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lundi 27 mai 2013

VIALAND – Le plus grand parc d'attraction d'Istanbul a ouvert ses portes à Eyüp

Vialand, le plus grand parc d'attraction d'Istanbul, a ouvert ses portes hier sur les rives de la Corne d'Or en présence du Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan, rapporte le Hürriyet Daily News. D'une superficie de 600.000 mètres carrés, le complexe comprend un parc d'attraction, un centre commercial, un parc aquatique et une salle de spectacle. L'établissement s'est inspiré du modèle de Disneyland en consacrant son parc au gorille géant King Kong, comme le montre cette vidéo. Ce projet lancé en septembre 2011 devrait employer à terme 4.000 personnes.
Outre les parcours en eaux vives ou les montagnes russes, une partie du parc est dédié à un voyage dans le temps. Les visiteurs pourront ainsi se plonger dans l'Empire ottoman et voir Mehmet le Conquérant assiéger Constantinople. Selon le Premier ministre Erdoğan, cette zone n'abritait qu'un puits en pierre à l'époque où il était maire d'Istanbul. "Qui aurait cru il y a dix ans qu'un parc d'attraction serait construit à cet endroit ?" a t-il déclaré. Recep Tayyip Erdoğan a également demandé aux gérants d’offrir l’entrée aux visiteurs pendant les premiers jours. Adresse et autres informations en cliquant ici.
Marlène Alibert (http://lepetitjournal.com/istanbul.html) lundi 27 mai 2013

mardi 7 mai 2013

ISTANBUL, HIER ET AUJOURD’HUI – Autour de la fontaine de la mosquée d’Eyüp…


Nouveau voyage dans le temps, quelque part entre Constantinople et Istanbul. Chantal et Jacques Périn nous emmènent à la fontaine de la mosquée d’Eyüp… et vous proposent une nouvelle photo mystère !
Autour de la fontaine de la mosquée d’Eyüp (hier)
Lieu de pèlerinage de la ville d'Istanbul, le quartier doit son nom à l'un des compagnons du Prophète Mahomet, Abu Ayyub al-Ansari, appelé Eyüp Sultan par les Turcs, tombé en 670 sous les murs de Constantinople.
Dès 1458, autour du tombeau d'Eyüp Sultan, se développe rapidement un complexe où se côtoient mosquée, medrese, hammam, imaret et cimetière, ce dernier étant réservé aux notables ottomans.
Photographe non identifié (circa 1880)
Dès lors, traditionnellement, les sultans s’y rendent solennellement pour y accomplir le rituel symbolique de prise de possession de l’épée d’Osman, fondateur de la dynastie ottomane.
Reconstruite de 1798 à 1800 sous le sultanat de Selim III, la mosquée conserve du précédent édifice les minarets érigés en 1724, rescapés du tremblement de terre de 1766.
La cour de la mosquée bordée d’un péristyle que surplombent 13 coupoles est agrémentée en son centre d’une jolie fontaine en marbre blanc dont le toit est supporté par 8 colonnes.
Connue pour ses énormes platanes où les cigognes viennent faire leur nid, la cour est aussi le refuge de centaines de pigeons nourris par les pèlerins venus se recueillir devant le turbé du Saint vénéré.
Autour de la fontaine de la mosquée d’Eyüp (aujourd’hui)
Il est aisé d’admettre que bien des choses ont changé et que Pierre Loti aurait aujourd’hui, des difficultés à reconnaître le havre de calme et de paix où il aimait se promener habillé alaturka.
Certes, les monuments sont toujours à la même place mais les croyants venus faire leurs dévotions sont désormais sollicités par les nombreux marchands proposant souvenirs et objets religieux.
Photo J.P. ( 2012 )
Si la nourriture spirituelle est fondamentale en ce lieu, de nombreux lokanta et kebabçi rappellent que les nourritures terrestres ne sont pas oubliées.
Chaque jour, des centaines de visiteurs foulent le marbre des allées nouvellement dallées et viennent prier sur le tombeau d’Eyüp.
Les oiseaux ont changé de résidence et la fontaine aux ablutions fraîchement restaurée s’est vue agrémentée d’un cockpit de verre protecteur.
Autour s’étend le cimetière dont la principale allée monte vers le café Piyer Loti également desservi depuis 2006 par un téléphérique à cabines transparentes, moderne tapis volant.
Jacques et Chantal Périn (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 8 mai 2013
LA PHOTO DE LA SEMAINE - Connaissez-vous bien votre ville?
Chaque semaine, désormais, nos auteurs vous proposent un petit jeu: deviner dans quel lieu la "photo de la semaine" a été prise.
Regardez la photo de droite: où trouve-t-on ce turbe fleuri ?

