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lundi 19 novembre 2012

JÜLIDE ÖZÇELİK, CHANTEUSE JAZZ


Lepetitjournal.com d'Istanbul: Comment êtes-vous devenue chanteuse ?
Jülide Özçelik:
Je suis née à Istanbul en 1975. J’y vis toujours avec mon mari et nos deux filles. Je n’étais pas destinée à la musique mais j’en ai toujours écouté énormément. Chanter était une évidence. Mes parents ne m’ont absolument pas soutenue. J’ai dû me battre et leur tenir tête. J’ai commencé ma formation musicale au département de musique pop du Müjdat Gezen Arts Center, et obtenu mon diplôme en 1998. La même année, j’ai réussi le concours d’entrée au département de musique de l'université de Bilgi et décroché une bourse d’étude. En Turquie, il n’y a pas vraiment d’autre alternative en matière de formation musicale, ni d’école de jazz. Intégrer ce cursus constituait pour moi le meilleur moyen d’enrichir ma technique vocale et mes connaissances de la musique classique turque, entre autres.
Crédit photo Tuncay Gülcü

Qui vous accompagne sur scène et sur vos albums ?
Mon groupe est constitué d’amis de longue date, notamment Cem Tuncer, guitariste et arrangeur. Nous étions dans la même classe à l’université de Bilgi. J’ai rencontré les autres musiciens au fil du temps. M’accompagnent donc au piano : Ercüment Orkut, (Genco Arı sur le premier album), à la basse Kağan Yıldız, et à la batterie, Alpdoğan Türeci (qui remplace Ediz Hafızoğlu).

La richesse de vos deux albums, sortis respectivement en 2008 et 2012, provient sûrement de leur caractère hybride. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Les deux albums ont été produits et distribués par le label Kadıköy Müzik Yapım, spécialisé dans les musiques alternatives. Il s’agit du label créé par mon mari Bahadir, et son frère. J’avais depuis longtemps envie de rassembler mes deux passions : le jazz et le folk anatolien (halk müziği). Il n’y avait pas tant d’autres exemples alors je me suis dit “Pourquoi pas ?” Sur chaque album, la moitié des titres s’attache donc à transposer ces chansons anatoliennes en jazz. Quant au reste, il s’agit de mes compositions (texte et musique).

Justement, de quoi parlent vos chansons ?
Des problèmes quotidiens des êtres humains. Pas seulement d’amour ! (sourire) La chanson Sıradan bir gün (Une journée ordinaire), sur le premier album, est une invitation au retour à l’innocence pour contrer la routine. J’ai aussi écrit deux chansons pour mes filles, une sur chaque album : Nisan Valsı et Zeynoş Funk.

Quelle est selon vous la particularité du jazz turc ?
Y a-t-il un jazz turc ? (rires) Malheureusement, la plupart des jazzmen turcs reprennent les standards. Seuls quelques-uns essaient de créer quelque chose de différent, comme Erkan Oğur, Cenk Erdoğan, Bilal Karaman… Lors du Festival de jazz d’Istanbul en juillet, le bassiste Marcus Miller a joué aux côtés du clarinettiste Hüsnü Şenlendirici. Je crois qu’ils nous ont montré ce que pourrait être le jazz turc. Un équilibre harmonieux entre les rythmes et sonorités orientales et anatoliennes, et un swing et des accords incontestablement jazzy.

Votre standard préféré ?
I concentrate on you
, par Carmen Mc Rae.

Arrivez-vous à vivre uniquement de la musique ?
Pas vraiment non, et de moins en moins. C’est d’ailleurs pour cela que Bahadir travaille désormais pour des compagnies turques en Irak. La musique alternative n’est pas soutenue en Turquie. Les sponsors préfèrent les genres plus commerciaux. C’est dommage, je crois qu’ils devraient plutôt choisir la qualité.

Vous serez ce soir au Nardis. Quel album allez-vous jouer ?
Les deux ! Et puis peut-être un ou deux standards. Le concert est déjà complet. J’ai même reçu un mail d’un “fan” de Trabzon qui a acheté ses billets d’avion exprès et n’a pas pu acheter de place pour le concert.


Fanny Fontan
(http://www.lepetitjournal.com/istanbul.html) lundi 19 novembre 2012

Retrouvez Jülide sur son My Space.
Le “Roméo et Juliette” turc, Mecnunum leylamı gördün, extrait du premier album.

