jeudi 7 juin 2012

Rabia Çapa, la première galeriste d’art contemporain à Istanbul


Rabia Çapa ouvrait en 1976 à Istanbul la première galerie d’art contemporain. 36 ans après, la galerie Maçka Sanat Galerisi , aux choix exigeants est devenue un lieu de rendez-vous incontournable du Monde de l’Art. Atypique, elle expose les œuvres d’artistes de renommée internationale ainsi que celles d’artistes turcs majeurs. Rabia Çapa, c’est un parcours hors-norme, une femme de tête et de talent, une artiste passionnée et touchante par sa grâce


Lepetitjournal.com d’Istanbul : Pouvez-vous nous parler de vous ? De votre enfance ?
Rabia Çapa
(photo personnelle): Je suis née à Istanbul, ma famille est originaire de Rize, de la région de la Mer Noire. Nous étions 6 enfants, 4 filles et 2 garçons. Jusqu’à mes 14 ans, avec nos cousins et cousines, nous avons passé toutes nos vacances dans une grande ferme à Kayişdağ*, à Içerenköy , devenu de nos jours un quartier de la grande Istanbul, côté asiatique. J’ai donc grandi au milieu des poules, des vaches, nous avions aussi de grands champs de blé. A la mort de mon grand-père puis de ma grand-mère peu après, ma famille a préféré vendre le domaine familial. Aujourd’hui à la place de la ferme de jadis, il y a de grands immeubles qui abritent les tours d’Iş Bankası. Quand on se réunit en famille, nos discussions reviennent sans arrêt sur cette enfance en plein-air que l’on a connue et que l’on a tant aimée. Ma mère, mariée à 13 ans, ne travaillait pas, s’occupait de nous autant qu’elle pouvait mais était très occupée avec ses œuvres de charité. Mon père, lui, était armateur, tout le temps en voyage. Nous avons grandi avec des parents très jeunes, mon père dès qu’il était à la maison jouait beaucoup avec nous, au ping-pong, au volley-ball. Le reste de l’année, nous vivions à Bebek ; j’ai suivi ma scolarité secondaire au Lycée Sainte Pulchérie où j’ai appris le français.
Quelles études universitaires avez-vous faites ? D’où vous vient cette passion pour l’art ?J’ai suivi les cours de l’Académie des Beaux-arts d’Istanbul. Pendant 4 années, j’ai suivi les cours de manière très assidue dans l’atelier du célèbre Bedri Rahmi Eyüboğlu sans jamais être inscrite, seulement en candidate libre car mon père n’a jamais accepté que je suive des cours à l’Académie. Déjà toute petite, je faisais des tableaux toute seule dans ma chambre, je les exposais aux amis de passage de mes parents dans notre grand salon, et leur demandais une somme symbolique pour admirer mes œuvres. Mon futur métier de galeriste sommeillait en moi. Avec ma petite sœur Varlık, qui partageait ma passion pour le dessin, et qui était en plus collectionneuse, nous avons créé, devenues adultes notre première galerie d’art contemporain ensemble ici à Maçka : la Maçka Sanat Galerisi en 1976.
Comment l’idée d ‘ouvrir une galerie d’art contemporain vous est venue à l’esprit il y a 36 ans ?Quand mes deux petites filles ont été en âge d’aller à l’école, et que je me suis retrouvée plus ou moins esseulée, j’ai dit à mon mari qu’il fallait absolument que je travaille. Je ne me sentais plus capable d’exercer en tant qu’artiste, et Bedri Rahmi Eyüboğlu, mon ancien professeur ne m’y a pas encouragée… Je voulais à ce moment-là absolument rester dans le milieu de l’art, et j’ai eu l’idée d’ouvrir une galerie pour proposer les expositions des autres. Cette galerie est unique dans son genre, car nous sommes les seules à avoir transformé un appartement en galerie après avoir abattu presque toutes les cloisons. Il existait à cette époque déjà une galerie dans le quartier, mais la mienne est la plus ancienne aujourd’hui.
Quels sont les artistes que vous avez exposés qui vous ont fait connaître par la suite ? Tous les artistes turcs aujourd’hui très connus sont passés par ma galerie : Mehmet Güleryüz, Ömer Uluç, Komet avaient déjà une petite notoriété mais après avoir exposé ici, ont connu ensuite un très grand succès international. Chez les étrangers, j’ai exposé Daniel Buren, François Morellet, Sarkis pour les plus célèbres. Ma devise a été depuis le début de m’attacher à certains artistes, à reconnaître leur talent, à les suivre tout au long de leur carrière. Plutôt que la quantité, j’ai préféré choisir la qualité. Par nos choix exigeants, ma sœur et moi, nous avons voulu que notre galerie traverse les décennies et être aujourd’hui encore une référence dans le monde de l’art contemporain.
Pour conclure peut-être, pourquoi l’art contemporain ?A l’époque, il y a 36 ans, il n’y avait que des galeries d’art classique à Istanbul car l’art contemporain n’existait pas encore ici. Je ne voulais pas faire dans la nature morte, les paysages …et après avoir voyagé à Milan, à Paris, nous nous sommes dit ma sœur et moi que nous allions ouvrir notre première galerie d’art contemporain. Etonnamment, ma petite fille qui a une vingtaine d’années et qui vient de terminer ses études à la Sorbonne, est une passionnée d’art classique, et n’apprécie que très peu l’art contemporain. Moi, sa grand-mère, je vais tout entreprendre pour la faire changer d’avis…
Propos recueillis par Meriem Draman (www.leepetitjournal.com/istanbul) jeudi 7 juin 2012
Adresse : MAÇKA SANAT GALERISI
Eytam Caddesi 31, Maçka 80200, Istanbul
Tel : (0212) 240 80 23

