vendredi 26 octobre 2012

RAPPEL: Orhan PAMUK au Louvre ce week-end

Orhan Pamuk, invité du Louvre

Thématique Conférences
Date de debut 2012.10.27
Date de fin 2012.10.28
Intro Dans le cadre de l'ouverture de ses nouveaux espaces Arts de l'Islam, Le Musée du Louvre invite l'écrivain turc Orhan Pamuk pour deux évènements sur un week end : une conférence et une lecture.

Informations au 01 40 20 55 55 ou sur www.louvre.fr
Réservations au 01 40 20 55 00, sur www.fnac.com ou à la caisse de l'auditorium
TARIFS :
Conférence – 27 octobre à 17h
6€ / 5€ (réduit) / 3€ (solidarité et jeunes)
Lecture – 28 octobre à 17h
10€ / 8€ (réduit) / 5€ (solidarité et jeunes)
Description - SAMEDI 27 OCTOBRE A 17H00
" L’innocence des oeuvres "
Orhan Pamuk, en conversation avec Sophie
Basch, professeur de littérature française à l'université Paris-Sorbonne.
C’est au milieu des années 1990 que Pamuk a commencé à collecter des
souvenirs et témoignages de la vie stambouliote dans le but « d’exposer dans un musée les vrais objets d’un récit fictionnel et d’écrire un roman fondé sur ces objets ». Chaque objet collectionné par Kemal, le narrateur de son roman, évoque le souvenir de sa jeune cousine Füsun, de leurs amours
passés et de leur bonheur évanoui.

- DIMANCHE 28 OCTOBRE A 17H00
" D’autres couleurs "
Lecture par Jérôme Deschamps et en présence d’Orhan Pamuk d’un choix de textes extraits de Mon nom est Rouge et
D’autres couleurs (
Nourris de la fréquentation des manuscrits ottomans, ces textes en restituent la poésie et posent la question du sens des images et de l’importance du style en peinture comme en littérature. D'autres extraits abordent la magie du cinéma, l'identité turque qui se construit "face à l'autre" et la solitude de l'artiste. Les talents de conteur de Deschamps, sa façon de dénicher dans le quotidien des situations cocasses qui font rire et réfléchir, font écho à l’écriture à la fois ironique et nostalgique de Pamuk.
Contact
Adresse Musée du Louvre
75058 Paris Paris France 

TURQUIE:25 enfants portés disparus chaque jour à Istanbul


Le directeur de la brigade des mineurs de la Direction de la sûreté d’Istanbul s’inquiète d’une augmentation des signalements de disparition d’enfants dans la mégapole. Chaque jour, 25 mineurs sont portés disparus à Istanbul, contre 10 par jour il y a trois ans. Parmi eux, 97% correspondent à des fugues. “Près de 100% des enfants qui ne sont pas retrouvés dans les premières 24 heures ont soit commis, soit été victimes d’un délit ou d’un crime (“suç”)”, précise Murat Koçak, cité par les médias turcs.
Quelque 900 policiers stambouliotes ont reçu une formation pour enquêter sur ces affaires. “L’an dernier, nous retrouvions 35% des enfants dans les premières 24 heures. Cette année, ce taux de réussite atteint 48%”, précise Murat Koçak, qui appelle les familles à contacter la police dès qu’ils constatent la disparition.
La plupart des mineurs portés disparus ont entre 15 et 18 ans et fuient des violences au sein de leur famille, ajoute encore le policier.
Anne Andlauer (http://www.lepetitjournal.com/istanbul.html) vendredi 26 octobre 2012

