as integral elements in the daily life of the city’s residents. He captured through his lens snapshots of monuments, archaeological sites, and cityscapes, as much as of tourists, scholars, and ordinary people in a period of fast transition in all walks of life. Thus, the use and reuse of historic buildings and remains, the transformation of buildings and the urban fabric all appear as recurrent themes in his photography.

Archive of Artmanoff

The majority of Artamonoff’s 1033 photographs are preserved in the Image Collections and Fieldwork Archives of the Dumbarton Oaks Research Library and Collection in Washington, D.C., and in the Myron Bement Smith Collection in The Freer Gallery of Art and Arthur M. Sackler (Freer|Sackler) Archives of the Smithsonian Institution. The exhibition presents a selection of these photographs and Artamonoff’s personal documents from the archive of Robert College in Istanbul.

According to a written statement sent by the RCAC, “The ’Artamonoff: Picturing Byzantine Istanbul,1930-1947’ exhibition and catalog are prepared within the scope of the Third International Sevgi Gönül Byzantine Studies Symposium, to be held between June 24-27, 2013. This work is the product of a collaboration among Koç University’s Research Center for Anatolian Civilizations (RCAC), Dumbarton Oaks, Freer|Sackler, and Robert College.”

SUR UN GRAIN DE RIZ, DES AILES DE PAPILLON... –

Hasan Kale, le détail à portée de main

Les créations détaillées et miniatures d'Hasan Kale circulent en photos sur la toile depuis début 2013. Sept mois plus tard, l'oeuvre du peintre turc suscite un engouement grandissant. Entre habileté et maîtrise, Hasan Kale surprend par la minutie de sa peinture et la nature originale de ses toiles, d'une taille infiniment réduite, qui relèveraient presque de la fantasmagorie. Rencontre avec l'artiste.
“Imaginez un grain de café soluble ou de sucre, pensez à leur nature éphémère. On ignore trop souvent ces choses insignifiantes de notre vie quotidienne. Avec ma peinture, je veux inciter à la prise de conscience de leur signification insoupçonnée.” C'est ainsi qu'Hasan Kale, originaire d'Inegöl, petite ville de la région de Marmara, près de Bursa, définit sa passion pour la peinture miniature. Né en 1959, l'artiste habite Istanbul après avoir eu un coup de foudre pour la capitale culturelle du pays il y a vingt ans.
Photo DJ
Cheveux poivre et sel tirés vers l'arrière, Hasan Kale se balade rarement sans sa tasse de café. “Quand je peins dans mon atelier, je me coupe du monde, comme si j'étais dans une bulle. Toute mon attention est portée sur les quelques poils de mon pinceau.” Le peintre perfectionniste n'arrive plus à trouver le sommeil depuis quelques mois, entre le temps consacré à sa peinture, les conférences universitaires qu'il donne parfois et le joaillier turcSevan Bıçakçı, avec qui il confectionne des bijoux pour gagner sa vie.
Représenter l'immensité par l'infiniment petit
Hasan Kale s'amuse à peindre le plus souvent des paysages stambouliotes sur un grain de riz, la tête d'une épingle, un caillou poli ou les ailes d'un papillon empaillé. “J'aime beaucoup les images qu'offrent la ville d'Istanbul, véritable reflet de la culture anatolienne. C'est un lieu à la fois ouvert et mystérieux dont l'aspect architectural et la richesse historique hors pair permet de nourrir sans cesse l'inspiration.” Le peintre affectionne également les grands monuments comme la Tour Eiffel ou la Statue de la Liberté, qu'il reproduit sur ces supports variés dont la taille ne dépasse en général pas une phalange. Hasan Kale prend entre trois jours et deux mois pour confectionner une miniature selon la nature de ses toiles originales, tantôt calcaire tantôt carbonée. Après vingt ans d'exercice, l'habile cinquantenaire n'a cassé que deux de ses oeuvres. “Une tasse de café est si vite arrivée” plaisante t-il.
La peinture d'Hasan Kale, un défi personnel
Dans les années 80, Hasan Kale s'est essayé à reproduire des miniatures turques, ces véritables contes en images chargés de magnifier le règne du Sultan, connus pour leur extrême finesse. Pendant une dizaine d'années, il s'est inspiré de l'art des nakkaş, nom de ceux qui peignaient avec minutie les scènes de l'histoire ottomane. “Les innombrables détails de leur peinture révèlent une technique remarquable. J'ai souhaité expérimenter ce savoir-faire pour adopter un style méticuleux. Quelques années après, je me suis demandé jusqu'où il était possible d'aller dans la précision et la maîtrise du détail. Je l'ai pris comme un défi personnel et me suis lancé.” C'est donc moins par scrupule que pour le défi technique et artistique que Hasan Kale s'est lancé dans ses créations détaillées et a commencé à peindre une noix de cajou en 1994.
L'artiste dans son atelier (Photo DJ)
La vie d'artiste en Turquie
“On ne peut pas dire que les artistes en Turquie sont satisfaits de leur situation. Leur régime est certainement plus dur en Turquie qu'ailleurs” avoue t-il. Outre les conditions économiques dont souffrent les artistes du pays, Hasan Kale fait allusion à la reconnaissance et la valorisation de leur métier, encore trop faible à son goût. Il porte frénétiquement une cigarette à sa bouche. “Le plus important c'est de pouvoir faire ce que l'on aime.”
Depuis son plus jeune âge, Hasan Kale a un goût très prononcé pour l'art. “Ma famille n'est pas dans le domaine artistique, mais je me souviens qu'à cinq ans, je voulais être un grand artiste. (Il sourit) Je n'ai suivi aucune éducation spécialisée, j'aime me satisfaire des couleurs et expérimenter l'habileté que peut avoir un pinceau.”Autodidacte confirmé, Hasan Kale a travaillé sa facture à partir de pinceaux guère plus fins que ceux que l'on trouve dans le commerce. Il s'installe à son bureau. Un galet est apposé sur son bureau, immobilisé par de la pâte à fixe. Lunettes sur le nez, loupe à la main, il applique un aplat de couleurs sur le caillou à l'aide d'une mixture d'acryliques, qu'il a confectionnée lui-même dans sa cuisine. Il a déjà marqué 200 pièces de son coup de pinceau. Le mois prochain, l'artiste s'envolera pour Israël, où il exposera pour la première fois son oeuvre hors de la Turquie.
Découvrez en images d'autres oeuvres de l'artiste:

Diane Jean (http://lepetitjournal.com/istanbul) mardi 23 juillet 2013

lundi 22 juillet 2013

Alacahöyük diggings reveal 4,000-year-old canals

ÇORUM - Anadolu Agency

The excavations in Alacahöyük reveal that there are water canals which date back to 4,000 years ago. This might be the second open air museum.

AA photo
AA photo
The excavation area in Çorum’s Alacahöyük district reveals an ancient dam and water canals from the Hittite era, several thousand years ago.

Alacahöyük excavation president Professor Aykut Çınaroğlu said the dam was discovered in 2004 during the excavations however the water canals are the new findings from the excavation works.

Noting that the dam excavation had been carried with the support of a construction firm, Çınaroğlu said the dam has believed to have been constructed by Hittites around 4,000 years ago. The dam was used for irrigation and providing drinking water to the city, he added, noting that this was the oldest dam to have been found so far.

The team also found a hieroglyphic tablet which was written in the 1250s. The tablet is believed to have been written for the Hittites’ strongest king, Budahepa, and the goddess Hepata.

“The technique used during construction by the Hittites is the oldest one. While generally cement fillings are used in the dam making, the Hittites used clay.” Çınaroğlu said

Watering canals

Çınaroğlu said state waterworks had analyzed the area and the water that passed through was still clean and could be drunk. The water canals extended to the north and south of the city, said Çınaroğlu.
“These canals are on private lands. Our aim is to restore these canals and make them a part of the ancient city. The final aim is to open those canals to visitors.”

According to Çınaroğlu, the best thing to do is flow the waters through the canals for everyone to see.
“If we can open them then this means Alcahöyük will have another open air museum for itself,” he said adding that, “The dam alone does not mean anything, the important thing is combining this with the canals.”

Alacahöyük, which currently draws around 50,000 visitors a year, uncovers more clues like those found each year. The first excavations had started at the ancient site in 1907, and lasted only 15 days, and were then restarted in 1935 on the order of Atatürk.

HDN
Excavation president professor Aykut Çınaroğlu
says, after the dam in 2004 in Aalacahöyük,
the water canals’ discovery, which belongs to
4,000 years ago is a new hope to expect a second
open air museum. AA photo
Çınaroğlu said that this year’s digs in Alacahöyük, which is known as Turkey’s first national excavation area, would begin next month, adding that the works would focus on following up the pieces that were found last year and proved that the first settlement was seen in the area much earlier than thought. In the light of data to be revealed during excavations, Çınaroğlu said they had previously estimated that housing dated back to 8,500 years ago in Alacahöyük, “But we had suspicions that it might date back to earlier times. Last year we began finding pieces from the Neolithic age, confirming our suspicions.

