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mercredi 17 avril 2013

“Non, la langue française n’est pas un frein à l’attractivité des universités”


POURIA AMIRSHAHI – “Non, la langue française n’est pas un frein à l’attractivité des universités”

Le 20 mars 2013, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, a présenté son projet de loi d’orientation de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR) en Conseil des ministres. Le député des Français de l’étranger (Maghreb/Afrique de l’Ouest) s’insurge dans ce communiqué contre l’enseignement "tout en anglais” qui pourrait être dispensé dans l’Enseignement supérieur
"L’article 2* du projet de loi d’orientation de l’Enseignement supérieur et de la Recherche – qui permet aux établissements de dispenser leurs enseignements entièrement en anglais - porte un coup terrible à la francophonie. En portant l’anglais comme condition de l’attractivité de nos universités, et en marginalisant le Français dans notre pays, c’est l’ensemble de l’espace francophone qui est fragilisé et affaibli.
Non, l’enseignement « tout en anglais » n’est pas nécessaire pour attirer des étudiants des pays émergents – de l’Inde au Brésil en passant par la Turquie ou la Corée - qui comptent, en leur sein, suffisamment de jeunes diplômés francophones ou désireux de le devenir. Non l’enseignement « tout en anglais » n’est pas une chance pour la recherche française mais une condamnation, à l’heure où la recherche francophone, toutes disciplines confondues, étouffe de la pression, quasi-obligatoire, des revues anglophones.
Si la France veut être attractive, alors il est temps qu’elle contribue à la formulation d’une nouvelle ambition francophone. Bien des peuples amis sont disponibles, demandeurs et même parfois en avance sur ce chemin! Parmi eux, l’Algérie, pourtant non membre de l’OIF, la Belgique, le Canada, le Maroc, la Côte d’Ivoire, la Suisse, le Sénégal, la Tunisie et bien d’autres encore. Il existe un espace francophone véritable, à la fois d’échanges scientifiques, culturels et diplomatiques. Il existe aussi une francophonie économique, tournée vers le développement et le partage de la valeur ajoutée entre le Nord et le Sud.
Pour attirer dans ses universités, la France doit promouvoir, comme la gauche en a l’intention, une politique centrée sur la qualité des enseignements, de la recherche et des équipements.
Plutôt que de composer avec une langue, l’Anglais, qui ne mérite certes pas l’opprobre mais n’a certainement pas besoin d’une telle soumission pour exister, donnons à la Francophonie ces outils dont elle manque cruellement : pourquoi ne pas, enfin, reprendre cette idée d’un Erasmus francophone ? Pourquoi ne pas promouvoir l’idée d’un « passeport économique et culturel de la francophonie » destiné à instaurer, dans cet espace, une mobilité sans entrave aux étudiants, scientifiques, artistes, chercheurs, chefs d’entreprises.
La langue française n’a pas à s’excuser. Portée avec l’audace des grandes passions, elle peut rassembler des peuples qui ont avec elle un trésor commun qu’il nous faut chérir et cultiver.
À l'instar de nombreuses associations de défense de la langue française du monde entier et de l’Académie française, je suis favorable au retrait de cet article 2".

Pouria Amishahi
Député des Français de l’étranger (Maghreb/Afrique de l’Ouest)
Secrétaire de la Commission des Affaires étrangères
Secrétaire national du Parti socialiste
(www.lepetitjournal.com) mercredi 17 avril 2013

* Article 2 du projet de loi ESR modifiant l’article L121-3 du Code de l’Education.« Des exceptions peuvent également être justifiées par la nature de certains enseignements lorsque ceux-ci sont dispensés pour la mise en œuvre d’un accord avec une institution étrangère ou internationale tel que prévu à l’article L. 123-7 ou dans le cadre d’un programme européen. »

Lire aussi notre article : Universités françaises, les mauvaises élèves des classements internationaux

jeudi 24 janvier 2013

ENTREPRISES: donnez la maîtrise du français à vos employés


Nous nous adressons à toutes les entreprises employant des travailleurs d'origine étrangère et plus particulièrement dans le secteur du bâtiment et de la restauration: vos employés maîtrisent-ils tous parfaitement le français ? peuvent-ils seuls accomplir toutes les formalités auxquelles ils sont confrontés régulièrement ? peuvent-ils interpréter parfaitement les consignes écrites? leurs difficultés ne sont-elles pas source de retard voir d'erreur dans l'exécution de leur travail? combien vous coûtent ces retards et erreurs?

Nous vous proposons de leur permettre d'accéder à une meilleure compréhension écrite et orale de la langue française via des cours individuels ou collectifs dans votre entreprise, à des horaires adaptés. Ces séances ont pour but de renforcer leur connaissance de l'écrit et de la lecture, de l'expression orale, dans un contexte positif, sans "sanction" de l'erreur, afin de progresser et de travailler à une meilleure intégration dans la société française.
Ces séances s'adressent à des personnes de toutes nationalités, la méthode s'applique à tous.