BURSA – À la rencontre des femmes derviches du centre Karabaş-i Veli


Un lieu d’exception à découvrir: le centre culturel Karabaş-i Veli de Bursa, où des femmes derviches proposent une fois par mois une cérémonie Mevlevi. Un festival de couleurs, une atmosphère intimiste et un total émerveillement vous attendent, sans oublier le jardin, où elles vous accueilleront dans une ambiance sereine tout en vous offrant thé et délicieux lokmas... Nous avons rencontré l’une d’elles, Gülşah Köprü Halis
Lepetitjournal.com d’Istanbul : Quand et comment avez-vous commencé à participer à des cérémonies Mevlevi (sema)?
Gülşah Köprü Halis
: Depuis six ans, j’essaie de participer aux conversations “tasavvuf” (soufisme). Je participe à des sema depuis quatre ans. La première fois que je suis venue au centre culturel Karabaş-i Veli, il y avait des derviches tourneurs. En les regardant danser, je me suis dit que je voulais faire cela. C’était le début des sema pour les femmes au centre.
Le sema des femmes derviches (photo GL)
Qui est Mevlana pour vous?
Hazreti Mevlana Celaleddin-i Rumi est notre maitre. Il n’est pas seulement maître pour les derviches de l’ordre Mevlevi, il est un maitre pour tous les soufis du monde. Je crois qu’il est l’ami de Dieu (…) J’essaie de suivre ses pas, sur ses chemins d’amour (Dieu).
Que signifie “soufisme” et être derviche ?
Les soufis sont ceux qui sont restés dans la ligne du Coran et de ses connaissances, et qui essaient d’atteindre l’amour (c’est-à-dire Dieu). Le plus grand soufi est celui qui aime Dieu plus que les autres.
Le derviche est une personne qui croit en Dieu, qui avance sur le chemin pour atteindre Dieu. Le derviche est membre d’un tekke (autrefois école religieuse) ou dergah (lieu d’échange à propos de la religion). L’étymologie de derviche signifie “celui qui est pauvre”. Mais leur pauvreté est seulement à l’égard de Dieu et pour Dieu. L’identité du derviche n’est pas caractérisée par l’habillement, l’âge, la communauté etc. Cela vient du cœur. Le plus important pour être derviche, c’est le cœur, la volonté. Par exemple, la plus jeune participante à des semas a 6 ans. Quand cela est nécessaire, elle ne dort pas, ne joue pas et ne passe pas son temps comme la majorité des gens à regarder la télévision ou devant l’ordinateur. Bien qu’elle soit une enfant, elle s’investit et focalise son énergie sur les semas. Qui peut dire qu’elle n’est pas derviche ?
Depuis combien de temps y a-t-il des femmes derviches ?
Depuis l’existence des semas, il y a des femmes qui réalisent ces performances. Dans le tekke de Karabaş-i Veli, depuis cinq ans, les femmes font officiellement des semas.
Y a-t-il des différences hommes/femmes ?
Il n’y a pas de différence : ils sont tous derviches.
Comment les lecteurs peuvent-ils entrer en contact avec le centre culturel Karabaş-i Veli ?
Le centre est ouvert 365 jours par an et des semas ont lieu tous les soirs à 21h00 (derviches hommes). Le premier lundi du mois à 13h30, les femmes derviches réalisent un programme mais celui-ci est réservé aux femmes. Tous les cours et programmes sont gratuits et ouverts à tous : Sema (danse), ney (instrument), ilahi (chants religieux). Le vendredi de 17h00 à 18h00 et le samedi de 10h30 à 11h30.
Propos recueillis par Gaelle Loisel (http://www.lepetitjournal.com/istanbul.html) vendredi 26 octobre 2012
Adresse du centre culturel de BURSA KARABAŞ-I VELI:
Ibrahimpaşa mah. Çardak sk. No.2 OSMANGAZİ/BURSA
Tel: 0(224) 222 03 85.
Site: Mevlana.org.tr

jeudi 25 octobre 2012

On annonce déjà les dates du Beaujolais nouveau en Turquie !!