We could not have found a Neolithic settlement but objects that will shed light on this settlement. Thus we saw that housing dated back to 1,500 years earlier than we had known so far. This year we will focus on these objects and try to find the traces of this settlement.”

He said that their goal was to reach a Hittite layer in this year’s works, adding, “This is what we expect this year. We may find it or not. Or perhaps we will find it in future excavations. The objects that we found in the last years were a very good discovery. We don’t know yet what to find this year.”
July/17/2013

GEZI PARKI – Un mariage de deux “çapulcu” bien arrosé


Samedi soir, la police a procédé à une nouvelle intervention à proximité de la place Taksim, vide de toute agitation depuis une semaine. En réponse à l'annonce du mariage de deux manifestants, les forces de l'ordre ont fermé pendant deux heures le parc-bastion de la fronde antigouvernementale, avant d'intervenir à coups de canons à eau et de gaz lacrymogènes.
Photo AA
Le parc a rouvert vers 19h45 mais jusque tard dans la nuit, les policiers ont repoussé quelques centaines de manifestants en lisière de la place publique, vers l'avenue Istiklal, à l'aide de canons à eau puis de gaz lacrymogènes. Quant aux jeunes mariés, ils se sont unis à Şişli avant d'investir le parc pendant quelques minutes avec leurs "invités" en début de soirée.
“Acceptez-vous de vivre, d'être heureux et de résister ensemble jusqu'à ce que la mort vous sépare ?” a demandé l'officier de mairie aux futurs mariés “çapulcu” (voyous) – surnom donné par le Premier ministre turc aux contestataires du mouvement Gezi. Loin de célébrer une union traditionnelle, le couple et l'assemblée ont répondu en coeur: “La résistance, est partout, l'amour est partout!”, reprenant l'un des slogans phare du mouvement. Le couple, Nuray et Özgür, s'est rencontré il y a un mois, lorsque le parc de Taksim était occupé par les protestataires.
Diane Jean (http://lepetitjournal.com/istanbul) lundi 22 juillet 2013

Hervé Magro, Consul général de France à Istanbul: “Plus cela allait mal, plus nous étions présents”