Renseignements et devis: Chantal AÏOU:  06.21.58.00.02  n'hésitez pas à laisser un message 

mercredi 10 octobre 2012

JFOI - Deuxième journée du français dans les organisations internationales


Vendredi 12 octobre 2012, alors que les chefs d’État des 75 pays membres et membres observateurs de l’OIF se réuniront au Sommet de Kinshasa pour définir les grandes orientations politiques de la Francophonie, des fonctionnaires des Organisations internationales (OI) s’évertueront à parler français et à initier, dans leur environnement professionnel; des activités relatives aux valeurs de la Francophonie. 

Cette initiative, qui se veut ludique, sera l’occasion de souligner l’importance des diversités linguistiques, culturelles et conceptuelles dans le fonctionnement des OI.
Bien que concentré sur les institutions multilatérales, l’événement offre à tous la possibilité de participer aux activités diplomatiques, médiatiques et culturelles préparatoires. Les personnes intéressées peuvent s’inscrire sur le site de l’Assemblée des francophones fonctionnaires des organisations internationales (AFFOI).

Pour en savoir plus : http://www.affoi.org/JFOI.php

mardi 11 septembre 2012

DÉBAT – Le français, une langue d’origine anatolienne ?




Une récente étude publiée dans la revue américaine Science soutient que les langues indo-européennes (auxquelles le français appartient) seraient originaires de la région d’Anatolie, en Turquie. Mais cette thèse ne fait pas l’unanimité parmi les spécialistes

Crédit photo: noffrils, Flickr, CC
La famille des langues indo-européennes est large et inclut des langues aussi différentes que le français, l’hindi ou l’islandais. Parlées du Sri Lanka à l’Islande, elles ont néanmoins des points communs : le mot “mère”, par exemple, n’est pas si différent du mot “mutter, en allemand ou du mot “móðir”, en islandais.
Partant de ces observations, les chercheurs supposent que plus d’une centaine de langues partagent le même “ancêtre”. La recherche de cet ancêtre divise depuis plusieurs années la communauté scientifique.
Deux hypothèses en concurrence
Les linguistes sont partisans de la théorie dite “des steppes”, qui soutient que l’indo-européen serait né au nord de la mer Noire, du côté de l’actuelle Ukraine, il y a près de 6.000 ans. Sa diffusion à travers l’Europe et le Proche-Orient serait due aux Kourganes, un peuple de cavaliers semi-nomades.
L’hypothèse “anatolienne” est défendue par l’équipe de Quentin Atkinson, biologiste néozélandais de l’université d’Auckland. Cette théorie affirme que les langues indo-européennes auraient pris naissance en Anatolie chez un peuple d’agriculteurs, qui aurait diffusé sa langue en migrant il y a près de 9.000 ans. En 2003, Quentin Atkinson et Russel Gray publient une étude dans la revue scientifique Nature qui illustre cette théorie et bouleverse la vision linguistique. Ils réitèrent aujourd’hui en publiant une nouvelle étude dans la revue Science, datant et localisant plus précisément l’origine des langues indo-européennes à l’aide des méthodes des biologistes.
Une méthode utilisée pour étudier l’évolution des virus
Partant du principe que les mots et les langues mutent comme des virus, les biologistes ont utilisé une technique qui sert à remonter la piste d’un virus à partir des mutations de son matériel génétique. Ils ont ainsi appliqué à la linguistique leur méthode de classification génétique permettant de positionner sur un arbre les génomes selon leur degré de proximité et de divergence.
Ils ont étudié 203 mots du langage courant dans 103 langues différentes, anciennes et contemporaines. Ces mots ont été choisis avec soin, en s’assurant qu’il s’agissait bien de mots ayant évolué au cours d’un processus de diversification et non pas de mots qui avaient pu être empruntés ou adoptés d’une langue à l’autre. Ces mots ont ensuite été utilisés pour réaliser un arbre généalogique des langues.
L’analyse des résultats conclut que les langues indo-européennes seraient nées il y a près de 9.000 ans, et non pas il y a 6.000 ans. Toujours selon cette étude, la probabilité du berceau anatolien est cent fois plus grande que celle du berceau steppique, et la diffusion de ces langues irait de paire avec celle des techniques agricoles plutôt qu’avec celle d’une conquête guerrière.
Une théorie qui ne fait toujours pas l’unanimité
Les linguistes ne sont pas convaincus par cette étude. Le New York Times rapporte les propos d’un archéologue, David Anthony, qui précise qu’Atkinson n’est pas un linguiste et que les évolutions sonores et grammaticales n’ont pas été prises en compte dans l’étude du biologiste, ce qui fausse la nature des résultats.
Quentin Atkinson rétorque qu’il s’est basé sur un arbre incluant les modifications grammaticales construit par Don Ringe, expert de l’indo-européen à l’université de Pennsylvanie.
Amandine Canistro (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 11 septembre 2012