Soirées « Beaujolais Nouveau & Primeurs Kavaklidere » le jeudi 15 novembre à Istanbul, le 16 à Izmir et le 19 à Bursa

Thématique Communauté
Date de debut 2012.11.15
Date de fin 2012.11.19
Intro La 12ème édition de la traditionnelle Soirée Beaujolais Nouveau & Primeurs Kavaklidere se tiendra le jeudi 15 novembre au Palais de France à Istanbul. Placée sous le haut-patronage de M. L’Ambassadeur de France en Turquie, Laurent Bili, cette soirée, très prisée par la communauté franco-turque, permettra à nouveau de déguster fromages et charcuteries français ainsi que les crus 2012 du Beaujolais et, pour la 6ème année consécutive, les Primeurs Kavakl?dere.
Description Des soirées similaires auront également lieu le vendredi 16 novembre au Consulat de France à Izmir (11ème édition) et le lundi 19 novembre chez Oyak-Renault à Bursa (4ème édition).
Bonne humeur et convivialité seront au rendez-vous.
Ces soirées sont organisées par la Chambre de Commerce Française en Turquie avec le soutien des Services Français (Ambassade et Consulats), d’Air France, d’Eurest, de Kavaklidere, d’Altavia, de Renault et d’ALD Automotive.

Pour télécharger la fiche d’inscription pour la soirée, copiez ces liens :
le jeudi 15 novembre (à Istanbul): http://csrv.ccift.com/YBNPKavaklidere2012Istanbul.pdf

le vendredi 16 novembre (à Izmir): http://csrv.ccift.com/YBNPKavaklidere2012Izmir.pdf

le lundi 19 novembre (à Bursa): http://csrv.ccift.com/YBNPKavaklidere2012Bursa.pdf
Contact raphael.esposito@ccift.com
Adresse Türk-Fransiz Ticaret Dernegi
Chambre de Commerce Française en Turquie

OTIM Yolu - Ayazma Dere Caddesi
Bareli Is Merkezi No:2-4 - K:2
Gayrettepe-Besiktas 34387 ?stanbul
Tel : +90 212 249 29 55
Fax : +90 212 252 51 75
Lien http://www.ccift.com

Pinar Selimoglu expose sa vie & son art à NANCY

Pinar Selimoglu expose sa vie & son art

Thématique Expositions
Date de debut 2012.11.06
Date de fin 2012.11.23
Intro Dans le cadre d'Automne au couleurs de Turquie - PhopPart
Description Une partie en moi, cherchant une raison d'exister, une philosophie, un but, une vision pour me montrer l'importance de la couleur en vie.
L'autre partie, toute naive, se bat à être acceptée en couleur.

Voici là ou la parole se tait, c'est "l' art" qui commence.

Les couleurs, les gestes et les formes en leur état brut transforment en toute liberté mon intérieur mystérieusement mais sans secret, sans limites, sans jugement, sans temps..


PHOPPART: Photography+Painting Part of my ART and LIFE
Contact
Adresse Salle Chepfer
Hôtel de ville de Nancy
Rue Pierre Fourier
Lien http://www.ataturquie.asso.fr

Programme de l'IFEA du mois de novembre

Programme de l'IFEA du mois de novembre

Thématique Conférences
Date de debut 2012.11.02
Date de fin 2012.11.30
Intro Comme chaque mois, de nombreuses rencontres, conférences sont organisées par l'IFEA. Voici le programme du mois de novembre (Attention, l'IFEA sera fermé le 1er novembre 2012 pour la Toussaint )

Description Conférence sur "Les Migrations"
Vendredi 2 novembre 2012 à 14h à l'IFEA
Ahmet Içduygu (Université Koç)
"Europe, Turkey, and International Migration: An Uneasy Negotiation"
Intervention en anglais
Benoît Fliche (IFEA)
"Migrations et urbanisation: des villages urbains?"
Intervention en français
Sur invitation