Hervé Magro, Consul général de France à Istanbul depuis septembre 2009, quittera ses fonctions fin août. Sa prochaine mission l'emmènera à Jérusalem, en tant que Consul général en relation avec l’Autorité palestinienne. Dans les jardins du Palais de France, il nous reçoit avec son épouse, Maria, et revient sur ces quatre années bien remplies.
lepetitjournal.com d'Istanbul : Comment vivez-vous ces dernières semaines à Istanbul ? Avez-vous déjà l'esprit absorbé par votre prochaine mission?
Hervé Magro (photo DJ): Nous n'avons pas eu beaucoup l'occasion de profiter de nos derniers moments à Istanbul parce que l'actualité a été chargée. Nous avons eu une crise assez importante à gérer dans les semaines précédentes (les manifestations autour de la place Taksim, ndlr). Nous avons tout de même commencé à prévoir le déménagement, à lire un certain nombre de choses en rapport avec mon prochain poste... Nous sommes dans une période un peu particulière, une sorte “d'entre-deux”. Mais après la fête nationale à Istanbul et à Izmir, nous avons le sentiment de basculer dans autre chose.
Vous connaissiez déjà bien la Turquie avant d'être nommé Consul général à Istanbul. Vous y aviez vécu. Que pensez-vous avoir appris de plus sur ce pays en y passant quatre années supplémentaires ?
J'ai eu l'impression de tout apprendre parce que ce pays a énormément changé. Il est passé dans une autre ère. Le pays, la société ont évolué d'une manière assez extraordinaire et pour moi, ce n'était certes pas une découverte mais une remise en question de beaucoup de choses que je pensais acquises. Le pays s'est ouvert au monde. On se rend compte en Turquie du dynamisme que peut apporter le fait d'avoir une population jeune. Lors de nos précédents séjours, nous avions vécu à Ankara, une grande ville plutôt administrative, et mes voyages à Istanbul ne m'en avaient pas laissé un souvenir impérissable. C'était effectivement une belle ville historique mais aussi une ville un peu dans le passé, un peu poussiéreuse, très polluée. Là, il y a un changement fondamental. Istanbul est aujourd'hui une métropole internationale, sans doute l'une des villes où il faut être en ce moment.
Vous avez connu des moments difficiles, comme tous les diplomates impliqués dans la relation franco-turque, au cours de la présidence précédente. Que vous disiez-vous dans ces moments-là?
Le fait de vivre au Palais de France vous ramène toujours aux fondamentaux. La France est sur ce terrain depuis 1590. Je crois que cela permet de relativiser beaucoup en se disant : “Nous sommes ici depuis pratiquement 500 ans. Nous vivons une période de crise de quelques mois. Espérons que cela va passer.” Certes, nous avons vécu la crise très différemment d'Ankara parce qu'à Ankara, beaucoup de ponts ont été coupés. Ici, c'était plutôt le contraire. On continuait à avoir beaucoup de contacts mais c'était – matin, midi et soir – des questions telles que “Pourquoi la France nous fait-elle cela ?”, “Qu'est-ce qu'on ne comprend pas ?” etc. On a été dans une sur-réaction, dans le sens où tous nos contacts étaient pratiquement consacrés à ça. Alors qu'à Ankara, c'était une sur-réaction négative, où plus personne ne vous parlait. Cela ne veut pas dire que la pression était moindre à Istanbul mais en même temps, j'ai toujours considéré que si nous ne travaillions que sur des questions qui ne posent aucun problème, ce n'était pas la peine d'être diplomate. Une des parties du métier, c'est aussi d'être là pour maintenir un minimum de discussion et de contacts lorsque cela va mal. Notre stratégie a été très claire : plus cela allait mal – et il y a eu des moments où cela allait très mal – plus nous étions présents. Sans nier la crise, il fallait montrer que la France était toujours là, que la France et la Turquie partageaient des enjeux tels qu'on se retrouverait de toute façon à un moment ou à un autre. Mais il est vrai que cela a été difficile d'expliquer les choses autant à nos amis turcs qu'à Paris où, je pense, les gens ne se rendaient pas bien compte de l'ampleur de la crise ici.
Vous aviez parlé l'été dernier – et récemment encore – d'une “nouvelle page” dans les relations franco-turques. A quoi, concrètement, sent-on ce changement? Il y a l'Union européenne et le déblocage d'un chapitre de négociations, le choix d'un consortium franco-japonais pour la construction de la deuxième centrale nucléaire turque... Mais parlez-nous plutôt des signes qui peuvent avoir échappé aux observateurs extérieurs...
D'abord, il y a eu des contacts immédiats au plus haut niveau entre le président de la République française et le président de la République et le Premier ministre turcs. Ensuite, il y a eu une coordination et des échanges assez importants sur les crises régionales, en particulier sur la crise syrienne. Ces échanges n'avaient pas disparu mais nous avons pu travailler dans un autre contexte. Ce qui est aussi intéressant c'est que finalement, sur le plan économique, les six premiers mois de cette année ont été assez exceptionnels pour la relation bilatérale, notamment au niveau des visites. Il faut bien voir que quand une relation politique ne va pas très bien, le signal envoyé est plutôt un signal de prudence. Quand les gens se rendent compte que les relations sont reparties sur un bon pied, vous enlevez cette hypothèque politique. Ajoutez à cela la crise en Europe et la nécessité de trouver de nouveaux débouchés... Grâce au travail d'Ubifrance, nous avons eu des pavillons français sur des salons majeurs où nous n'avions pas été présents les années précédentes, comme le ferroviaire ou le pharmaceutique par exemple. Une cinquantaine d'entreprises françaises devraient arriver en Turquie dans les prochains mois. Il faut toujours être prudent mais il y a un intérêt évident. Nous avons à ce sujet un indicateur intéressant : l'école française. Nous n'arrivons plus à faire face à la demande, notamment à la demande de Français. Sur les cinq dernières années, la communauté française a augmenté de 40%, en raison notamment de l'implantation de grosses sociétés françaises. Quand je suis arrivé, nous comptions 250 entreprises dans le pays. Elles sont 450 aujourd'hui. C'est quasiment une augmentation de 100%.