mercredi 6 juin 2012

kermesses franco-turques: Annonay, Mons le saunier et Feurs

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"Une seconde femme" : histoire de famille en eaux troubles


"Une seconde femme" : histoire de famille en eaux troubles

LE MONDE | • Mis à jour le


Begüm Akkaya dans le film autrichien d'Umut Dag, "Une seconde femme" ("Kuma").
Begüm Akkaya dans le film autrichien d'Umut Dag, "Une seconde femme" ("Kuma"). | KMBO

L'Autriche a le vent en poupe, profitons-en. Après une seconde Palme d'or décernée il y a quelques jours à Cannes à Michael Haneke pour son film Amour, voici d'ores et déjà Une seconde femme, film réalisé par l'un de ses élèves à l'Académie du film de Vienne.
Umut Dag, Autrichien d'origine kurde, met en scène dans ce premier long-métrage retors et pénétrant une famille turque installée à Vienne. Il faudra toutefois un minimum de patience au spectateur pour s'apercevoir que cette oeuvre lui propose autre chose que la sempiternelle chronique d'un système patriarcal tenant sous sa coupe des figures féminines dont le martyre appelle la compassion du spectateur.
Tout commence en Turquie, par le prologue d'une cérémonie de mariage villageoise. Fatma et Mustafa, un couple vivant en exil, y marient leur fils Hasan à la prude Ayse. Bizarrerie : tout le monde paraît plus ou moins contrarié. Il faut même que Fatma morigène l'une des soeurs du marié, visiblement à deux doigts de faire un esclandre. L'explication a lieu à la séquence suivante, sans embarras de mots, mais par un système d'ellipses, de raccords et de plans tranchant dans le vif comme le film en produira beaucoup. La famille, nombreuse, rentre dans son appartement viennois, avec la jeune vierge dans ses valises. Tandis que son supposé mari s'éclipse et que sa belle-mère la prépare à la nuit de noces, le spectateur doit se rendre à l'évidence : ce n'est pas à Hasan qu'était destinée Ayse, mais bel et bien au vieux Mustafa, qui prend place à côté d'elle sur la couche nuptiale. Cut.
La raison de ce mariage de convenance émerge comme l'huile remonte à la surface de l'eau. Atteinte d'un cancer, Fatma a choisi pour son époux, mais plus encore peut-être pour sa famille qui compte encore de ses enfants, une femme suffisamment jeune. Le film prend dès lors sa vitesse de croisière, en chroniquant l'enfermement qui résulte de ce secret. Avec ses disharmonies : hostilité des belles-soeurs à l'égard de l'étrangère. Mais aussi ses bonheurs : délicatesse du vieux Mustafa à l'égard de sa deuxième épouse, complicité grandissante entre Fatma et Ayse, conformation volontaire de cette dernière au rôle que lui est dévolu par sa fausse belle-mère. On est à deux doigts de l'irénisme, et quelque chose comme un goût de moutarde commence à picoter le nez du spectateur.
Jusqu'à ce qu'un événement fasse brusquement basculer le tableau, et reconsidérer sous un autre jour ce qui nous a été jusqu'à présent montré. Cet événement (on priera les lecteurs soucieux de virginité cinématographique de suspendre ici leur lecture) est la mort inopinée de Mustafa, qui fait sortir Ayse de sa condition ectoplasmique. Libérée de son devoir matrimonial, la jeune femme s'ouvre peu à peu au désir, à l'autodétermination. Elle rompt ce faisant le pacte de la soumission et de l'enfermement clanique qui en résulte. Cette émancipation, vécue par Fatma comme une trahison, occasionne un terrifiant déchaînement de violence.
Une double préoccupation la détermine. Suggérer que la violence de l'organisation familiale n'était pas moindre avant cet éclat. Et montrer que l'aliénation dont elle procède est si ancrée dans la morale communautaire qu'elle peut conduire ses principales victimes, les femmes, à la perpétuer. Attentif à mille détails qui sonnent terriblement juste, aux antipodes du prêchi-prêcha politiquement correct, ce film est manifestement réalisé par un cinéaste qui sait de quoi il retourne, et qui ouvre avec intelligence et talent à la complexité de son sujet.
LA BANDE-ANNONCE



