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lundi 5 novembre 2012

Expatriation, communication non-verbale et adaptation


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Écrit par Pierre-Olivier Drai
Une mission à durée déterminée, un poste, une nouvelle carrière, autant de raisons professionnelles pour partir à l’étranger. S’il est possible de faire l’apprentissage « express » des points saillants d’une culture étrangère, de rapidement s’acclimater ou d’apprendre la langue, les us et les coutumes prennent, en revanche, plus de temps. Chez soi, ils sont l’expression d’habitudes profondément ancrées et culturellement reconnues par tous, à l’étranger, ils sont l’apprentissage d’une nouvelle expression difficilement saisissable et dont l’imparfaite pratique peut susciter un malaise.
L’importance du contexte
(photo Corbis) L’agencement de l’espace, l’évolution de l’individu dans l’espace, l’expression corporelle, les expressions faciales, les micro-expressions constituent d’importants signaux en matière de communication interpersonnelle. Certains estiment même que 80% de la communication est non-verbale. Au sein de la culture d’origine, l’habitude supplée à l’attention. Les signaux sont lus et interprétés « machinalement », à tel point que la communication non-verbale pourrait faire partie du « contexte ». À l’étranger, en revanche, le « contexte » doit explicitement devenir « texte » ; l’expatrié doit prêter attention aux signaux qu’il reçoit et qu’il émet, au risque d’être dans l’incompréhension.
Des différences culturelles
Si certaines expressions corporelles sont universelles et relèvent de réactions réflexes partagées par la quasi-totalité du monde animal, nombreuses sont celles qui, par contre, sont éminemment culturelles. En conséquence, leur lecture et subséquente interprétation relèvent du formatage culturel. À titre d’exemple une étude de 2010 a montré qu’Asiatiques et Caucasiens n’examinaient pas le visage de la même manière, les uns regardant le visage intégralement, les autres, en en divisant les parties.
Du « contexte » au « texte », il est donc nécessaire d’être particulièrement attentif. Pourtant, s’il est presque impossible de maîtriser l’expression corporelle dans un court laps de temps, comment, lors d’une présentation, d’un dîner ou d’un séjour éviter le faux-pas ? Se renseigner et imiter sont des pré-conditions tellement évidentes qu’il est inutile de s’attarder plus avant. Mais il est nécessaire de les compléter par la bonne connaissance de sa propre culture. Ainsi, annoncer un prochain faux-pas culturel « je ne suis pas au fait des us de votre culture, je vais donc vous traiter avec le respect de la mienne et vous prie par avance d’excuser mes impairs » permet d’emblée d’amoindrir le jugement culturel. Cela ne remplacera pas une bonne connaissance de la culture d’accueil mais c’est déjà une première étape.

Pierre-Olivier Drai / Coach et consultant en matière d'expatriation et de gestion multiculturelle - (www.lepetitjournal.com) -
Pierre-Olivier Drai
Pierre-Olivier Drai est coach et consultant en matière d'expatriation et de gestion multiculturelle. Ses domaines de spécialités couvrent l’ajustement et l’apprentissage culturel à l’étranger (entreprises, particuliers), la sécurité des populations expatriées et l’identité politique hors de France
Consultez sa présentation complète et retrouvez l'ensemble de ses articles

Retrouvez plus d'informations sur son site internet http://d2londresbruxelles.blogspot.fr/

mardi 18 septembre 2012

JEUNES DE FRANCE – Faut-il partir pour réussir ?


Faut-il quitter la France quand on est jeune pour réaliser ses projets ? S’évader de ce pays ultra hiérarchisé, sclérosé, une gérontocratie en déclin ? C’est ce que proposent trois personnalités éclectiques dans une Tribune parue dans Libération le 3 septembre dernier



photo capture décran du site
"Barrez-vous !" Tout est dit en deux mots. C’est ainsi que Félix Marquardt, entrepreneur, fondateur des Dîners de l’Atlantique et des Submerging Times Dinners, Mokless, rappeur, et Mouloud Achour, journaliste-chroniqueur à Canal+, interpellent la jeunesse française. 
Dans une tribune publiée par Libération, ils dressent le constat effaré d’une France devenue "une gérontocratie, ultra centralisée et sclérosée, qui chaque jour s’affaisse un peu plus". Un pays "où une élite de quelques milliers de personnes, dont la moyenne d’âge oscille autour de 60 ans, décide d’à peu près tout". Où l’"on renâcle encore à confier des responsabilités d’encadrement à qui que ce soit de moins de 40 ans, voire de 50 ans". Pour eux, "la triste réalité est là : pour la première fois depuis bien longtemps dans cette partie du monde, une génération au moins - la vôtre - vivra, vous le pressentez d’ailleurs, moins bien que la précédente". 