Quel est le nombre officiel de Français installés en Turquie ?
La communauté française représente un peu plus de 7.000 personnes, si vous comptez également Ankara. La seule circonscription d'Istanbul, avec Izmir et Bursa, en compte plus de 5.000.
La communauté française de Turquie a-t-elle beaucoup changé depuis votre premier poste dans le pays, à la fin des années 1980 ?
Il y a davantage de binationaux franco-turcs, mais aussi de Français d'origine turque qui viennent tenter leur chance ici. C'est un facteur nouveau.
La relation bilatérale s'améliore mais les Français de Turquie n'auront pas, pendant votre mission, reçu la visite officielle du président de la République, François Hollande. Cette visite est-elle toujours d'actualité ?
Oui, le président de la République a accepté l'invitation qui lui a été faite de venir en Turquie. Maintenant, le sujet est de trouver la meilleure période, ce qui n'est pas toujours simple. Le président de la République a un agenda plus que chargé, en particulier sur la question européenne. Mais sur le principe, François Hollande a répondu positivement à l'invitation des autorités turques, pour une visite officielle. Cela est très clair.
L'un des défis de votre mission ici a sans doute été d'assurer d'un côté une fonction très politique – parce que la Turquie et Istanbul sont d'anciens partenaires de la France et des acteurs dont le poids va croissant sur la scène internationale – mais aussi de gérer, au quotidien, l’un des plus gros Consulats généraux de la France dans le monde en nombre de visas délivrés. Quelle expérience cela a-t-il été de jongler avec ces deux casquettes ? Y avez-vous trouvé autant de plaisir ?
Pour moi qui ai plutôt une formation politique et dans la coopération, l'expérience consulaire était nouvelle. Cela a été passionnant. Alors que les gens pensent souvent qu'on fait toujours la même chose, l'un des avantages de ce métier est justement qu'on ne fait jamais la même chose. Les pays sont différents, les gens sont différents, les cultures sont différentes. Vous apprenez toujours. En plus, je découvrais le métier consulaire. L'avantage d'Istanbul mais aussi sa lourdeur, c'est qu'on est à la fois consul général (l'administration des Français, la question des visas) mais en même temps, on est le plus haut représentant de l'Etat quand l'Ambassadeur n'est pas à Istanbul. On est donc un peu, pour les services culturels et économiques, le recours quand on a besoin d'avoir une intervention à haut niveau à Istanbul. C'est donc un poste lourd qui dépasse largement le travail consulaire et administratif.
Ce chat n'a pas quitté les genoux
du Consul général pendant toute l'interview.
Pendant votre mission, avez-vous trouvé – en France comme en Turquie – des interlocuteurs prêts à s'investir et à investir dans le développement de la francophonie?
Je pense d'abord que personne ne se rend compte à quel point la francophonie est importante dans ce pays. Tout le monde me dit qu'autrefois, tout le monde parlait français. Mais “l'autrefois” en question, ce n'était pas forcément beaucoup plus qu'aujourd'hui. C'était la langue de l'élite. Aujourd'hui, je ne sais pas s'il y a beaucoup de pays dans le monde où nous avons autant de lycées francophones dans l'enseignement local. Entre les cinq Saints – six si l'on ajoute celui d'Izmir – les deux Tevfik Fikret, le lycée de Galatasaray, cela veut dire qu'on forme tous les ans plusieurs milliers d'étudiants francophones. Pendant ces quatre années, partout où nous sommes passés, nous pouvions être sûrs de rencontrer un voire plusieurs francophones. Le souci, selon moi, c'est le réseau. Les Français sont très mauvais pour “réseauter”. Quand je vois les Américains ou même les Turcs qui ont des associations d'anciens élèves partout ! Je suis diplômé de la Sorbonne mais je n'ai jamais rien reçu de la Sorbonne... Contrairement aux idées reçues, le problème, ce n'est pas le nombre de francophones dans ce pays. Le problème, c'est comment permettre à tous ces gens qui ont appris notre langue dans les lycées francophones et sont ensuite allés à l'université française ou dans les meilleurs universités du monde, de continuer à avoir accès à la francophonie. J'ai souvent rencontré des gens qui m'ont dit : “Je m'excuse, je préfère parler en anglais parce que mon français est ancien, personne ne me parle français, j'utilise davantage l'anglais pour mes affaires” etc. Un de mes sujets principaux, dès que je suis arrivé ici, a été de faire davantage le lien entre l'université et l'entreprise. Je dis souvent à nos entreprises : “On ne vous demande pas de recruter des francophones parce qu'ils sont francophones. Mais quand vous avez deux CV de valeur égale, et que l'un d'eux a fait Galatasaray ou Saint-Joseph ou autre, prenez le francophone.” Ce message n'est pas simple à faire passer.
Vous partez à un moment important pour la Turquie. Vous avez dit le 14 juillet que les événements des dernières semaines place Taksim pouvaient être une opportunité pour renforcer la démocratie turque. De quelle façon ?
Ce mouvement a surpris tout le monde parce qu'il a mobilisé des gens qu'on ne pensait pas capables de se mobiliser. Une couche jeune, très bien formée, capable de communiquer avec le monde sur les réseaux sociaux. Ces jeunes, je pense, joueront un rôle très important dans l'avenir de la Turquie. Le défi principal, me semble-t-il, est de ne pas se couper de tous ces jeunes et de prendre conscience qu'ils représentent quelque chose d'important pour l'avenir du pays. Mais je ne crois pas que nous soyons là pour donner des leçons.
Dans les chancelleries, parmi les diplomates, personne n'avait vu venir ce qui s'est produit ?
Non, personne ne viendra me dire qu'il avait prévu l'émergence de ce type de mouvement-là. Nous étions dans un schéma classique entre le parti au pouvoir et l'opposition. Selon ce schéma, s'il y avait des grandes manifestations, c'est que l'opposition était parvenue à mobiliser. Mais ce n'est pas du tout ce schéma-là qui a été observé. Je pense que même l'opposition a été surprise par ce qui s'est passé.
