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mardi 7 août 2012

Le miracle économique turc attire les entreprises allemandes




Avec son économie florissante, la Turquie fait le bonheur d'un nombre grandissant d'entreprises allemandes, et aussi celui d'Allemands d'origine turque en quête d'emploi, alors que la zone euro est en panne de croissance. L'économie turque a de quoi faire pâlir d'envie la zone euro. Le PIB y a crû de 5,4% par an en moyenne ces dix dernières années. Sa dette publique est tombée sous les 40% du PIB, bien en deçà de celle de la plupart des pays européens, et son inflation, longtemps galopante, est désormais sous contrôle.
«La croissance terne en Europe va entraîner de nouveaux investissements directs étrangers en Turquie, rendant le pays indispensable dans la stratégie de long terme des entreprises européennes», prédit une étude de marché du cabinet de conseil francfortois Roland Berger. Avec une population de 74 millions de personnes, dont plus de 60% ont moins de 35 ans et dont le pouvoir d'achat grimpe d'année en année, le pays a d'énormes besoins dans les domaines des infrastructures, l'énergie, l'automobile ou les services financiers. Autant de secteurs où les entreprises allemandes excellent. Aussi sur quelque 30.000 firmes étrangères en Turquie, près de 5.000 sont d'origine allemande, selon la chambre de commerce germano-turque d'Istanbul. Rien que l'an dernier, 534 nouvelles entreprises avec des capitaux d'Outre-Rhin ont été créées dans le pays, un bond de 14% sur un an. Tedrive Steering, un petit équipementier automobile de la Ruhr (nord-ouest de l'Allemagne), est l'une d'elles. Il a choisi la Turquie pour son premier site à l'étranger de montage de ses systèmes de direction. Le marché automobile turc est en «très forte croissance" et «la technologie allemande jouit toujours d'une excellente réputation dans le pays», se félicite son patron, Thomas Brüse.
Gagnant-gagnant
«Beaucoup d'entreprises allemandes sont déjà présentes depuis longtemps dans le pays mais de nouvelles filiales, succursales ou coentreprises s'inscrivent» à la chambre de commerce, signe qu'elles étendent leurs activités sur place, relève Ralph Jäger, vice-président de la chambre et directeur financier de RWE Turquie. RWE, le numéro deux allemand de l'énergie, a d'ailleurs investi 500 millions d'euros dans la construction d'une centrale à gaz à cycle combiné à Denizli (sud-ouest du pays) pour alimenter en électricité quelque 3,5 millions de foyers, avec une mise en service prévue fin 2012. RWE et les autres entreprises allemandes profitent tout particulièrement des relations socio-économiques anciennes qui unissent les deux pays. L'Allemagne est le premier partenaire commercial de la Turquie, absorbant 10,3% de ses exportations et représentant 9,5% de ses importations, selon les statistiques 2011 de l'agence publique de développement économique Germany Trade & Invest. De nombreux Turcs se sont installés en Allemagne depuis les années 1960 pour y trouver du travail et forment aujourd'hui la première communauté d'origine immigrée du pays, soit environ 3 millions de personnes. Aussi les salariés et cadres des entreprises allemandes sur place sont souvent des Turcs formés en Allemagne, ou des Allemands d'origine turque, dont le bilinguisme et la connaissance des deux cultures sont appréciés, relève M. Jäger. Un centre de formation privé de Kreuzberg, un quartier multiculturel de Berlin, surfe sur la tendance. Depuis 2006 il propose des apprentissages en allemand, anglais et turc dans le commerce et l'hôtellerie, avec des stages dans des entreprises allemandes en Turquie, par exemple au sein du groupe de distribution Metro. «Nous voulons former des jeunes qui seront un jour utiles à l'économie allemande» explique Nihat Sorgec, le directeur du centre, lui-même d'origine turque. «Et nous leur permettons de se débarrasser de leur image d'enfants d'immigrés socialement défavorisés, donc c'est du gagnant-gagnant».