Cycle de conférences " Mers ottomanes de la Méditerranée à l'Océan Indien"
Vendredi 2 novembre 2012 à 18h à l'IFEA
Jean-Louis Bacqué-Grammont (CNRS)
"La connaissance géographique de l'Afrique et de l'Amérique chez les Ottomans au XVIIe siècle d'après le Cihân-nümâ de Kâtib Celebî"
Intervention en français
Cycle de conférences "Autour de l'alcool, en Turquie et dans l'Empire ottoman"
en partenariat avec l'Orient-Institut
Séminaire automnal "Reclaiming Istanbul: Public Spaces in Past and Present"

Mercredi 7 novembre 2012 à 19h à l'IFEA
Malte Fuhrmann (Orient-Institut)
"Birahane/the Pub - Beer, the Drink of a Changing World (1838-1922)"
Intervention en anglais

3e Rencontres d'archéologie "La Cappadoce méridionale de la Préhistoire à l'époque Byzantine"
8-9 Novembre 2012 à l'IFEA

Présentation d'ouvrage
Jeudi 15 novembre 2012 à 19h à l'IFEA
Mehmet T. Hastas (historien de l'empire ottoman)
À l’occasion de la parution de son ouvrage Ahmet Samim. II. Me?rutiyet’te Muhalif Bir Gazeteci aux éditions ?leti?im, Mehmet T. Hasta? (chercheur indépendant) donnera une conférence sur le thème :
"Un journaliste d’opposition sous la Seconde période constitutionnelle: Ahmet Samim"
Intervention en turc Activités hors IFEA


Cycle de conférences "Différences et partages"
Antenne de l'IFEA à Bakou (Observatoire du Caucase)
Jeudi 1er novembre 2012 à 18h à Tbilissi
Silvia Serrano (CNRS)
"Démocratie et désécularisation en Transcaucasie"
Intervention en français

“Climate Action Plan and Low Carbon Cities”
5- 6 novembre 2012
Training program for Municipality Technical Staff at Denizbank Academy
1st International Congress of Eurasian Maritime History
5-8 novembre 2012 au Sheraton hotel (Ataköy)
Organisé par L'Université Piri Reis, Istanbul

Cycle de conférences "Différences et partages"
Antenne de l'IFEA à Bakou (Observatoire du Caucase)
Mercredi 7 novembre 2012 à 18h à Bakou
Silvia Serrano (CNRS)
"Démocratie et désécularisation en Transcaucasie"
Intervention en français

Vendredi 23 novembre 2012 à 18h à Bakou
Régis Genté (correspondant de RFI)
Présentation de l'ouvrage Voyage au pays des Abkhazes
Intervention en français

Colloque "Typology, Theory: Caucasus"
29 novembre-1er décembre 2012 (à L'Université du Bosphore les 29 et 30 novembre, à l'IFEA le 1er décembre)
Colloque sur les Langues caucasiennes
Comité scientifique :
Didar Akar
Gilles Authier
A. Sumru Özsoy
Balkiz Öztürk
Markus A. Pöchtrager
Eser E. Taylan

En savoir un peu plus sur Mine KIRIKKANAT ?


