mercredi 30 mai 2012

Les tespih deviennent une industrie en Turquie


Les tespih deviennent une industrie en Turquie


La fabrication des tespih (chapelet) connaît une ampleur sans précédent en Turquie avec une forte internationalisation de sa commercialisation. Objet de mode, passe-temps, acquis souvent pour son caractère esthétique, le tespih tend aujourd’hui à perdre son caractère religieux.
Ils sont partout en Turquie. Dans des tailles, des matériaux, des couleurs différents. Le tespih (misbaha en arabe ou «chapelet» en français) devient souvent un accessoire de mode ou même un passe-temps, plus qu'un objet religieux. Il compte 33 ou 99 perles, destinées à servir de support au dhikr (invocation de Dieu à travers ses 99 attributs), ou à glorifier Dieu à l'issue de la prière. En Turquie, le tespih est désormais une industrie : à Sanliurfa, par exemple, on ne dénombre pas moins de vingt-cinq ateliers de fabrication. Dans la même perspective, les sites internet de vente en ligne de tespih eux aussi fleurissent. Le site Tespihci baba («Papa le faiseur de tespih»), notamment, présente la fabrication des chapelets comme un art véritable et l'entreprise privilégie la confection à la main. Et, en effet, une gamme impressionnante de tespih est présentée : on en trouve en ambre, en jais, en bois de rose, en écailles de tortue, en ivoire, parfumés à la rose, en soie, tricotés à la main, ce qui explique parfois le prix prohibitif de certaines pièces.
Le tespih : une industrie mondialisée
Engin Tanrikulu, propriétaire du fameux café Seyitogullari Kiraathanesi, à Izmir, s'est spécialisé dans la vente de tespih. Ceux-ci sont exposés aux yeux des clients, qui viennent parfois de très loin pour acheter ou seulement admirer les centaines de chapelets. Il confie ainsi à Hürriyet que «des producteurs de toute la Turquie viennent au café pour faire de la publicité à leurs chapelets […]. Nous avons des clients réguliers qui viennent acheter et vendre des tespih depuis vingt ans», et il poursuit : «les prix vont de 5 lires [environ 2 euros] jusqu'à 100.000 lires [environ 43.000 euros], selon leur matière première et le mode de confection». En effet, l'industrie du tespih est à l'image de l'économie turque : de plus en plus internationalisée. Ainsi, les fabricants importent des produits d'Asie principalement, et notamment de Chine, d'Inde, de Corée, puis transforment ces matières premières dans leurs ateliers. Les tespih sont ensuite vendus en Turquie, mais aussi exportés à l'étranger et en particulier dans les pays arabes.
Paris

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