Film autrichien d'Umut Dag avec Nihal G. Koldas, Begüm Akkaya, Vedat Erincin, Murathan Muslu (1 h 33).
Sur le Web : www.kmbofilms.com.

suite de "Vol au dessus de la Cappadoce" par Pascal COLLIN


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Trois cent mètres au dessus du sol, le bruit des flammes qui s’engouffrent dans le ventre du ballon, l’homme dans dans la nacelle actionne les gaz sans arrêt en jetant un oeil sur le sac posé près de lui. Il a l’air pressé de s’élever et de s’éloigner de l’endroit où il a profité d’un moment d’inatention des organisateurs pour décrocher l’attache au sol et enjamber la nacelle de la mongolfière prête pour un vol de découverte. Les visiteurs regardent ébahis l’ensemble s’éloigner en même temps que leur rêve de survol des « cheminées de fées »…
Trois mois plus tôt:
Le ministère des affaires culturelles est en effervésence, les préparatifs pour la grande exposition sont biens avancés mais le temps passe vite, il ne reste plus que quelques semaines avant l’évenement. Ankara a été tirée au sort parmis la liste des villes internationales retenues par le jury de l’Unesco. La capitale turque va être transformée en musée géant et le pays attend un grand nombre de visiteurs de toutes les parties du monde. Le thème cette année porte sur l’Art de la peinture et des sculptures et differents lieux de la ville seront consacrés à la présentation des oeuvres, autant à l’intérieur de certains batiments qu’à l’exterieur pour les sculptures imposantes. Des oeuvres du Métropolitan Muséum of Art de New-York, dont la statuette de la déesse Soleil d’Arinna, déesse hittite, seront prêtées au musée des Civilisations Anatoliennes dont une des salles a été spécialement aménagée pour l’occasion, seul endroit où la sécurité est assurée au maximum.
La sécurité, une difficulté pour les experts de l’état, assurer en différent lieux la préservation des oeuvres exposées. Pour cela, le ministre de la culture s’est aidé de quelques experts de New-York et a fait appel au lieutenant Yasar d’Istanbul qui possède une expérience reconnue.
Le lieutenant a choisit un bureau dans le musée comme quartier général, d’ici il pourra mener les opérations de surveillance en collaboration avec Messieurs Dale et Millan, les deux experts de New-York.
Istanbul, Marc à rendez-vous avec Sevim, ce soir il vont rendre visite à Melody la journaliste, en effet un heureux évenement se prépare…

une pub turque sexy fait le buzz sur internet


Markafoni, un site internet de vente de vêtements de marque à prix réduits du même type que Ventes Privées en France vient de se faire connaître en métropole grâce à une publicité très sexy, voire carrément osée…
La publicité mise en ligne le 26 avril dernier par Markafoni, reprise récemment par MSN France le 31 mai dernier est la publicité que vous allez voir ci-dessous. Intitulée " Bazı Aşkların Yeri Ayrıdır " ("Certains amours ont une place à part"), la version initiale est comme indiqué sur le site de la marque, passionnée et sauvage. Depuis, une version modifiée, plus light a été mise en ligne, car la version initiale a dû faire un peu trop parler dans les chaumières. En tout cas, ce que l’on peut dire pour une publicité turque, c’est qu’elle est drôlement osée, et n’a probablement pas dû avoir l’aval des autorités pour passer sur la télévision nationale. En France ou aux Etats-Unis où elle serait passée certainement inaperçue, en Turquie, cette publicité provocante révèle néanmoins une grande démonstration de liberté d’expression, rassurante, qui fait le pied de nez au régime AKP un peu trop conservateur.
Voici la vidéo :
Un défaut peut-être : la publicité est trop longue ! Et vous, qu'en pensez-vous ?
Meriem Draman (www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 6 juin 2012
Pour (re)voir la video de la semaine dernière, cliquez ici