(Photo Philippe Matiaslepetitjournal.com d’Istanbul: Vous revenez du festival international du film d’Antalya, où vous étiez membre du jury national. Êtes-vous contente du palmarès ?
Mine Kırıkkanat : J’en suis très contente car c’est vraiment le meilleur film qui a gagné (Güzelliğin On Par' Etmez). C’est un film tourné en Autriche par un cinéaste turc de la deuxième génération d’immigrés et tous les acteurs étaient authentiques. Le petit garçon qui a gagné le prix d’interprétation masculine (Abdülkadir Tuncer) raconte que la même histoire lui est arrivée. Sa famille risquait d’être expulsée et c’est parce que ses notes en classe étaient très bonnes qu’elle a pu rester. Par contre, je ne voulais pas qu’on lui donne le premier prix d’interprétation masculine car il y avait à côté de lui des acteurs qui ont vraiment donné leur vie au cinéma et au théâtre et qui ont très bien joué dans des films certes peut-être pas aussi bons que Güzelliğin On Par' Etmez. Mais vous savez, les égos peuvent être énormes dans un jury. Les acteurs et actrices membres du jury étaient tous très sympas mais je pense que ça les arrangeait que le prix d’interprétation masculine aille à un petit garçon. Façon de ne pas gratifier un concurrent… mais je peux me tromper.
L’annonce du palmarès a provoqué une polémique lorsque le directeur général en charge du cinéma au ministère de la Culture et du Tourisme a estimé que Güzelliğin On Par' Etmez aurait dû être considéré comme un film autrichien et non turc. La question s’est-elle posée dans les délibérations du jury ?
Pas une seule fois. Le règlement du festival est très clair et ce film remplissait toutes les exigences. D’ailleurs, la fondation d’Antalya a répondu au directeur du cinéma en disant : “C’est notre festival, nous avons un règlement et ce film est turc.” Je trouve cette polémique ignoble dans le monde global où nous sommes. C’est un film joué par des Turcs, tourné par un Turc, qui raconte une histoire turco-kurde. Le réalisateur a la double nationalité, c'est tout ce qui compte. Ce film a à la fois une identité autrichienne et une identité turque…
Quel était le problème, alors ?
Le problème, c’est la jalousie et surtout le racisme, de la part du directeur du cinéma au ministère de la Culture. Dans mon éditorial pour Cumhuriyet, j’ai écrit que ses propos étaient racistes et nationalistes et il m’a envoyé une lettre de deux pages pour dire que je n’avais rien compris. A mon avis, c’est lui qui n’a rien compris.
Un autre film a créé une polémique, au sein du jury cette fois, à cause de son thème : l’inceste…
En sortant du visionnage de Derin Düşünce, la présidente du jury, Hülya Avşar, a dit devant le public – puisque nous regardions les films avec le public – qu’on n’aurait pas dû mettre ce film dans la sélection. J’aime beaucoup Hülya Avşar mais elle est un peu… populiste. Tout ça parce que quelqu’un avait crié dans la salle qu’on n’aurait pas dû montrer ce film à des enfants… Mais ce n’est pas le rôle du jury ! Le jury doit rester de marbre devant le public. Nous avons donc très mal pris que la présidente se fasse l’écho de ce mécontentement. J’étais très remontée sur le coup et j’ai dit que je défendrais ce film becs et ongles, car il fallait un équilibre. On passe à la réunion cinq minutes plus tard et elle me dit : “Je donne 4 sur 5 à ce film.” Qu’est-ce que cela veut dire? D’un coup, cela devient un très bon film ? En fait, ce n’est pas un bon film, il a plein de défauts. Mais c’est un film très dérangeant par rapport au traumatisme psychologique des Turcs. Par exemple, je trouve que le rôle du père dans ce film méritait le prix d’interprétation masculine…
Vous avez aussi remis une plaquette d’honneur au documentaire Menekşe’den Önce du journaliste Soner Yalçın, qui revient sur l’incendie criminel de l’hôtel Madımak à Sivas en 1993. Soner Yalçın est incarcéré depuis plus d’un an et demi dans le cadre du procès Odatv et le gouvernement turc est régulièrement accusé de ne pas respecter la liberté de la presse. Certains, y compris parmi vos confrères, trouvent ces accusations exagérées. Qu’en pensez-vous ?
