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jeudi 24 janvier 2013

MUSIQUE - Oud et musique bretonne, ça détonne !


Quel est le lien entre le oud et la musique bretonne ? Aucun, a priori. Sauf si l’on parle de musique modale. Rencontre avec Aurélien, oudiste breton venu à Istanbul dans le cadre de sa formation musicale.
L’association Drom s’attache à promouvoir et à transmettre les cultures populaires de tradition orale et la musique modale. En 2003, le chanteur et clarinettiste breton Erik Marchand crée, via cette association, une formation professionnelle destinée à la transmission de l’entendement modal dans la musique bretonne : Kreiz Breiz Akademi (KBA), académie populaire de musique modale en Centre-Bretagne. Son but ? Transmettre les règles d’interprétation de la musique modale (échelle, rythme, variation) et de la musique populaire bretonne.
On y entre sur concours. KBA comprend un cycle de formation de 16 mois, avec une fréquence de cours d’un week-end par mois, sur le modèle des masterclass. Ce sont donc des intervenants extérieurs, musiciens professionnels locaux et internationaux, qui viennent transmettre leur savoir aux élèves de l’académie. Chaque promo s’articule autour d’une thématique. En 2012, il s’agissait du chant. Sur 100 candidats, 12 seulement ont pu bénéficier de cette formation.
Un musicien
Aurélien Delfino (ci-contre à droite, photo personnelle) a 32 ans et fait partie de ces 12 élèves. Après avoir suivi des cours de chant et de solfège au conservatoire de Rennes, il devient étudiant en musicologie à l’Université de Rennes. II y apprend la guitare et l’harmonica. Il passe ensuite son diplôme de CFMI afin d’intervenir dans les écoles maternelles et primaires. Puis il enseigne pendant six ans la guitare, le chant et l’harmonica à l’école de musique de Rennes. Il joue dans cinq groupes différents, oscillant entre chanson française, musique du monde et musique traditionnelle bretonne.
En 2004, lors d’un voyage au Maroc dans le cadre d’un échange musical, il rencontre un étudiant marocain en musicologie. Celui-ci vient de se faire fabriquer un oud. Aurélien tombe sous le charme de l’instrument. Voyant son enthousiasme et sa capacité à en jouer immédiatement, l’étudiant marocain lui offre. “Le lendemain, raconte Aurélien, j’ai essayé de lui donner de l’argent pour le remercier. Je n’ai plus jamais eu de nouvelles. Je crois que ça l’a vexé.” Comme un signe divin, ce don l’encourage à persévérer dans la découverte du oud.
Mais ce n’est que lorsqu’il intègre la KBA qu’il apprend véritablement à en jouer. La guitare ornée de frettes ne permettant pas de pratiquer la musique modale, il faut se présenter avec un instrument modal. Comment fait-il alors pour intégrer le oud dans la musique traditionnelle bretonne ? “Tout naturellement !” D’une part, parce que la musique bretonne est modale, et le oud, en tant qu’instrument oriental, est fait pour ça. D’autre part, parce que le son du oud est très proche de la fréquence de la voix.