En live au festival d’Antalya en juillet dernier :
Zaman

Gizli Cennet
Şu Yalta'dan Taş Yükledim
Aç Kapıyı Gir İçeri

Bugün Neden Gelmedin

Crédits photos et vidéos Antalya : Tuncay Gülcü

jeudi 21 juin 2012

1001 PORTRAITS - Özay Fecht ou une vie de jazz et de comédie entre Istanbul, Berlin, Paris et New York



Özay Fecht est née à Moda, sur la rive asiatique d''Istanbul. "A cette époque, nous allions sur la rive européenne d'Istanbul qu'une ou deux fois par an, c'était une véritable expédition réservée à certaines occasions" se souvient-elle. Polyglotte, elle a appris l'anglais avec des copains américains qui jouaient au basket dans les rues du quartier et n'avait qu'une envie "un jour j'irai apprendre à jouer la comédie en Europe"
Portait-collage (Sabine Buchmann)
Et à dix-huit ans, elle prend son sac, son courage et ses espoirs pour aller s'installer à Berlin. "Bien sûr je savais déjà chanter, avec mon père pianiste de jazz, je chantais du Ella Fitzgerald ou du Billie Holiday à l'âge de cinq ans, mais c'était tellement naturel et normal que je n'avais pas penser à en faire mon métier. Je voulais apprendre à jouer la comédie." Mais Özay ne réussit pas l'examen d'entrée au conservatoire de Berlin et avec son petit caractère bien trempé décide tout simplement d'entrer à l'université pour étudier l'Amerikanistik, soit l'étude de la civilisation américaine tout en prenant en parallèle des cours de mime et à travailler pour et avec une troupe de théâtre spécialisée dans la comédia del Arte. Sa soif de jouer ne s'arrêtera cependant pas au théâtre, elle veut jouer à l'écran et s'inscrit à une agence tout en se produisant de plus en plus dans des boîtes de Jazz. " Dans les années 1980, j'étais connue en Allemagne comme la turque qui chante du jazz." Özay a alors participé à divers festivals de Jazz en Allemagne et Autriche à l'occasion d'une grande tournée.
Quarante mètres carrés d'Allemagne et un Bundesfilmpreis
Un jour, elle est contactée par Tevfik Baser, metteur en scène turc pour le rôle d'une immigrée turque en Allemagne, dans le film Quarante mètres carrés d'Allemagne. Paradoxe puisque Özay à la voix d'or, est muette durant plus de soixante minutes du film, mais ce rôle lui vaudra en 1986, le Bundesfilmpreis, l'équivalent du César en Allemagne. "On me parle bien sûr toujours de ce rôle, et même si j'en suis contente , j'aimerais qu'on me parle aussi d'un autre rôle maintenant ! " Depuis Özay Fecht a joué dans plus de cinquante films, téléfilms et série TV.
" Je suis turque, allemande et bretonne "
En 1990, Özay qui ne parle pas un mot de français, mais l'apprend en trois mois décide de conquérir Paris et y restera quatre ans. Le temps pour elle d'acheter une maison en Bretagne à la Pointe au vent et de s'y attacher au point d'y aller chaque année quand elle ne va pas à Ibiza. Pourtant aucune audition concluante ne la satisfait et elle reprend donc la route pour New-York. Libre, curieuse et joueuse Özay aime construire sa vie comme un long voyage entre comédie et Jazz. Aux Etats-Unis, elle enregistre un disque Aniquated Love avec des musiciens comme David Murray ou Chico Freeman, suit des cours de comédie avec la célèbre Suzan Batson et va et vient en Alllemagne pour les besoins de divers tournages. Et puis elle joue dans la série française Engrenages le rôles de la mère mafieuse pour finalement jouer dans Un amour de jeunesse, son premier film français de Mia Hansen-Løve, présenté cette année au festival If-istanbul.
Stanbouliote à nouveau depuis 2007, Özay Fecht se prépare pour son prochain défi : le Danemark. J'adore le cinéma danois, les inventeurs du mouvement dit du dogme, où le scénario et le comédien priment sur le reste. Elle donne des cours de comédie au Digital Film Akademi et se produit dans des boîtes de Jazz de la rive asiatique et tourne, tourne et voyage et "il va falloir que j'apprenne le danois ".
Özay s'est aussi essayé à la réalisation de courts-métrages dans lesquels elle joue comme The button ou The touch.
Sabine Buchmann (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 21 juin 2012
Pour voir davantages de photos de l'artiste, rendez vous sur le blog de Sabine Buchman Couleurs d'Istanbul.