projet de téléphérique au dessus du Bosphore


La semaine dernière, le premier ministre Erdoğan annonçait la construction prochaine d’une grande mosquée sur la colline de Çamlıca (Üsküdar). L’édifice, prévu aux abords des antennes, devrait ainsi être visible depuis de nombreuses parties de la ville. Interrogé sur ce projet par des journalistes, le maire d’Istanbul, Kadir Topbaş, en a révélé un autre : la construction d’un téléphérique au dessus du Bosphore, reliant les rives asiatique et européenne. Ce projet est à l’étude depuis 4 ans selon le maire, cité par Sabah. Le câble devrait être construit au dessus du pont du Bosphore, entre Etiler (rive européenne) et Altunizade (rive asiatique). Une liaison avec Çamlıca est également évoquée. Avec une capacité de 6.000 passagers par heure, ce téléphérique pourrait attirer de nombreux touristes, à la recherche de façons encore plus originales de passer d’un continent à l’autre.
Margaux Agnès (www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 6 juin 2012

mardi 5 juin 2012



LIVRES DU MONDE > BEDIN Lionel - 25 Avenue de Cran - 74000 - ANNECY (F) - TEL 06 79 69 10 14
www.livresdumonde.net - contact@livresdumonde.net -
Éditions
livresdumonde
Des livres pour dire
et voir le monde
www.livresdumonde.net
Communiqué
des éditions livresdumonde
La littérature de voyage a pour ambition de décrire le monde, ses lieux, ses habitants, ses moeurs,
ses cultures, mais aussi de parler de l’intime, de l’auteur, de soi. Tous les voyages sont différents.
Tous les voyageurs sont différents. Tous les livres des écrivains voyageurs sont différents. C’est dire
l’inépuisable source de lectures.
Les éditions livresdumonde publient
VOYAGEUSES
Partir avec…
Clara Arnaud - Anne Brunswic - Yanna Byls - Aude Créquy
Karen Guillorel - Evelyne Jousset - Gaële de La Brosse - Sylvie Lasserre -
Alice Plane - Caroline Riegel - Aude Seigne - Ingrid Thobois
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MAI 2012
Format 14*20.5,
Broché, 192p
Prix : 16.00€ TTC
ISBN :
978-2-919117-09-3
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Collection « Mondes
Ouverts » Essai, animée
par Franck Michel
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Le voyage, c’est quoi, c’est comment ?
Douze auteures et voyageuses ont eu « carte blanche » pour répondre
à cette question.
Elles apportent leurs réponses dans ce livre collectif où chacune fait
part de ses expériences, raconte sa façon de partir, de voyager, de
rencontrer les paysages, les gens et leurs cultures, de revenir, et
d’écrire.
Pour vous donner envie de partir…

« Je me suis rendue compte que de mettre un pas devant l'autre ne tenait qu'à
moi, que personne ne pouvait l'empêcher et que si je rajoutais un pas au précédent,
je pouvais parcourir la planète. » Karen Guillorel
« Partir une première fois c’est ne jamais revenir. » Sylvie Lasserre
« Partir, c’est un peu comme prendre son coeur par la main, et lui présenter un
monde que l’on apprend à saluer de l’autre main. » Caroline Riegel
« En voyage, vous voyez les choses parce que vous passez devant. Chez vous, vous
pouvez passer vingt fois devant les choses sans les voir. » Aude Seigne
« La lecture, le voyage, l’écriture, c’est l’histoire d’une passion en boucle. »
Ingrid Thobois

« Mondes Ouverts » : une collection hétéroclite mais originale, peut-être celle de « l’honnête
voyageur » du XXIème siècle, qui met sur le même plan, sans notion de géographie ni de chronologie,
des récits de voyages, des reportages, des essais, des carnets, et qui a pour ambition de faire découvrir le
monde et la diversité des lieux, des hommes, des cultures.