mardi 17 juillet 2012

Étude économique de la Turquie 2012



Publié le 13/07/2012 sur TURQUIE NEWS via CONTREPOINTS
L’économie turque a connu une reprise vigoureuse après la crise mondiale, mais des déséquilibres macroéconomiques intérieurs et extérieurs sont apparus au cours de ce processus.
La croissance a avoisiné 9% en 2010-11, accompagnée de la création de nombreux emplois. Néanmoins, le déficit des paiements courants s’est creusé pour atteindre environ 10% du PIB, tandis que l’inflation des prix à la consommation a dépassé 10%. Le ralentissement de l’économie mondiale en cours contribue à résorber quelque peu ces déséquilibres, mais ils restent une source de fragilité car l’économie turque demeure très dépendante de la confiance des investisseurs et des entrées de capitaux étrangers, dans un environnement international fragile.
Le rééquilibrage de l’économie a débuté, mais il doit être renforcé. Parallèlement au ralentissement de l’activité intérieure, la baisse du taux de change au cours de l’année 2011 a permis de réaliser des gains de compétitivité et de résorber une partie du déficit des paiements courants, mais ces gains pourraient disparaître si l’important écart d’inflation avec ses partenaires commerciaux persiste. La décélération récente de l’inflation est due aux effets de répercussion favorables du taux de change et à l’évolution des prix des produits alimentaires et de l’énergie, mais les anticipations d’inflation ne sont toujours pas arrimées à des taux faibles à un chiffre. Un rééquilibrage durable exige d’agir sans relâche sur le front de la politique macroéconomique et structurelle.
Un nouveau régime de politique monétaire a été mis en place fin 2010 afin de tenter de contenir la demande intérieure sans attiser les entrées de capitaux et provoquer une appréciation excessive du taux de change. Ce régime a contribué à améliorer la compétitivité et à rééquilibrer la demande, mais l’inflation est restée supérieure à l’objectif et sa réduction doit redevenir prioritaire. La politique budgétaire a maintenu les finances publiques sur une trajectoire viable, mais un resserrement supplémentaire pourrait être nécessaire pour soutenir la politique monétaire et constituer des réserves suffisantes en cas d’affaiblissement de la conjoncture internationale.
La compétitivité extérieure reste essentielle pour améliorer les performances économiques de la Turquie à court et à long termes. Des gains de compétitivité sont nécessaires pour rééquilibrer la demande intérieure et extérieure et soutenir la croissance de l’emploi, des revenus et de l’épargne intérieure. Ils sont également indispensables pour améliorer les possibilités d’emploi des travailleurs peu qualifiés, qui constituent la majorité de la main d’œuvre turque, et contribuer à réduire la pauvreté et à renforcer la cohésion sociale. Compte tenu de la spécialisation commerciale de la Turquie, il est important d’améliorer la compétitivité hors prix, mais il reste essentiel de maintenir la compétitivité prix.
Le renforcement structurel du secteur des entreprises sera déterminant pour stimuler la productivité. Un trop grand nombre d’entreprises et d’emplois sont créés dans le secteur informel et les compétences de la majorité de main d’œuvre restent insuffisantes. Ces deux handicaps pénalisent la productivité et la compétitivité. Pour encourager l’embauche et la croissance dans le secteur formel plus productif, d’ambitieuses réformes du marché du travail et des contrats de travail plus souples sont indispensables. Pour renforcer le capital humain, le taux de scolarisation a été sensiblement accru, mais la marge d’amélioration de la qualité et de l’équité reste importante. En outre, le relèvement du niveau des compétences de la main d’œuvre existante doit être une priorité.
La production potentielle et les niveaux de vie pourraient être améliorés de 25 % d’ici 2030 par rapport au scénario de base, selon des scénarios qui intègrent des réformes du marché du travail et de l’enseignement.