Réponse à la photo de la semaine dernière:
Il s’agissait du Flora Han
Quartier de Sirkeci (face à la poste principale)
Le passage du XIXème au XXème siècle fut marqué par une architecture surprenante dans la majorité des villes européennes et Istanbul ne fit pas exception.
Né en réaction contre la copie systématique des grands styles, l'Art Nouveau se caractérise par l'inventivité de ses décors inspirés majoritairement de la nature.
Arbres, fleurs, insectes, animaux et courbes féminines apportent de la sensibilité au décor du quotidien jusque là assujetti aux normes académiques.
Parfait exemple de ce nouveau style, l’immeuble Flora porte bien son nom avec ses façades abondamment décorées de roses, ses balcons incurvés, ses garde-corps en fer forgé et ses fenêtres aux vitres artistiquement travaillées.
En très mauvais état, l’immeuble est investi par des bureaux et quelques commerces et il n’est hélas pas question d’un prochain programme de restauration.
Retrouvez ici notre interview des auteurs de cette chronique et leur dernier article consacré à la citerne basilique. Jacques Périn et sa femme Chantal ont aussi créé un site en hommage à la Turquie: Turquieaimée

mardi 12 mars 2013

CORNE D’OR – Des enfants photographient leur quartier pour ne pas l’oublier


Un photographe de l’Université Kadir Has d’Istanbul, Ulaş Tosun, a monté en 2012 un atelier avec des enfants défavorisés de la Corne d’Or (Haliç), pour qu’ils immortalisent la vie quotidienne de leur quartier avant qu’il ne change de visage. Focus sur l’évolution de ce projet en 2013.
Dix enfants – roms, orthodoxes, turcs et arménien – élèves du lycée Rum de Fener et de l’école de Cibali, ont eu l’opportunité de suivre, en mai et juin 2012, des cours de photo-documentaire avec Ulaş Tosun. Ce projet s’est achevé avec l’exposition Souvenir de Quartier, qui regroupait des photos prises par les enfants accompagnées de textes écrits par des journalistes turcs de renom (Okan Bayülgen, Cüneyt Özdemir, Pakrat Estukyan, Pınar Öğünç, Alper Görmüs, NDLR).
Cette exposition s’est tenue en septembre 2012 à l’Université Kadir Has, dans les écoles des enfants et dans un café du quartier, Dostlar Kahvesi.
Instantanés de vie : écriture photographique de l’Histoire
"Il faut immortaliser la richesse de la vie quotidienne de ce quartier avant qu’elle ne disparaisse", explique l’ancien journaliste Ulaş Tosun. Les quartiers de la Corne d’Or, comme beaucoup d’autres à Istanbul, subissent des plans de transformation urbaine qui contraignent les populations défavorisées à partir, la vie y devenant trop chère.
Crédit photo UT
"Ces enfants sont sûrement les derniers à connaitre le quartier tel qu’il est", constate le photographe. Fener, Balat, Cibali, Kasımpaşa et Eyüp renferment l’histoire d’Istanbul. Illustration du métissage de la ville, Juifs, Grecs, Roms, Turcs cohabitent depuis des décennies dans les ruelles de ces quartiers. Pour cette deuxième édition, Ulaş Tosun veut faire évoluer l’atelier en sélectionnant des enfants roms et "en impliquant des institutions ou entreprises pour étendre le projet et travailler avec un nombre d’enfants plus conséquent."
Pour la première édition, l’université avait pris en charge l’achat des appareils photos, donnés aux enfants à l’issue du projet. Certains continuent de faire des photos. Elles sont publiées dans le journal de l’université, Cibali Postası, dont Ulaş Tosun est le responsable d’édition.
Un projet convivial
Le vivre ensemble, objectif majeur du projet Droit du voisinage (Komşuluk Hakkı projesi), dont l’atelier photo-documentaire n’est qu’une petite partie, est financé par l’université. Bâtiment imposant, sur les rives de la Corne d’Or, elle fait partie de l’histoire du quartier. Transformé en université il y a quinze ans, ce bâtiment était une ancienne fabrique à tabac où travaillaient des habitants des quartiers voisins.
Crédit photo UT
L’université privée alloue un budget à ce projet, qui permet d’organiser des événements pour venir en aide aux enfants handicapés mais aussi la mise à disposition des complexes sportifs de l’université aux enfants du voisinage.
L’éducation est au cœur du projet avec la mise en place d’heures d’études, au cours desquelles les étudiants de l’université aident les enfants du quartier à faire leurs devoirs. Le budget de Droit du voisinage aide aussi financièrement les écoles voisines dans l’achat de matériel.
Aurélie Darblade (http:/www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 12 mars 2013

