dimanche 26 mai 2013

Les dates du ramadan fixées à l'avance, du 9 juillet au 8 août


Le début du ramadan a été fixé au 9 juillet par le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui a rompu jeudi avec son habitude d'annoncer les dates du jeûne à la dernière minute en observant la lune, pour adopter une règle de calcul astronomique.
La fête de l'Aïd el-Fitr, qui conclut le ramadan, aura lieu le 8 août, a précisé le CFCM, dont les principales composantes ont signé une "résolution sur l'adoption d'un calendrier lunaire basé sur le calcul astronomique" lors d'un colloque à Bagnolet (Seine-Saint-Denis).
Au début de chaque année hégirienne (le 4 novembre pour 2013), cette instance représentative du culte musulman utilisera ces règles de calcul pour fixer les dates des grandes fêtes religieuses de l'année à venir.
Plusieurs communautés de croyants procèdent déjà ainsi en Turquie, au Liban, en Libye, au Brunei, en Malaisie, selon Mohammed Moussaoui, président du CFCM qui a vanté les avantages de cette "révolution": "la prévision, l'organisation et la planification".
Les salariés musulmans pourront plus facilement demander des jours de congés à leurs employeurs, les établissements scolaires pourront prendre les fêtes musulmanes en compte pour fixer les calendriers d'examens et les abattoirs pourront mieux organiser leur activité, a-t-il détaillé.
Le changement de détermination du calendrier lunaire a été l'un des premiers chantiers du CFCM rénové après une réforme de ses statuts, en février, qui a ramené dans l'instance toutes les composantes de l'islam de France.
"C'est une bonne chose. Il faut évoluer un peu. A partir du moment où nous avons les moyens techniques de fixer les horaires, il n'y a pas de raison de ne pas évoluer", a réagi auprès de l'AFP Mohamed Meniri, président de l'association Islam pour tous, qui gère la mosquée de Bondy (Seine-Saint-Denis).
"C'est exactement comme les horaires des prières (...): les gens ne regardent plus le soleil mais leurs montres et ça nous arrange très bien", a-t-il ajouté.
"Nuits du doute"
Selon la tradition, c'est l'observation à l'oeil nu de la nouvelle lune qui signale le début du mois de ramadan. Comme le premier croissant n'est pas toujours visible partout et au même moment, le jeûne commence souvent avec un jour d'intervalle suivant le pays où l'on se trouve.
Longtemps les musulmans de France ont suivi le calendrier de leur pays d'origine. Puis le CFCM a instauré son propre arbitrage afin de "préserver l'unité des musulmans de France", mais tous les fidèles ne suivaient pas sa décision.
Il n'est pas sûr que la date fixée jeudi soit plus respectée. "Il va falloir convaincre nos frères en France de suivre ce calendrier", a ainsi déclaré Abdallah Zekri, président de l'Observatoire contre l'islamophobie.
D'autant qu'une certaine nostalgie des "nuits du doute", qui précédaient la détermination du début du ramadan, pointait dans la communauté.
"Il y a un certain charme de ne pas savoir jusqu'à la veille", estimait ainsi M'hammed Henniche, secrétaire général de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93).
Selon lui, cette réforme "n'est pas une demande des musulmans mais de l'administration". Elle risque donc d'être "très mal perçue parce que les gens aiment cette tradition".
Ahmet Ogras, président du Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), a reconnu que le gouvernement pouvait souhaiter la réforme. "Mais cela n'empêche pas qu'elle était attendue par les musulmans", a-t-il assuré.Pendant le mois du ramadan, qui dure entre 29 et 30 jours, tout croyant doit s'abstenir de s'alimenter, de boire et d'avoir des relations sexuelles, du lever au coucher du soleil.
En 2009, environ 70% des musulmans de France (estimés à 3,5 millions, dont environ 800.000 pratiquants réguliers), déclaraient observer le jeûne du ramadan, contre 60% il y a 20 ans, selon un sondage Ifop.
Dans les quartiers à forte population musulmane, les restaurants modifient les menus, les commerces et grandes surfaces proposent des produits "spécial ramadan". Les croyants sont appelés à faire des dons et sont plus nombreux qu'à l'ordinaire à se rendre dans les mosquées.

© 2012 Agence France-Presse

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