Vous qui, par la situation géographique du consulat de France, étiez au coeur des événements, comment avez-vous procédé pour analyser ce qui était en train de se produire ? Vous êtes-vous rendus sur la place Taksim au moment des manifestations ?
Oui, je faisais un tour tous les jours à Taksim, j'allais rencontrer des gens qui suivaient le mouvement de près.
Vous parliez des réseaux sociaux. Vous n'utilisez pas Twitter ?
Non, parce que je pense que c'est de la tromperie. C'est impossible, quand on est un responsable, de vraiment utiliser Twitter tout seul. Ce ne sont pas les responsables qui l'utilisent, mais leur équipe. Je me vois mal, vu le travail que j'ai, répondre à 20 tweets qui entraineront d'autres tweets et choisir ceux auxquels je réponds, comment je réponds... Ce serait trop de travail!
Pensez-vous que la France soit bien comprise, correctement analysée dans les principaux médias turcs ?
Non, mais la Turquie est-elle bien décryptée par les médias français ? Ceci dit, il est vrai que cela a été un des défis ici : constamment expliquer. L'image de la France n'est peut-être pas celle de la France d'aujourd'hui. Comment expliquer aux gens que votre pays a évolué ? Par exemple, tout le monde nous parle du centralisme à la française, du jacobinisme... mais personne ne parle de 1981, des lois de décentralisation. La France d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec la France des années 40 ou 50, même si elle garde évidemment une certaine continuité dans l'histoire.
Si vous aviez le temps d'écrire un livre sur la Turquie, quel sujet choisiriez-vous ?
Ayant vécu ces années-là, j'aurais sans doute aimé écrire un livre sur les années Özal (Turgut Özal a été Premier ministre de 1983 à 1989 puis président de la République de 1989 à 1993, ndlr). Selon moi, cela a été un tournant important. Si je devais écrire, ce serait pour lier ces années Özal avec la situation d'aujourd'hui. Je pense aussi que ce qui manque aujourd'hui, c'est un livre sur l'importance qu'a eu à l'époque le Islam et Laïcité de Bernard Lewis. Il a été un peu la “Bible” à un moment donné mais il me semble un peu dépassé. Il est passé à côté d'un certain nombre de choses. Il manque quelque chose de ce calibre-là, me semble-t-il. Une œuvre un peu monumentale qui remettrait en perspective la situation d'aujourd'hui avec une évolution historique. Bernard Lewis avait fait un livre montrant la continuité/transition entre l'Empire ottoman et la République mais cette page ne s'était pas refermée. Et on avait l'impression que son constat était un peu trop définitif à ce sujet. La page n'est pas refermée et ce livre mériterait aujourd'hui d'être intégré dans quelque chose de beaucoup plus général. La Turquie, c'est l'Empire ottoman et ce n'est pas l'Empire ottoman. C'est une dimension dont je pense qu'on ne mesure jamais assez l'importance.
Comment préparez-vous ce prochain départ ?
Maria Magro (photo DJ): Depuis le jour où nous sommes arrivés ici, nous savons que devrons partir et ce jour est presque arrivé. Nous étions très peu venus à Istanbul auparavant et surtout en hiver. Pour moi aussi, c'était une ville un peu “vieille”. Là, vraiment, j'ai redécouvert la ville. Je vis un peu au jour le jour pour m'occuper du déménagement, des papiers administratifs, pour me renseigner un peu sur la prochaine destination... Jérusalem promet d'être intéressante. Comme toujours, on découvre pas à pas.
Quand on est diplomate ou époux(se) de diplomate, on sait que notre temps sur place est compté. Est-ce que, malgré tout, vous êtes parvenus à nouer des liens d'amitié durables au cours de votre séjour à Istanbul ?
Maria Magro : Bien sûr. C'est toujours dur au début car on doit faire des efforts pour rencontrer des gens, sympathiser, faire connaissance. On ne gardera pas contact avec tout le monde, mais il y a toujours un petit noyau qui perdure. A Genève et ailleurs, on garde toujours des attaches. Et puis on évolue aussi. Au départ, je m'occupais des enfants. Ce n'est plus le cas donc je me suis davantage investie.
En effet, on a l'impression que vous formiez une “équipe” avec votre mari et que vous teniez à être impliquée dans la vie de la communauté française...
Maria Magro : Bien sûr, d'abord pour soutenir mon mari et puis aussi pour découvrir de nouvelles choses, pour apprivoiser un peu Istanbul...
Istanbul, en tout cas, semble avoir nourri votre fibre artistique...
Maria Magro : J'avais commencé déjà à Ankara et Istanbul m'inspire beaucoup. Les choses insolites, la lumière, les gens, l'architecture, le passé... tout cela m'inspire.
Hervé Magro : On a toujours essayé d'être ensemble. Je ne me suis jamais senti seul. Elle a joué un rôle dans les associations, mais elle ne le dira pas par modestie. Elle a aussi donné une touche particulière à ce Palais de France avec ses aquarelles. Elle a décoré les menus, les invitations du 14-Juillet... Ca donnait un petit “plus” personnel à cette fonction. Mais pour moi, cette touche était essentielle. Mon épouse a un don pour l'aquarelle. Elle en fait comme elle respire alors que c'est loin d'être simple ! Je l'ai donc un peu poussée pour utiliser ses talents. Plutôt que des menus tout blancs, les gens étaient heureux de repartir avec leur menu personnalisé. Cela donnait une autre dimension à la soirée. Elle a joué ce rôle-là et je la remercie dès que je le peux. Tout comme je dis à Paris que nos époux(ses) ou conjoint(es) ne sont pas assez valorisé(e)s. J'essaye donc de pousser pour voir comment on pourrait le faire. Parce que ce n'est pas du tout la même chose d'être en poste tout seul ou avec quelqu'un qui s'investit.
Vous envisageriez de vivre à nouveau en Turquie?
Maria Magro : Ce qui est sûr, c'est qu'on y reviendra, ne serait-ce qu'en vacances. On aime beaucoup ce pays et on y a beaucoup d'amis. Mais nous sommes partagés entre plusieurs endroits... Là, nous partons pour un mois de vacances entre la France et le Portugal.