Modal, tonal… Ne demek ?On oppose généralement la musique modale à la musique tonale, c’est-à-dire, la musique classique occidentale. En musique tonale, on ne compte et joue que des tons et des demi-tons. C’est ce que l’on voit sur le clavier d’un piano : les touches blanches sont espacées d’un ton. L’écart entre une touche blanche et une touche noire est d’un demi-ton. Le piano dit tempéré est la base de la musique tonale. La musique modale va plus loin. Elle comprend tous les intervalles entre les demi-tons (1/4 de ton, 1/8 de ton…). “Un océan de nouvelles possibilités, s’enthousiasme Aurélien. Aujourd’hui, lorsque je repasse à la musique tonale, je la trouve fade.” Les musiques arabes, turques, afghanes… que l’on nomme vulgairement “musiques orientales”, se basent sur cette modalité : le maqâm. Il faut donc se familiariser avec les différents maqâms pour maîtriser l’art de la musique orientale.
Istanbul, capitale du oudAfin de mieux comprendre ces intervalles et de parfaire sa technique du oud, Aurélien a choisi de venir en Turquie pour son séjour de fin d’études. Pourquoi Istanbul ? “Eric Marchand m’a conseillé la Turquie car c’est ici que se trouvent les meilleurs oudistes.” D’autre part, les membres du groupe Kardeʂ Türküler sont des intervenants de la formation. Ils jouent souvent avec Eric Marchand, en Bretagne comme en Turquie.
Arrivé le 15 janvier dernier, Aurélien repart samedi prochain. Il a donc passé son temps à suivre des cours de chant turc avec le très renommé Cavit Murtezaoğlu (photo ci-contre). Et son maître en oud n’est autre que Bilen Iʂıktaʂ, membre du seul trio turc de oudistes 3dem. “Le but était vraiment d’améliorer ma technique. Bilen est un virtuose. Il fait partie de cette nouvelle génération de maîtres. Doctorant en musicologie, il connaît sur le bout des doigts la musique traditionnelle turque, et les classiques occidentaux. C’est dans cette capacité à lier les deux que réside son talent.”
En arrivant à Istanbul, Aurélien était un peu coincé : “Je ne parle pas turc et mon anglais n’est pas très bon, cela me frustre parce que j’aurais aimé aller plus loin dans la compréhension. Avec mon prof de chant notamment, qui ne parle que turc…” Mais c’est bien connu, la musique rapproche les cultures, et en une semaine le breton s’est déjà lié d’amitié avec plusieurs musiciens turcs et étrangers, rencontrés au hasard des concerts de rue. Il a alors enchaîné les jam sessions, puis a été repéré par un label turc, et fait dire à son harmonica tout le plaisir qu’il avait d’être là.

Fanny Fontan (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 24 janvier 2013
Jam session sur Istiklal : Vidéo du trio 3dem ici et .
Performance de
Cavit Murtezaoğlu.

lundi 3 décembre 2012

vendredi 7 décembre: IMA: CHEMSI OU LA RENCONTRE DES GAMMES


SAISON DES MUSICALES 2012-2013

Vendredi 7 décembre 2012

Auditorium - Tarif C - 20h30

CHEMSI OU LA RENCONTRE DES GAMMES

avec le groupe Hijaz - Moufadhel Adhoum : oud, Niko Deman : piano, Azzedine Jazouli et Chryster Aerts : percussions, Vincent Noiret : basse, et Vardan Hovanissian : duduk, chœur

Tunisie/Grèce/Belgique/Maroc/Arménie

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A la base de Hijaz, il y a le oud du Tunisien Moufadhel Adhoum et le piano du Gréco-Belge Niko Deman qui se rencontrent en 2004 pour fonder ce groupe au croisement de la mélodie arabe et du jazz. Sur les traces de deux luthistes d’Orient séduits prématurément par la note bleue, le Libanais Rabih Abou-Khalil et le Tunisien Anouar Brahem, Moufadhel a réussi lui aussi à créer son propre univers, une composition sophistiquée, emplie de mystère et d’arabesques acrobatiques. Par sa mère grecque, Niko Deman est d’abord nourri par le rebétiko, la musique des mauvais garçons née à la fin du xixe siècle sur les trottoirs d’Athènes, si proche des airs orientaux, qu’il joue sur le bouzouki, avant d’être emporté par le jazz et d’étudier au conservatoire d’Anvers.
Le dialogue entre le oud de Moufadhel et le piano de Niko est superbement soutenu par le jeu souple et aérien du percussionniste marocain Azzedine Jazouli et du percussionniste belge Chryster Aerts, rejoints par la basse solide de Vincent Noiret. L’ensemble joue un rythme aventureux, transcendant les traditions du Maroc jusqu’à l’Inde, voluptueux et frénétique. Le quintette est aussi épaulé par un musicien de marque, Vardan Hovanissian, au duduk, le hautbois arménien qui fait tourner les têtes. Les chorus improvisés du groupe composent un petit chef-d’œuvre d’harmonies lumineuses, chaleureuses, exprimées par l’album Chemsi, « Mon soleil » en arabe. Une musique raffinée, complexe mais qui semble évidente par sa simplicité apparente et son émotion contagieuse.