La solution pour s’en sortir ? L’évasion
"Votre salut est, littéralement, ailleurs. Non pas dans la fuite, en quittant un pays dont les perspectives économiques sont moroses, mais en vue de vous désaltérer et de vous réinventer pour revenir riches d’expériences nouvelles, imprégnés de la créativité et de l’enthousiasme qui fleurissent aujourd’hui aux quatre coins du monde, ayant fait les rencontres qui vous changeront avant que vous n’en fassiez profiter la France." (…) "Barrez-vous parce que rien ne vaut l’ivresse qui vient avec la conscience du monde et de l’autre du voyageur : partir, c’est découvrir qu’on ne pense pas, ne travaille pas, ne communique pas de la même manière à Paris, à Guangzhou ou au Cap".

Sortir du vase clos
Selon les auteurs, partir peut aussi permettre une amélioration du niveau de vie : "vous ne gagnerez pas automatiquement plus d’argent en (re)démarrant votre carrière à l’étranger, la probabilité que votre niveau de vie s’accroisse sensiblement au bout de quelques années le cas échéant est statistiquement bien meilleure que si vous restez embourbé en France (ceci vaut d’ailleurs tant pour les apprentis restaurateurs, coiffeurs, chauffeurs que pour les banquiers)."

Partir, revenir
L’idée de ce pamphlet au ton volontairement provocateur (et simplificateur) est de faire sortir la jeunesse du prisme franco-français en les ouvrant aux autres, afin de faire évoluer les mentalités, de "sortir ce pays de l’abrutissement engendré par l’autarcie intellectuelle qui est la sienne depuis une trentaine d’années au bas mot."

D’aucuns pourraient faire remarquer qu’en envoyant les forces vives de la nation dans le monde entier, notre vieux pays ne risque pas de profiter de la force de mobilisation, de l’élan et du dynamisme de la jeunesse. Et elle néglige largement de mentionner toutes les difficultés auxquelles sont confrontés les créateurs d’entreprises à l’étranger, qui doivent dans la grande majorité des cas ne compter que sur eux-mêmes. L’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs, cette initiative fera peut-être "pschitt", mais elle a le mérite de tenter d’élargir un peu les horizons de ceux qui débutent leur parcours professionnel, de mieux leur faire comprendre la réalité du monde.

MPP (www.lepetitjournal.com) lundi 17 septembre 2012
En savoir plus : La Tribune publiée dans Libération
Le site avec appels à projets, pétitions et témoignages : www.barrez-vo.us

vendredi 15 juin 2012

500 organisations de la diaspora se fédèrent à Ankara


500 organisations de la diaspora se fédèrent à Ankara


Les représentants de citoyens turcs vivant dans divers pays à travers le monde se sont réunis pour la première fois à Ankara jeudi 8 juin afin de créer un groupe baptisé «Diaspora turque». Ce premier congrès s’est fixé pour tâche de définir les problèmes des Turcs vivant à l’étranger ainsi que les moyens d’y remédier. Près de 6,5 millions de Turcs vivent aujourd’hui à l’étranger. Les représentants d’environ 500 fédérations, amicales et associations ont en effet pris part à ce congrès organisé sous l’égide du vice-Premier ministre Bekir Bozdag. Des positions conjointes ont pu être ainsi déterminées sur des questions telles que le «génocide arménien» – question récemment soulevée en France –, la montée du racisme en Europe, l’adhésion de la Turquie à l’UE, la suppression du visa à l’entrée de l’UE, ou encore l’islamophobie. Des stratégies communes auront pu être ainsi déterminées qui permettront une action collective. Le vice-Premier ministre Bülent Arinç et le ministre du Travail Faruk Çelik étaient présents et ont rencontré les représentants des expatriés afin de discuter des problèmes et de proposer des solutions. Ont été notamment abordées les questions relatives au commerce, à la sécurité sociale, à la famille et à la jeunesse.