Propos recueillis par Anne Andlauer (http://lepetitjournal.com/istanbul) lundi 22 juillet 2013

La réalité persistante du travail des enfants en Turquie

ILS SERAIENT 900.000 – 

Les chiffres de l'Institut de statistiques turc pour 2012 montrent que près d'un million de moins de 18 ans ont travaillé en Turquie. L'association Gündem Çocuk établit quant à elle à 38 le nombre de décès d'enfants sur leur lieu de travail l'an dernier. Le député CHP (Parti républicain du peuple) Süleyman Çelebi a proposé une loi visant à lutter contre l'emploi des mineurs.

La dernière étude officielle sur le travail des enfants en Turquie datait de 2006. Les statistiques distinguent les mineurs de moins de 14 ans de leurs aînés dont l'âge est inférieur à 18 ans. Selon l'article 71 du code du travail turc, l'emploi n'est autorisé qu'à partir de 14 ans révolus. Les travaux concernés par cette autorisation doivent être "légers" et ne pas porter préjudice au développement de l'enfant.
Pourtant, les chiffres publiés récemment indiquent que 292.000 enfants âgés de 6 à 14 ans ont travaillé en 2012. De 15 à 17 ans, ils étaient 601.000. Au total, 5.9% de l'ensemble des enfants turcs ont participé à l'activité économique l'an dernier.
Comparativement à 2006, les chiffres globaux sont en très légère hausse, de 3.000 cas de travailleurs mineurs. Ainsi que l'observe Seyfettin Gürsel, la majorité des 6-14 ans employés sont des garçons, 185.000 pour 108.000 filles. Au sein de cette tranche d'âge, le secteur qui emploie le plus de jeunes enfants était en 2012 l'agriculture (200.000), loin devant l'industrie et les services réunis (92.000).