Je trouve au contraire que les critiques sont trop mesurées. Le récent rapport du Comité pour la protection des journalistes est lui aussi trop mesuré, très équilibré. Je ne peux pas être objective car ce sont mes amis qui sont en prison. Certains y sont depuis cinq ans. Je vais assister aux procès. Les journalistes et tous ceux qui trouvent les critiques exagérées ne sont jamais allés à Silivri assister au procès Ergenekon ou Balyoz. Je leur en veux terriblement. Qu’ils aillent voir comment parle le juge et de quoi les journalistes sont accusés ! C’est une mauvaise parodie de justice, c’est de l’ironie. Parfois, vous avez envie de vous jeter par terre, de crier “Qu’est-ce que c’est que ces phrases dans la bouche d’un juge, cette mauvaise volonté ?” (…) Ces journalistes disent qu’il n’y a pas à avoir peur de ce régime et ils ont peur de mettre les pieds à Silivri !
Avec son compagnon, Daniel Colagrossi (Photo personnelle)
Vous avez peur ?
Parfois. Au début des opérations Ergenekon, plusieurs de mes amis étaient déjà sous les verrous et même mon marchand de légumes me disait : “Tu penses qu’ils viendront te chercher ?” J’ai dormi plusieurs jours chez mon avocat. Je trouve que je l’ai échappé belle. (…) Ce qui m’a sauvée, c’est peut-être de n’être partisane de personne. Je suis contre le pouvoir de l’armée sur le gouvernement civil, contre l’actuel pouvoir civil, contre le parti d’opposition. (…) C’est peut-être pour cela qu’ils m’ont laissée tranquille.
Vous vous autocensurez ?
Oui. D’autant que mon journal, Cumhuriyet, est actuellement victime d’un contrôle fiscal et qu’on veut le faire couler. Je ne veux donc surtout pas embêter Cumhuriyet et parfois, j’appelle moi-même mon rédacteur en chef en disant : “Lis bien, des fois qu’il y ait un truc pour lequel ils pourraient nous enquiquiner…”
Vous n’êtes pas une personnalité consensuelle. On trouve sur internet des commentaires très critiques voire féroces à votre égard. Certains lecteurs vous qualifient par exemple de “bourgeoise kémaliste”. Comment gérez-vous la critique ?
Je ne gère pas. Je n’ai jamais changé. On m’insulte, on me tourne le dos et trois ans plus tard, certains reviennent et disent “Pardon, finalement tu n’étais pas comme ça” ou “Moi qui croyait que tu étais kémaliste !” Il y a un choix à faire dans la vie. Soit vous vous battez avec le système, soit vous vous battez avec les gens. Je me bats avec un système. Je n’ai jamais été kémaliste. Depuis 1996, je suis la première à dire qu’il faut abolir les statues d’Atatürk (…) J’ai toujours été attaquée par les kémalistes car je dis publiquement qu’il n’y a pas de kémalisme. Si Atatürk avait voulu écrire une idéologie, il était capable de le faire. La plus grande œuvre qu’il nous a laissée, ce sont ses mémoires et toute l’histoire de la bataille politique qu’il a menée. De là à en déduire une doctrine, une idéologie… Je me fais aussi insulter par les islamistes à cause de mes articles contre l’islamisation de la Turquie. Je me fais insulter par tout le monde et je trouve que c’est très glorieux. Cela veut dire que je suis sur le droit chemin.
Concluons avec un sujet plus léger. Vous êtes passionnée de cuisine…
Exactement. Mais cette passion a commencé il y a 18 ans, lorsque j’ai rencontré mon compagnon, Daniel Colagrossi. Avant, je mangeais n’importe quoi, je n’y connaissais rien aux vins… C’est grâce à lui que j’ai découvert la cuisine française, pris plaisir à boire du vin. Ensemble, nous avons récemment publié le livre Alafranga Türk Sofrası (La table turque à la française). Il y a plus de 160 recettes, toutes nouvelles pour le palais turc, dans lesquels Daniel utilise des produits quotidiens de la cuisine turque qu’il accommode à la technique culinaire française.
Exemple ?
Un poulet au jus de grenade ou encore une tarte aux poires au vinaigre de grenade, puisque c’est actuellement la période!
Propos recueillis par Anne Andlauer (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 25 octobre 2012