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mardi 12 janvier 2016

‘New Hasankeyf’s’ museum ready to open

AA photo

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The construction of a museum and an amphitheater has been finished at a new settlement established for Hasankeyf, which is to be flooded by the Ilısu Dam, a project that NGOs fear will displace thousands and obscure Hasankeyf’s unique ancient history.

The new settlement, which has been set up to save a few of Hasankeyf’s historical sites from flooding, is located on the outskirts of the Batı Raman Mountains, north of Hasankeyf’s current location where projects undertaken by the General Directorate of State Hydraulic Works (DSI) and Cultural and Natural Heritage Preservation Board are finally coming to fruition. 

In the projects’ scope, a three-floor Hasankeyf Museum with 2,500 square-meters of closed area and 5,000 square-meters of open area and an amphitheater have been built in the field named Cultural Park. The artifacts that shed light on Hasankeyf’s history will be displayed at the museum. 

Meanwhile, the construction of a pedestrian bridge connecting moved historical sites is in its final phase. West of this bridge will be the İmam Abdullah Tomb, a historic bath and Zeynel Bey Tomb, while east of the bridge will be the El Rizk, Koç, Sultan Süleyman and Kızlar mosques and the castle’s gate. 

Hasankeyf district governor Bülent Baygüven said their goal was to “fill the gaps at Hasankeyf” and turn the new settlement into a modern tourism center without damaging Hasankeyf’s historical foundation. 

While the settlement’s government building and district police department were currently up and running, Baygüven said, “some public housing is still under construction.” Though students are still attending Hasankeyf’s middle school, a new high school has been set up at the new settlement, according to Baygüven.

He continued: “The hospital will be finished very soon. The Cultural Park, District Gendarmerie Command, District Food, Agriculture and Livestock buildings are under construction, too. When the citizens arrive here, houses will be built and this [new settlement] will be a complete district.”

Hasankeyf and the Ilısu Dam
The ancient, 12,000-year-old town of Hasankeyf is located on the banks of the Tigris River in southeastern Turkey, featuring Neolithic caves, Roman ruins and medieval monuments. 

Eighty percent of Hasankeyf will be flooded due to the controversial Ilısu Dam, which has been the subject of controversy since 2006 when its first foundational stone was placed. Due to the highly impactful nature of the dam, European creditors pulled their investment support for the dam in 2008, postponing its construction for 2 years.

Set to become Turkey’s fourth hydroelectric power plant if completed, the dam is part of the Southeastern Anatolia Project (GAP), which aims to create sustainable development for people living in Turkey’s southeast through the construction of dams and hydroelectric plants. 

Europa Nostra, a European heritage organization, and the European Investment Bank Institute announced on Dec. 10 that Hasankeyf and its surroundings were among the heritage sites shortlisted on its “The Seven Most Endangered” program for 2016.

mardi 21 mai 2013

BARRAGE D’ILISU – Hasankeyf est-elle vraiment condamnée à disparaître?


Après la suspension de la construction du barrage d’Ilısu, qui menace de submerger la ville historique d’Hasankey, dans le sud-est de la Turquie, et de forcer de nombreuses familles à déménager, lepetitjournal.com d’Istanbul a voulu savoir ce qu’il en était exactement du projet. Dicle Tuba Kılıç, coordinatrice du programme des fleuves pour l’ONG environnementale Doğa, a répondu à nos questions à l’occasion d’une conférence internationale sur les rivières organisée samedi à Istanbul.
lepetitjournal.com d’Istanbul : Pensez-vous que la construction du barrage d’Ilısu est définitivement interrompue?
Dicle Tuba Kılıç (photo personnelle): En janvier, le gouvernement ou plus précisément le conseil d’Etat a décidé d’interrompre la construction du barrage hydroélectrique car aucune évaluation des incidences du projet sur l’environnement n’a été faite. Après cette décision, la Direction générale des travaux hydrauliques de l’Etat turc (DSI) a délivré un communiqué de presse pour confirmer que l’interruption de la construction du barrage serait seulement temporaire, qu’elle permettait uniquement de reporter la construction à plus tard. Il est précisé que même si la construction devait se poursuivre de manière illégale, cela sera fait sans aucune hésitation. Notre organisation a porté plainte mais suite à ça, le gouvernement a changé la réglementation concernant les travaux hydrauliques afin de compromettre la décision du conseil d’Etat. De toute façon, même si le conseil d’Etat décide de mettre fin à la construction du barrage, la Direction générale des travaux hydrauliques de Turquie trouvera un nouveau moyen de contourner la loi pour faire aboutir le projet.
Comment le gouvernement arrive-t-il à contourner la loi afin de poursuivre la construction?
La réglementation ne finit pas de changer. Même si le projet de barrage va à l’encontre de la loi, sa construction a déjà été finalisée. Les autorités qui s’occupent de la construction du barrage pensent que rien, même pas la loi, ne devrait suspendre le projet. Ils continuent de laisser entendre à la population que la construction est tout à fait légale et qu’aucun obstacle ne se dresse sur leur chemin. Ce n’est pas un problème propre au barrage d’Ilısu. Il se passe la même chose pour d’autres projets de barrages hydroélectriques ou d’exploitations minières, en Turquie comme au Brésil.
Selon vous, le projet de barrage va-t-il aboutir?
Il y a des chances que la construction du barrage aboutisse un jour ou l’autre. Nous allons faire notre possible pour l’arrêter grâce à des négociations de paix. En ce moment, le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et le gouvernement turc sont en pourparlers. Nous essayons de faire partie de ces négociations. Nous demandons au gouvernement d’intervenir et d’annuler la construction. Pour l’instant, une des raisons qui encouragent la construction du barrage est la possibilité de faire cesser les activités du PKK dans les montagnes. Si nous arrivons à prouver que le PKK ne se sert pas des montagnes où doit être construit le barrage comme lieu de passage entre le Turquie et l’Irak, nous arriverons peut-être à prouver que la construction du barrage n’est pas nécessaire. Nous rencontrons souvent le gouvernement turc, les dirigeants kurdes et leurs médiateurs pour arriver à nos fins.
Hasankeyf, menacée par les eaux (photo Senol Demir, Flickr/CC)
Quelle est l’opinion des pays frontaliers ou à proximité de la Turquie à propos du barrage?
L’Irak s’y oppose formellement. Ce pays est directement concerné par la construction de ce barrage. Je ne suis pas certaine de la position de l’Iran. En revanche, les voisins de l’Irak ne sont pas contre. De leur point de vue, ce serait un bon moyen d’affaiblir l’Irak sachant qu’ils sont en négociations avec ce pays dans le but de régler de nombreux problèmes y compris celui concernant la répartition de l’eau. Je pense que les pays du Moyen-Orient devraient coopérer dès que l’on touche aux ressources naturelles. Aujourd’hui, c’est l’Irak qui souffre mais demain qui sait, un autre pays de cette région du monde pourrait souffrir.
Quel est le plan d’action de votre ONG?
Nous allons activement continuer à essayer de trouver des failles dans ce projet afin de porter plainte à nouveau. Nous sommes prêts à ouvrir de nouveaux dossiers juridiques contre la nouvelle réglementation et l’évaluation des incidences du barrage hydroélectrique d’Ilısu sur l’environnement. Nous espérons coopérer avec d’autres ONG et particulièrement celles implantées en Irak. Nous souhaitons également influencer les négociations de paix et nous faire entendre grâce aux médias.
Propos recueillis par Elisa Girard (http://lepetitjournal.com/istanbul.html) mardi 21 mai 2013
A signaler: une pétition contre le barrage a recueilli à ce jour près de 34.000 signatures