38 décès d'enfants sur leur lieu de travail en 2012
L'association Gündem Çocuk a publié au début de cette année le nombre total de mineurs décédés en 2012 sur leur lieu de travail : 38 enfants, âgés de 16 mois à 17 ans.
Pour Ezgi Koman, membre de Gündem Çocuk, trois causes sont à l'origine de la prévalence du travail des enfants en Turquie. "La pauvreté et les inégalités sociales contraignent beaucoup de parents à faire travailler leurs enfants. La seconde raison tient au regard que l'État et la société portent sur l'enfant. Il n'est pas un sujet humain qui se développe, mais un objet qui peut être utilisé comme main-d'œuvre bon marché. Enfin, ce recours est rentable à de multiples égards. Du point de vue de nombreux employeurs, ces enfants ne sont pas socialement couverts, et d'un autre côté ils ne sont plus pris en charge par le système éducatif." En effet, selon les chiffres de l'Institut de statistiques, 50% des enfants qui travaillent ne peuvent pas aller à l'école.

Une population laborieuse et rentable
Ces jeunes travailleurs sont souvent employés dans des conditions qui les mettent en danger. Ezgi Koman cite le cas emblématique d'Ahmet Yıldız, décédé en mars dernier. "Il travaillait dans une usine de fabrication de plastique, à des cadences qui ne correspondaient pas aux normes de sécurité mais permettaient davantage de profits. Sa tête a été prise dans une machine, il est mort à l'âge de 13 ans."
Le quotidien Today's Zaman cite les secteurs au sein desquels les enfants travaillaient le plus fréquemment en 2012 : l'agriculture et la rue mises à part, il s'agit des garages, du textile et du bâtiment. Pour les entreprises qui ont recours à cette population laborieuse, la pratique la plus courante consiste à les enregistrer sous le nom du père ou d'un proche déjà employé. De cette manière, elles n'ont à payer de cotisations que pour un seul des deux travailleurs.

Nouvelle législation
Pour lutter contre ces pratiques, et plus généralement contre le travail des enfants, le député CHP Süleyman Çelebi a récemment proposé une nouvelle loi. Il entend s'attaquer prioritairement à l'industrie, un secteur où, d'après les chiffres cités par le député, "la part des 14-18 est passée entre 1994 et 2006 de 16 à 28%, soit une augmentation considérable." Sa loi propose de relever l'âge à partir duquel un enfant peut être employé de 14 à 15 ans.
Il entend aussi lutter de manière plus efficace contre le travail des moins de 18 ans dans l'industrie lourde, pour les équipes de nuit comme de jour. Aujourd'hui, de nombreux sites embauchent des enfants après les heures d'école, en soirée ou de nuit.

Un problème global
Süleyman Çelebi rappelle que "la situation de ces enfants ne saurait être comprise et traitée comme un problème distinct d'autres questions sociales. Leur emploi trouve souvent son origine dans une détresse familiale, de plus il prive des travailleurs adultes de postes qu'ils pourraient occuper."
Le député critique enfin le nouveau système éducatif dit "4 + 4 + 4" mis en place par le gouvernement à partir de la rentrée 2012. D'après lui, il conduira à un système plus flexible, qui permettra à de nombreux enfants de quitter l'école, pour travailler plus tôt qu'actuellement.
Joseph Richard (http://lepetitjournal.com/istanbul) lundi 22 juillet 2013

dimanche 21 juillet 2013

Yazar Leyla Erbil, İstanbul'da hayatını kaybetti.

20 Temmuz 2013 Cumartesi 14:16

Edebiyat dünyası yasta
Leyla Erbil, bir süredir kalp, karaciğer ve solunum yetmezliği sebebiyle tedavi görüyordu.
82 yaşındaki usta kalem, kendine özgün anlatım tarzıyla tanınıyordu.
Yazarlığa hikayeyle başlayan Erbil'in, değişik dergilerde yayınlanan yazı ve hikayelerin yanı sıra romanları bulunuyor.
Ankara Edebiyatçılar Derneği onur ödülü bulunan yazar, 2002'de Nobel Edebiyat Ödülü'ne aday gösterilmişti.
Leyla Erbil'in cenazesi 22 Temmuz Pazartesi günü Teşvikiye Camisi'nde öğle vakti kılınacak cenaze namazının ardından Zincirlikuyu Mezarlığı'nda toprağa verilecek.