mardi 23 octobre 2012

ISTANBUL, HIER ET AUJOURD’HUI – Eyüp, de 1890 à 2012


Écrit par Jacques et Chantal Périn
Cette nouvelle rubrique mensuelle vous propose un voyage dans le temps en des lieux symboles d’Istanbul. Elle vous permet de constater, photos à l’appui, ce qu’il est advenu d’un site pour lequel nos auteurs, Chantal et Jacques Périn, ont une tendresse ou un intérêt particulier. Première visite : la mosquée d’Eyüp

(Photographes Sebah et Joaillier, circa 1890)

Eyüp, hier
La mosquée d’Eyüp date des premières heures ottomanes d’Istanbul puisqu’elle fut construite dès 1458, sur ordre du Sultan Mehmet Fatih. C’est la découverte de la sépulture de Abu Ayyub al-Ansari, appelé par les Turcs Eyüp Sultan, tombé sous les murs de Constantinople en 670 et compagnon du Prophète Mahomet, qui sacralisa ce lieu. Dès lors, être enterré au plus près de cet endroit béni devint un impératif pour les riches croyants qui y firent édifier de magnifiques “türbe” (sépulture, mausolée).
“Eyoub ! Bien avant le bois des stèles et les cyprès, sur le versant de la colline, commencent les étranges rues blanches et dorées parmi les platanes verts.... Derrière les fenêtres longues, grillées d’or, des rideaux de soie claire, à bouquets, se croisent; est-ce un salon de musique, une salle de collation, une chambre d’amour... ni meubles, ni tentures, ni fleurs : des flambeaux d’argent, avec des cierges de cire jaune, posés sur un tapis couleur turquoise morte et de rose fanée; un pupitre de bois supportant un Coran ouvert; et sur l’estrade que défend une balustrade d’ébène, un cercueil très haut, couvert d’une très ancienne soie rouge, élimée, usagée, mangée... C’est le cercueil d’une sultane morte depuis cent ans et plus.”
Marcelle Tynaire - Notes d'une voyageuse en Turquie 1909
Photographe J.P. ( 2012 )
Eyüp, aujourd’hui
Si peu de choses ont changé durant les 120 ans qui séparent ces deux photographies, quelques transformations – pas toutes des plus heureuses - ont été réalisées : électrification du site et mise en place d’éclairages, remplacement des pavés par des dalles, création d’une évacuation des eaux pluviales, circulation de véhicules habilités… Mais aussi, restauration habile et éclairée des sébiles et turbés les plus représentatifs.
Malgré certains inconvénients liés à l’inéluctable évolution, ce lieu offre toujours une atmosphère de sérénité à quelques pas de l’agitation du parvis très animé de la mosquée.
Jacques et Chantal Périn (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 23 octobre 2012
Retrouvez ici notre interview des auteurs de cette chronique. Jacques Périn et sa femme Chantal ont aussi créé un site en hommage à la Turquie: Turquieaimée