lundi 1 avril 2013

UNE PREMIÈRE EN 49 ANS - La Turquie autorise l'ouverture d'une école RumGökçeada

Le ministère de l'Education a confirmé la semaine dernière la réouverture prochaine d'une école Rum (minorité grecque orthodoxe) à Gökçeada, une première en Turquie depuis près d'un demi-siècle. Mais la plupart des familles ont quitté l’île et l'école n'est pas assurée d'accueillir suffisamment d’élèves pour pouvoir fonctionner.
(photo Oguz Boluk, Flickr/CC)
Depuis jeudi dernier, l'école privée Rum de Gökçeada (Özel Gökçeada Rum İlkokulu) peut donc officiellement rouvrir ses portes sur cette île turque en mer Egée, prisée des vacanciers l'été.
Fondé en 1951, l'établissement avait fermé en 1964. Cette année-la, en pleine tension turco-grecque autour de l'île de Chypre et sur décision du gouvernement İnönü, les Rums de nationalité grecque étaient expulsés de Turquie. A Istanbul, Gökçeada et ailleurs, des dizaines de milliers de personnes prenaient le chemin de l'exil pour ne plus revenir.
Depuis, aucune école Rum n'avait ouvert en Turquie. "Nous sommes très enthousiastes", confie Laki Vingas, représentant des Fondations des minorités (Azınlık Vakıfları), à l'agence de presse Anatolie. Laki Vingas rendait d'ailleurs visite la semaine dernière aux associations d'émigrés de Gökçeada (İmroz en grec) dans la ville de Thessalonique. Il accompagnait le ministre turc de la Santé, Mehmet Müezzinoğlu, en voyage dans son pays natal, la Grèce.
"Briser des tabous de 50 ans"
"Certaines familles originaires de l'île souhaitent y revenir", explique Laki Vingas à l'agence Anatolie. "(Cette autorisation du ministère) est la preuve que les Rums de Gökçeada sont des composants essentiels de l'île. Désormais, ils auront une école où scolariser leurs enfants et pour se construire un avenir. (...) Nous brisons ensemble des tabous et des offenses vieux de 50 ans."
L'école, située dans le village de Zeytinli, à quatre kilomètres du centre de l'île, pourrait toutefois manquer d'élèves. "Il faut en trouver 12 pour ouvrir une classe", précise au quotidien Radikal le maire AKP (Parti de la justice et du développement) de Gökçeada, Yücel Atalay. Selon lui, ces 12 écoliers manquent encore à l'appel sur l'île.
"Nous comptons 175 citoyens Rums âgés. L'été, avec les retours au village, ce nombre passe à 2.000. Nous serions heureux qu'ils s'y installent de façon permanente", affirme encore Yücel Atalay.
Depuis 2011, quatre établissements Rums d'Istanbul - trois écoles et un lycée - ont été contraints de fermer leurs portes faute d'élèves, précise Radikal. Les représentants des minorités Rum, arménienne et syriaque de Turquie demandent depuis plusieurs années au ministère de l'Education qu'il autorise ces écoles à accueillir des élèves n'ayant pas la nationalité turque. Pour l'heure, cette demande est restée sans suite.
Anne Andlauer (http://www.lepetitjournal.com/istanbul.html) lundi 1er avril 2013

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